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L’Ukraine et le saut fédéral européen

L’escalade militaire en Ukraine et la nécessité de renouveler les accords de sécurité en Europe sont des révélateurs puissants des limites actuelles de l’action diplomatique des pays européens et de l’Union européenne. Avec l’arrivée assumée par Moscou des chars russes en Ukraine, l’Union et ses membres ne peuvent de toute évidence faire face aux défis pour assurer la sécurité en Europe. Avec un partenaire incertain de l’autre côté de l’Atlantique, le saut fédéral européen en matière de diplomatie et de défense est la condition pour pouvoir peser sur notre destin.

Si un pas a été franchi, la tension avec la Russie de Poutine est endémique, depuis notamment l’annexion de la Crimée et les sanctions européennes qui ont suivi. On se souvient par exemple, il y a un an, de l’humiliation infligée au haut représentant de l’UE pendant sa visite à Moscou, lors de laquelle des diplomates européens ont été expulsés.

Face à ces défis redoutable, l’UE est perçue comme étant incapable de défendre ses intérêts. Sans que cela soit toujours convenablement perçu, l’Union européenne tente pourtant d’assurer progressivement une meilleure cohérence de sa diplomatie. Mais cela reste une diplomatie intergouvernementale qui souffre cruellement de son manque d’autonomie par rapport aux Etats membres, contrairement, justement, aux fédérations états-unienne et russe.

Le président russe poursuit à l’évidence son objectif de diviser pour mieux régner en Europe. C’est la raison pour laquelle il a adressé début février à chacun des 27 Etats membres des courriers avec des contenus différents pour chacun. Au-delà de la volonté d’interdire une réponse au niveau européen, le message du pouvoir russe consistait à montrer que l’UE ne dispose pas de légitimité en la matière.

Ces efforts de division sont tombés à plat. Une seule lettre de réponse, signée par le haut représentant de l’Union Josep Borrell, et coordonnée avec l’ensemble des partenaires européens, est parvenue le 10 février au chef de la diplomatie russe.

La formulation et la mise en œuvre d’une véritable politique extérieure pour l’UE n’ont jamais été jusqu’ici une évidence. Nos États membres ont des histoires et des intérêts différents, et ont connu dans le passé des échecs flagrants. Il suffit de se remémorer la paralysie lors des opérations américaines en Irak en 2002, les lacunes européennes lors des conflits dans les Balkans dans les années 90, ou plus récemment, en Afrique dans la lutte contre le terrorisme.

Depuis quelques décennies, le “soft power” européen avait toutefois montré une certaine efficacité, en Amérique latine, dans certains pays d’Asie, en Afrique du sud, pour la démocratisation et la résolution des conflits. Mais cela est sans doute resté trop marginal, et l’UE est aujourd’hui contrainte de changer de paradigme en matière de diplomatie et de défense. Que ce soit localement sous la coordination des ambassades de l’UE et des Etats membres, ou dans les réunions quasi journalières du comité politique et de sécurité, l’information circule, les prises de position communes s’affinent, et la confiance mutuelle s’accroît. Les rapports et les renseignements sont mutualisés, et cela facilite la définition de stratégies et d’actions beaucoup mieux coordonnées.

Depuis le traité de Maastricht, et surtout le Traité de Lisbonne, la diplomatie européenne gagne progressivement en maturité. De plus en plus, elle incarne la nécessité pour les européens de parler le même langage, celui de nos valeurs. “Nous nous sommes rencontrés, nous avons parlé européen”, remarquait Briand, après la rencontre de Locarno avec son homologue allemand Streseman, devant l’Assemblée nationale en 1926.

Des outils de meilleure coordination ont été mis en place, facilitant l’émergence du langage commun cher à Briand. Il s’agit de la création d’un service européen pour l’action extérieure avec 136 ambassades de l’UE dans le monde, d’un haut représentant assurant la liaison entre la Commission et le Conseil, ou des dialogues permanents et comités politiques en matière de politique étrangère et de défense.

