ActualitésEditoEn Une

La privatisation franco-française du débat européen

Mercredi, au Parlement européen c’était journée privée pour les français. Emmanuel Macron venait y présenter devant les députés la trame de sa Présidence de l’Union, mais les représentants d’autres pays que la France auraient aussi bien pu regarder la chose depuis la télévision car ils ont à peine eu droit au micro.

Pour donner la réplique à Macron se sont succédés Yannick Jadot, Manon Aubry, Sylvie Guillaume, Stéphane Séjourné, François-Xavier Bellamy, Nicolas Bays et Jordan Bardella, la Présidente du Parlement devant régulièrement rappeler que les échanges sont censés se dérouler sur l’Europe et pas la politique nationale. Manfred Weber a été le seul étranger franchement lourdingue, évoquant Valérie Pécresse et espérant que les français feront le choix de la parité.

Tous n’ont pas pénétré le terrain national (Sylvie Guillaume a pour sa  part pointé les zones blanches du programme de la PFUE en matière de social), mais l’impression d’ensemble est désastreuse. Pour finir la journée, la conférence de presse prévue a été transformée en déclaration sans question, une partie de la presse quittant alors la salle.

Cette situation est fausse et n’a pas laissé une impression extraordinaire à Bruxelles. La PFUE est prise dans le débat national parce que nous avons une élection présidentielle dans quelques mois et qu’aucune tribune similaire n’existe en France. Une tradition constitutionnelle complètement périmée interdit ainsi au Président de venir s’exprimer devant l’Assemblée nationale.

Il aurait ainsi été possible – nécessaire ? – de décaler la PFUE comme l’Allemagne l’avait fait, afin qu’elle ne soit pas prise dans les remous de la campagne et que le Président en soit pas soupçonné de l’instrumentaliser alors qu’il ne s’est même pas encore officiellement déclaré. Il n’existe en effet toujours pas d’espace de confrontation politique avec lui en France.

C’est d’autant plus dommage que les questions européennes stratégiques étaient nombreuses à évoquer, et qu’il y a également eu quelques vrais morceaux de politique, avec Emmanuel Macron proposant un droit européen de l’avortement au lendemain de l’élection de Roberta Metsola.

 

 

Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

Articles associés

7 Commentaires

  1. « Nécessaire ? »
    je ne comprends pas le point d’interrogation, lorsqu’il est évoqué la nécessité d’un décalage de la PFUE.
    Emmanuel Macron a commis une faute importante en ne décalant pas la PFUE.
    Pour le reste, l’article explique bien l’origine du problème, mais aussi les conséquences en termes d’image pour la France.

  2. Le décalage du calendrier pré-fixé des présidences du Conseil en fonction des calendriers électoraux (prévisibles ou imprévisibles) des Etats membres est impraticable . Pour la présidence française/2022 cela a l’avantage de mettre la question européenne au premier plan de la campagne électorale;

  3. Ces prises de parole sur la politique intérieure étaient en effet inadéquates et honteuses. La politique européenne soulève suffisamment de questions spécifiques et il était mesquin de se cantonner au cercle étroit et déplacé de la politique intérieure française.

  4. Cela montre surtout que notre personnel politique n’a toujours pas compris ce qu’était l’Europe et qu’il en a une vision égocentrique, sinon franchouillarde. Pour lui seule la France existe en Europe, elle seule a raison, elle seule est l’exemple à suivre. Désespérant.

  5. Bonjour.
    Quel spectacle pitoyable, en dessous de tout, ils n’ont même pas compris qu’ils représentaient la FRANCE ?
    Mr JADOT, je ne vous reconnais pas le droit de représenter l’écologie, vous représentez un politique qui est capable de faire n’importe quoi à n’importe quels moments, vous êtes la honte avec Md ROUSSEAU de ce mouvement que vous avez dénaturé ?
    Je comprends que certains d’entre nous n’aiment pas Mr MACRON, mais il préside l’Union Européenne, ce n’était pas le moment à cet instant là de faire ce cinéma.
    Vous savez Messieurs et Mesdames les députés européen Français, vous êtes en majorité de grands incompétents concernant les rouages de la politique européennes, vous n’êtes même pas capable de former correctement ceux qui prennent votre relais par la suite, il semblerait que d’autres nations elles l’ont compris, elles ont mis qui il fallait au bon endroit avec un suivi et une bonne passation de pouvoir.
    J’espère me tromper dans ce que j’écris ci-dessus, peut ‘être que l’un d’entre vous m’apportera la preuve du contraire ?

  6. Si on commence à décaler la présidence en fonction des élections locales on arrivera bien vite à une forme de paralysie de cette institution.
    Par ailleurs, qui a désigné exclusivement des Français pour répondre au président? Les groupes parlementaires? Qu’ils s’en prennent à eux-même s’ils ne sont pas capables de contrôler la parole de ceux qu’ils désignent pour les représenter.
    ce petit groupe de parlementaires a donné une triste image (mais réaliste) de ce qu’est devenue la politique en France. Un combat de nains.

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page