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Appel : Sauver le climat pour sauver l’Europe !

L’élection ce mardi 16 juillet à Strasbourg d’Ursula von der Leyen comme future Présidente de la Commission européenne, de même que la nomination de Charles Michel au poste prestigieux mais sans conséquences de Président du Conseil Européen ont été vécu comme des compromis honorables, ouvrant la voie à une nouvelle équipe, plus féminine (avec Christine Lagarde à la BCE) mais toute aussi consensuelle au niveau des équilibres politiques que la précédente.

On ne peut juger à l’avance des personnalités qui peuvent se révéler à des postes européens comme elles peuvent aussi bien décevoir. Jacques Delors est l’exemple type de l’homme qu’on a pas vu venir. Comment l’ex ministre des finances du gouvernement de Pierre Mauroy, responsable de la réintroduction du contrôle des changes, allait apparaître comme un grand Européen? Dans l’autre sens, d’autres Présidences prometteuses, comme les deux dernières, se sont révélées très faibles et ne devraient pas marquer l’histoire. En voulant toujours ménager la chèvre et le chou et en ne tranchant jamais, on ne fait guère avancer l’Europe.

Ursula Von der Leyen sera-telle la version féminine de jacques Delors ? C’est le plus grand mal qu’on lui souhaite ! Son discours devant le parlement européen a ouvert de vraies perspectives et notamment avec le « green new deal ».

Dès la rentrée prochaine, on reverra dans les rues de nos grandes villes une jeunesse de plus en plus nombreuse, n’en doutons pas, réclamer une vraie politique pour sauver l’humanité du réchauffement climatique et de l’extinction de la biodiversité. Répondant à l’appel de Greta Thunberg, ils expriment l’inquiétude des nouvelles générations devant des adultes qui montrent une absence de sens des responsabilités en fermant les yeux sur les menaces qui pèsent sur nous. Les canicules à répétions, tornades et autres incendies de forêt que nous connaissons cet été sont-ils les signes avant-coureurs d’un vrai effondrement à court terme ? On peut le redouter. Les eaux de la Méditerranée atteignent déjà, en cette mi-juillet, à certains endroits comme sur les rives de la Corse, les 30 degrés, record jamais égalé. Les jeunes sont rejoints par les autres générations, notamment les mères de famille et les séniors qui se préoccupent de ce que seront non pas notre avenir, mais nos lendemains immédiats.

Face à cette urgence écologique, on sent bien que des discours ne suffiront pas. Ce n’est pas en repeignant la BEI en Banque européenne du Climat, qu’on donnera vraiment espoir à tous ces citoyens, de plus en plus exigeants et exaspérés. Seules des mesures immédiates et fortes permettraient au nouvel exécutif européen, comme Jacques Delors le fit en son temps avec Erasmus, d’enthousiasmer la jeunesse, de créer un véritable élan et de faire renaître la foi en l’Europe. Ces mesures fortes ne consistent pas à mettre un peu plus d’argent ici ou là pour des projets « verts », à « verdir » nos politiques européennes comme des emplâtres à une jambe de bois. On attend un changement radical. Je voudrais en donner quatre exemples :

  • En matière de transport, il conviendrait d’inverser totalement les politiques actuelles fondées sur une concurrence de plus en plus débridée et toujours plus de trafic (cf le ciel unique européen) et donner vers une priorité absolue à tout ce qui pollue le moins (le train, les transports en commun) en n’hésitant pas à recommander de supprimer les vols court courriers inutiles, à freiner le transport des marchandises par route et à interdire le diesel dans un premier temps et les voitures à essence au plus vite.
  • Il faudrait proposer de changer complètement la politique agricole commune pour que d’ici 2025 on passe au tout bio en supprimant peu à peu toute aide européenne qui ne va pas dans ce sens; annoncer qu’on va privilégier les circuits courts et les exploitations familiales au détriment de la grande exportation et de l’agro-industrie; mettre fin immédiatement aux souffrances animales les plus criantes.
  •  S’il est un domaine où la Commission européenne a une compétence exclusive, c’est bien la politique commerciale. Ursula von der Leyen pourrait donc très vite revoir les accords commerciaux existant tout comme ceux en cours de négociation, avec comme fils rouges la préservation des forêts et des océans, la production locale et substituer les échanges des savoir-faire aux échanges de produits généralement inutiles (A-t-on besoin en Europe du bœuf argentin ou de l’agneau néo-zélandais ?). Il faudra bien entendu renégocier cela avec nos partenaires, mais s’engager sur cette voie sera un signal sans précédent qui, s’il est supporté par les opinions publiques, pourra faire école;
  •  La Commission peut proposer d’interdire dès 2020 le glyphosate et toutes les substances chimiques qui portent atteinte à la biodiversité, tout comme de rendre obligatoire la consigne des bouteilles vides en verre et interdire les emballages polluants.