Mais dans le système intergouvernemental actuel, la représentation extérieure de l’UE reste morcelée et fragile. Le président du Conseil, la présidence tournante, le haut représentant, les 27 Etats membres, ont tous la possibilité de s’exprimer et prendre position. Le défi est d’éviter la cacophonie qui affaiblit l’Union et donc ses États membres. Il est ainsi impératif qu’ils parlent, face aux interlocuteurs menaçants ou aux alliés, le même langage.

Le président Macron, le chancelier Scholtz et d’autres ont essayé de faire preuve de cohérence et d’ambition européennes. L’importance des défis permet certainement de mieux souder les Etats membres, dans une Union plus à même de garantir la souveraineté que chaque pays individuellement. Mais la méthode intergouvernementale a encore une fois montré ses limites. Elle aura été insuffisante pour dissuader Moscou de violer à nouveau l’intégrité territoriale d’un pays souverain, en contradiction totale avec la Charte des Nations Unies dont l’URSS était pourtant un membre fondateur.

La possibilité d’un conflit majeur à ses portes conduit l’Union à s’affirmer peu à peu comme un acteur diplomatique à part entière. C’est encourageant mais totalement insuffisant dans la situation extrême de tensions actuelles, et de graves risques à venir pour la paix et la sécurité en Europe. Par ailleurs, à tout instant, l’Union peut être soumise au chantage d’un Etat membre influencé par des acteurs externes ou des intérêts particuliers.

Les vents d’Est nous obligent à accélérer la création d’une véritable politique extérieure, commune et donc efficace, légitime et donc acceptée par les citoyens et les Etats membres. C’est tout l’objet d’un saut fédéral pour l’Europe en matière de diplomatie et de défense. Cela impliquera nécessairement de lever la règle de l’unanimité des Etats membres et de confier ces responsabilités au Parlement représentant les européens et les européennes. Un véritable changement systémique sur la nature même de l’Union européenne, indispensable pour pouvoir peser face aux fédérations russe et états-unienne.

Si les Etats membres veulent assurer leur liberté d’action et la sécurité de leurs concitoyens en ne sacrifiant pas les valeurs démocratiques européennes, la question fédérale s’imposera à eux. Tôt ou tard. N’attendons pas qu’il soit trop tard.

 

Michel Caillouët

Responsable du Conseil scientifique de l’Union des Fédéralistes Européens – France (UEF France)

Ancien Ambassadeur de l’Union Européenne à Bangkok et New Delhi 

 

Sauvons lEurope

Un engagement pro-européen et progressiste en faveur d'une Europe démocratique et écologique, espace commun de libertés et de protection sociale.

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22 Commentaires

  1. L’article est intéressant mais le constat est qu’il est déjà trop tard ! Nous n’arrivons même pas à l’unanimité pour bloquer Swift !

  2. La nécessité du fédéralisme se fait de plus en plus évidente, celle d’une défense commune aussi, hélas. Le principe de réalité oblige à l’effort commun de sécurité.

  3. Comment l’U.E pourrait-elle défendre des valeurs communes alors que ces valeurs ne sont même pas partagées par les 27 états membres (je pense plus particulièrement à la Pologne et à la Hongrie) ? Je reste persuadé que l’U.E devrait refonder ses institutions sur des bases communes politiques, fiscales, sociales et environnementales avec adhésions successives des états au nouveau projet. Cette Europe-là serait fédérale avec un vrai parlement et un vrai gouvernement. Elle pourrait alors se doter d’une défense commune.

    1. Je suis entièrement d’accord avec vous. Si nous sortions tous de l ‘ otan , pour construire une ODNE,(organisationde de défense des nations européennes), avec de gros investissements bien sûr et le regroupement des pays concernés sur les valeurs partagées par les principaux pays, ce qui impliquerait de laisser dehors ceux qui se situent hors de ces valeurs, comme l’actuelle Pologne et la Hongrie.
      Il s’agit de REFONDER l’Europe!

