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Vaccins, le Brexit français

Quel rapport entre la déconfiture du Brexit et le démarrage poussif de la vaccination française me direz-vous ? Soyons un peu raisonnables et cessons de tout confondre sans rime ni raison ! Et pourtant…

Pourtant la relative impréparation de la France sur le vaccin, qui devrait se traduire par quelques semaines de retard sur le rythme pris par nos voisins, a plus que quelques points communs avec la catastrophe bureaucratique que constitue la non préparation administrative du Brexit par le gouvernement de sa Gracieuse Majesté. Loin d’un simple concours de beauté dans l’impéritie, ces situations traduisent une indécision fondamentale face à une opinion publique qui perd l’adhérence avec les faits.

Commençons par le Brexit. Cette amputation remarquable est le fruit d’une campagne permanente visant à transformer l’Europe en bouc émissaire des politiques nationales impopulaires. Non que l’Europe soit parfaite et sans tache, mais elle se voit généralement chargées soit de décisions purement nationales, soit de choix politiques ardemment soutenus par les gouvernements. Symétriquement, la « Souveraineté » est une nouvelle baguette magique qui rend tout possible. Le problème lorsque ce programme se réalise est qu’une dissonance forte apparaît entre la promesse d’un nouvel Eden et la réalité plus tristoune. Les Brexitters rejetaient pendant la campagne comme une infamie l’idée que le Royaume-Uni puisse sortir du marché unique en cas de Brexit, c’est bien ce qui s’est réalisé. Ils prévoyaient des dividendes remarquables pour financer la sécurité sociale, qui se sont transformés en coûts supplémentaires. De manière générale, ce qu’ils qualifiaient de « Project Fear » est au rendez-vous.

Dans ces conditions, il devient difficile de préparer administrativement ce dont on répète jour après jour qu’il ne va pas intervenir.

En France, confronté à une opinion réticente aux vaccins et à un historique regrettable et remarqué de maladresses d’expression sur le masque, le gouvernement a choisi de ne pas brusquer les choses. Mais l’excès de précaution s’est transmis à chaque couche administrative, avec ouvertures de parapluies successives et superposées. Au final, une profonde méditation technocratique bien loin d’un élan de « guerre » et une performance remarquable de communication publique faisant passer le soutien aux vaccins de 55% à 40% en à peine deux semaines.

Dans les deux cas, le moteur de cette crise de l’opinion publique est une défiance maladive envers les gouvernants. Qu’ils soient assujettis à un « Bruxelles » mondialiste qui ne sert pas nos intérêts ou à un Big Pharma corrompu, le fonds de l’imaginaire est identique. Dans les formes les plus aigües, l’Europe est un projet d’esclavagisme moderne, de remplacement des populations par un tiers-monde plus soumis et d’imposition de valeurs extérieures, comme le vaccin vise en réalité à éradiquer la masse de la population, à la rendre docile ou à la pucer. Les thèmes sont les mêmes, les vecteurs de communication sont les mêmes, les personnes susceptibles de porter ces discours sont les mêmes et les proximités politiques également.

Nous avons observé de longue date une conjonction curieuse entre anti-européanisme et admiration pour Vladimir Poutine ou équivalents. Nous pouvons aujourd’hui y ajouter la défiance vaccinale. Or rien ne relie rationnellement ces sujets. L’Europe est souvent contestée au nom de la démocratie, ce qui devrait être incompatible avec un soutien à des régimes dont la pratique démocratique est moins évidente. Et ceci ne devrait à nouveau avoir aucun rapport d’aucune sorte avec un choix de vaccins. Pourtant ces opinions font système.

Il est possible d’avoir une discussion rationnelle sur la pertinence de l’Union et sur son bilan. Ou sur les vaccins. Ou sur la réalité de la démocratie. Mais ces questions sont de moins en moins rationnelles et de plus en plus porteuses d’identités politiques. L’Europe est désormais un marqueur politique au lieu d’être un point d’échange programmatique. Nous sommes à l’orée de voir le vaccin suivre également ce trajet. Aux USA c’est déjà le cas pour le port du masque, avec un camp pour lequel la protection de la démocratie n’est manifestement plus une valeur.

Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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17 Commentaires

  1. Je trouve le rapprochement très exagéré. Le retard dans la vaccination est un problème certes, mais mineur. Le gouvernement français n’est pas devenu populiste. Comme le dit l’introduction de l’article, il faut raison garder.

  2. Je suis d’accord avec le sens de cet article qui, si je comprends bien, consiste à dire que le vaccin en France, à la lumière des causes ayant conduit à la non-vaccination, sert de repoussoir aux antivax autant que l’Union européenne aux Brexiters.

  3. Bonjour et bonne année Européenne 2021
    Membre de Sauvons l’Europe, je suis pour l’essentiel d’accord avec ce qui s’y publie, s’y analyse.
    Mais je trouve la comparaison d’Artur entre le Brexit, échec: perdant perdant pour reprendre l’expression de notre excellent Michel Barnier, et le retard d’une semaine de la vaccination en France, excessive.
    D’autant que s’il y a problème, c’est un problème qui trouve sa source dans l’approvisionnement de l’Europe en vaccins, mais pouvait il en être autrement ?
    Je suis assez d’accord pourtant avec certaine parties nuancées de l’analyse: « démarrage poussif » quand d’autres parlent de « désastre », « maladresses d’expression sur le masques », quand d’autres parlent de mensonges « machiavelliques ».
    Je ne partage donc pas la caractérisation du titre, mais je ne partage pas non plus la conclusion pessimiste: je ne crois pas que le vaccin, dans quelques mois, ne soit pas pour la majorité des Français et des Européens la solution pour sortir du cauchemar dans lequel nous sommes depuis bientôt un an.
    Les dégâts du Brexit eux, dureront bien plus longtemps !
    Gilles Escala
    Grenoble

    1. Bonjour, le propos n’est pas tant d’attaquer le plan gouvernemental que de pointer une fusion en cours de l’anti-européanisme et des contestations de la médecine « classique » sur fonds de défiance généralisée.

  4. Enfin une analyse lucide qui montre pourquoi les peuples retrouvent leur bon sens et leurs valeurs chrétiennes fondamentales devant ce que veut imposer une Europe dirigée par de non-élus, qui fait ses coups en douce ( Traité de Marrakech) molle devant l’islam et qui paie l’impôt des dhimmis à Erdogan, qui refuse de voir l’intérêt de vivre et commercer avec la Russie etc…La perfide Albion a bien compris cet esprit de Bxls et est partie retrouver le large. Même en Allemagne l’avocat Reiner Fuellmich a fait condamner le ministre de la santé Drosten et d’autres procès viennent car les peuples se réveillent. Non à la société orwellienne.

    1. « Même en Allemagne l’avocat Reiner Fuellmich a fait condamner le ministre de la santé Drosten ».
      C’est complètement faux ! Drosten n’est pas le ministre de la santé. Il n’a pas été condamné.

  5. Tout rapporter à l’Europe est peut-être une erreur. Le confinement, le couvre-feu, la fermeture des universités, le port du masque sont tous plus ou moins utiles pour enrayer l’épidémie, mais les nombreuses erreurs gouvernementales — il n’y a pas que dans la communication — aident à donner l’impression pas forcément consciente qu’il y a un déni de démocratie de la part de gouvernants persuadés de la bêtise de la masse des administrés. L’un des rares espaces de liberté qui nous restent consiste à refuser le vaccin, à nos risques et périls. Faut-il être surpris du succès de ce recours ?

    1. Nous sommes d’accord sur la question du déni de démocratie et sur le mépris des gouvernants envers les citoyens, et c’est grave. L’espace de liberté de refuser le vaccin est il un espace de liberté quand celui qui décide d’y recourir risque ce faisant de contaminer-par inconscience- d’autres qui ne demandent pas cela et ne le méritent pas.

