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La Slovénie à la tête de l’Union européenne

Le 1er juillet prochain, la Slovénie succédera au Portugal à la présidence du Conseil de l’Union européenne, et ce jusqu’au 31 décembre.

Dix-sept ans après son adhésion à l’Union européenne, la Slovénie assumera cette présidence pour la deuxième fois. La première présidence slovène, qui a eu lieu de janvier à juin 2008, s’était principalement concentrée sur les préparatifs de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne qui venait d’être signé. La Slovénie fait partie, avec l’Allemagne et le Portugal, de la présidence du Conseil dite tripartite. En 2007/2008, ces trois pays avaient déjà formé le premier trio de présidence de l’histoire de l’Union. La présidence de 2021 coïncide avec une date historique qui marque les 30 ans de l’indépendance de la Slovénie. C’est sous la devise « Ensemble. Résiliente. Europe. » que la Slovénie s’apprête à relever les nombreux défis auxquels l’Union est aujourd’hui confrontée : Brexit, crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, vagues migratoires, influence de l’Union au niveau international.

Nichée au coeur d’un vaste écrin vert, bordée par la mer Adriatique et partageant ses frontières avec l’Italie à l’ouest, l’Autriche au nord, la Hongrie au nord-est et la Croatie au sud-est, la Slovénie fait partie d’un des plus petits États membres en termes de superficie (20 273 km2) et de densité démographique (2,1 millions habitants). Elle se hisse au sommet des nations en ce qui concerne le nombre de médailles olympiques par habitant. À la jonction des mondes alpin, méditerranéen, pannonien et dinarique, le Slovène peut être réservé comme un Alpin, ouvert comme un Méditerranéen ou généreux comme un Pannonien. Avec ses forêts qui couvrent 60 % de son territoire dont un tiers appartenant au réseau Natura 2000, la Slovénie héberge une remarquable biodiversité avec plus de 22 000 espèces animales et végétales présentes sur son territoire dont plus de 1 100 sont protégées. De plus, par sa riche tradition apicole, elle est à l’origine de la Journée mondiale des abeilles et abrite la seule espèce d’abeille indigène protégée, la Carniolienne.

L’économie slovène repose principalement sur les services (plus de 50 % du produit intérieur brut (PIB)) et le secteur industriel, l’agriculture ne représentant que 2 % du PIB. La fabrication de pièces automobiles, la chimie, l’électronique, les appareils électriques, les produits métalliques, le textile et l’ameublement constituent les principales activités économiques du pays avec le tourisme. Le parc national du Triglav est la seconde destination touristique après le littoral ; le lac de Bled et sa région, au nord-ouest, attirent les amateurs de sport de plein air. La diversité topographique de la Slovénie offrre de nombreuses opportunités aux passionnés de randonnées et de ski. L’alpinisme et la randonnée sont les disciplines populaires en Slovénie et, aux termes du dicton : « n’est pas un vrai Slovène celui qui n’a pas fait l’ascension du Triglav », (la plus haute montagne du pays avec ses 2 864 mètres qui figure sur le drapeau national).

Annexée par l’Empire habsbourgeois au milieu du XIIIe siècle, la Slovénie fut incorporée de 1809 à 1813 aux provinces Illyriennes sous administration napoléonienne puis à l’Autriche en 1814. Un mouvement national slovène, porté par une culture autonome, se développa au XIXe siècle et ébaucha les contours d’un projet avec les peuples slaves du Sud. Il se concrétisa en 1918 avec l’unification des Slovènes, des Croates et des Serbes au sein d’une nouvelle configuration qui deviendra plus tard la Yougoslavie. Partagée entre l’Italie, l’Allemagne et la Hongrie en 1941, la Yougoslavie se reconstitua en une fédération socialiste en 1945. S’affranchissant progressivement du joug socialiste, la Slovénie proclame officiellement sa souveraineté et son indépendance le 25 juin 1991.