    2. Oui vous avez raison. Ne peut-on revenir à l’Europe des 6, celle des pays fondateurs avec ses valeurs communes. Il y a quelques que l’idée circule….maintenant il y a urgence. En attendant, nous devons aider l’Ukraine et les Ukrainiens par tous les moyens.

  4. L’Union Européenne vient de gérer la crise sanitaire assez bien voire très bien. Nous avons finalement une mortalité deux fois moindre que la Russie, malgré notre impression que l’UE était divisée, que les mesures c’était du n’importe quoi local et que la campagne de vaccination était retardée d’un mois par rapport à l’Angleterre ou Israël à cause de négociations plus longues. Il y a eu plein de cris d’orfraie et pourtant ça a été bien géré. Donc ne soyons pas trop défaitistes face aux défis actuels!

  5. Bonjour.
    Enfin un article dans « SAUVONS L’EUROPE » qui pose clairement la nécessité urgente de créer une nation européenne avec une véritable armée.
    Oui, il faudra réformer les institutions, oui il faudra en finir avec cette paralysie du à un nationalisme exacerbé
    de certains pays, oui il faudra en finir avec cette bureaucratie et cette technocratie qui défend ses propres intérêts et non ceux de la nation européenne, oui il faut la mettre en place rapidement avec les nations qui le désirent fortement, les autres suivront après,
    On ne peut pas comparer le défi de la crise sanitaire avec celui de la sécurité, si on le fait, on est voué à l’immobilisme.
    C’est la seule solution, arrêtons de palabrer inutilement, c’est le moment de l’action.

  6. il est urgent de sortir de l’otan procéder à une réduction des froces de l’otan au niveau des pays de l’est et ne plus accepter de nouveaux candidats
    il est temps de sortir de la main mise des etats unis et de signer l’accord sur la non prolifération des armes nucléaires;
    ce n’est pas en réarment continuellement qu’on trouvera une solution elle ne sert qu’aux interets des marchands d’armes.
    alors oui poutine est un despote mais faire subir des sanctions économiques trop lourdes sera une nouvelle occasion pour poutine de raconter qu’on veut affamer son pays.
    il est tellement roublard que seules des élections libres en russie pourraient contribuer à calmer les esprits.
    mais on en est loin….
    maintenant il est temps de s’asseoir à la table des négociations et trouver une solution perenne à ce conflit pour le peuple ukrainien et russe aussi. sous l’égide de l’onu et pourquoi pas envoyer des casques bleus .

  7. Puisse l’ensemble des citoyens européens comprendre/accepter que l’Union européenne est indispensable à notre survie. Que les pays de Visegrad réalisent à quel point ils sont les plus vulnérables face à l’hégémonie de la Russie, tant pour leur approvisionnement en gaz russe que leur proximité avec la Russie. N’oubliez pas, Vous citoyens, qui êtes responsables de vos votes. C’est VOUS qui élisez vos politiciens. Vous avez un pouvoir considérable, encore faut-il que vous soyez unis, Vous n’avez plus le choix !! c’est une obligation. !!
    Je me dois de rappeler fermement à ces Européens de l’Est, particulièrement au groupe de Visegrad, que ce sont les membres de l’Europe de l’Ouest de la Communauté européenne qui en 2004 ont permis à vos 8 pays de rejoindre notre communauté; le but principal étant de vous permettre d’établir la démocratie et le bien être de vos citoyens après les années terribles sous le joug soviétique. Il est grand temps pour nombre de ces citoyens des pays de l’Est de comprendre que l’unité de notre Europe est fondamentale pour le retour et la sauvegarde de la Paix pour vous, pour nous tous.

  8. Qu’on le veuille ou non, le système intergouvernemental actuel rend l’avenir du Projet européen plus qu’incertain. .D’autant plus que cet édifice est resté, stagnant, complexifié pour pouvoir durer, et de moins en moins lisible pour le citoyen.

