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Européens recherchent Président(e)

Après les élections européennes, les travaux continuent…Européens recherchent Présidents (es)

Jamais sans doute, dans l’histoire de la Communauté, puis de l’Union européenne, le renouvellement quinquennal du Parlement et le remplacement des principaux dirigeants européens à la tête des institutions européennes n’avaient suscité autant de commentaires et analyses aussi largement relayés par la presse.

Il faut certes se réjouir du fait que l’électorat et l’opinion publique des encore 28 États membres, aient manifesté un intérêt aussi accru envers l’Europe.

En même temps, cette Europe se trouve en pleine transformation, mutation même, notamment du fait de l’affaiblissement des anciennes structures politiques de la droite et de la gauche, de la poussée des tendances nationalistes (pour ne pas dire plus) et de l’émergence de nouvelles forces centristes et écologistes pro-européennes.

Si bien que le tout prochain épisode de cette transformation – la “proposition” d’un nouveau Président (e) de la Commission européenne par le Conseil européen – est déjà largement débattu sur la place publique, bien au delà des cercles habituels, trop souvent restreints et/ou confidentiels des Chefs d’État et de Gouvernement et de leurs “Conseillers spéciaux »

Débat qui a dès à présent clairement fait sortir du lot une candidate et un candidat  et marginalisé les autres. Si le Conseil européen devait tenter de les écarter sans raison sérieuse, cela provoquerait sans doute de graves difficultés avec le Parlement (qui doit valider la Présidence de la future Commission européenne) et aussi une déception/incompréhension de l’opinion.

Deux candidats indiscutablement taillés sur mesure pour ce poste mais dont les profils sont, très heureusement, différents mais complémentaires

Il s’agit bien sûr de Mme Margrethe Vestager (DK) et de Mr Michel Barnier (FR).

Le choix de la première, une première pour une femme, serait le signe d’un renouveau et d’une nouvelle image de l’Europe que l’opinion assimile souvent, à tord,  à la seule Commission européenne et qui cherche instinctivement, depuis longtemps, à l’incarner dans une personnalité tout à la fois attachante et digne d’estime (souvenons nous de l’époque de Jacques Delors, entre autre)

Le choix du second aurait plutôt pour effet de rassurer cette opinion, de lui inspirer un sentiment de confiance dans la capacité de la Commission à maîtriser la transformation de l’UE évoquée ci-dessus.

Insistons donc sur ce point : le choix du Président(e) de la Commission est tombé, maintenant, dans le domaine public. Ce qui est positif, puisque en votant pour le renouvellement du Parlement européen, indirectement, on  donnait une orientation politique en composant le groupe politique, le plus important en nombre,  donnant ainsi un signal, une orientation politique en vue d’élire, par le Parlement européen, la présidence de la future Commission européenne.

Cet enjeu  doit être séparé des autres nominations (Présidents du Conseil, du Parlement et de la BCE, Haut Représentant…) qui n’intéressent, hélas, que moindrement  l’opinion et sont, en quelque sorte, un choix entre pairs. Le temps n’est plus où le Conseil européen pouvait “sortir de sa manche” – pour présider le pouvoir exécutif de l’Union – l’un ou l’autre ancien ou actuel Premier Ministre, désigné en tant que plus petit commun dénominateur commun pour certaine personnalité de l’époque, en lice.

Pour cette fois – et dans les circonstances actuelles – permettons à l’Union de choisir le/la chef (fe) de la Commission un peu comme est désigné celui d’un État démocratique : Entre deux candidats clairement sortis du lot et identifiés par l’opinion, via les élections élections européennes- et dont le « vainqueur » pourra ainsi disposer d’une plus grande popularité et légitimité. Une personnalité que chaque européen puisse, en quelque sorte, un peu considérer comme “son” Président, ou « sa » Présidente.

Jean-Guy Giraud et Jean-Pierre Bobichon

Jean-Guy Giraud est ancien Conseiller auprès de la Présidence du Parlement européen et Jean-Pierre Bobichon, Membre fondateur de Sauvons l’Europe, est un ancien membre du cabinet de Jacques Delors

Ce texte a été publié initialement sur le site des amis du traité de Lisbonne

 

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Jean-Pierre Bobichon

Jean-Pierre est membre fondateur de Sauvons l’Europe, et Conseiller auprès de l’Institut Jacques Delors

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6 Commentaires

    1. Attention à la confusion: l’article porte sur la présidence de la future Commission européenne… et non du Parlement, où Simone Veil a occupé le fauteuil présidentiel pour le plus grand bonheur de l’Europe.

  1. Faire passer passer l’élection de la présidence de la commission européenne pour une preuve de démocratie est amusant. Il serait temps que tout le pouvoir décisionnel revienne aux députés démocratiquement élus par le peuple. Si l’Europe ne se réforme toujours pas elle continuera à engraisser les populismes. Le problème n’est pas que la présidence soit tenue par une femme, Thatcher, Le Pen sont aussi ou ont été des femmes, ce qui compte c’est ce que veut faire cette présidence. Aller vers une Europe plus démocratique, écologique, sociale et anti-ultalibéralisme, anti lobbies, contre cette Europe du double discours: qui dit lutter contre la Chine et les Usa et qui vend en même temps ses ports à la Chine (Le Pirée, triste, Gènes, 40 hectares d’entrepôts au Havre, l’aéroport de Toulouse Blagnac…) ses biens 10% D’Air france KLM, le club Med, 15% d’Accord, Baccarat, Sonia Rykiel… et aux Usa: Général Electric, Amazon a également annoncé l’ouverture courant 2019 d’un nouveau centre de distribution à Brétigny-sur-Orge (Ile-de-France). D’une surface de 142 000 mètres carrés, il sera le plus grand site d’Amazon en France en termes de volume de stockage disponible et le premier équipé de technologies robotiques sur le territoire français…

      1. On peut sans doute en citer de bons exemples mais il faut avoir en tête que la démocratie est un objectif, une utopie, « Le Gouvernement du peuple par le peuple » et que donc tous les outils utilisés pour y parvenir ont des défauts qu’il faut tenter de corriger mais qui ne doivent pas être pris comme des raisons d’abandonner la course à l’utopie constructive ou de la critiquer dans ses fondements!
        Jacques Remond

        1. Vous rappelez à juste titre le lien entre « démocratie » et la formule « le gouvernement du peuple par le peuple ».

          Cela dit, ce lien n’apparaît pas toujours avec évidence, comme l’illustrent deux exemples de portée historique:

          – la paternité de la formule revient à Abraham Lincoln, qui l’a immortalisée (en y ajoutant les termes « pour le peuple ») dans son discours de Gettysburg de 1863 – c’est-à-dire en pleine Guerre de Sécession. Or, en lisant attentivement ce très bref discours exaltant la terre américaine, on constate que son auteur n’a jamais employé le mot de « démocratie »;

          – la formule figure également à l’article 2 de la Constitution de 1958. Cette disposition énonce une liste de symboles fondamentaux: la langue (le français), l’emblème (le drapeau tricolore), l’hymne national (La Marseillaise), la devise (Liberté, Egalité, Fraternité)…. auxquels s’ajoute un « principe »: le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Or, cette inscription dans le marbre constitutionnel est expressément liée au terme « République » et non – ce qui peut interpeller, sans nécessairement conduire à des outrances sémantiques – à celui de « démocratie ».

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