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Protéger l’Ukraine, c’est d’abord défendre l’Europe

Nicolas Tenzer, Sciences Po – USPC

L’accord annoncé le 1ᵉʳ octobre 2019 entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la Russie, une délégation de l’OSCE et les forces dites « séparatistes » du Donbass, non sans une certaine pression, semble-t-il, des participants au format de Normandie, présente des ambiguïtés majeures.

Cet accord prévoit de donner plus d’autonomie à certaines régions ukrainiennes de l’Est, ce que, en l’absence de garanties de sécurité, récusent de très nombreux Ukrainiens dans une nouvelle vague de manifestations depuis dimanche 6 octobre, qui dénoncent une « capitulation » de l’Europe.

S’il devait être mené à son terme dans son acception minimaliste en termes de sécurité pour l’Ukraine, cet accord témoignerait en effet d’une cécité stratégique devant le danger systémique posé par la Russie de Poutine.

Il ouvre en outre une ère d’incertitudes auxquelles l’Europe et ses alliés doivent répondre en exigeant une application de cet accord sans concession envers l’agresseur. Elle ne doit pas craindre de brusquer le Kremlin qui en privilégie une interprétation légère.

L’Ukraine dans son environnement régional (2017).
FNSP, Sciences Po, CC BY-NC-ND

Le destin de l’Europe se jouera en Ukraine

En 2015, un an après l’invasion du Donbass et l’annexion de la Crimée par la Russie, l’ancien ministre tchèque Karel Schwarzenberg affirmait : « Le destin de l’Europe se jouera en Ukraine ». Il exprimait par là une double réalité. D’abord, l’Ukraine constitue un test pour la défense des valeurs de l’Europe et sa crédibilité stratégique.

Suivant que ses dirigeants sont capables ou non de défendre l’Ukraine, elle aura ou non montré sa crédibilité. Ensuite, ce qui se passe en Europe, mais à l’extérieur des frontières de l’Union européenne, compte autant pour le destin de cette dernière que les événements propres aux États membres – cela vaut pour l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie et les Balkans occidentaux.

L’accord qu’a révélé le président Zelensky reprend la formule dite de Steinmeier, du nom du président de la République allemande, à cette époque (2016) ministre des Affaires étrangères.

Celui-ci, connu pour un penchant en faveur de l’apaisement avec le Kremlin, avait tenté de maintenir un équilibre dans son imputation des responsabilités de la situation en Ukraine entre l’agresseur et l’agressé, ce qui jouait au détriment de ce dernier.

Sa « formule », non entérinée par les accords de Minsk – ces derniers, jamais appliqués par la Russie, étaient censés permettre la fin à la guerre en Ukraine orientale – prévoyait, en échange d’un cessez-le-feu par les forces russes ou sous le contrôle de celles-ci, la tenue d’élections dans le Donbass.

Celles-ci étaient censées être le prélude à son autonomie accrue par rapport à Kiev.

Crise en Ukraine, Donbass.
CERI, Regards sur l’Eurasie, Sciences Po, CC BY-NC

La « formule de Poutine »

Le retrait préalable des forces russes – supposées, contre toute évidence, ne pas être là – n’était pas formellement exigé – l’ambiguïté pour le moins demeure ‑, ni le désarmement des groupes leur venant en appui.

Il était juste précisé que ces élections devaient être internationalement contrôlées et respecter la législation ukrainienne, ce qui constitue une faible garantie d’impartialité et de liberté. Dans cette « formule », parfois désignée comme « formule de Poutine » tant elle est favorable aux positions russes, il n’est pas réclamé que, préalablement, les autorités ukrainiennes exercent à nouveau un contrôle entier de la frontière par laquelle passent troupes et armes.

Un tel accord ne serait pas de compromis, mais donnerait entièrement satisfaction à la partie russe, lui permettant d’atteindre ses objectifs. Cela a été perçu par une partie de la population ukrainienne qui a protesté énergiquement. Sans étonnement, les soutiens de Poutine se sont félicité de cet accord. Afin de pousser jusqu’au bout sa réalisation et par une tactique qui ne convaincra que les ignorants, le président Poutine a même demandé à la télévision officielle russe de ne plus déverser ses attaques infâmantes contre l’Ukraine.

Des élections sous occupation ?

Cet accord permettrait la tenue d’élections dans un territoire contrôlé par la Russie et les groupes à sa main, locaux ou étrangers.