  6. Rapprochement intéressant qui amène à réfléchir sur la paralysie (autoprovoquée) de certains gouvernements face aux décisions à prendre, décisions en conséquence directe de leurs propres actes ou d’un état de fait prévisible.
    Pour la France, l’arrivée du vaccin était souhaitée, attendue et inéluctable. Depuis février dernier, tout le monde ou à peu près savait que le vaccin était, faute de traitement efficace, la seule façon d’échapper à la pandémie. Un gouvernement responsable, un ministère de la santé conscient, auraient du dès le mois de mars commencer à prévoir une vaccination de masse. Cela n’a visiblement pas été fait et, en dehors de dizaines de milliers de contaminations et probablement de morts en plus, risque d’avoir de lourdes conséquences électorales. La confiance mesurée que l’on pouvait encore avoir en ce gouvernement est ébranlée.
    Au RU, les Conservateurs et Johnson s’imaginaient pouvoir négocier on ne sait trop quel accord qui leur serait entièrement favorable, en misant sur la division des Européens. Du coup, la préparation de la sortie de l’UE n’a pas mobilisé les énergies, sauf brièvement au départ sous May. La période de transition n’a servi à rien, en dehors de quelques parkings même pas terminés au 1er janvier ou inondés par les fortes pluies…

    Ces deux gouvernements se sont montrés faibles, lents à réagir et bien peu compétents.

  7. J’ai omis dans mon précédent commentaire, un élément qui me parait important, je précise donc.
    Cela ce voit dans ce que j’ai écrit précédemment, je ne suis pas des irresponsables frénétiques et haineux.
    Je ne suis pas non plus un béni oui-oui du gouvernement, je dis c’est bien quand c’est conforme à mes analyses et valeurs, et c’est faux dans le cas contraire, et ce, qui que ce soit qui propose des décisions. C’est je crois, ce qu’attendent les citoyens de nos démocraties à améliorer.
    Je fais le reproche au Macronisme de ne pas avoir intégré dans son logiciel, l’existence et l’utilité de la Société Civile Organisée, comme le propose « Sauvons l’Europe » pour l’Europe et « le Pacte du Pouvoir de Vivre » pour la France.
    Cela permettrait d’accepter des bonnes décisions, de les enrichir, de trouver de meilleures solutions et de rendre partie prenante beaucoup de celles, ceux, qui ont tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain !
    Gilles Escala.
    Grenoble.

  8. La solution miracle le vaccin ? De quoi est il fait ? Fabriqué « à la va vite » à base d’OGM par de multiples entreprises pharmaceutiques surtout avides de vendre leur soi-disant  » produit miracle » …en ayant surtout pour but l’idée de gagner beaucoup d’argent…Je ne suis nullement anti-européenne, par contre j’ai des doutes par rapport à ce vaccin qui me semblent fondés : pas de recul quand à son efficacité réelle, pas de connaissance suffisante quant à ses effets secondaires. En principe cela prend pratiquement dix ans pour créer un vaccin « classique » en l’ayant testé comme il se doit. Comment se fait il que des recherches sont menées pour trouver un vaccin contre le sida depuis 36 ans et que l’on a toujours pas trouvé ? Par ailleurs, pourquoi un accent n’est il pas mis sur le système immunitaire défaillant d’une grande partie de la population ? Car ce qui est en cause, en grande partie, c’est comment la grande majorité des gens s’alimentent. Et là, on parle de l’agriculture intensive bourrée de pesticides, des animaux d’élevage bourrés d’hormones et d’antibiotiques et j’en passe…et qui cautionne et subventionne ça ??? Donc, NON, je ne me ferai pas vacciner.

    1. C’est tout de même étonnant tous ces gens qui ont des opinions bien arrêtées sur le vaccin alors qu’ils n’y connaissent rien, rapportent des rumeurs infondées, font des rapprochements hasardeux entre un vaccin contre un simple virus – le corona virus – et un rétrovirus – le virus du sida, qui déjoue de manière très difficile à combattre les défenses immunitaires – mettent en doute la parole des experts qui sont bien évidemment vendus, critiquent systématiquement les gouvernants quoi qu’ils fassent – qu’on se souvienne des ricanements à l’encontre de Roselyne Bachelot en 2009 – c’est toujours trop vite ou trop lentement, trop fort ou trop doux etc mlais « nous nous aurions fait mieux »…Pour finalement répondre: « moi c’est non » et contribuer ainsi à l’expansion d’une maladie qui va nous détruire. Ces irresponsables font le malheur de notre démocratie, comme les Brexiteers font le déclin inéluctable du Royaume Uni. merci à Arthur de le souligner.

