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L’orchestre de Soros

Quelque chose d’assez inhabituel s’est déroulé mardi au Conseil des ministres de l’UE. Les ministres de l’intérieur se réunissaient pour parler, entre autres, Etat de droit en Hongrie. Ces discussions sont ordinairement très feutrées, dans le mélange de soft power et de soft power apprécié en Europe. Mais pas cette semaine.

Nous avons eu une magnifique démonstration de ce qui se passe quand la propagande officielle d’un régime finit par déborder de son lit. Zoltan Kovacs, le porte-parole d’Orban pour l’international a en effet commis une série de tweets assimilant les ministres se réunissant à un « Orchestre de Soros », discréditant donc toute discussion avec eux au motif qu’ils seraient des pantins à la main du milliardaire Georges Soros.

Cette sortie… douteuse lui a attiré les réponses de quelques autres ministres européens:

Après quoi, Zoltan Kovacs a live-tweeté l’intégralité du débat, en se concentrant sur les points de procédure dans les prises de parole et et les biais personnels des intervenants qui laissent leur idéologie droit de l’hommiste teinter les faits irréprochables. La référence à Soros est revenue plusieurs fois.

Nous avons à plusieurs reprises appelé à une plus grande transparence des débats du Conseil afin que la démocratie soit mieux assurée; nous ne nous attendions guère à être exaucés de la sorte.

Sauf à ce qu’on assiste à un recadrage fort, la position internationale de la Hongrie telle qu’exprimée par le Porte-parole du Gouvernement est donc que les membres des gouvernements de l’Union européenne sont au mains d’un milliardaire juif qui les manipule afin de dissoudre les identités nationales dans des migrations massives et la cohérence des Etats sous des prétextes de libertés publiques. Si ceci vous fait lever un sourcil, c’st que vous avez bon gout.

Ces fariboles sont de longue date en revanche la position interne du Gouvernement, qui a réalisé une campagne d’affichage officielle avec comme slogan « ne laissons pas Soros avoir le dernier mot ». Jusqu’ici il avait cependant eu la délicatesse de ne pas les considérer comme un produit d’exportation. Il faut dire qu’Orban est sous forte pression, et paye aujourd’hui son veto à Timmermans pour la tête de la Commission européenne. La majorité large dont jouit désormais la Commission Von der Leyen au Parlement européen fait que les voix de son parti ne sont plus nécessaire. On peut donc espérer que la pression monte petit à petit. Sur la manière curieuse dont est gérée la PAC en Hongrie par exemple…

Pendant ce temps là, un quart des jeunes a quitté le pays.

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Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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5 Commentaires

  1. Cher Arthur, je n’aime pas du tout l’illustration de votre texte parce qu’elle rappelle les heures les plus sombres de la montée du fascisme au XXe siècle. Cependant, n’imaginez pas que je vous le reproche. Cette illustration nous démontre qu’aujourd’hui, des mouvements de mauvaise foi, d’intolérance sont en oeuvre pour discréditer ceux qui cherchent justement à « sauver » l’Europe. Sauver l’Europe signifie à mon avis sauver les valeurs d’humanisme, de solidarité, de bienveillance, aussi un héritage culturel et scientifique, mais surtout la vie, l’écosystème c’est à dire tout un tas de choses qui sont mises à mal non seulement par les différents courants populistes ou extrémiste (des courants souvent soutenus indirectement mais efficacement par Poutine) mais aussi par le cynisme néo-libéral qui consiste à croire que si la croissance continue, tout ira pour le mieux dans le meilleur des monde. Entre ces deux pôles, les européens se sentent floués, perdus, délaissés, et ne comprennent pas le danger auquel toute la vie sur la planète est exposée aujourd’hui. Ces débats de cour de récréation occupent le devant de la scène, nous faisant oublier l’essentiel. Il y a urgence !

  2. Puisse l’Union européenne être aussi dure avec la Hongrie qu’elle ne l’a été avec la Grèce de Syriza ! Vous me permettrez, hélas, d’en douter….

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