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Vers une armée franco-britannique ?

Boris Johnson a eu un nouvel échange intéressant avec Emmanuel Macron au sujet de la frontière entre Douvres et Calais. Outre son système habituel de relations internationales qui consiste à doubler systématiquement un dialogue d’une mauvaise manière, rendant publique sur Twitter la lettre adressée à Macron sans lui laisser le temps d’en prendre connaissance, ce que ce dernier a fort peu apprécié, cette lettre se désole de la situation des migrants dans la Manche comme si la politique anglaise de fermeture à tout prix de ses frontières n’en était pas la cause, et appelle la France à plus d’efforts.

Après avoir enjoint Emmanuel Macron récemment de fermer la frontière entre la France et la Belgique, c’est une autre idée intéressante qui ressort de cette lettre. Boris Johnson y propose en effet des forces anglaises sur le sol français et des patrouilles maritimes communes, peut-être sous un sigle commun. En d’autres termes, une armée franco-britannique pour faire face à la menace des migrants. On peut se permettre de pouffer quand on se souvient des diatribes contre la disparition de l’armée anglaise au sein d’une armée européenne qui n’est en pratique qu’une coopération militaire sous un pavillon étoilé.

Ce que matérialise ce pas de deux inconfortable, c’est qu’une frontière joint deux pays et qu’il est fort délicat de la gérer d’un seul côté, en particulier quand on veut éviter d’appliquer le droit d’asile à toute personne qui pourrait passer de son côté de la frontière. Les opérations de contrôle se situent alors nécessairement de l’autre côté. On se retrouve donc à créer précisément le type de coopération qu’on abhorrait hier comme des freins à la « souveraineté ».

En face, la décision semble avoir été prise d’européaniser le problème pour sortir quelque peu du tête à tête avec nos meilleurs cousins. La Commission européenne a appelé ironiquement Johnson a « take back control » sur ses frontières, et l’intervention de Frontex, l’agence européenne dédiée à cet objet, est en voie. Après l’Italie et la Grèce, la frontière avec le Royaume-Uni est en train de devenir une frontière européenne…

 

Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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6 Commentaires

  1. Bonjour., un clown dirige le Royaume Unis, qui l’aurait cru ?
    Ce pitre est incontrôlable, il n’y a aucunes logiques dans ses choix, comment se fait-il que le peuple et les élus britannique ne poussent pas à la démission de cet individu devant une telle médiocrité ?

    1. c’est bien le malheur du Monde… Quand les trous du cul pétant d’orgueil deviennent Chef, ils sèment en général de la merde… et beaucoup applaudissent. Qu’importe… Sur la ruine de ce Monde il portera sa couronne… La culture de la salope, le mensonge, l’hypocrisie, ou l’absence même de culture ne sont que désolation… L’important est de profiter notamment sur le dos, la sueur et le sang de la plèbe… Elle applaudira, et elle se cherchera un chef.

      1. Et puis, vu comment l’armée est sclérosée par la Famille LEPEN cette armée sera certainement Franco-Russe… 50 ans qu’ils pourrissent la France et ils n’hésiterons pas à user de la violence pour devenir chef… Quitte à tout péter… Vous n’êtes pas d’accord ? Une balle dans la nuque… Vous êtes Algérien ? ou un pauvre gueux du Maghreb ? Pas de chance… heureusement Zemmeur va remonter le niveau

  2. La France, je ne la reconnais plus et si j’étais anglaise, je ne la reconnaîtrais pas non plus…je suis aussi Portugaise et donc Européenne , et les nouvelles que vous nous donnez ces jours-ci de l’Allemagne m’empêchent de sombrer dans la dépression. L’Europe se construit lentement, J’ose espérer que sûrement ! Mais si partout ce sont des guignols qui prennent la main, à l’instar de Trump, ce n’est pas gagné. J’ai espoir en la jeunesse, mais de les voir partout, accrochés à leur smartphone, j’ai peur dune hypnose généralisée à court terme.
    Bien à vous tous les Européistes, dont je suis, même si résolument de gauche.

      1. Certes, on ne peut qu’encourager notre amie Danielle à garder la foi, du moins en l’Europe … et ce d’autant plus qu’elle se réfère implicitement à la pierre d’angle de la construction européenne lorsqu’elle mentionne que l’Europe se construit lentement.

        Dans sa déclaration solennelle du 9 mai 1950, Robert Schuman le laissait en effet clairement entendre en affirmant que « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble: elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. »

        Quant à être « Européiste… même si résolument de gauche », je n’y vois personnellement aucune contradiction. On n’oubliera pas que, dans les années 50 également, parmi les « pères fondateurs » de ce qui deviendra l’UE figuraient des personnalités classées à gauche, à l’image du socialiste belge Paul-Henri Spaak, et que, parmi les artisans emblématiques de cette construction, le souffle d’un Altiero Spinelli, ancien pilier communiste qui avait connu les geôles fascistes, a par la suite contribué à « aérer » un édifice parfois envahi par une poussière excessivement conservatrice. D’une certaine façon, j’y associerai aussi Philippe Herzog, qui tenta de renouveler l’approche du PCF vis-à-vis de l’Europe. Et ne négligeons pas le fait que, dans l’exercice du pouvoir, François Mitterrand, Michel Rocard et Jacques Delors ont également , à des niveaux de responsabilités différents, apporté leurs pierres à la consolidation de l’édifice.

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