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Folie de Calais

Pendant que la Biélorussie et son grand voisin créent une crise des réfugiés vers l’Europe, le Royaume-Uni n’en finit plus de réclamer des mesures pour empêcher les migrants de rejoindre ses rives. De manière un peu paradoxale dans le cadre du Brexit, le pays n’a pas repris le contrôle de ses frontières mais en a délégué la gestion… à la France.

Les accords du Touquet, à l’époque lointaine où la grande île appartenait à l’Europe, ont élargi la question du contrôle de la frontière autour du tunnel sous la Manche à des abords plus large, pour englober de fait une bonne part de la côte. Renouvelés en 2018 par le traité de Sandhurst, ils sont amendés environ tous les ans et notamment en juillet dernier. C’est en vertu de ces accords que les forces de l’ordre française démantèlent les campements de Calais, lacèrent les tentes, coupent l’eau courante et font obstacle aux distributions de nourriture. Mais ce n’est jamais assez pour l’opinion publique britannique qui frémit au feuilleton de chaque embarcation qui parvient à passer et porter quelques migrants sur la terre sacrée d’Angleterre.

Cet arrangement consiste essentiellement à mettre à la charge de la France le fait d’empêcher des réfugiés de traverser la mer et d’avoir le droit de déposer une demande d’asile au Royaume-Uni. C’est très exactement ce que nous demandons en Turquie et dans d’autres pays d’Outre-Méditerranée pour éviter de voir arriver des migrants en Europe. Avec une différence de taille : l’Union européenne finance théoriquement la création de camps d’accueil dans ces pays, avec des infrastructures médicales et des prises en charge de nourriture et de logement. Tout ce que la France saccage sur son sol au fur et à mesure que les associations d’aide essayent de construire. Gérald Darmanin se félicitait cet été de la révision de l’accord qui allait se traduire par une augmentation de l’aide britannique aux forces de l’ordre française. Il faut croire que l’humanitaire est en Europe un pur produit d’exportation.

Mais le propre de ces mesures est de n’être jamais suffisantes face à une opinion publique qui veut du zéro immigration, et que l’on a chauffée à blanc avec le mythe du Brexit. Préparons-nous donc à ce que le concours de l’idée folle soit sans limite. Notant que la plupart des migrants à destination de l’Angleterre transitent par la Belgique, un accord similaire a été passé avec le plat Royaume pour permettre des contrôles à ses gares. Mais on peut toujours aller plus loin. Selon le Times de samedi dernier, Boris Johnson aurait fait lors d’un échange téléphonique la demande à Emmanuel Macron de… fermer la frontière entre la France et la Belgique.

Cette requête absurde montre que la situation est insoluble. Il faut soit dénoncer les accords et laisser Londres assumer ses responsabilités face à ceux qui veulent rejoindre son territoire, soit organiser un traitement humain des personnes qui s’installent dans la région en essayant de passer.

Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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3 Commentaires

  1. La folie de Calais: un, en 20 ans nous n’avons pas réussi à rendre la vie vivable en Afghanistan, nous n’étions là que pour soutenir le prétexte de Bush: venger le 11 septembre, et, en partant, nous n’avons même pas su rapatrier ceux qui le voulaient.
    Nous plaignons ceux qui sont restés et en même temps nous persécutons ceux qui viennent chez nous, ceux qui veulent aller en GB et nous nous faisons, comme la Turquie, le garde frontières, contre argent, un pays qui n’ a plus, sans ses migrants, les travailleurs à bas coûts pour les taches subalternes. Pourquoi? alors que la GB ne respecte pas ses engagements du Brexit, face aux pêcheurs…Laissons les migrants aller en GB!

  2. Dans l’absolu les mesures envisagées en fin d’article sont raisonnables, mais sommes-nous encore dans un environnement raisonnable quand on sait que traités et accords ne seront pas respectés !

  3. Arrêter de piller les ressources de l’Afrique, etc.. arrêter de considérer leur peuple pour de la main d’œuvre plus que bon marché, je devrai dire gratuite et commencer un juste équilibre planétaire ainsi nous n’aurons plus de problèmes migratoires puisque les peuples vivront au dessus du seuil de pauvreté et n’auront plus besoin d’aller chercher ailleurs une vie meilleure.

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