    Le saut fédéral pourrait apporter de la lisibilité, et peut être avec aussi un politique de transfert (comme aux USA; entre Etats), bref créer un véritable Etat fédéral, pour enfin se pérenniser, et pouvoir se stabiliser.
    Quelle est la logique actuelle, de former un ingénieur dans un Etat membre du sud, s’il décide de vivre sa vie professionnelle dans un autre Etat membre du nord. il s’agit, pourtant, bel et bien d’un – transfert – de « matière grise »; dans ce cas ?

    Assumer une cohérence. A défaut de l’incohésion actuelle, non viable.

  9. Attendre qu’on en soit là pour enfin manifester sa solidarité face à l’Ukraine, alors qu’on s’est couché en Géorgie, en Crimée, en Biélorussie…Si l’on est là, c’est entièrement notre faute, la faute à cette façon selon laquelle l’UE s’est construite, incapable depuis sa fondation de remplir son premier devoir adulte : assumer seule sa sécurité sans dépendre du riche papa américain, de l’OTAN et de toutes les autres dépendances qui s’en suivent: idéologiques, économiques, financières, culturelles…. De Gaulle l’avait bien compris! C’est notre faiblesse qui fait la force de Poutine. Une UE où l’Allemagne et la France délocalisent, exploitent les pays les plus pauvres, 250€ le salaire moyen en Ukraine !!! Une UE avec une commission non élue tout puissante de technocrates et de bureaucrates corrompus par les lobbies! Et pendant que notre histrion national se mettait en scène pour occuper l’espace médiatique, agissant au titre d’on ne sait plus qui, de la France, de l’UE, du candidat, Poutine attendait poliment qu’il cesse son blabla creux d’impuissant ridicule et grandiloquent pour déclencher l’invasion. Et l’UE bien à l’abri de l’OTAN, de se contenter de pleurnicher, d’enterrer les morts, de soigner les blessés, d’accueillir les réfugiés, d’oublier et de continuer de faire des affaires!
    Toute guerre est condamnable, inutile et injuste. « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels » A. France. Les guerres de Poutine sont tout autant condamnables que celles faites par de prétendus innocents aux mains pleines de sang qui se rangent du côté du « bien », alors que la France a combattu l’Indochine, l’Algérie, l’Afghanistan, a bombardé la Lybie… que les USA ont combattu le Viet-nam, l’Irak, l’Afghanistan et ce pendant des années, que l’Allemagne a envahi deux fois la France, ravagé le monde…et que tous ces braves samaritains passent leur temps à vendre leurs armes à des dictateurs !
    Alors que tous ces gens arrêtent de jouer les donneurs de leçons de morale. Cela permet une fois de plus aux USA d’asseoir un peu plus leur pouvoir sur l’UE et militairement, économiquement, financièrement, culturellement car l’UE leur achètera plus de gaz…
    Arrêtons la politique hypocrite du pyromane pompier, de détruire et d’envoyer ensuite nos ONG réparer ! Qui veut la paix la prépare ! La paix se construit à long terme par une politique de précaution des risques, de prévention plutôt qu’une politique du dernier moment, trop tardive, qu’une politique du sparadrap, de la mauvaise conscience et arrêtons de nous cacher derrière une ONU totalement impuissante à réaliser son objectif : faire régner la paix dans le monde !

    1. « Une UE avec une commission (majuscule oubliée, NDLR) non élue toute puissante de technocrates et de bureaucrates corrompus par les lobbies »: hélas ! une fois de plus, ce slogan éculé se heurte à la réalité d’un intergouvernementalisme tout puissant… au sein duquel les chefs d’Etat et ministres font la pluie et le beau temps.

