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Henri Malosse : L’Union européenne a-t-elle été emportée par le virus ?

S’il y a un acteur qui a définitivement disparu des « radars » depuis le début de la crise sanitaire, c’est sans aucun doute l’Union européenne. Parlant il y peu à une amie de Macédoine du Nord, alors que l’UE venait ce 25 mars de lever le blocage sur l’ouverture des négociations d’adhésion pour son pays (et pour l’Albanie ) , elle m’a répondu   « L’information est passée totalement inaperçue chez nous . On s’en moque, depuis qu’on a vu que face au virus, l’Union européenne était inexistante. Elle a complètement laissé tomber l’Italie… »

La dernière fois que les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont vus en chair et en os, c’était les 20 et 21 février, à Bruxelles.. Les Vingt-Sept étaient réunis pour parler du budget européen affecté à la période 2021-2027, lequel représente peu ou prou 1 % de leur richesse nationale. Ils avaient échoué à trouver un accord entre les amoureux de la rigueur et ceux qui veulent renforcer les dépenses. Du coronavirus, dont les tout premiers cas avaient été repérés en Europe fin janvier, il n’en avait pas été question.

La dernière conférence de presse de la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 9 mars à Bruxelles pour célébrer ces « cent jours de prise de fonction » a paru totalement décalée et en dehors du monde réel. D’autant plus qu’elle a déclaré que « ses cent premiers jours avaient été utiles pour les citoyens européens » . En tous les cas, ils ne l’ont pas remarqué. Elle a à peine mentionné le virus en provenance de Chine.

L’Union européenne a-t-elle été aux abonnés absents ?

Il serait injuste de dire que l’Union européenne n’a rien fait. Mais il est exact de dire qu’elle a agi dans le cadre strict de ses prérogatives, c’est-à-dire presque rien en dehors de quelques réunions, des mesures essentiellement budgétaires et financières et enfin quelques aides d’urgence bien tardives. Il faut ajouter l’obsession sur le maintien de la liberté de circulation des marchandises aux frontières entre pays de l’Union européenne qui semble elle aussi bien décalée.

Une première réunion informelle d’un Conseil santé fin janvier a été simplement un moment d’échange d’informations et les réunions qui se sont succédées n’ont pas apporté de réponses concrètes.

Le 10 mars, par vidéo, les Vingt-Sept ont, pour la première fois, évoqué la possibilité de suspendre le pacte de stabilité. Bien sûr, les dirigeants européens n’ont pas parlé qu’économie alors que la crise due au coronavirus a fait renaître des tentations isolationnistes partout en Europe. On a vu des frontières se fermer, des pays comme la France et l’Allemagne interdire l’exportation de ces masques dont les hôpitaux italiens manquent tant. Mais, comme l’a martelé depuis Ursula von der Leyen, il faut « tout mettre en œuvre pour que l’économie européenne résiste à cette tempête ». On le voit, la priorité pour Bruxelles restait bien à ce moment-là, l’économie !

Sur le plan budgétaire et financier, en quelques jours depuis la mi-mars, il y a une vraie accélération. C’est plus spectaculaire. A la suite de l’Allemagne qui a présenté le plus gros budget de relance de son histoire et renoncé à l’équilibre budgétaire pourtant inscrit dans le marbre, le pacte de stabilité et de croissance, qui régit la sacro-sainte discipline budgétaire des pays de la zone euro, a été suspendu ; La Commission européenne a mis des dizaines de milliards sur la table, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé l’injection de 1 000 milliards d’euros.

Mais il y a eu de vraies hésitations, comme la déception engendrée par les premières demi-mesures de Christine Lagarde, la Présidente de la Banque Centrale Européenne le 12 mars qui ont signifié que Francfort ne ferait rien pour sauver l’Italie. L’effet a été désastreux. Le spectre d’une dislocation de la zone euro a refait surface. A l’urgence sanitaire et économique s’est ajoutée la possibilité d’une nouvelle crise de la monnaie unique. Dans la nuit du 18 au 19 mars, la BCE a corrigé le tir et annoncé vouloir acheter pour 750 milliards d’euros supplémentaires de titres financiers, portant à 1 050 milliards ce qu’elle est prête à dépenser d’ici fin 2020. Bien plus que tout ce que Mario Draghi, le prédécesseur de Mme Lagarde, avait fait lors de la crise de 2012-2015. Le lendemain matin, les marchés ont ouvert à la hausse. Les taux obligataires se sont détendus. La BCE avait réussi son coup. La banque a fait son travail de banquière, mais où sont les Politiques ?

