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Un observatoire européen en lutte contre la désinformation numérique

La liberté et la qualité de l’information sont des conditions de la démocratie. De fait, le pluralisme des médias est l’un des critères retenus par la Commission européenne pour son Rapport sur l’Etat de droit car des démocraties « illibérales », qui entravent la liberté de la presse, se développent au sein de l’UE. Se former à l’analyse de l’information est particulièrement important en cette période de pandémie de COVID19. L’Union Européenne a créé un observatoire européen des médias numériques pour aider les citoyens en ce sens.

L’observatoire, une aide pour se repérer face aux « informations »

Dès juin 2019, des eurodéputés fraîchement élus, issus de plusieurs groupes politiques, avaient partagé leurs inquiétudes concernant l’impact de la désinformation sur la démocratie européenne et promis de travailler ensemble pour y faire face pendant les cinq prochaines années. Ils soulignaient l’importance de l’éducation aux médias pour que les citoyens développent une réflexion critique en indiquant que la solution n’est pas de réglementer. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une population éduquée pour que les gens soient vraiment capables de distinguer la désinformation car il n’y a pas vraiment d’autres moyens d’empêcher les fakes news d’atteindre nos populations » (Mikulas Peksa, représentant tchèque au groupe des Verts/ALE).

Vera Jourova, vice-présidente de la Commission européenne chargée des valeurs démocratiques et de la transparence déclarait le 1er juin 2020 lors du lancement de l’Observatoire européen des médias numériques (EDMO) : « La désinformation menace toujours plus nos sociétés démocratiques et nous devons la combattre. Nous défendrons ainsi les valeurs et les droits fondamentaux [qui prévalent en Europe], y compris la liberté d’expression et d’information (…). L’Observatoire européen des médias numériques permettra de promouvoir la vérification des faits et d’améliorer notre capacité à mieux comprendre la diffusion de la désinformation en ligne »

Cet observatoire pour traquer les fake news a démarré ses activité au sein de l’Institut universitaire européen de Florence sous la présidence de Renaud Dehousse. Il rassemble des vérificateurs de faits et des universitaires ayant une expertise dans le domaine de la désinformation en ligne. Il est ouvert à la collaboration avec les organisations médiatiques et les praticiens de l’éducation aux médias. L’observatoire promeut les connaissances scientifiques sur la désinformation en ligne, fait progresser le développement de services de vérification des faits et les programmes d’éducation aux médias. L’EDMO soutient également les autorités publiques dans l’évaluation de la mise en œuvre du code de bonnes pratiques de l’UE en matière de désinformation.

Un niveau inquiétant de désinformation avec la COVID 19 qui implique une meilleure coopération européenne

Le premier rapport de l’Observatoire européen des médias numériques publié en date du 8 mars 2021 montre que, lors de la pandémie de COVID-19, un niveau de désinformation sans précédent à propos du virus se propage rapidement sur les plateformes de médias sociaux. La désinformation, qui alimente la confusion et la méfiance, peut compromettre une réponse efficace de santé publique en Europe et saper les plans de vaccination des gouvernements. Ce rapport se fonde sur une enquête menée du 15 au 21 janvier 2021 auprès d’équipes de vérification des faits dans les médias de 17 États- membres (Belgique, Bulgarie, Croatie, République tchèque, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Italie, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Espagne), ainsi que du Royaume-Uni et des pays des Balkans non membres de l’UE.

D’une part, la désinformation autour des vaccins COVID-19 semble franchir de plus en plus les frontières avec un certain nombre de récits récurrents dans différents contextes nationaux. D’autre part, certains récits semblent être adaptés à des spécificités nationales et locales. Souvent, même si la plupart des désinformations disparaissent après la publication d’une vérification des faits, dans un délai de 1 à 3 mois, les mêmes messages sur les mêmes sujets réapparaissent. Ceci souligne l’importance de la disponibilité d’informations dans les différentes langues pour aider à soutenir le travail des fact-checkers, l’importance de la coopération, le renforcement des réseaux, le partage des bonnes pratiques et des initiatives de collaboration au niveau européen.

EDMO lancera prochainement sa plateforme collaborative en ligne sécurisée, qui servira de lieu virtuel où les fact-checkers pourront communiquer, coopérer, améliorer leur réseau, lancer des enquêtes conjointes, partager au mieux pratiques et informations. Une initiative à suivre…

Cet article a été publié dans la revue « Citoyens » du mouvement « la Vie nouvelle »

 

Nicole Fondeneige

Nicole Fondeneige est animatrice de Sauvons l’Europe à Bruxelles

Sauvons lEurope

Un engagement pro-européen et progressiste en faveur d'une Europe démocratique et écologique, espace commun de libertés et de protection sociale.

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