      Il convient en tout cas de rappeler – désolé si je me répète – que les illusions d’optique sont monnaie courante chez ceux qui n’ont qu’une connaissance très superficielle du fonctionnement de l’UE: les ministres, pas plus que les commissaires, ne sont directement élus pour assumer leurs fonctions gouvernementales… et encore: les membres de la Commission, pour être définitivement nommés, doivent passer par les fourches caudines d’une redoutable « investiture » par le Parlement européen, une pratique qui s’est largement perdue dans nombre d’ Etats membres de l’UE.

      Quant à l’influence des lobbies, évitons de verser dans l’angélisme, sinon dans un manichéisme sommaire: leur poids est tout aussi manifeste à l’intérieur de nos pays. Il suffit de considérer la mainmise des banques sur l’orientation de certaines politiques… sans oublier l’ascendant de plus en plus affirmé des cabinets de consultants sur ces dernières.

  10. Une diplomatie européenne, parlant d’une seule voix pour les 27 états membres bien sûr, avec une possibilité de « dissent » (au sens de SCOTUS) pour faire avaler à certains la fin de l’unanimité, Les arrêts de la SCOTUS ne sont pas affaiblis par les opinions « dissidentes » des juges, au contraire.

    Mais cela ne suffira pas. Poutine nous démontre une fois de plus (après Thucydide…) que le plus fort a raison. « Might is right ». D’où le besoin d’une armée européenne. Difficile à construire, encore plus à faire marcher.

    Mais nécessité fera loi, elle fait déjà loi. ça a marché en 14-19, malgré la médiocrité de bien des chefs militaires ; ça a marché (mal) pendant la 2e guerre mondiale. On peut progresser, grâce à un Poutine, qui nous stimule.

    A court terme, bien sûr, c’est irréaliste. Des troupes aguerries sont des troupes qui font ou ont fait la guerre.
    (ex: la guerre sino vietnamienne de 1979 où les Chinois se sont fait battre par des réservistes vietnamiens).

    Dans l’immédiat, nous ne pouvons tabler que sur une révolution de palais au Kremlin, le processus classique d’alternance faute d’élections valides.
    En 1956, Jan Kott (polonais) décrit très bien en parlant de Shakespeare, et notamment de Macbeth, le processus de « rénovation » du politburo stalinien. Et cela ne devrait pas choquer le président Poutine, un habitué du « nettoyage politique ».

  11. Un saut fédéral européen en matière de Sécurité et de Défense communes ne peut être envisagé sérieusement sans poser la question de la représentation de l’Europe au Conseil de Sécurité de l’ONU.

    Car l’ONU est le seul cadre légitime de l’usage de la force dans les relations internationales, et l’on ne voit pas comment un Etat-membre pourrait engager la vie de ses citoyens sans être partie prenante à la décision. Ce qui a été rendu possible dans le cadre de l’OTAN par le surplomb de la puissance américaine ne l’est plus dans des relations entre Etats européens à parité.

    Or la classe politique française n’est jusqu’ici pas prête à poser sérieusement cette question: des ministres (Fabius en son temps) peuvent formuler des propositions de « Défense européenne » sans même mentionner le siège de membre permanent de la France. D’autres (Chevénement) se contentent de dire que l' »Allemagne doit faire confiance à la France » pour parler en son nom au Conseil de Sécurité…

    Certes le siège de membre permanent de la France ne sera jamais transmis à l’UE, même s’il y avait un consensus dans ce sens. Parce que c’est impossible juridiquement (l’UE n’est pas un Etat reconnu par l’ONU) et politiquement (une « réforme de l’ONU » remettrait en cause sa fondation comme pacte entre les vainqueurs de 1945: si l’UE avait un siège permanent, pourquoi pas l’Inde, le Japon, le Brésil, etc…? Aucun des 5 membres n’accepterait ce partage de leur monopole)

    Mais rien n’empêche la France de signer un traité avec d’autres Etats-membres sur la base des « coopérations renforcées » pour accepter de décider collégialement avec eux tous les votes au Conseil de Sécurité. Les modes de décision collégiale existent déjà dans l’UE: unanimité, vote à la double qualifiée, etc.