Je ne suis pas naïf et je sais qu’un tel plan rencontrera bien des oppositions et des résistances au niveau du Conseil et aussi du Parlement européen. Mais il marquera les esprits et mettra la jeunesse et une majorité de citoyens européens du côté de l’exécutif européen. Madame von der Leyen, Ayez de l’Audace à la hauteur de l’urgence écologique! Engagez-vous pour sauver l’Humanité ! En même temps, vous sauverez l’Europe du plus grand danger qui la menace qui est l’indifférence ou l’opposition de ses propres citoyens. L’Urgence écologique peut être ce qu’était la paix dans les années 50/60, c’est-à-dire la raison d’être de notre Europe.

Henri Malosse

Ex Président du Comité Economique et Social Européen (2013-2015) Membre du Conseil Exécutif de Génération Ecologie

 

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Sauvons l’Europe, association pro-européenne et progressiste qui s’engage pour une Europe démocratique et solidaire

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18 Commentaires

  1. Lol !

    « L »union » €uropéenne volontaire pour protéger l’environnement ?!…

    Je serai tenté de rire (et même d’exploser de rire devant tant d’aveuglement) si ce n’était pas aussi dramatique…

    En effet, ces vœux pieux, qui rejoignent globalement les souhaits, depuis des décennies, des populations des différents pays membres, resteront définitivement ce qu’ils sont : des paroles.

    D’abord, la « politique » européenne est inscrite dans les traités et consiste UNIQUEMENT à favoriser le business : mise en concurrence de tous les pans de l’économie, ouverture des frontières, libre circulation des marchandises, des personnes, des capitaux et des services, agriculture productiviste et industrielle, déréglementation, etc.

    Il serait temps de s’en rendre compte !

    Ensuite, comme si cela ne suffisait pas, l’UE veut en plus adopter des accords de « libre-échange » (qu’il serait plus juste d’appeler « escroqueries internationales en bande organisée) dont on sait pertinemment les conséquences néfastes sur l’activité économique des pays membres, sur la consommation et la santé des populations et sur l’environnement.

    (Au fait, il est aujourd’hui pratiquement de notoriété publique que ces traités ont été rédigés par les multinationales et les milieux d’affaires eux-mêmes. L’UE ne fait donc que les « négocier ».)

    À ce que je sais, le CETA serait donc déjà en vigueur (et ratifié par la France pendant la trêve estivale, bien sûr), le TTIP et son volet CIRDI se fait discret, le Mercosur est sur les starting-blocks et l’accord avec le Japon est en préparation.

    Que pèsent donc ces supputations, même illustrées de la figure médiatique (très douteuse et controversée) de Greta Thungerg, face à cette armada de manœuvres ?

    Réponse : r i e n.

    Elles ne servent qu’à « enfumer » le quidam et lui laisser espérer, croire (continuer de rêver) que quelque chose de positif pourra peut-être en sortir un jour.

    Et, face à cette tromperie hallucinante, les appels, depuis plus de dix ans, à la population française (largement lobotomisée par le discours lénifiant et continuel de nos « grands » médias et de nos « élus ») pour lui faire réaliser qu’il est urgent de se mobiliser pour sortir de l’UE, ne recueillent toujours globalement que scepticisme ou hostilité.

    Continuons donc à rêver, c’est plus confortable et satisfaisant.
    Et tant pis pour la suite…

    C’est aussi pourquoi je viens occasionnellement lire parfois l’un des articles mis en ligne sur le site, et que je rechigne à commenter. C’est tellement vain !

    1. Comme d’habitude, c’est excellent votre analyse, Ruoma. Merci. Ne rechignez pas à commenter, c’est bien de montrer que l’on ne pense pas comme ces discours lénifiants… Déjà le titre me fait bondir « Sauver le climat pour sauver l’Europe », comme si l’UE était l’Europe, comme si on se moquait du climat pourvu que l’UE de la concurrence libre et non faussée soit sauvée. N’écoutez surtout pas ceux qui vous disent de vous taire. Parfois les gens qui « agissent » font avancer…droit dans le mur et ceux qui parlent permettent de réfléchir, quelquefois.