Lundi 23 mars, les ministres des finances des Vingt-Sept ont entériné la suspension sine die du pacte de stabilité et de croissance, sans même en discuter. Pour l’heure, plus aucun Etat n’est donc tenu de respecter les limites de 3 % du PIB pour le déficit et de 60 % de la richesse nationale pour la dette. Autre totem qui est tombé : la Commission a considérablement assoupli le régime des aides d’Etat, afin de permettre aux Vingt-Sept de voler au secours de leurs entreprises sans se voir accuser de contrevenir aux règles du marché intérieur. Elle a également mis à la disposition des Etats membres 37 milliards d’euros de fonds structurels, des crédits non utilisés, pour lutter contre le virus.

Un Conseil européen du 26 mars pour rien…

La balle était désormais dans le camp des politiques, les vingt-sept chefs d’états et de gouvernements réunis par vidéo-conférence le jeudi 26 mars mais qui se sont quittés sans résultats spectaculaires.

La piste proposée par l’Italie et l’Espagne d’une mutualisation des emprunts de la zone euro, afin de financer les ravages du Covid-19. et d’alléger ainsi la charge financière pour les pays, que les marchés auraient tendance à faire payer plus cher, a été rejetée par les Pays-Bas et l’Allemagne.

Le virus n’est pas venu à bout des lignes traditionnelles de fracture entre le Nord et le Sud du Vieux Continent, comme en atteste cette déclaration du ministre allemand de l’économie, Peter Altmaier, en début de semaine : « Je recommande la prudence, quand des concepts apparemment nouveaux sont présentés, qui ne sont en réalité que des recyclages d’idées rejetées depuis longtemps », a-t-il lancé, après avoir qualifié la discussion sur les euro-obligations de « débat fantôme ».

« Nous avons du souffle », a déclaré Olaf Scholz, ministre des finances social-démocrate et vice-chancelier depuis 2017, alors que le Bundestag a voté en urgence, mercredi 25 mars, la levée de l’obligation constitutionnelle de présenter des comptes publics à l’équilibre et avalisé le plus gros plan de soutien à l’économie de son histoire.

Un message qui sonne comme un reproche aux pays qui, comme l’Italie, l’Espagne ou la France dans une moindre mesure, n’ont pas abordé cette crise avec des finances publiques aussi assainies. « L’aléa moral » dont tout le monde affirme qu’il n’existe pas dans cette séquence, puisque la pandémie touche tout le monde, indifféremment de la tenue de ses comptes publics, n’est pas si loin. Comme quoi, tous les tabous ne sont pas tombés…

Les 27 de l’UE ont juste accepté jeudi, sous la pression de l’Italie, qui menaçait de refuser la déclaration commune, d’examiner sous quinze jours des mesures plus fortes pour faire face à la récession annoncée comme l’utilisation du Mécanisme Européen de Solidarité (accès des états aux marchés financiers). Le Mécanisme européen de stabilité (MES) est un fonds de secours de la zone euro qui permet d’octroyer une ligne de crédit de précaution à un pays, un groupe de pays, voire à l’ensemble des pays de la zone euro qui en feraient la demande

L’Italie, dont la dette est la deuxième plus élevée de la zone euro après la Grèce, attendait de l’UE une plus grande solidarité financière.

Au début du sommet, le président du Parlement européen, l’Italien David Sassoli a lui aussi appelé à « des mesures extraordinaires pour répondre » à la crise.

La chancelière allemande Angela Merkel a cependant clamé haut et fort à l’issue du sommet son opposition à ce que l’on surnomme les « corona bonds ». « Ce n’est pas la conception de tous les Etats membres » d’émettre ces emprunts européens communs, a-t-elle dit.