    On ne pourra pas prendre les dirigeants français au sérieux sur la Défense Européenne tant qu’ils n’aborderont pas franchement cette question.

    1. Tout à fait en accord avec cette proposition. C’est ce qu’avait formuler Angela Merkel pour répondre au concept européen de défense d’Emmanuel Macron. Je regretterai toujours au moment de l’entrée en guerre des américains et de leurs alliés en Irak, l’occasion perdue par Dominique de Villepin le 14 février 2003, devant le Conseil de sécurité des Nations unies de parler non seulement au nom de la France mais aussi au nom des citoyens européens qui à 80% se prononçaient contre une intervention armée. Cela aurait pu relativiser les remarques déplaisantes et les boycotts que seule la France a dû subir de la part du monde anglo-saxon.

      1. Oui, quelques jours plus tard, il y eut des manifestations énormes dans toute l’Europe, moi-même j’ai fait 200km en bus pour me rendre à celle de Lisbonne qui eut un succès retentissant, une foule compacte descendant l’avenue « da Liberdade ». Inoubliable!!!

      2. Pas certain du tout, qu’il faille retenir ce qu’a pu déclaré Merkel.
        Elle n’a jamais raté une occasion de plonger dans le chloroforme l’UE, et n’a consenti a évolué, que, sous la contrainte.

        Aujourd’hui il y a la guerre en Europe, et les américains voient une guerre qu’ils n’auraient pas voulu voir.
        Même en étant membre de l’Otan. Et sans Trump.
        Ce qui devrait plus que préoccuper, booster les esprits européens.

        Olaf Scholz, vice-chancelier et ministre des Finances d’Angela Merkel, avait proposé de mutualiser le siège de la France au Conseil de sécurité en 2018.

        Donc rien n’est définitivement consolider. Tout est question de choix politiques.
        A plus forte raison dans une situation géopolitique en pleine, dynamique.

      3. Villepin ne pouvait faire cela. Il a pu parler au nom de la France et l’Allemagne parce que Chirac et Schroeder en étaient convenus ainsi, sur ce dossier-là.
        Le saut qui reste à faire, c’est de transformer ce choix tactique en un pacte permanent entre des Etats européens, nécessairement contraignant pour la France elle-même.
        L’idée que la France puisse parler naturellement « au nom des citoyens européens » est ambigüe et dangereuse. C’est à peu près la vision de Chevénement disant que l' »Allemagne doit faire confiance à la France pour parler en son nom »…

  12. Source : Guardian

    According to the Interfax news agency, Peskov said Vladimir Putin was ready to send officials from the Kremlin, defence and foreign affairs ministries for talks in the Belarusian capital to discuss “the neutral status of Ukraine”, adding that Ukraine’s “demilitarisation and denazification” were an essential part of this neutral status.

    De quoi réfléchir avant d’aller à Minsk….

    Extrait de : Tadeusz Wyrwa Directeur de recherche au C.N.R.S. Revue d’études comparatives Est-Ouest Année 1987 18-4 pp. 113-134
    Source : https://www.persee.fr/doc/receo_0338-0599_1987_num_18_4_1334 Le gouvernement polonais et ses rapports avec l’Union soviétique pendant la seconde guerre mondiale

