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A vos claviers pour l’avenir de l’Europe !

Lancée le 9 mai dernier à l’occasion de la Journée de l’Europe, la Conférence sur l’avenir de l’Europe prend à présent son envol. Ce sera un vol de courte distance puisque ces travaux doivent se conclure pendant la présidence française du Conseil de l’Union européenne, et plus exactement le 24 avril prochain, qui correspond au jour du deuxième tour des élections présidentielles. S’agit-il d’un alignement des astres qui permet d’imaginer plus de débat sur l’Europe dans les médias et dans la campagne présidentielle? Sauvons l’Europe dit « chiche » !

La Conférence sur l’avenir de l’Europe se décline à plusieurs niveaux.

En France un débat est organisé dans chaque région française pendant les week-ends de septembre. Chacun de ces débats réunit 30 à 50 citoyens tirés au sort et « représentatifs de la diversité de la population régionale ». Une seule question leur est posée : « En tant que citoyens français, quels changements souhaitez-vous pour l’Europe ? ». Les préfectures sont en charge de l’organisation et les maisons de l’Europe y sont associées. Des experts ès questions européennes assistent aux débats et quatre « garants » itinérants, désignés par le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat, assurent la cohérence et l’impartialité des débats. La restitution des débats régionaux doit intervenir à la mi-octobre lors d’une conférence nationale, à laquelle participeront 100 des 830 citoyens tirés au sort. La synthèse des travaux doit être remise au gouvernement « à l’automne ».

Au niveau européen, 800 citoyens ont été sélectionnés pour constituer quatre panels citoyens. La sélection effectuée par Kantar, une entreprise de sondages et de gestion de données, a vocation à donner une image représentative de la population en termes de genre, de provenance géographique et d’origine sociale. Par contre est prévue une surreprésentation des jeunes de moins de 25 ans à hauteur d’un tiers des membres d’un même panel. Le premier des quatre panels citoyens de la Conférence se réunit ces vendredi 17 et samedi 18 septembre à Strasbourg au siège du Parlement européen.

Les quelques 446,999 millions de citoyens européens qui n’ont pas eu le privilège d’être sélectionnés pour assister aux débats au niveaux national ou européen peuvent nourrir les échanges sur l’avenir de l’Europe via une plateforme numérique multilingue.

Ce « Facebook démocratique européen » est la première initiative en son genre. Tout un chacun peut y proposer des idées, commenter celles des autres, créer des événements ou y participer. La plateforme a vocation à être le « pôle central » de la Conférence, où toutes les contributions à la Conférence seront rassemblées et partagées, notamment les événements décentralisés, les panels de citoyens européens et les plénières de la Conférence.

N’hésitez donc pas à vous y engager ou à transmettre à Sauvons l’Europe des idées ou des événements à porter en votre nom!

Un mécanisme de retour, reposant notamment sur de l’intelligence artificielle, doit analyser les principaux points soulevés afin qu’ils puissent également être pris en compte lors des panels de citoyens européens et des plénières de la Conférence.

Un premier rapport intérimaire sur les échanges en cours sur la plateforme numérique de la Conférence publié ce 15 septembre faisait état de 19679 contributions reçues depuis le lancement de la plateforme. Elles se déclinaient en 6115 idées, 11879 commentaires et des informations sur 1685 événements. C’est bien mais peut faire mieux !

A vous de jouer et de participer, l’Europe vaut bien quelques clics ! Seuls les participants auront ensuite droit à râler sur les éventuelles insuffisances de l’exercice !

Matthieu Hornung

Matthieu est co-animateur de Sauvons l'Europe en Belgique et administrateur au Comité Européen des Régions

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9 Commentaires

  1. Très intéressant mais vraiment, comment organiser notre participation?
    Laisser libre cours à notre imagination, ça ne sera pas analysable, il faudrait des prescriptions données par les organisateurs pour conduire les interventions de chacun sur des thèmes, plus ils seront divers et nombreux et mieux on affinera les volontés des gens sur chacun des points ou thèmes…
    Pour ceux qu’un thème n’intéresse pas il leur suffirait d’indiquer  » pas d’idées sur ce thème  » ou qq chose du genre…
    Voilà je vis au Portugal et je suis donc pro Europe depuis toujours, et contribuer à la politique de cette manière m’intéresse bcp.
    Danielle Foucaut Dinis

  2. Merci Matthieu pour cette présentation claire et encourageante de la situation. Ayant eu la chance de récemment participer comme « expert » à la conférence régionale qui s’est tenue à Nantes, je peux attester positivement de la qualité de la méthodologie qui a accompagné un processus très intéressant de démocratie participative, avec une cinquantaine de citoyens très motivés – la plupart connaissaient très peu les questions européennes

  3. Le sondage européen :« En tant que citoyens français, quels changements souhaitez-vous pour l’Europe ? » : une illusion « démocratique », une manip de plus ? (Il est prévu une
    sur-représentation des jeunes de moins de 25 ans à hauteur d’un tiers des membres d’un même panel !) 

    De plus en plus la gestion des masses, du « peuple », par les politiques se fait par sondages par des entreprises venues du marketing publicitaire, sondages qui permettent de devancer et de détourner les désirs du peuple (cf. Convention Citoyenne sur le Climat : « vous proposez, je dispose et j’impose », on joue sur l’image pub, le pouvoir restant aux mêmes, méthode pour éviter une vraie participation citoyenne : présence dans les instances décisionnelles, referendums…

    Le choix de la société Kantar est-il un hasard et est-il judicieux, ne présente-t-il pas des conflits d’intérêts ?

    Kantar TNS NB (anciennement Sofres) dépend de WPP le plus important réseau d’agences de publicité et de communication mondial qui installe son siège dans l’île de Jersey (considéré comme un paradis fiscal par l’OCDE). Cette délocalisation, grâce à une fiscalité avantageuse, permet à WPP de réaliser une économie de plus de 200 millions de £ par an. Au cours de son exercice 2010, le groupe n’a payé que 1,6 % d’impôts sur les sociétés. Martin Sorrell quitte la tête du groupe en avril 2018, sous le coup de soupçons d’abus de bien social, ce que Martin Sorrell nie. Principal investisseur, entre autres : BlackRock Investment Management (UK)

    Sébastien Auzière, le fils de Brigitte Macron, devient, en janvier 2016, Senior Vice-Président de la société Kantar.

    Les multinationales et la politique : une affaire de famille, toujours les mêmes, où la frontière entre public et privé s’efface de plus en plus et où souvent les intérêts se confondent, où l’on passe facile d’un secteur à l’autre .

  4. J’ai essayé de créer un compte sur le site de la consultation. Tout s’est bien passé jusqu’au moment où on m’a demandé de prouver que je ne suis pas un robot en reconnaissant une série de lettres et de chiffres déformés sur un fond trouble. Par deux fois le système m’a dit que j’avais échoué, alors que je pensais avoir bien identifié les signes.
    Est-ce que cela signifie que le système de reconnaissance utilisé par Kantar est trop hasardeux ? Autrement dit, que Kantar ne sait pas distinguer les humains des robots ? Je n’en serais pas surpris.

    1. Peut-être est-ce simplement un problème de navigateur. J’ai moi aussi déjà connu ce problème par le passé sans qu’il y ait de quelconque rapport avec Kantar. Ne vous découragez pas!

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