Pas de vraie solidarité européenne

Alors que la pandémie a déjà fait près de 15.000 morts dans l’UE, principalement en Italie, en Espagne et en France, le confinement de la population a des conséquences lourdes au plan économiques et sociales. ( la Suède est le seul pays de l’UE où le confinement n’a pas été introduit)

Les Etats européens ont, dès le début de la crise, privilégié des réponses nationales, notamment en dévoilant d’importants plans de dépenses, sans chercher à se coordonner au niveau européen.

Les actions européennes, qui restent dans le cadre strict des compétences limitées de l’UE sont certes réelles mais ont deux caractéristiques majeures :

  • Elles ne font que desserrer des contraintes européennes très impopulaires et de toutes les façons intenables en cas de crise
  • Les aides ( Fonds structurels, possibilité d’utiliser les prêts du Mécanisme européen de stabilité-MES – pour les états qui n’arriveraient plus à se financer sur les marchés) nécessitent des délais longs et des procédures compliquées.

Par ailleurs, on a surtout relevé du coté de Bruxelles :

  • Les aides d’urgences de l’UE vis-à-vis des pays les plus touchées en Europe ont été modestes (réaffectation vers l’Italie de paquets destinés à l’origine à la Chine) et sans la publicité qui a entouré la livraison d’aides en provenance de la Chine, de la Russie, du Vénézuela et de Cuba , provoquant un effet désastreux sur l’opinion publique.
  • Des appels d’offres conjoints sur du matériel de protection et de soins (masques, tests, ventilateurs..), bonne idée de Bruxelles mais qui vient bien trop tard pour avoir un effet au plus fort de la crise
  • L’obsession de l’ouverture des frontières de la Commission européenne qui la fait insister sur la liberté de circulation des marchandises au sein de l’Union malgré la fermeture et restrictions actuelles et à continuer à plaider en faveur du commerce international. En janvier, Bruxelles s’est rangé derrière la Chine qui menaçait de rétorsions tous ceux qui voulaient stopper les relations aériennes avec la Chine, comme le Premier Ministre italien. Ce dernier a finalement cédé, maintenu les liaisons et on a vu le résultat…

En fait fidèle à son image, l’action de l’UE s’est révélée bureaucratique, décalée et sans le supplément d’âme qui aurait fait la différence. Bruxelles un monstre froid ? Une simple Institution financière comme le Fonds Monétaire Internationale ou la Banque Mondiale. Même les nations Unies avec son Organisation Mondiale de la Santé a semblé plus active et dans son rôle !? A quoi l’UE sert-elle ?

Une autre Stratégie européenne est-elle possible ?

Les bureaucrates européens répondront que tout est fait dans le cadre convenu par des Traités qui ne donnent aucune compétence directe à l’UE en cas de crise sanitaire et de politique de santé. C’est bien exact.
Faut-il dans la réflexion qui aurait dû démarrer cet été sur le futur de l’Europe intégrer la faiblesse de la réaction européenne et envisager accroître les compétences européennes en la matière ? Peut être mais pour quoi faire ?

En fait, ce qui est frappant dans cette crise (comme sur d’autres comme la crise migratoire ou la crise financière) c’est l’absence de réponse politique de l’UE qui demeure divisée entre des états qui jouent leur partition nationale et une machinerie bureaucratique qui ne veut prendre aucun risque. Le Parlement européen, en l’occurrence, ne joue que les utilités. Renforcer le rôle politique des citoyens au travers d’un renforcement des pouvoirs du Parlement européen (et d’initiatives citoyennes ) serait le seul moyen à l’avenir de renforcer cette dimension politique de l’UE .

Mais en attendant, on doit s’interroger à savoir pourquoi les dirigeants actuels de l’UE , Commission et Conseil européen, sont restés si timorés, pieds et poings liés par les limites des Traités européens ?

Essayons d’imaginer ce qu’un Jean Monnet ou un Jacques Delors auraient fait ? Nul ne le sait mais nous pouvons être certains qu’ils auraient pris une initiative sans attendre d’avoir le feu vert de Paris, de Berlin, de Madrid, de Rome… !

