Municipales 2026 : l’Europe se joue aussi dans nos villes

À première vue, les élections municipales semblent éloignées des enjeux européens. Pourtant, c’est souvent à l’échelle locale que l’Europe devient concrète. Dans les transports, la rénovation énergétique des bâtiments, l’innovation, l’inclusion sociale ou la coopération entre territoires, les politiques européennes irriguent déjà largement l’action des communes et des intercommunalités.

C’est pourquoi les élections municipales doivent aussi être l’occasion de porter un projet européen dans nos villes.

Sauvons l’Europe appelle ainsi les candidat·es et les listes municipales à contribuer à la construction d’une véritable Union européenne des territoires. Cette démarche part d’un constat simple : l’Europe ne se construit pas seulement dans les institutions, elle se construit aussi dans les territoires, là où vivent les citoyen·nes.

Des financements européens font vivre cette Europe des territoires

Les collectivités locales disposent d’outils puissants pour faire vivre concrètement cette Europe des territoires.

Elles peuvent d’abord mobiliser les financements européens. Les fonds structurels et d’investissement – comme le Fonds social européen – soutiennent de nombreux projets locaux : rénovation énergétique, mobilité durable, formation professionnelle, innovation ou inclusion sociale. Ces financements permettent à des projets utiles de voir le jour et contribuent directement au développement des territoires.

La solidarité entre villes européennes existe de longue date. Les jumelages historiques ont ouvert la voie à une coopération plus large : échanges de bonnes pratiques, projets communs sur le climat, l’économie sociale ou la démocratie locale. Dans un contexte de transitions profondes, ces coopérations entre villes sont devenues un levier précieux pour innover et agir plus efficacement.

Il s’agit également de peser davantage dans les débats européens. Face aux défis climatiques, sociaux et démocratiques, les villes jouent un rôle croissant dans la construction des politiques publiques européennes. En s’alliant dans des coalitions de villes en faveur du climat, en portant des déclarations en faveur de la paix au Moyen-Orient, en Iran, en favorisant l’agriculture locale face à des risques portées par le Mercosur, les municipalités portent aussi un discours indispensable pour peser sur les politiques publiques au niveau européen. Un exemple récent, en mai 2025 : une alliance des maires pour le logement a présenté un projet ambitieux auprès de la Commission européenne ainsi qu’une demande de financement, alors que la question est enfin mise à l’ordre du jour.

Participer à la vie démocratique locale : un moment décisif pour le projet européen

La citoyenneté européenne est aussi un sujet clé sur lequel les communes ont un rôle primordial. Dans beaucoup de nos villes vivent des citoyen·nes venu·es d’autres pays de l’Union et au-delà. Leur participation à la vie démocratique locale – par le vote aux élections municipales mais aussi par leur participation au tissu associatif, aux instances de démocratie locale, aux votations citoyennes – est une richesse pour nos territoires et pour le projet européen lui-même.

Dans un contexte marqué par la montée de l’extrême-droite et des discours anti-européens, il est plus que jamais nécessaire que les Européen·nes convaincu·es s’engagent.

S’engager dans la vie municipale, rejoindre une liste, participer au débat local, porter des projets ouverts sur l’Europe : autant de manières concrètes de faire vivre l’idéal européen au quotidien.

Les élections municipales sont un moment décisif pour nos territoires. Elles peuvent aussi être un moment décisif pour l’Europe.

Parce que l’Europe ne se résume pas à des institutions lointaines.
Elle se construit aussi dans nos villes, dans nos quartiers, dans les projets que nous portons ensemble.

Alors, Européen·nes convaincu·es, engageons-nous pour porter nos convictions au niveau local.
Pour faire vivre l’Europe dans nos territoires.
Et pour rappeler que l’avenir de l’Europe se joue aussi au cœur de nos villes.

 

Un 32e signataire s’est ajouté à CLERMONT-FERRAND – Vivre Clermont ! – Fabien Bianchi.

Article rédigé par Chloé Bourguignon – colistière sur la liste d’union de la gauche « Strasbourg juste et vivante »– avec l’aide de Benoît Bourges, membre actif de Sauvons l’Europe.

Chloé Bourguignon
Chloé Bourguignon
Responsable syndicale spécialiste des questions européennes et internationales.

Soutenez notre action !

Sauvons l'Europe doit son indépendance éditoriale à un site Internet sans publicité et grâce à l’implication de ses rédacteurs bénévoles. Cette liberté a un coût, notamment pour les frais de gestion du site. En parallèle d’une adhésion à notre association, il est possible d’effectuer un don. Chaque euro compte pour défendre une vision europrogressiste !

Articles du même auteur

1 COMMENTAIRE

  1. Merci à Chloé Bourguignon d’avoir remis le village autour de l’église.
    Parmi les développements qu’elle consacre à l’impératif d’un salutaire enracinement de l’Europe au cœur du quotidien et du local, une considération m’a paru loin d’être anodine : l’affirmation selon laquelle « l’Europe ne se résume pas à des institutions lointaines ».
    Or, on y prête généralement peu d’attention, mais une telle préoccupation n’a pas totalement échappé aux négociateurs du traité sur l’Union européenne (TUE) qui, dans son article 10 § 3 évoquant le droit, pour tout citoyen, de participer à la vie démocratique de l’Union, énonce que « les décisions sont prises AUSSI PRES QUE POSSIBLE des citoyens ».
    Il s’agit d’un postulat que l’on qualifie de « principe de proximité ». D’une certaine façon, tout en s’en distinguant, ce dernier s’articule avec celui de « subsidiarité » (art.5 § 3 TUE), qui stipule que, dans les compétences qu’elle partage avec les Etats membres, l’Union n’intervient que si une action ne peut pas être mieux réalisée par ces derniers à leur niveau central, régional ou local.
    Mais surtout, l’article 10 § 3 TUE lie le principe de proximité à celui d’«ouverture » en vertu duquel les décisions de l’Union sont prises « AUSSI OUVERTEMENT QUE POSSIBLE » par rapport aux citoyens. Cet objectif est abordé en détail à l’article 15 du traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE), qui convie les différentes institutions de l’UE (au sens large) à œuvrer dans le plus grand respect de ce principe.
    En amont, dans la pratique et à titre d’exemple, l’ouverture se traduit directement par les consultations publiques que lance quasi-quotidiennement la Commission européenne avant d’arrêter telle ou telle proposition, comme l’y invite, du reste, au même titre que les autres institutions, l’article 11 § 3 TUE ; indirectement, elle se manifeste en particulier par les avis sollicités auprès du Comité européen des régions ou du Comité économique et social européen.
    En aval, l’ouverture trouve une application spécifique dans l’obligation de « transparence » incombant aux différentes institutions, par exemple en matière d’accès du public aux documents de ces dernières : évoquée dans l’article 15 TFUE, déjà mentionné ci-dessus, qui mentionne aussi, notamment, la tenue « en public » des sessions du Parlement européen, cette accessibilité est régie de manière détaillée dans le règlement du Parlement et du Conseil n°1409/2001, publié au Journal officiel de l’UE L 145 du 31 mai 2001.
    On ajoutera que, bien entendu, il appartient à la Cour de justice de l’UE de contrôler la pertinence de la mise en œuvre de ces principes. Mais peut-être n’était-il pas inutile de rappeler leur existence sous l’angle d’une réflexion plus large sur la légitimité démocratique de l’UE, que l’on devine aisément au cœur des préoccupations de l’autrice d’un plaidoyer par ailleurs fort stimulant.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

A lire également