Vers une grande coalition progressiste au Parlement européen

Oubliez toute la campagne et les débats insipides que vous avez ingurgités. Dans la dernière semaine des élections européennes apparaît enfin leur enjeu principal: quelle forces politiques vont dominer le Parlement européen ? Avec quel programme ? Et pour quelle Commission ?

Depuis des années, la proposition centrale de Sauvons l’Europe est que l’émergence d’une démocratie en Europe passe par la constitution parlementaire entre les forces politiques de progrès en Europe. Dans une prise de position partagée avec la Confédération étudiante et les jeunes européens, nous la définissions ainsi : Cette majorité en Europe, dans le contexte d’un Parlement élu à la proportionnelle, c’est une alliance entre la gauche, les écologistes et les démocrates sociaux, le rassemblement de tous ceux qui veulent une Europe de progrès.

Les vidéos de soutien d’Alexis Tsipras, leader de la gauche grecque, et d’Antonio Costa, premier ministre socialiste du Portugal, diffusées dans les meetings de LREM ont beaucoup interrogé. Appellent-ils à voter LREM en France ? Costa a confirmé qu’il souhaite un vote socialiste, mais appelle à construire l’Europe de ses vœux avec Macron. Macron pour sa part a clarifié la chose en début de semaine dans un entretien au Soir, où il propose une « une coalition européenne du progrès ».

Les sociaux-démocrates allemands ont exprimé leur disponibilité pour une telle alliance. Nous savons que les Verts  européens y sont également sensibles, parce que leur Présidente nous l’avait confirmé à l’époque.

Ils faut saluer les deux éléments qui conduisent à ce basculement. Le premier est le choix du PSE de rompre avec la grande coalition le liant au PPE dans le partage des places, pour tenter de préférence une alliance avec les forces « progressistes ». Ceci s’est traduit politiquement dans le choix de Franz Timmermans comme candidat socialiste la Présidence de la Commission, très identifié sur les questions de libertés publiques, mais pas le moins libéral des socialistes. Le second est l’entrée de Macron au groupe centriste ALDE, le transformant en groupe pivot et le rendant disponible pour une telle aventure.

Mais alors, vers quel Président de la Commission ceci nous emmène-t-il ? Dans son entretien au Soir, Macron lance le nom du belge Charles Michels, et se laisse poser la question sur Michel Barnier. L’ALDE fait discrètement campagne pour Margaret Vestagher. Antonio Costa rappelle que Franz Timmermans est le Spitzenkandidat des socialistes et demande à Macron de le soutenir. Au moins, la question est désormais posée politiquement et non plus dans un concours de beauté technocratique.

Mais diront certains, ne s’agit-il pas d’une entourloupe ? Tous ces partis se présentent séparément, puis prévoient de s’embrasser dans le dos des citoyens une fois élus ? Et comment des partis qui s’opposent fortement nationalement peuvent-ils joyeusement se donner la main en Europe ?

Il n’y a rien d’exotique là-dedans: c’est exactement ce que nous faisons pour nos élections locales, à la proportionnelle également. Aucun parti ne domine seul un conseil régional ou rarement une Mairie. Quand les électeurs mettent leur bulletin dans l’urne, ils choisissent une coalition pour gouverner: on sait bien le plus souvent, qui travaille avec qui. Et au sein de cette coalition, un parti qu’ils entendent voir peser plus lourd. Et ces majorités locales peuvent parfois sembler un peu bizarres quand on regarde les deux deux bouts de chaîne qu’elles rassemblent. Nous n’avons simplement jamais eu l’occasion de faire de même pour une élection européenne.

Ca arrive bien tard, enfin ça arrive. Donc votez ! Votez pour des partis qui intégreront l’Arc europrogressiste. Ils se trouve, heureux hasard que les listes que nous recommandons à votre attention sont les suivantes : Europe écologie, Renaissance, Envie d’Europe ou Printemps européen.

Arthur Colin
Arthur Colin
Président de Sauvons l'Europe

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24 Commentaires

    • « Ah si l’Europe pouvait basculer vers la gauche… » La coalition suggérée en fin d’article : Europe écologie + Renaissance + Envie d’Europe + Printemps européen » ne me semble pas être LA gauche, mais une possibilité pour l’oligarchie-UE de poursuivre ses politiques libérales, donc anti-sociale et croissanciste « verte ».

      Pour aller dans le sens « progressiste » (harmonisation sociale vers le haut & harmonisation fiscale, mesures radicales pour une transition écologique dès que possible) que sous-entend l’article, il eut été mieux de proposer cette autre coalition : EELV + Printemps européen + Pour l’Europe des Gens contre celle de l’argent + Envie d’Europe + La France Insoumise ».

  1. Il serait bon que le terme progressiste soit clairement défini!
    Pour moi n’est de progrès que dans la mesure où personne n’en est exclu et qu’il préserve l’avenir.
    Il ne peut en aucun cas se fonder sur la haine.
    Il doit comporter un apprentissage du vivre ensemble en se respectant mutuellement.