      1. Merci pour votre réaction, ça réconforte. 🙂
        Ce que peu de lecteurs ont compris, c’est que, finalement, nous sommes tous ici en train de réfléchir et de chercher des solutions.
        Simplement, je suis irrité de lire des commentaires ou des suggestions qui restent dans l’ornière et sont inopérantes (comme quelques commentaires plus bas).
        Et je le dis. Et ça ne plaît pas.

      2. Hélas non ! « Comme d’habitude », Ruoma – dont le pseudo correspond à « amour » lu à l’envers… ce qui, au fond, caractérise plus ou moins volontairement ce que le regretté Pierre Desproges qualifiait de « haine ordinaire » – n’ « analyse » pas, mais se complaît dans la reprise de la rumeur – à l’instar des déferlements de « fake news » qui, dans la campagne des « nonistes » en 2005, ont pollué les réseaux (prétendument) sociaux.

        Lorsqu’on se penche avec davantage d’objectivité sur la réalité des textes et sur leur mise en oeuvre, il y a lieu, pour le moins de « nuancer » (restons modéré) les propos de l’adepte du complexe du lampadaire – celui que les analystes politiques décrivent comme l’individu qui, ayant égaré sa montre, s’obstine à la rechercher sous un lampadaire au motif que c’est, pour lui, le seul endroit éclairé.

        Bref, en prenant quelque distance avec les ritournelles propagandistes, on observe que:

        – l’environnement, dans le traité de Lisbonne, occupe une place supérieure à la seule préoccupation d’une « concurrence libre et non faussée »… qui, d’ailleurs, ne figure plus en tant qu’ « objectif » de l’action de l’UE mais est présentée comme un « moyen » d’accompagnement de la réalisation du marché intérieur. Qu’on ne dise pas qu’en stipulant de la sorte, on joue sur les mots: cette évolution dans les finalités reflète au contraire une réorientation en profondeur… au même titre que, parmi celles de la politique agricole commune, le pilier « écologique » est appelé à contrebalancer les aspirations étroitement productivistes. Informez-vous, cher Ruoma, et laissez du temps au temps…

        – quant à la politique commerciale, remettons, là aussi, les choses en perspective: si la Commission dispose d’une compétence de négociation, celle-ci s’exerce sur la base de recommandations initiales de sa part… mais aussi de « directives » que le Conseil peut lui adresser et en consultation avec un comité spécial désigné par le Conseil pour l’assister dans cette tâche. La Commission est également tenue de faire régulièrement rapport au Parlement européen sur l’état d’avancement des négociations. Tout cela figure expressément à l’article 207 du traité sur le fonctionnement de l’UE.

        Ceci dit, permettez à un vieux routard des politiques européennes d’afficher néanmoins quelques réserves quant à l’ « impérialisme » dont les services chargés de la politique commerciale au sein de la Commission usent parfois au détriment de l’ensemble de l’action extérieure de l’UE. C’est ainsi que, dans la négociation de l’accord global de partenariat de Cotonou régissant les relations avec, principalement, l’Afrique, ces services ont délibérément ignoré l’objectif de « développement » dont auraient dû faire preuve les accords de partenariat économique conclus avec l’UE. L’accord de Cotonou étant aujourd’hui en renégociation, on peut espérer que cette dérive pourra être corrigée.

    2. lol ? Votre propos ne me fait pas rire. Trop facile de dénigrer sans proposer d’alternative.
      Bon. Mettons fin à l’UE. La Grande Nation, l’Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais, l’Empire Romain, la Grande Allemagne, sans compter le Luxembourg, Malte et… la Suisse, enfin libérés accèdent enfin à un avenir radieux.
      Non. L’UE, c’est d’accord, doit être profondément réformée. Les représentants élus du peuple doivent reprendre le pouvoir des mains des monarques et des princes qui nous gouvernent. Le Conseil européen inventé par Giscard d’Estaing doit être remis à sa place. Cela fait trop longtemps que le projet européen a été perverti.
      Si l’on vous écoutait, il suffirait sans doute de porter les malheureux Gilets jaunes au pouvoir. Nul doute que cela sauverait l’humanité et toutes les espèces vivantes.
      L’erreur est humaine, dit-on, mais la volonté de se remettre en question aussi.
      Henri Malosse a raison. Et, heureusement, il n’est pas le seul.
      Notre avenir est devant nous et c’ nous qui le faisons, ensemble.

