La révolution énergétique est en marche : rester spectateurs ou devenir acteurs

Pendant que Donald Trump revendique un retour assumé aux hydrocarbures, multiplie les provocations géopolitiques et menace directement notre souveraineté, l’Europe reste enfermée dans une dépendance énergétique dangereuse. Les deux tiers de notre énergie dépendent encore du gaz et du pétrole. Ce gaz et ce pétrole, nous les importons de l’étranger, principalement de pays hostiles. Cette dépendance n’est pas qu’un problème climatique et économique : c’est un levier de pression géopolitique. Elle contraint nos choix, affaiblit notre autonomie et limite notre capacité à décider librement. Tant que nous dépendrons des hydrocarbures importés, notre souveraineté restera contrainte.

Mais une autre voie est possible : une transition massive, rapide et assumée vers les énergies propres : éoliennes, panneaux solaires, voitures électriques, batteries, pompes à chaleur, efficacité énergétique. Non pas par idéologie, mais par réalisme économique, environnemental et géopolitique. Et contrairement à ce que prétendent les tenants du statu quo, cette révolution n’est pas un slogan : elle est déjà en marche, partout dans le monde.

Le basculement vers les énergies renouvelables n’est ni dogmatique ni marginal. Il répond à une logique simple : celle des faits, de l’efficacité économique et de l’intérêt général. Les chiffres sont sans appel. En 2024, 92,5 % des nouvelles capacités électriques installées dans le monde étaient renouvelables. La dynamique d’investissement est désormais clairement du côté des renouvelables, qui représentent environ un tiers de la production mondiale d’électricité. En y ajoutant le nucléaire, une énergie qui est décarbonée, même si elle pose d’autres enjeux environnementaux, la réalité est là : la moitié de l’électricité mondiale et les deux tiers de l’électricité européenne sont déjà décarbonées.

Ce mouvement est global. Des pays émergents à la Chine, tous convergent vers la même solution. Même dans le pays d’un nostalgique des énergies fossiles comme Donald Trump, la réalité économique s’impose : au Texas, symbole mondial de l’industrie pétrolière, c’est déjà plus de 20 % de l’électricité qui est produite par les éoliennes, soit plus qu’en Europe. Ce n’est pas un hasard. Les renouvelables sont compétitives, rapides à déployer, créatrices d’emplois et résilientes. Elles gagnent parce qu’elles fonctionnent.

Si nos agriculteurs installent des panneaux photovoltaïques sur leurs bâtiments, c’est parce que l’électricité qu’ils produisent ainsi leur coûte moins cher que s’ils devaient l’acheter. Cette révolution énergétique n’est plus abstraite. Elle devient tangible, quotidienne, visible. Elle s’ancre dans les territoires, dans les exploitations agricoles, sur les toits, dans les communes rurales. La révolution des renouvelables n’est pas seulement technologique : elle est profondément démocratique et géopolitique. Produire localement, c’est décider localement. C’est réduire les dépendances, sécuriser les approvisionnements et nous redonner du pouvoir. L’énergie redevient un bien commun et non un instrument de domination ou de spéculation.

La révolution des énergies renouvelables est lancée. Elle nous offre, dans ce contexte mondial anxiogène, une trajectoire de progrès possible. Une dynamique où chaque pays peut gagner, où chaque territoire peut contribuer, où la coopération remplace la prédation. La seule question qui demeure est politique : voulons-nous faire comme Trump et tenter de ralentir cette transformation par nostalgie du XXe siècle des énergies fossiles ? Souhaitons-nous, comme Emmanuel Macron, être des spectateurs de cette transition et de ses conséquences, qui peuvent parfois être socialement injustes ? Ou voulons-nous, comme je le souhaite, l’accélérer et la rendre juste pour faire de la France et de l’Europe les leaders du monde libre ?

L’histoire avance. À nous de faire un choix.

Première parution sur le blog de Thomas Pellerin-Carlin.

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Thomas Pellerin-Carlin est eurodéputé Place publique | S&D

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