    • Tout à fait d’accord avec vous. La haine des exclu-e-s, pauvres, juifs, musulmans, non-croyants, gays, trans … n’est pas tolérable.

      … quant aux exploiteurs, aux abuseurs, aux corrompus, aux boni-menteurs (Barroso, Juncker entre autres domestiques de l’oligarchie), aux lobbyistes, etc … ils ne sont guère aimables, s’ils ne sont pas haïssables. Il va falloir qu’ils y mettent de la bonne volonté, et abandonnent leurs prébendes et leurs privilèges. Le feront-ils de bonne grâce ?

      • Vous rêvez ! Jamais ceux là n’abandonneront d’aussi «gras» avantages «de bonne grâce».
        C’est trop bon et jusqu’à présent c’était trop facile, les
        compromis (sions…!) avec le pouvoir financier qui «arrangent» tout le monde.

  2. urgence écologie me parait plus apte à défendre l’écologie sociale nécessaire, que Renaissance ou EELV , alors que la planète brûle!

  3. Merci de confirmer le tripatouillage a venir d une coalition qui n a de progressite que le nom et encore auto attribué. Pour les electeurs dégoûtés par ses pratiques anti democratiques un seul choix : Manon Aubry la France Insoumise

  4. Tout est une question du sens que l’on donne aux mots et il serait bon de revenir au sens réel, premier des mots que l’on emploie et non pas aux connotations négatives ou mensongères que l’on donne au sens originel, progresser veut dire avancer, maintenant on peut se mettre en marche pour avancer vers le chaos humain comme Macron, vers une domination du monde non pas par les peuples qui y vivent mais par quelques multinationales qui enrichissent seulement ceux qui les possèdent Bezos, le propriétaire d’Amazon a triplé sa fortune en 2 ans en traitant ceux qui la font ses salariés comme des esclaves qui eux dans le même temps ont vu leurs conditions de travail se dégrader et Bezos a augmenté la pollution de l’air par une multiplication des transports notamment par camions diesel augmentant le nombre de morts en France (+ de 50 000 ans)!
    Avancer, progresser vers une société moins polluée, plus saine alimentairement, plus juste, en finir avec la faim, la guerre, voilà le progrès! Vive le nouveau PIB, le Progrès Intérieur du Bonheur, évaluer non la baisse du chômage qui n’enrichit que les entrepreneurs et non leurs salariés mais la baisse du taux de pauvreté. Plus le chômage baisse, plus le taux de pauvreté augmente (Allemagne, Espagne 17%, GB 20%, les privatisations tatcher!) plus le taux de travailleurs au-dessous du taux de pauvreté augmente. Et si en France jusqu’ici le taux de pauvreté n’est qu’à 14% c’est du au reliquat du système mis en place par le CNR que Macron brade aux investisseurs, français, européens et mondiaux. Donc interrogeons sur le sens de spots employés, ne laissons pas détourner le sens de ces mots, se faire le glissement sémantique comme Macron: une prime devient une hausse de salaire, le retour du vol des retraites une augmentation des retraites ou comme Castaner la fuite de manifestants dans un hôpital effrayés par la police une agression. Tout le mensonge Macron est là: la manipulation du langage par ses communicants venus de la pub ou du journalisme qui appliquent les méthodes marketings de ces secteurs à la politique.

  5. Je suis également d’avis qu’il convient de définir ce qu’est être « progressiste » et je ne vois pas en quoi Macron est « progressiste ».

    • Alors voici notre approche: nous cherchons à définir une coalition majoritaire au Parlement européen. Donc c’est 51% des élus, depuis la gauche (ceux qui sont prêts à une alliance, donc Tsipras mais pas LFI) jusqu’à… ce qu’il faut. Avec cette méthode, Macron est « progressiste », sans aucune ambiguité.

    • « ’un des objectifs de la redéfinition du progressisme est précisément de renvoyer la lutte des classes au rang de vieille lune. Dans le progressisme, l’entreprise est une communauté dans laquelle patrons et salariés font « tous ensemble ». Le capital est une donnée si naturelle qu’il n’apparaît nulle part dans la prose macronienne. L’enjeu du pouvoir des salariés en entreprise et encore moins celui de la propriété (fût-elle privée) des moyens de production ne sont pas des questions dans ce progressisme-là.

      Le volet social se résume alors à la lutte contre la grande pauvreté…/… »

      In « Le vénéneux progressisme à la sauce Macron » avril 2019
      https://www.humanite.fr/le-veneneux-progressisme-la-sauce-macron-670294

      • Si votre critère de démarcation est la lutte des classes, dans la mesure où ce n’est pas celui de LFI ou du NPA, je crois que le seul parti qui puisse accueillir votre vote est Lutte Ouvrière.

        • Ahhhh … non. Pas le groupuscule.

          Merci de m’exposer en quoi la « lutte des classes » serait un concept ignoré par la FI (et le NPA qui ne présente pas de liste à ce scrutin) ; et aussi absent chez EELV, Générations ou même par Gluscksman ???