Dans des territoires où toute parole opposée à la Russie est réprimée et où les violations des droits de l’homme sont constantes, et que plus d’un million de personnes ont fui, ces élections n’auraient aucune validité. Comme l’a d’ailleurs affirmé Zelensky, mais sans produire les garanties qu’il aurait reçues, il est impensable de tenir des élections sous contrôle de la puissance d’occupation et alors que les soutiens de Kiev pourraient être victimes d’intimidations violentes. Que vaudraient de telles élections sans que soit assuré le retour, dans des conditions de sécurité préalablement vérifiées, des personnes obligées de fuir ?

Laisser la frontière ouverte et sans contrôle soumettrait à nouveau ces territoires à la menace d’une nouvelle invasion russe.

Le résultat de ces élections serait prévisible : une victoire des partis « autonomistes » alimentés par Moscou. Alors qu’elle a déjà commencé à distribuer des passeports russes aux habitants des régions de Luhansk et du Donetsk, une telle autonomie, avec une appartenance fictive à l’Ukraine, placerait la région de facto sous domination russe.

Elle bafouerait l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine exigées par l’UE. Le Donbass deviendrait ce que sont depuis 2008 l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud pour la Géorgie : des provinces perdues dont les « frontières » avec le reste du pays deviendraient de plus en plus dures. Le conflit serait terminé, mais au prix d’une « glaciation » de la situation, en attendant sans doute une forme d’annexion plus officielle.

Cette situation de souveraineté réduite de Kiev sur son territoire rendrait quasiment impossible – ce qui est l’un des objectifs de Poutine – un processus d’adhésion à l’UE et à l’OTAN. Elle aboutirait soit à placer l’Ukraine dans la sphère eurasiatique dont rêve le Kremlin, soit à la laisser dans un entre-deux qui menacerait son économie et raviverait les luttes internes, bloquant l’avenir du pays. Créer une zone en perpétuelle agitation ou neutralisée dans l’est de l’Ukraine est un objectif de Moscou et il l’aurait obtenu au moindre coût.

Un dangereux précédent pour l’Europe

Si un tel accord était poussé sans réaction de l’UE, cet abandon créerait un précédent redoutable. Il récompenserait l’agresseur en lui reconnaissant une victoire aisée. En ne sanctionnant pas la violation du droit international, tout usage ultérieur de la force serait réputé payant. Que vaudrait une médiation faisant pencher la balance du côté du responsable d’une guerre meurtrière – plus de 13 000 morts et 1,5 million de personnes déplacées ?

Cela signifierait que l’UE refuserait de défendre des pays qui se sont insurgés contre un pouvoir tyrannique au nom des valeurs européennes, comme l’ont fait les manifestants de Maidan. Le choix d’un pays de demander une adhésion future à l’UE et à l’OTAN ne serait plus décidé par ces organisations et ce pays, mais par un État extérieur. En rupture avec les principes que l’UE est censée défendre, on laisserait s’installer en toute impunité des violations des droits fondamentaux dans les zones occupées par la Russie, les personnes déplacées n’ayant nul droit de retourner dans leurs territoires d’origine.

On voit mal dans ces conditions comment il serait ainsi possible d’envisager un retour de la Crimée auprès de l’État qui en détient la possession légitime : l’Ukraine.

Cela pourrait inciter Moscou à annexer les territoires géorgiens occupés d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud.

L’environnement stratégique de la Russie.
FNSP, Sciences Po, DILA, CC BY-NC-ND

Un tel accord priverait l’UE et ses principaux États de toute crédibilité sur la scène internationale à un moment où les États-Unis ont abdiqué cette responsabilité comme on l’a constaté en Syrie.

Dans les pays les plus menacés de l’Union, notamment les États baltes, l’inquiétude ne pourrait que croître, tandis que les démocrates pro-européens, dans les Balkans occidentaux et les pays du Partenariat oriental, auraient le sentiment d’une défection. Au moment où se développe l’idée d’un renforcement de la politique européenne de sécurité et de défense, la question de sa finalité ne pourrait qu’être posée dès lors que l’UE manque de résolution dans le combat contre la principale menace stratégique en Europe. Le moment est d’autant plus dramatique que l’Alliance atlantique est menacée par l’inconstance américaine et une incertitude sur sa feuille de route future.