La mansuétude vis-à-vis de la Chine, qui a caché pendant des semaines le début de l’épidémie (lanceurs d’alerte mis en prison…) aurait-elle été de mise ? N’aurait-on-pu immédiatement prendre des mesures pour éviter l’arrivée du virus en Europe au lieu de maintenir les liaisons avec la Chine (ce que l’Italie a essayé de faire mais à quoi elle a dû renoncer suite aux menaces de Pékin) ?

N’aurait-il pas fallu tout de suite dès janvier que la Commission ait l’intuition et le courage de proposer un plan d’action commun de l’Union européenne (équipements de protection à fabriquer et à partager, partage des lits d’hôpitaux disponibles, mesures de contrôles aux frontières externes, soutiens à l’économie ..) ? Même si ce plan n’aurait pas eu l’heur de plaire aux grandes capitales, il aurait au moins marqué les esprits et fait avancer la prise conscience. La Commission européenne a-t-elle la capacité de présenter des initiatives sur la table ? Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?

A choisir des dirigeants sans légitimité, et dont la qualité principale recherchée est la soumission aux capitales des grands états, on laisse l’UE à la dérive entre les mains d’une technocratie dont le souci principal est de rester dans le cadre strict de ses missions, de plus ici confinée dans son parti-pris libéral sur les bienfaits du libre échange et de l’ouverture des frontières à tout prix.

Nous avons une Europe bureaucratique, faut-il s’étonner qu’elle réagit en bureaucrate ?

Seule une Europe politique réagirait autrement ! Ce n’est pas la question seulement de Traités et d’Institutions, c’est le choix des Femmes et des Hommes qui sont en responsabilité qui peut faire la différence .

Une autre stratégie aurait été possible, est toujours possible.

Article rédigé le 30 mars 2020 à Santa Maria di Lota

 

Henri Malosse

Henri Malosse est ancien président du Comité économique et social européen

 

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Sauvons l’Europe, association pro-européenne et progressiste qui s’engage pour une Europe démocratique et solidaire

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16 Commentaires

    1. C’est un point de vue. Pour ma part, j’inclinerais à penser que la devise de la Ville de Paris serait plus appropriée à la situation: « fluctuat nec mergitur » (« Elle est ballotée, mais ne sombre pas »).

    1. Entièrement d’accord avec vous – peut-être même en ajoutant « et surtout » à « aussi ». Lorsqu’on observe en profondeur et sur le temps long l’évolution de la construction européenne, il est indéniable, en effet, que le poids des Etats membres s’est notablement accru dans le jeu institutionnel. Les élargissements successifs de l’UE, souvent précipités dans leur conception et mal assimilés dans leur mise en oeuvre n’ont pas été étrangers à ce phénomène.

      Ne négligeons pas, à cet égard, le fait que, si, formellement, la Commission conserve un droit d’initiative, l’exercice de cette prérogative est essentiellement de nature procédurale. Politiquement, en amont de l’initiative, on trouve souvent un synonyme: l’impulsion – un terme que l’article 15 du Traité sur l’Union européenne emploie expressément dans la définition des pouvoirs du Conseil européen – l’enceinte qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union: « le Conseil européen donne à l’Union les impulsions nécessaires à son développement et en définit les orientations et priorités politiques générales ».

      On pourrait ainsi caractériser l’articulation des compétences au sein de l’UE par une métaphore maritime: la Commission européenne fait office de boussole, tandis que le gouvernail est solidement tenu par les Etats membres et que le Parlement européen scrute l’horizon, telle la vigie.

      Quant à Jacques Delors – certes « social-démocrate », comme le souigne un autre commentateur, mais aussi gaulliste par sa proximité avec Jacques Chaban-Delmas, ce dernier ayant vraisemblablement été l’un des plus authentiques héritiers du Général – n’oublions pas qu’il fut, à sa manière, un « prophète »… non pas au sens de « devin », mais bien d’interprète des grands courants qui portent le monde (les théologiens diraient « les signes des temps »). Et c’est bien en cette qualité qu’il sut discerner ce qu’aurait pu – voire dû – être l’Europe, que, du reste, il voyait comme une fédération d’Etats nations.

