ActualitésEditoEn Une

Tempêtes au cœur de l’été européen…

Un peu partout cet été, l’avis de tempête politique est de retour en Europe. Et, s’il faut, par analogie avec l’actualité récente, parler d’« incendies politiques », il n’y a pas de doute que le vent qui les attise vient de l’est…

C’est l’été italien qui s’annonce particulièrement torride, après la démission forcée du premier ministre italien Mario Draghi. Il n’est pas si loin cet hiver 2021 où le monde politique italien communiait à l’icône d’un « Super Mario » porté à la tête d’un gouvernement d’union nationale. Or, voilà que sous les yeux d’une Europe stupéfaite, Rome brûle « l’idole Draghi » à la veille des vacances. L’Italie cherchera dans les urnes son soixante-huitième gouvernement depuis 1946. Une triste farce alors que deux mille maires de la péninsule avaient signé une pétition de soutien à l’« expérience Draghi », que défendent également quelque 70% des Italiens.

Partout en Europe, les défis de la guerre en Ukraine et les crises économique, énergétique, environnementale mettent les systèmes démocratiques au pied du mur. Voici l’Italie repartie en campagne, avec comme grande favorite Giorgia Meloni, 45 ans, présidente de Fratelli d’Italia, parti clairement d’extrême droite. En France, le chef de l’État n’a de majorité que relative, alors que les conservateurs anglais se cherchent un « leader propre », moins de trois ans après le triomphe électoral de Boris Johnson. En Belgique, la coalition en place, appelée « Vivaldi », peine de plus en plus à surmonter la fatigue du pouvoir. Quant à l’Espagne, cela fait longtemps que l’on y gouverne au gré de majorités « fluides » ou « faibles », c’est selon…

S’agit-il d’un hasard du calendrier estival ou d’une accumulation de crises, avec pour corolaire la difficulté d’assumer des mesures impopulaires et pour conséquence un véritable essoufflement démocratique ? Certes, tout ne peut s’expliquer par la guerre en Ukraine. Comme le rappelle avec un humour grinçant le rédacteur en chef du Soir : « L’ADN du politique italien depuis septante ans est le court-termisme, le cynisme et la volte-face. Si on pouvait récupérer en énergie chaque retournement de veste au Parlement de Rome, on aurait de l’électricité pour toute l’Europe. » Pourtant, force est de constater que la pression mortifère que Poutine exerce sur les Européens exacerbe les tensions, ajoutant de nouvelles crises aux crises. Il n’est que de voir le risque d’asphyxie énergétique de la première économie du continent, outre-Rhin, qui force les Verts allemands à réouvrir des centrales à charbon, faute d’alternatives au gaz russe.

Alors, puisque souffle, venu de l’Est, un puissant et glacial nihilisme, n’est-il pas temps de rappeler ce qui unit les Européens, la formule de Churchill prononcée le 11 novembre 1947 à la Chambre des communes : « Il a été dit que la démocratie est le pire système de gouvernement à l’exception de tous ceux qui ont déjà été expérimentés au cours de l’histoire. »

Henri Lastenouse

Henri Lastenouse est Secrétaire général de Sauvons l'Europe, et tant d'autres choses encore !

Articles associés

2 Commentaires

  1. Vous avez raison Henri Lastenousse… L’Europe est désirée par tant de migrants, c’est donc bien qu’on y vit un peu mieux qu’ailleurs… Aloès faisons savoir autour de nous, à tous les Européens qu’il faut serrer les dents, supporter cette phase difficile et dans cette véritable entraide nous gagnerons, pour construire une Europe LIBRE, SOUVERAINE et PROSPÈRE ! D’ici là, les Russes auront peut être fait le point sur leur gouvernance et compris que nous sommes au XXI ème siècle !!!!

  2. Bonjour.

    La guerre en UKRAINE avec la crise énergétique et peut-être demain se rajoutera une crise alimentaire est révélatrice des dysfonctionnements (corruption; manipulation, accroissement de l’enrichissement des plus nantis dans cette période de crise, non traitement sur le fond des divers problèmes sociétaux depuis de nombreuses années, etc, etc…), qui mettent en dangers nos démocraties et l’Europe.
    Il y a une perte de repère des citoyens et des européens sur les modes et les méthodes de gouvernances de nos états, de nos élections.
    La conséquences est le très fort taux d’abstention lors des élections qui favorise les partis extrémistes.
    En France et dans certains pays d’Europe, nous vivons sur les acquis et les politiques d’innovation lancés après la seconde guerre mondiale, notre richesse s’épuise, nous sommes constamment en perte de vitesse, nous ne cessons de vivre à crédit, jusqu’à quand ?
    Notre système éducatif est de moins en moins performant et l’un des plus chers (cherchez l’erreur ?), il était il y a quelques années admiré par beaucoup de pays, ce n’est plus le cas et c’est très grave.
    Oui, il y a un vent qui souffle de l’EST mais qui a bon dos.
    Les articles qui nous sont proposés devraient nous aider à mieux comprendre la situation actuelle, j’ai la forte impression qui édulcore souvent la réalité.

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page