    Au début de janvier 1945, à l’issue de l’offensive soviétique, l’Armée rouge occupa rapidement la Pologne centrale. Dans ces conditions, le général Okulicki ordonna le 19 janvier la dissolution de l’Armée de l’Intérieur dont le combat contre l’occupant hitlérien était terminé.
    […] Dans cette première période de mise en place du pouvoir communiste, l’État clandestin polonais continuait d’exister, bien que sous une forme purement symbolique, tâtonnant pour trouver un dénouement à cette situation.
    UN PAS VERS UNE SOLUTION SEMBLA ETRE TENTE PAR LE COMMANDEMENT SOVIETIQUE DU QUARTIER GENERAL DU 1ER FRONT BIELORUSSIEN QUI INVITA LES LEADERS POLONAIS DE L’ÉTAT CLANDESTIN A ENGAGER DES POURPARLERS DIRECTS AVEC UN CERTAIN GENERAL IVANOV.
    Au cours d’un entretien préliminaire avec le colonel Pimenov, les dirigeants polonais, responsables militaires et des partis politiques, déclarèrent qu’avant d’entamer ces pourparlers, ils souhaitaient se rendre à Londres pour consulter leur gouvernement. Pimenov donna sa parole d’honneur et s’engagea au nom du général Ivanov qui, selon lui agissait conformément aux ordres de Staline, à mettre un avion à leur disposition.
    Malgré leurs réticences, suffisamment fondées après tant d’exemples du comportement soviétique, ces dirigeants se rendirent sur les lieux du rendez-vous pour qu’on ne puisse pas leur reprocher d’avoir refusé de négocier avec les Russes. ARRIVES SUR PLACE, LES LEADERS POLONAIS — SEIZE AU TOTAL ET PARMI EUX LE DELEGUE DU GOUVERNEMENT ET LE COMMANDANT EN CHEF DE L’ARMEE DE L’INTERIEUR — FURENT, LE 26 MARS 1945, TOUT SIMPLEMENT ARRETES ET MIS DANS UN AVION, NON PAS EN DIRECTION DE LONDRES, MAIS DE MOSCOU, POUR Y ETRE ENFERMES DANS LA FAMEUSE PRISON DE LA LOUBIANKA.
    Leur arrestation, malgré les interventions britanniques et américaines, ne fut révélée que quelques semaines plus tard. En effet, le 4 mai au cours d’un dîner de la conférence de San Francisco, dont l’objectif était l’élaboration de la Chartre des Nations Unies, Molotov fit une révélation, avec tout le cynisme caractérisant la diplomatie moscovite, déclarant que les seize leaders polonais étaient détenus en Russie en attendant d’être jugés pour activités « de subversion, de terrorisme et d’espionnage dirigées contre l’armée rouge ». Au « procès » », classique du stalinisme, qui se déroula postérieurement à Moscou, ils furent condamnés à une « peine » de plusieurs années de prison purgée dans de telles conditions que les principaux dirigeants ne regagnèrent jamais leur pays.
    [….] Le 5 juillet 1945, soit deux semaines après leur condamnation, les États-Unis et la Grande-Bretagne reconnaissaient le « gouvernement provisoire » de Varsovie, soumis au Kremlin, cessant de reconnaître le gouvernement polonais légal et légitime de Londres, leur fidèle allié pendant toute la guerre. [….]

  13. Mais en fait… ce sont les « fils de… » qui se défoncent la gueule en Russie et dans le Sud de la France qui s’emparent du Monde… Qu’importe la souffrance des autres, ils profitent… On les retrouve cadres, directeurs, chefs… voila… Ils boufferont l’Ukraine pour commencer, le pôle Nord pour finir… A table… pourvu qu’elle fasse 4 m… ils crèvent la dalle…

  14. Si vous voulez vraiment aider les ukrainiens , figea en sorte de ne âs jeter de essence sur le feu en envoyant des armes .
    comme dit jacob Cohen avec ironie : »peu importe qu’on massacre des gens , pourvu q’il y ait la démocratie  »
    Posez vous les bonnes questions et faites vos propres recherches sans croire les propagandes de BFM et consorts:
    Par exemple comment se fait il que les merdias ne sont pas émus des peuples en Libye ,yemen,irak,syrie,etc etc
    visionnez la vidéo. dans le lien suivant ça résume tout. de façon « humoristique » si ce n’était pas si tragique.
    https://lemediaen442.fr/marcel-d-en-4-4-2-sur-la-russie-ukraine-poutine-et-le-mensonge-des- medias/

    l’Union Européenne aux mains de la mafia KHAZAR. ne peut qu’apporter la guerre

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