Merci à Lionel Jospin

La disparition de Lionel Jospin n’est pas seulement une perte pour ses amis socialistes ou ses partisans mais également pour tous les démocrates sincères. Sa droiture, son honnêteté et l’attention scrupuleuse qu’il portait à ceux qu’on appelait il y’a peu encore les masses populaires étaient reconnues de tous.

Il faut donc s’incliner devant la mémoire d’un militant qu’il fut jusqu’au bout et qui dépassa le cadre de son parti d’origine pour le mettre au service de l’État et y accomplir les nombreuses réformes que tout le monde salue désormais à juste titre.

C’était effectivement un homme ayant un sens profond de l’écoute et du respect des opinions dès lors qu’elles étaient foncièrement républicaines. Il était ouvert au dialogue le plus large, y compris au sein de son gouvernement comme en témoignent aujourd’hui la plupart de ses anciens ministres, de quelque horizon qu’ils viennent.

C’était aussi un européen convaincu qui avait su s’entourer d’une équipe profondément active et militante sous l’égide de Dominique Strauss-Kahn pour permettre l’avancée majeure de la création de l’Euro et l’approfondissement de l’Europe.

Certains disent à présent qu’il n’était pas vraiment un homme de pouvoir et que de ce fait il n’alla pas jusqu’au bout de sa mission. C’est peut-être vrai. On ne peut, surtout aujourd’hui où les ambitions les plus effrénées et parfois les plus caricaturales se déchaînent sans vergogne, qu’estimer la forme de respect et d’humilité qu’avait Lionel Jospin devant l’ambition présidentielle.

La disparition de sa rigueur morale et intellectuelle, nous rappelle cruellement ce qui manque à la France et l’Europe.

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7 Commentaires

  1. Merci beaucoup !
    Je sais qu’il me manque beaucoup depuis le premier tour de cette fameuse présidentielle, j’aimerais vraiment qu’un jour un homme ayant ses qualités à les mettre au service de notre beau pays.

  2. Oui, merci Jospin. Des responsables politiques comme lui manquent cruellement aujourd’hui, et à gauche tout particulièrement. Quel gâchis que 2002..!

  3. Un grand homme de gauche s’en est allé. C’est le destin des mortels que nous sommes. En 2002, il a bien fait de partir en jetant l’éponge. Les Français ne le méritaient pas comme Homme d’Etat possible et très qualifié. Il a dû avoir très mal à l’âme. Quand même le faire passer derrière Le Pen, c’était monstrueux. On connait la suite qu’il en résultera. C’est la triste réalité de la France : manquer son destin collectif. C’est tout aussi vrai aujourd’hui. La citoyenneté réfléchie des Français n’existe pas. Ils s’apprêtent encore à faire le pire.

  4. Merci en effet à Lionel Jospin d’avoir montré que rigueur intellectuelle et morale, respect d’autrui et efficacité de long terme de l’action publique sont possibles et nécessaires.
    En 2002, je n’en veux pas tant aux Français qu’à celles et ceux qui, à gauche, à force d’accumuler les candidatures de témoignage, ont fait manquer à Lionel Jospin les quelques % de voix qui lui ont fait perdre l’accès au 2e tour, et sans doute à la victoire. Je ne cite pas de nom, mais vous aurez reconnu.

  5. Pour moi, Lionel Jospin restera, avant tout, l’homme des 35 heures sans diminution de salaire, se plaçant ainsi dans la grande tradition du mouvement ouvrier de réduction du temps de travail, véritable mesure anti-capitaliste, compensant les gains de productivité par une redistribution accrue des richesses produites. Depuis, hélas, la social-démocratie a abandonné cette revendication de la réduction du temps de travail, malgré les énormes progrès technologiques augmentant considérablement les profits des multinationales.

  6. Beaucoup de regret pour le gâchis de 2002 (Trop de candidatures ! C’est une leçon pour 2027) et d’admiration également pour l’humaniste et le serviteur de l’Etat. Toutefois, sur le bilan, j’apporterais un bémol avec le recul de près d’un quart de siècle (c’est un peu facile et probablement imprévisible alors): je ne suis plus sûr que la signature du traité de Nice ait été en l’état une bonne décision (était-ce celle de Chirac ou la sienne ou torts partagés ?). Beaucoup des difficultés actuelles après avoir fait entrer des loups dans la bergerie Européenne (je ne montrerai aucun pays du doigt en particulier mais on sait bien vers où l’élargissement a été le plus massif) découlent d’élargissements mal maîtrisés. Il aurait été bien plus raisonnable de poursuivre la vision de Mitterand et Kohl d’une Europe à plusieurs vitesses mais on ne refait pas l’histoire et le sujet maintenant n’est même plus de gérer l’élargissement mais d’éviter l’éclatement.

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