      1. Ce qui est irresponsable est de n’écouter que des gouvernants ( hum) sous la coupe d’une clique de médecins inféodés aux labos et des médias qui assomment chaque jour le bon peuple.  » Ceux qui n’y connaissent rien » se posent des questions essentielles: D’où vient ce virus? Pourquoi n’est-il pas encore isolé? Pourquoi des médecins insultent des plus savants qu’eux et reconnus dans le monde pour:leurs recherches? Pourquoi mentir sur des masses de morts inexistants? Pourquoi fermer les églises ( et pas les mosquées qui s’en moquent)? Pourquoi les tests PCR ne sont pas fiables mais qu’on s’en sert pour fermer les commerces? Pourquoi avoir peur de la mort dont on ne sait pas l’heure alors que c’est la finalité de la chair? Pensez plutôt à votre âme qui est vraie et unique.

        1. Merci ! Ceux « qui n’y connaissent rien » n’ont pas le « droit » de se poser des questions ??? Alors que les gouvernants se sont contredis à mille reprises durant cette pandémie, que bon nombre d’éminents médecins/chercheurs ont pris des positions remettant en question bon nombre de choses et que les enjeux financiers de l’industrie pharmaceutique sont bien connus…Le « bon peuple » devrait se taire et se faire vacciner comme des moutons sans rien savoir de plus sur sa composition, son efficacité, ses effets secondaires ? Non les gens qui ne sont pas des moutons ne sont nullement des irresponsables; simplement plus conscients ! Et oui, dans notre société occidentale, la mort est un sujet tabou alors qu’elle fait partie du cycle de vie…!

    2. Bien. Vous ne voulez pas vous faire vacciner et préférez attendre qu d’autres le fassent. C’est votre droit (malheureusement pour la collectivité) et il ne vous est pas contesté. Vous préférez sans doute tomber malade, passer trois semaines à l’hôpital, contaminer votre famille, vos amis.
      Cependant difficile de laisser passer vos attaques contre les laboratoires. Figurez-vous que la fonction d’un laboratoire est de trouver et de fabriquer des médicaments pour nous soigner. Pour cela, il faut de longues recherches, de lourds investissements. Un vaccin a donc un coût, très variable selon les techniques utilisées. Voudriez-vous que ces laboratoires travaillent pour rien? Ou que la recherche et la fabrication soient entièrement financées par les impôts? C’est là aussi un choix. Ce n’est pas celui des démocraties occidentales. Ces attaques sur les aspects financiers n’ont guère de sens. Personnellement, je suis prêt à payer mon vaccin…
      Pour le reste, oui l’alimentation c’est important, mais si je passe demain au tout bio, cela ne m’empêchera pas d’attraper le coronavirus. Ce discours réactionnaire facile à la Rhabi ou Steiner est lassant.

  9. Décidément, vous parlez pour ne rien dire…! Nier les enjeux financiers de l’industrie pharmaceutique est totalement ridicule et indécent ! Bien sûr que la recherche doit exister et être financée ; cela n’a rien à voir avec l’industrie pharmaceutique avide de gains. Vous êtes bien naïf en pensant qu’ils ne font que créer des médicaments pour nous soigner quand certains médicaments sont vendus à des prix exorbitants inaccessibles pour bon nombre de gens ! Vous niez également l’importance d’une alimentation saine, (sans l’utilisation massive de cochonneries) pour avoir un système immunitaire qui fonctionne correctement c’est à dire qui soit à même de combattre les virus. Bref, faites vous vacciner et fichez la paix à ceux qui se posent des questions à juste titre sans pour autant les traiter d’irresponsables ou pire de réactionnaires ! Et surtout ne tentez pas de donner des réponses à ce que vous méconnaissez.

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