Comment sauver l’Ukraine ?

La restauration de la souveraineté de l’Ukraine sur son territoire est la seule question qui vaille. Le président Zelensky a conditionné son accord au retrait des forces armées illégales et au contrôle de la frontière par les forces ukrainiennes. Pour l’Allemagne et la France qui ont parrainé cet accord, l’obligation doit être claire : veiller à ce que ces garanties soient offertes et concrètement mises en place. Or l’incertitude actuelle a suscité l’ire des Ukrainiens, notamment de ceux qui ont combattu et des familles de soldats qui ont sacrifié leurs vies. Ils considéraient non seulement que cette guerre relevait d’une obligation de défendre leur territoire, mais qu’ils étaient aussi sur la ligne de front entre l’Europe et une puissance hostile à tout ce qu’elle représentait.

La surveillance de la frontière, le désarmement des groupes armés et la garantie d’une campagne sans pression ne pourront être assurés que par des forces conséquentes en plus des observateurs de l’OSCE et du Conseil de l’Europe. La logique voudrait que des forces de l’ONU puissent en être chargées. Il serait aussi possible de lancer un signal fort et de mettre en place un contingent de forces européennes sous le contrôle du Conseil européen. Il faut sauver l’Ukraine et lui permettre un avenir européen, c’est-à-dire libre.The Conversation

Nicolas Tenzer

Chargé d’enseignement International Public Affairs, Sciences Po – USPC

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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11 Commentaires

  1. L’Ukraine est en partie composée de population russophone qui veulent rester en Russie; les autres ne sont pas pour autant européens démocrate; il y a même des milices ouvertement nazies, nostalgiques de l’armée Vlassov et du III éme Reich. La Russie a été fondée à Kiev. Si vous voulez rejouer l’aventure de la Wehrmacht allez-y , prenez votre barda , car enfin vous poussez à la guerre comme si vous étiez agent de l’Otan. La Russie n’est absolument pas une menace pour l’Europe car l’échiquier de 1945 de Staline n’est plus, depuis la Glasnost, de mise. L’Europe se fera de l’Atlantique à L’Oural dans la paix et la concertation sinon ce sera la guerre que l’Europe est incapable de soutenir militairement et techniquement car Vladimir Poutine l’a bien annoncé à la Douma et Lavrov aussi: Toute attaque verra une riposte fulgurante avec des missiles AS 400 et autres nouvelles armes que les Américains connaissent sans pouvoir les contrer
    . Il y a tellement à dire sur la réalité de la Russie que les politiques et journaleux occidentaux aux ordres ne veulent pas connaître.. .

    1. je suis tout à fait d’accord avec cette analyse, L’Europe et les USA ont trahi leurs engagements faits à Gorbatchev de ne jamais chercher à intégrer les anciennes républiques soviétiques dans l’OTAN qui devait être dissout comme le Pacte de Varsovie le fut. Les jeunes qui ont tenu la place de Maidan recevaient 5 $ chaque nuit.De plus l’Ukraine n’a jamais été un état indépendant c’est comme si la région de Lyon 1er archevêché de France Primat des Gaules demandait l’indépendance avec le soutien de l’Allemagne. Kiev c’est Lyon la lavra d’origine de l’église russe!! C’est une manipulation historique pour humilier encore plus les russes qui sont dangereux mais c’est honteux d’oublier le sacrifice de 25 millions de russes pour gagner la guerre contre le nazisme dont beaucoup sont nostalgiques en europe et en Ukraine. Oui l’avenir de l’europe se joue en Ukraine à cause de la volonté de revanche et de la peur des russes qui seraient nationalistes or l’est de l’ukaraine est russe depuis toujours. Et malheureusement les russes sont encore éduqués avec de la discipline guerrière et pas la peur de la mort. Vraiment c’est triste de voir que l’histoire ne sert à rien , les hommes sont suicidaires et ce jeune homme veut se faire mousser par ses professeurs de sc po, va t en guerre confortablement installés aux 2 magots sur le boulevard de saint germain des près.