  6. Merci pour votre information. Je me désolais de la dispersion des partis de gauche et ne savais pour qui voter avec une chance d’avoir des élus, maintenant, les choses sont claires : alors que j’hésitais entre EELV et la France Insoumise, comme je ne veux pas du libéralisme à tout crin de Macron, je voterai la France Insoumise. Dommage, Benoît Hamon et EELV auraient pu avoir mon vote dans une future coalition des verts avec LFI, Génération, les communistes, et le PS puisqu’il semble enfin renoncer à ses accords de traitrise avec la droite européenne…

    • Oui, enfin le centre de gravité de cette coalition, c’est le Parti socialiste européen, ce n’est pas Macron. Si vous voulez renforcer une aile verte de cette coalition par rapport à son aile libérale, votez EELV. Si vous voulez affaiblir cette coalition au profit des conservateurs européens, mais avoir une opposition franche, votez LFI. Mais pour mémoire LFI a scissionné avec la moitié du groupe de la gauche radicale en Europe, donc ce sera essentiellement un groupe de témoignage.

    • Hélas ! L’UPR est plus proche de l' »Etat français » – avec la triste connotation que ces termes revêtaient sous Vichy – que de « l’Etat nation ». Or, l’Europe, c’est l’aspiration à une fédération d’Etats nations, comme le prônait Jacques Delors, qui, entré dans l’Histoire par sa proximité avec Jacques Chaban-Delmas, grande figure de la Résistance et du gaullisme – le gaullisme authentique, pas celui de Pasqua – peut se prévaloir d’une stature politique autrement plus étoffée que celle du pauvre François Asselineau.

  7. Quel manichéisme cet article et ce blog !

    De quoi avez-vous peur ? Ou de qui ?
    Des Russes ? Oui certainement !
    Des américains ? Non apparemment…

    Pourtant ce sont les mêmes, politiquement parlant, comme l’ont été, longtemps en France, les socialistes, les centristes et la droite française, sauce sociale-démocrate. Les gouvernants actuels sont ceux qui détruisent et saccagent notre planète par avidité pour le fric, leur idole. Les autres, soit disant «élus» (par manipulations de divers médias) ne sont que des fifrelins, des «portes-serviettes», chargés d’aplanir les difficultés en préparant leurs populations aux décisions des premiers.

    Effectivement, quand on s’en rend compte et que l’on sort un peu des aspects de sémantique, quel cirque !

    Alors votons pour les forces progressistes par défaut ?
    Et selon votre suggestion, Renaissance serait une force de progrès parce que cette liste s’opposerait aux populo-fascistes ?
    Pourtant, pour moi c’est le même fascisme, celui du déni des français, de la manipulation mentale des populations, du greenwashing permanent….
    Bref celui du mensonge.

    Faut-il mentir pour être élu ?
    Certainement.
    Peut-être pas en permanence mais il faut savoir souvent passer outre sa «bonne» foi et ne pas avoir trop de convictions pour pouvoir s’allier entre carpes et lapins, ce qui en langage courant se nomme savoir retourner sa veste pour ne pas s’en prendre une et sortir du jeu politico-mediatique tellement agréable et flatteur pour l’ego personnel.
    L’interêt lié au pouvoir et à la gloire personnelle est une grande source de motivation, voire d’inspiration pour nombres de nos «élus» professionnels et carriéristes.

    Le drame de l’aile la plus sociale du parlement européen c’est justement l’égo de ses multiples candidats, incapables de s’entendre et de proposer un projet commun et clair.
    Ce qui donne simplement envie à la moitié des français de ne pas voter.

    Nous sommes donc dans le brouillard avec une nébuleuse de candidats.

    Je comprends le souci de SE qui cherche à rassembler pour qu’il y ait une force «démocratique» au parlement par opposition aux forces populo-fascisantes qui menacent.

    Nous sommes en train d’assister je crois, sur la scène internationale, à la naissance d’un vaste conglomérat populo-nationaliste en réaction à la menace orientale qui pourrait devenir réelle en cas d’alliance idéologique, pragmatique voire tout simplement économique, entre la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Japon.

    Tout cela occulte complètement le feu climatologique.
    Le seul combat qui compte réellement est celui-la.
    Sauvons l’Europe, peut-être mais sauvons-nous et donc la planète d’abord.

    Quand l’air sera devenu irrespirable (sans masque), l’eau imbuvable (sans filtre), le climat (insupportable pour tout ce qui est vivant), nous nous apercevrons que peu de nos «représentants» aurons été à la hauteur des enjeux et que les bénéficiaires du non-partage des profits pourrons encore respirer, boire et supporter de vivre en enfer.

    Bon vote !-)

    PS moi-même à quelques minutes de voter, je n’ai pas encore choisi la liste qui aura la clairvoyance et la capacité de défendre une réelle vision pour un avenir commun meilleur en Europe. Je penchais pour EELV mais vu le sac dans lequel vous les mettez, je me doute bien que leur «verdeur» se transformera tantôt en grisaille après de nombreuses compromi…pardon, nombreux compromis.

    Merci à SE de me faire douter et de nous faire réfléchir à nos choix et responsabilités.

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