  1. Une analyste enfin réaliste de l UE qui n est qu un grand marché économique libre-échangiste voulu comme tel par l atlantiste Monnet puis le social démocrate Delors .Toutefois pas un mot sur l opportunité d investir pour une transition énergétique . Après assassinat de la Grèce maintenant un seul mot d ordre: s émanciper de la techno-structure financière européenne pour reconstruire une Europe de nations souveraines capables de coopération. La compétition ne peut que nous mener au cimetière . La preuve parlecoronavirus!

    1. « Après l’assassinat de la Grèce… »

      Près de 200 milliards de sa dette, lui ont été effacés. 3 fois rien

      Et, surtout, les Grecs ne voulaient pas être sortis de la zone €uro. Ce qui serait faire le lit des …nationalistes

  2. Bravo monsieur Malosse: C’est la première fois que je lis un article aussi révélateur sur ce site. Voilà le constat de l’Allemagne qui dirige de facto la commission européenne remplie de fonctionnaires respectueux des textes, donc pas d’imagination de ce coté.A la fin de la pandémie ( Pas pour demain car le virus reprend en Chine malgré les mensonges communistes habituels) l’Europe va se déliter au profit de l’Allemagne qui agira en IVéme Reich, forte de son économie, a nouveau arrogante en voulant se servir de la France pour avoir voix au comité de défense et instrumenter la force de frappe atomique française à laquelle elle n’a pas droit depuis 1945. Si l’Angleterre est sortie de l’Europe, c’est bien parce qu’elle avait compris qui dirigeait réellement. Et pour ceux qui connaissent bien l’Allemagne et son histoire en détail, des jours sombres vont venir et une alliance franco-russe est à nouveau plus que recommandée.

  3. Bravo pour votre article. Et à quand une Europe sociale au service des peuples ? Après l’assassinat de la Grèce, comme rappelé en commentaire Mohann, va-t-on assister à celui de l’Italie ? Nous sommes, encore et au niveau individuel, les plus riches de la planète. A nous de montrer la direction d’une humanité qui pourra survivre « à elle même », au-delà des appétits des « grands financiers » qui ne peuvent comprendre qu’ils se tirent une balle dans le pied, avant d’atteindre leur propre tête quand ils se retrouveront seuls sur leur montagne de Picsou. Heureusement, je ne crois qu’aux jeunes car, étant aux premières loges, ils sont les seuls capables de nous sortir de là, les seuls à cerner la situation et capables de refuser la disparition des derniers grands mammifères que pourrait être l’humanité. Après avoir activement contribué à l’apparition de l’Anthropocène (cf. l’Atlas de l’Anthropocène de Sciences-Po), contribuons à une prochaine ère plus solidaire et moins consommatrice d’énergie (et cf. La thermodynamique de l’évolution de François Roddier, en pdf gratuit).

    1. il me semblerai sage de ne pas trop se faire d’illusions sur les jeunes , ils sont tres divers …..quant aux grands financiers leur cupidité -crasse est naturellement dans leur ADN…..UNE VRAI VOLONTE POLITIQUE DE MISE AU PAS SEVERE DU GRAND CAPITALISME NATIONAL ET NATIONAL-INTERNATIONALISE doublé d’une VRAIE DEMOCRATIE ….est le PASSAGE OBLIGE….Mais ne comptons surtout pas sur ceux au pouvoir qui nous roulent dans la farine depuis ces dizaines d’années : RELEGUONS SANS HESITER CES TRAITRES DES DROITES réPUTESblicaines et macronniennes ainsi que du PS-Parti SUçialiste AU MUSEE DES HORREURS POLITIQUES….

  4. Merci pour ce portrait tristement réaliste de notre pauvre Europe. La question qui mérite d’être posée : comment transformer cette Europe ? Cette exigence d’unanimité des états pour prendre une décision n’est elle pas la première barrière à faire tomber ?

  5. tout simplement la déliquescence de l’UE ne va faire que s’accentuer ….jusqu’au jour ou …… . Les gestionnaires du projet europeen se comportant en technocrates illuminés auraient du retenir les leçons de cet autre grand ensemble que fut l’URSS….dans les 2 cas : territoire immense , diversités importantes des peuples , mariage forcé sans réel assentiment des peuples par des grands pretres non elus , autoritarisme et diktat sur les politiques nationales a suivre ect …ect…..ect….memes causes memes effets !!!! L’ESSENTIEL C EST QUE CA VA ARRIVER , l’intendance précèdera bien ( tempo , modalités …) .ET PENDANT CE TEMPS l’UE RELANCE LA PROCEDURE D ADHESION de la MACEDOINE et de L’ALBANIE , histoire de chercher a conjurer cette deliquescence sans doute ? .