  2. Cet appel à « protéger l’Ukraine » pour « sauver l’Europe » serait plus convaincant s’il ne témoignait pas par ses silences d’un certain aveuglement:
    – sur la politique continentale des Usa, qui ont fait le choix d’étendre l’Otan à l’Est jusqu’aux frontières de la Russie, contrairement à l’engagement – plus éclairé – de ne pas le faire à la chute de l’Urss. La Russie, désignée dès Clinton et Brzezinski comme héritière de la menace soviétique, devait par la suite assez logiquement se comporter comme telle en résistant par tous les moyens à ce qu’elle perçoit – tout aussi logiquement – comme un encerclement. L’adhésion de l’Ukraine à l’Otan n’était pas seulement une demande ukrainienne mais un choix géopolitique des Usa et des Européens qui les soutiennent: plutôt que de permettre à l’Ukraine d’adhérer à l’Ue – ou de s’y associer – tout en maintenant ses liens historiques avec la Russie, on a fait un « paquet » Ue-Otan pour arrimer l’Ukraine à l’Occident contre la Russie. Il faut aujourd’hui gérer les conséquences de ces choix, sans dénier qu’ils aient eu lieu et qu’ils aient eu des conséquences sur le jeu des acteurs.

    – sur la Crimée qui, historiquement, n’est pas plus ukrainienne qu’elle n’est russe. C’est une conquête militaire du Tsar sur un Khanat vassal des Ottomans, et elle n’a été attribuée à l’ukraine que dans le cadre d’un redécoupage interne à l’Urss, qui ne modifiait pas les frontières internationales. Faire comme si la Crimée était partie intégrante d’un Etat-nation ukrainien rendu à lui-même par la dislocation de l’Urss – comme l’ont été la Pologne et les Etats Baltes – c’est dénier cette réalité. Vouloir faire payer à Poutine le prix de sa violation du Droit international dans l’annexion de la Crimée est légitime. Vouloir revenir sur cette annexion elle-même ne l’est pas. C’est de l' »IrrealPolitik », comme dit Vedrine…

    Tout cela, Nicolas Tenzer le sait, bien sûr. En ne l’intégrant pas dans la vision qu’il nous propose, il nous suggère une problématique biaisée.

    Une ressource méthodologique serait de nous demander comment réagirait la Russie face à la politique du bloc occidental si elle était la démocratie libérale que nous disons souhaiter:

    – se sentirait-elle menacée par l’encerclement de l’Otan à ses frontières, qui a occupé le vide laissé par l’Urss et n’a pas été une démarche défensive face à une Russie autoritaire et agressive ? La réponse est sans doute oui. Comme ce serait le cas pour les Usa si la Russie implantait des bases à Cuba, au Venezuela ou ailleurs dans son pré carré… Imagine-t-on une Russie, aussi démocratique-libérale que l’on voudra, accepter que Sébastopol, son accès stratégique à la Méditerranée, devienne une base américaine?

    – une Russie démocratique-libérale aurait-elle laissé passer l’occasion historique de réintégrer la Crimée, dont l’attribution à l’Ukraine n’a été qu’une décision de politique intérieure soviétique? Sans doute pas. Gorbatchev comme la plupart des Russes ont approuvé l’annexion. Ce qu’aurait fait une Russie démocratique-libérale (idéale), c’est agir dans le cadre du Droit international pour faire prévaloir des intérêts qu’elle juge légitimes. Et encore cette affirmation suppose que nos démocraties libérales de référence ne violent jamais le Droit international… En tout cas, la Russie aurait utilisé les ressources de sa puissance, comme les autres Etats, et le rôle de la « Communauté internationale » aurait été de limiter cette politique de puissance, pas de défendre des intérêts adverses en déniant la légitimité des intérêts russes.

  3. toujours cette propagande anti-russe comme je la connais depuis mon enfance,avant c’etait l’anticommunisme primaire,et les mensonges et negligences continuent. La Russie n’a jamais attaqué l’occident,elle a toujours riposté aux attaques,pillages et occupations de celui,elle lui a tendu la main à maintes reprises,ce que l’occident as toujours bafoué.l’extension de l’otan est une rupture des conditions negociés pour la « reunification » allemande, concernant le droit international,l’occident le viole quand il veut pour ses interets (yougoslavie apr ex.) il soutient des dictateurs pourries comme Erdogan et les arme pour massacrer et museler toute opposition,la liste est longue,et dans la tete des dirigeants occidentaux la guerre contre les russes continue…et bien sur on aimerais dominer l’ukraine et l’inonder avec nos produits et merdes jetables…

  4. « Protéger », « défendre », « capitulation », « agresseurs », « sécurité », « stratégique ».