      1. Vous persistez à dire que « L’UE, c’est d’accord, doit être profondément réformée. »

        Sauf que c’est totalement impossible ! C’est pourquoi je parle de continuer de rêver…

        Reprenez la succession ininterrompue des professions de foi de la plupart de nos partis politiques ou de leurs leaders : depuis près de 40 ans, elles proposent de « Changer d’Europe », « Réformer l’Europe », « Une autre Europe », etc. plus démocratique, plus écologique, plus sociale, etc.

        Personne n’a jamais réussi à obtenir la moindre modification.

        En outre, il serait temps de se poser la question : pourquoi l’UE est-elle comme ça, aussi éloignée des attentes des populations ?

        Eh bien, la réponse est limpide : parce qu’elle n’a jamais été conçue pour les satisfaire.

        1. Réformer l’UE serait « totalement impossible » ? Peut-on simplement vous inviter à méditer la célèbre formule de Mark Twain: « ils ne savaient pas que c’était impossible… alors, ils l’ont fait ». L’avenir en jugera.

  2. Bonjour
    Je me sens en assez grand accord avec l’analyse développée ci dessus, mais l’auteur semble surpris de la révélation « J Delors ». C’est oublier que J Delors a été, avant d’être ministre, un responsable de la CFDT des finances, qu’on peut le qualifier de chrétien démocrate, deux qualités induisant de grandes prédispositions européennes !
    Entre temps, il a aussi été conseiller social du premier ministre Jacques Chaban-Delmas dont le projet politique s’intitulait « Nouvelle société ». Cela lui valu l’inimitié du président de la république G Pompidou, qui le poussa à la démission.
    J Delors donc, un homme de convictions !
    G Escala,
    membre de la CFDT, et militant européen.

  3. Oui, oui et oui. Merci et bravo.

    Mais on n’a pas encore trouvé le moyen de remplacer l’essence, le gazole et le kérosène. Les agro-carburants se produiraient aux dépens de la biodiversité et de l’alimentation. L’électricité, tarte à la crème, ne pourra pas répondre à la question : il n’y pas assez de lithium sur terre pour fabriquer toutes les batteries qui seraient nécessaires. Il faut continuer à réfléchir pour trouver des solutions, vite ! Pour éviter l’effondrement, il va falloir effectuer un basculement… ou plusieurs.

    1. Au lieu de baisser sans arrêt le prix des vols, instituer une taxe sur le kérosène, et baisser de façon substantielle les billets de train, qui eux ne cessent d’augmenter: Paris-Lille en train: 25€ en bus: 5€
      Bravo les cars Macron ! Très écolos !

    2. Lorsqu’on s’interroge sur la question de remplacer les sources d’énergie, on se place trop souvent du point de vue du système économique mercantile en place.
      On reste dans le même système de pensée.

      Pourquoi avons-nous donc tant besoin de ces énergies ?

      Eh bien, parce que notre système économique est basé sur la croissance.

      Autrement dit, il faut :
      – un accroissement permanent de la population, quitte à faire appel à une immigration massive non choisie,
      – et un accroissement permanent du PIB.

      Et tant pis pour l’environnement, c’est à dire tant pis pour la pollution, les déchets, l’obsolescence programmée et l’épuisement des ressources naturelles et celle des salariés, leurs maladies).

      Aujourd’hui, les grands bénéficiaires de ce mode de vie, ce sont essentiellement les banques, la finance et les grandes fortunes.

      La majorité des gens croie que le confort apporte le bonheur, mais, pour paraphraser le Dalaï-Lama : « on ruine sa santé pour gagner de l’argent, puis on se ruine pour se soigner. »

      Il faut donc sortir du cadre, penser en dehors du système.

      L’environnement et notre qualité de vie ne nous attendront pas éternellement.

  4. De mon point de vue c’est bien prétentieux de vouloir lutter contre le réchauffement climatique, notre vaisseau spatial qui est la terre ne se laissera pas manipuler facilement. Le problème vient peut être que notre terre ne supporte plus la surpopulation alors si c’est cela qu’allez-vous faire ?

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