  6. Longue diatribe convenue, bien documentée, mais en effet, plutôt inattendue sur ce site. Et qui ne fait progresser en rien la « construction européenne », qui apporte de l’eau au moulin des eurosceptiques. Deux remarques: » l’Union européenne. » fonctionne sur trois pieds, Commission, Conseil, Parlement: auquel H. Malosse s’adresse-t-il? « ne pas déplaire aux grandes capitales »: mais qui bloque les décisions économiques de rupture? Berlin? Paris? Rome? ou n’est-ce pas plutôt La Haye, Vienne, Bratislava ou Riga?

  7. Chaque dirigeant national devrait organiser un referendum: « Après le Corona, L’Europe doit-elle se reformer? » ou « Après le Corona, faut-il une Europe plus sociale? » … Je pense que le Oui l’emporterait et pousserait les dirigeants européens à se bouger! Aux dirigeants européens anglais qui pleuraient de partir, leurs collègues disaient: »Encore un qui regrette ses pantoufles dorées! » Johnson: « Ex-it or no exit »? !!!

  8. EN FAIT , la seule bonne question a se poser est de savoir POURQUOI l’UE (au moins son collège de décideurs ,d’ailleurs non élus….) A DECIDE DE SE SUICIDER ? , et en question subsidiaire : en quelle année sera rendu le dernier souffle ?

    1. Eh oui ! La meilleure preuve du délitement de l’UE se reflète dans l’accord auquel sont enfin parvenus les ministres européens des Finances pour décider d’un large plan de soutien (500 milliards d’euros) destiné à amorcer un nouveau dispositif permettant de faire face aux conséquences économiques de la crise du coronavirus.

      Quant au « collège de décideurs, d’ailleurs non élus », la moindre honnêteté serait de reconnaître que cette formule inclut précisément les ministres qui, pas plus que les commissaires européens – que vous semblez viser – , ne sont « élus » pour l’exercice de leurs fonctions gouvernementales. Et encore, comme j’ai à plusieurs reprises invité les lecteurs à se reporter à la biographie de tous ces responsables, j’insiste à nouveau sur le fait que la quasi-totalité des membres de l’actuelle Commission européenne ont antérieurement exercé un mandat électif dans leurs pays respectifs ou au Parlement européen… ce qu’on ne peut pas nécessairement affirmer en plus grande proportion pour les ministres.des Etats membres. De même, vous glissez un peu rapidement sur la part qui incombe aux élus du Parlement européen dans la prise de décision au niveau de l’UE, au moins pour les réglementations les plus importantes. La « codécision » est un terme qui ne se résume pas à de l’abstraction.

      Par ailleurs, même si cela bouscule vos certitudes « hors sol », on ne peut pas tout à fait exclure que l’UE nous survivra, aussi bien à vous qu’à moi – et cela tout simplement parce qu’au-delà de la mise en place d’éventuels « euroBONDS » et autres « coronaBONDS », elle a surtout, comme l’Histoire (et singulièrement dans les périodes de crise) l’a amplement montré, le génie du… reBOND !

      Dans un autre commentaire, vous affichez un certain scepticisme vis-à-vis des jeunes. C’est un parti pris que, personnellement, en contact étroit avec le monde étudiant, je ne partage pas. J’en voudrais pour preuve ce qu’ont montré de sérieuses analyses portant sur le vote des Britanniques. elles font apparaître un clivage non négligeable – à savoir que le vote en faveur du Brexit a été surtout le fait d’électeurs âgés, tandis qu’en manifestant leur attachement au « remain », nombre de jeunes ont exprimé une plus grande confiance en des lendemains qui, un jour, pourraient de nouveau chanter au pays des Beatles. N’en déplaise à votre thatcherisme, le même clivage a été observé lors des dernières législatives dans le suffrage en faveur ou en défaveur de Boris Johnson.

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