    Voilà le vocabulaire de ceux qui prétendent fonder une « union » €uropéenne garante de la paix.

    Un vocabulaire périmé du 20ème siècle, celui de « l’union » qui se prétend être la voie moderne de l’avenir et du progrès, totalement anachronique et contradictoire, lorsqu’on entend parler, au 21ème, d’accords « gagnant/gagnant », de « développement mutuel », de « multilatéralisme » par ceux que ses apôtres désignent constamment comme nos ennemis belliqueux et irréductibles.

    Par ailleurs, et sans entrer dans le détail de cet article partisan et aveugle, les russophones de l’Ukraine ne demandaient pas l’autonomie, seulement le droit de continuer à parler dans leur langue maternelle.

    Mais « l’union » et l’OTAN, sans parler de la CIA, s’en sont mêlés, en les qualifiant de « rebelles séparatistes », en débarquant Ianoukovytch qui prenait ses distances pour le remplacer par Porochenko, plus compatible avec leurs intérêts, comme en atteste la conversation téléphonique de Victoria Nulland.

    Laquelle « union », fidèle à son idéologie de découpage des pays européens en régions autonomes traitant directement avec elle – les eurorégions – pousse une fois de plus à la division d’un pays, attitude typique et contradictoire de cette entité supranationale qui prétend être une union.

    Ça fait d’ailleurs beaucoup de contradictions, d’antagonismes et de paradoxes, qui la font ressembler furieusement à une autre, disparue en 1991, et qui usait constamment d’une propagande comparable et de cette même « langue de bois ».

    La nécrose est la même.

  5. L’un des intertitres de l’article est intéressant: « Le destin de l’Europe se jouera en Ukraine »… et d’autant plus intéressant si on le rapproche de l’intitulé d’un ouvrage paru cette année aux éditions Eyrolles sous la signature de Jean-Luc Buchalet et Christophe Prat: « Le futur de l’Europe se joue en Afrique ».

    On serait donc tenté de s’exclamer: « Faudrait savoir ! ». En fait, cette apparente contradiction met plus ou moins directement en lumière une thématique fondamentale touchant les relations extérieures de l’Union européenne: à savoir la cohérence des différentes politiques en la matière. De plus en plus d’analyses y sont consacrées, partant de la complémentarité – avérée ou non – entre l’action externe propre à l’UE et celle menée par chacun de ses Etats membres en pleine souveraineté, mais s’interrogeant également sur les divergences éventuelles entre par exemple la politique de coopération au développement avec les pays du « Sud » et les orientations définies pour d’autres domaines d’action à l’échelle interne de l’Union, telles que l’agriculture ou l’environnement.

    La diversité des champs de partenariat ainsi couverts se traduit aussi par la cohabitation entre plusieurs commissaires agissant chacun dans un secteur géographique déterminé. Ainsi, au sein du Collège dont le mandat arrive à échéance ces jours-ci, pas moins de cinq de ses membres ont assumé une responsabilité spécifique en matière extérieure. La tâche de Mme Mogherini, « haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité », investie précisément de la mission de veiller à la cohérence de l’action extérieure, n’en a été que plus cruciale… d’où son rôle, par ailleurs, en tant que présidente du Conseil lorsque ce dernier s’est réuni en formation « affaires étrangères ».

    On ne peut que souhaiter que la nouvelle Commission poursuive la tâche en s’attelant, autant que faire se peut, à l’objectif de renforcer les différents volets attachés à la préoccupation de cohérence… et notamment entre les grands axes de l’action extérieure, qu’il s’agisse des relations avec les pays du voisinage immédiat de l’UE (dont l’Ukraine fait partie) ou de celles allant jusqu’à des approches intercontinentales. Cette vision « globalisante » éclaire à sa manière – et sans doute davantage qu’au cas par cas – le chemin du futur.

  6. L’Europe a bien plus besoin de la Russie que de l’Ukraine est de son ramassis de fachos , soutenir l’Ukraine s’est soutenir un système corrompu ou l’extrémisme fait légion , cela reviendrai à y installer un gouvernement nazi et y coller un hitler ukrainien , on a tout intérêt à faire front commun avec les Russes contre ce pays et contre tous ceux qui les soutiennent en commençant par les amerloques . L’Ukraine est a l’heure actuelle le symbole d’un pays abject et de tous ce qui va avec, une porte ouverte sur la dictature fasciste …

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