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Orban sifflé hors-jeu

Sauvons l’Europe a toujours rappelé que le foot, c’est de la politique.

Viktor Orban vient de l’apprendre à ses dépends. Ayant mis en place dans sa belle Hongrie une loi interdisant la représentation publique de l’homosexualité « pour protéger la jeunesse », il se trouve confronté à une vague d’indignation publique en Europe. Quelque part, c’est inattendu : il a pu sans dommage mener une politique anti-migrants, démanteler sa démocratie et son système judiciaire, museler sa presse et ses universités, distribuer avec largesses les fonds européens à des proches. Qui aurait cru que la ligne rouge était arc en ciel ?

Le voici vilipendé, à la une des journaux, et soumis lors du match Allemagne – Hongrie à une pluie de symboles. Ce qui vient de se passer, c’est qu’en prenant une mesure très symbolique il a crevé le plafond de l’opinion publique européenne. Il existe un esprit européen, partagé globalement par les peuples qui constituent l’Union. Un consensus existe, avec des divergences relativement réduites, sur l’importance d’une société démocratique, prospère, avec un système de sécurité sociale important, la protection de l’environnement et une liberté de conscience et de vie. La politique d’Orban est devenue suffisamment visible pour heurter cet esprit commun.

Alors que la Commission choisit généralement de communiquer de manière incompréhensible, Ursula von der Leyen a émis une déclaration particulièrement claire et déterminée.

Or ceci n’intervient pas dans un ciel bleu.

 


La Commission européenne vient de mettre en demeure l’Allemagne de respecter la primauté du droit européen à propos de la politique monétaire de la BCE. Ceci est d’autant plus surprenant que l’affrontement direct avec l’Allemagne est rare sur des sujets passionnément politique, et surtout parce que la difficulté était en train de s’aplanir tranquillement avec le départ à la retraite du Président du sénat constitutionnel allemand, celle qui lui succède ayant donné tous le signes d’apaisement. Cette démarche est donc profondément politique, et destinée à signaler publiquement que la Commission va s’attaquer aux Etats qui remettent en cause les règles européennes. Suivez mon regard.

Car à l’Est,  il existe une gestion bien particulière des fonds européens, et Orban s’est opposé de toutes ses forces à la mise en place d’une conditionnalité des aides à un système judiciaire effectif, de même qu’il a refusé de participer à la création du parquet européen sur la gestion des fonds européens. Là où dans un compromis politique, la Hongrie a conditionné son accord au plan de relance au fait que la conditionnalité ne s’appliquerait que dans des lustres, le Parlement européen a au contraire la semaine dernière mis en demeure la Commission d’appliquer cette conditionnalité qui n’est suspendue en raison d’aucune disposition légale.

Le ballon a beaucoup circulé en défense, est-ce que le rythme de jeu va s’élever ?

Sauvons lEurope

Un engagement pro-européen et progressiste en faveur d'une Europe démocratique et écologique, espace commun de libertés et de protection sociale.

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5 Commentaires

  1. Cet article faut ressortiir l’absurdité des règles qui ont été mise en place pour le fonctionnement des institutions europèenne.
    ILa fallu ce petit grain de sable qui a fait déborder le vase d’eau pour s’apercevoir que certains états bafouent les règles de la démocratie, pire, sont des états mafieux, oui, je dis bien des états mafieux.
    Il serait temps d’arrêter de rigoler, d’arrêter de prendre le citoyens européen pour un dindon ou un mouton, à quand une nation européenne avec une véritable et incontestable gouvernance,, avec tous les outils nécessaire pour exercer sa souveraineté, que ce soit au plan intérieur qu’extérieur.
    Les faits cités se répétent trop souvent, il y a une divergeance d’apprèciation entre le politique et le simple citoyen, le premier parlant souvent de diplomatie ou de compromis qui ne résout rien, le second demandant de l’efficacité, de la concrétisation et d’un contrôle synstématique dés le départ, d’une réelle gouvernance.

  2. J’avais 17 ans au traité de Rome. Je me suis mis à rêver d’une Europe unie et incontournable ! Je suis déçu qu’on en soit resté au principe de  » l’unanimité » et au tourniquet semestriel de la Présidence ? J’ai fêté mes 81 ans en avril et ce printemps 2021 ne laisse que des regrets. J.Paul

    1. À peu près le même parcours. L’espoir d’une Europe réellement unie a guidé tous mes choix politiques. Mais l’Europe a été victime du manque de vision et surtout de courage politique de trop de politiciens qui se sont contentés de grands gestes symboliques, mais n’ont rien osé contre cette règle mortelle de l’unanimité.
      Un excellent travail est mené au PE, mais ses votes et ses rapports s’enlisent ensuite dans l’administration bruxelloise dirigée par des présidents de moindre valeur.
      Triste.

  3. Intéressante séquence européenne actuelle ou politique, sport, culture populaire, opinion, moeurs, modes de vie, institutions, interagissent. C’est comme ça que se construit un vivre ensemble à une échelle continentale, ce qui est complexe au vu de la taille, mais possible en raison de l’accord d’une majorité de l’opinion sur les questions de société, et grâce aux vecteurs médiatiques forts des évènements sportifs et culturels et à la puissance des médias et des symboles qu’ils peuvent véhiculer. A méditer pour les autres questions politiques : quels symboles, quels moments, quelle exposition médiatique viser pour faire progresser la conscience de soi-même de l’opinion politique européenne ?
    Quant à cell.eux qui trouvent que ça ne va pas assez vite : il leur faut relire l’histoire de la construction politique des Etats-Unis, ça ne se joue pas à l’échelle d’une vie, mais de plusieurs générations. Comme pour l’agriculture durable, dans l’Europe durable, on emprunte nos institutions à nos enfants, et on sème ce qu’ils récolteront, voire leurs petits-enfants. C’est l’histoire du monde de toute façon.

    1. Sauf que dans la configuration actuelle, tout va trés vite.
      Sous entendre qu’il faudra du temps pour constituer une nation européenne est désespérant, le contexte est différent, l’époque également, je ne pense pas que les super puissances actuelles nous laisse ce temps, elles vont nous manger,.

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