La disparition de Lionel Jospin n’est pas seulement une perte pour ses amis socialistes ou ses partisans mais également pour tous les démocrates sincères. Sa droiture, son honnêteté et l’attention scrupuleuse qu’il portait à ceux qu’on appelait il y’a peu encore les masses populaires étaient reconnues de tous.
Il faut donc s’incliner devant la mémoire d’un militant qu’il fut jusqu’au bout et qui dépassa le cadre de son parti d’origine pour le mettre au service de l’État et y accomplir les nombreuses réformes que tout le monde salue désormais à juste titre.
C’était effectivement un homme ayant un sens profond de l’écoute et du respect des opinions dès lors qu’elles étaient foncièrement républicaines. Il était ouvert au dialogue le plus large, y compris au sein de son gouvernement comme en témoignent aujourd’hui la plupart de ses anciens ministres, de quelque horizon qu’ils viennent.
C’était aussi un européen convaincu qui avait su s’entourer d’une équipe profondément active et militante sous l’égide de Dominique Strauss-Kahn pour permettre l’avancée majeure de la création de l’Euro et l’approfondissement de l’Europe.
Certains disent à présent qu’il n’était pas vraiment un homme de pouvoir et que de ce fait il n’alla pas jusqu’au bout de sa mission. C’est peut-être vrai. On ne peut, surtout aujourd’hui où les ambitions les plus effrénées et parfois les plus caricaturales se déchaînent sans vergogne, qu’estimer la forme de respect et d’humilité qu’avait Lionel Jospin devant l’ambition présidentielle.
La disparition de sa rigueur morale et intellectuelle, nous rappelle cruellement ce qui manque à la France et l’Europe.