La Slovénie dépose sa demande d’adhésion à la Communauté européenne le 10 juin 1996. Le 23 mars 2003, 89,66 % des électeurs slovènes se prononcent en faveur de l’adhésion, qui a lieu le 1er mai 2004. Le 29 mars de la même année, elle rejoint l’Organisation sur le traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Le logo choisi par la présidence slovène symbolise le lien entre la Slovénie et l’Union européenne ainsi que ses objectifs à la tête de l’Union. Il figure une bande aux couleurs du drapeau national avec la mise en valeur du Triglav. Il est couronné des sept étoiles dorées identiques à celles du drapeau européen. Le chiffre 7 symbolise la 7e strophe de l’hymne national, Zdravljica (« Je lève mon verre » ou Le Toast ), écrit par France Prešeren. Considéré comme l’un des meilleurs représentants du romantisme slovène, France Prešeren est l’auteur d’une œuvre marquée par ses idées libérales et son patriotisme. Il a contribué à l’émergence d’une littérature nationale et figure aujourd’hui comme le plus célèbre poète slovène. La Slovénie lui a rendu hommage en le faisant figurer sur sa pièce de deux euros.

La présidence slovène s’articulera autour de quatre priorités :

  • résilience et reprise de l’Union européenne, une Union stratégiquement autonome : création d’une Union européenne de la santé, renforcement de l’autonomie stratégique de l’Union, mise en œuvre de l’instrument Next Generation EU, accélération de la transition écologique et numérique, réglementation des services et des marchés numériques ;
  • Conférence sur l’avenir de l’Europe : organisation de sessions plénières et de forums citoyens et création d’une plate-forme numérique accessible à tous en étroite collaboration avec les institutions de l’Union ;
  • une Union du mode de vie européen, de l’État de droit et des critères égaux pour tous : renforcement de l’État de droit en tant que valeur européenne commune ;
  • une Union européenne crédible et sûre, capable d’assurer la sécurité et la stabilité dans son voisinage : renforcer les relations transatlantiques et avec les Balkans occidentaux, sommet UE-Balkans occidentaux, renforcer l’espace Schengen et faire avancer les négociations sur le nouveau pacte sur la migration et l’asile.

La présidence sera officiellement lancée à Bled par la représentation d’un ballet, L’Homme de l’eau, qui porte le titre d’une ballade écrite par le poète France Prešeren.

LA PRESIDENCE ENTACHEE PAR UNE DERIVE AUTORITAIRE

Pour faire écho au magazine de la CFDT de juillet/Août 2021, « le gouvernement Slovène ne respecte pas les valeurs de l’Union européenne: Il est raciste, anti-LGBT et nie le réchauffement climatique« , alerte solennellement Tea Jarc, Présidente du syndicat slovène Mladi Plus affilié à l’association slovène des syndicats libres. « Le dialogue social est mort depuis un an  » insiste la Présidente. Les syndicats, la société civile organisée et la population dénoncent sans relâche cette dérive autoritaire et mobilisent avec force, tous les vendredis depuis des mois les Slovènes.

Jean-Pierre Bobichon

Jean-Pierre est membre fondateur de Sauvons l’Europe, et Conseiller auprès de l’Institut Jacques Delors

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6 Commentaires

    1. Donc, pour des gens comme vous c’est le respect des différences et de l’autre qui est « nauséabond ». Nous ne partageons définitivement pas le même odorat.

    2. Commentaire stérile comme l’est votre pseudo. Libre à vous d’être raciste si vous n’obligez pas les autres personnes à suivre votre pensée unique. Hitler était un dictateur suivi par quelques milliers de personnes endoctrinées et fanatisées. Donc, si l’on suit votre commentaire, tout allait mieux dans l’Europe de son temps ?
      Je reste toujours surpris par mes contemporains qui ne retiennent rien des leçons de l’Histoire, d’autant plus quand celle-ci est proche.

  1. Comment la commission Européenne va-t-elle pouvoir gérer le cas la Pologne sous cette présidence ? La Slovénie va-t-elle s’opposer à toutes actions envers Varsovie ? C’est une question clé qui n’est pas abordée dans cet article et qui pourtant est majeure pour l’avenir de l’UE.

  2. Certains commentaires ne sont pas digne de figurer dans SAUVONS L’EUROPE, Ils sont à contre sens des valeurs européennes et sont en effet nauséabonds.
    Concernant la SLOVENIE, c’est le cas type avec d’autres pays d’une erreur monumentale dans l’intégration, il faut arrêter de se fermer les yeux, on ne peut pas continuer ainsi, a ne pas vouloir construire une véritable nation européenne , on arrive à ce résultat ?

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