ActualitésEditoEn Une

L’Europe au risque du Brexit…

Jusqu’à ces derniers jours, l’Europe continentale semblait sortir indemne du naufrage britannique, grâce à Michel Barnier. Ce dernier avait rapidement imposé son agenda aux Britanniques et séquencé dans le temps la question du divorce de celle des relations futures. Il renvoyait ainsi les Britanniques à la contradiction même du referendum sur le Brexit. Ce vote, au-delà d’un « non à l’Europe », ne réunit aucune majorité claire sur un projet d’avenir, et explique ainsi pour partie les échecs répétés de Theresa May face au Parlement Britannique. En effet, nombre de députés n’ont pas laissé la frontière nord irlandaise devenir « l’otage » d’un accord encore à forger sur leurs futures relations avec l’UE. C’est d’ailleurs précisément sur ce sujet que Theresa May et Jeremy Corbyn ont tenté de négocier récemment.

Pour les 27 partenaires européens, le temps presse aussi quant à leur avenir commun. En refusant aux Anglais de parler du futur avant de solder leur passé, l’UE risque bien de plus être tout à fait maître du sien. Ne soyons pas aveugles, l’avenir du Brexit et celui de l’Union Européenne s’inscrivent dans un même espace-temps. Et le nouveau délai jusqu’au 30 octobre offert aux Britanniques correspond au sursis que veulent bien s’accorder les membres de l’Union avant d’aborder les nombreux sujets qui (les) fâchent. Budget, défense, sécurité, euro zone, immigration, etc… qui ne pourront être sur la table du Conseil européen en présence des Britanniques. En revanche les nominations aux postes de contrôles de l’Union Européenne (Commission Européenne, Conseil européen, Banque centrale…), qui se décideront cet été, ne requièrent pas l’unanimité ce qui interdit toute prise d’otage par les Britanniques.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron a mis en balance le risque d’un blocage de l’Union par les Britanniques. Il a fait face à une majorité d’Etats prêts à tout pour préserver les Britanniques de la « damnation du Brexit ». Avec une autorité toute « merkelienne », le président Français a amené ses partenaires à considérer toutes les hypothèses. Un scénario catastrophe serait par exemple celui d’un nouveau gouvernement britannique résiliant momentanément sa sortie de l’UE, pour mieux la négocier de l’intérieur.

Au-delà du compromis très bruxellois finalement adopté, celui d’un report au 30 octobre qui ménage ceux qui craignent plus que tout un Brexit dur, la question demeure : jusqu’où peut-on hypothéquer l’avenir de l’Europe pour sauver le soldat UK ?

Tags

Henri Lastenouse

Henri Lastenouse est Secrétaire général de Sauvons l'Europe, et tant d'autres choses encore !

Articles associés

10 Commentaires

  1. on voit bien ou cherchent a en venir les anti+-brexit : sous prétexte de retarder la sortie c’est d’empécher cette sortie ,trahissant ainsi la volonté majoritaire de sortie des britanniques …. ça risque bien de péter si les anti-brexit se hasardent dans cette voie de traitrise !!!

  2. …le soldat britannique n’a aucunement besoin d’étre sauvé …arretons de nous faire peur pour eux ! .par contre les 27 restant doivent maintenant envisager une sorti aussi , collectivement sinon individuellement , pour sortir de cette impasse et ces blocages indépassables : retour a zero et réflexion sur un projet de coopération privilégiée respectant parfaitement l’indépendance et la souveraineté de chaque nation , et certainement a moins de 27 , meme si dans ce cas la grande bretagne pourrait etre tentee de revenir apres en etre clairement sortie…

  3. Je ne voterai pas pour cette Europe antidémocratique qui n’a pas reconnu le non français à la constitution européenne qui imposait la vente des services publics aux multinationales privées, élection retoquée en Traité de Lisbonne et votée par les parlementaires français de gauche et de droite, Europe où les parlementaires n’ont que 25% de pouvoir, le reste revenant à une commission non élue corrompue par les lobbies, Europe qui avait dit après la crise des subprimes qu’elle reprendrait le contrôle des banques et n’a rien fait, Quand les services publics français auront été vendus aux multinationales européennes, américaines et chinoises, l’état n’aura plus aucun pouvoir que celui d’obéir à leur dictats.

    1. Certainement pas ! Décidément, le « fakisme » prôné par des désinformateurs patentés tels que nespo et vous constitue une sacrée plaie au coeur de ce que peut représenter l’humanité de la construction européenne !!! Votre maître à penser se nommerait-il Henriot – celui que Pierre Dac stigmatisait depuis radio-Londres ?

      1. comme beaucoup d’euro-fanatiques vous semblez ne pas bien supporter la contradiction , quitte a tomber dans les insutes plus ou moins historiques …..en plus vos termes utilisés sont très complotistes (fakisme , désinformateurs… ect ) .de toute façon ,que vous acceptiez de le voir ou non le brexit est bien la 1ere salve , avant bien d’autres , de la désintegration de cette union europeenne totalement bloquee et aussi contradictoire entre ses membres !

  4. Je crois que dans le contexte mondial actuel, avec les nouvelles velléités exprimées par les Etats Unis et la Chine, serrer les rangs d’une Europe à 28 est essentiel.
    Le Royaume Uni est, à l’échelle de l’Europe, une grande puissance qui a apporté et qui peut encore donner beaucoup d’éléments à sa construction.
    Nous ne changerons pas nos amis britanniques, ils sont comme ils sont, il faut faire avec. Mais ne dispersons pas nos forces à l’heure de la montée des périls. Nous avons presque autant besoin d’eux que eux de nous.
    Maurice Guyader

  5. Le Royaume-Uni c’est l’Europe, l’Europe c’est nous, nous sommes tous.tes britanniques. C’est à nous tous.tes collectivement de résoudre la question. En travaillant à une Europe qui marche mieux, pour tout le monde.

    1. Je dirai même plus… »en travaillant TOUS à une Europe qui marche mieux, pour tout le monde. »
      Le grand problème pour en arriver là est que la dernière dictature en « isme » issue du 20eme, voire du 19eme siècle à savoir le capitalisme, nous a surtout inculqué la lutte du tous contre tous et pas du tout la coopération.
      On en mesure à peine aujourd’hui et encore pas tout le monde, les dégâts humains, sociaux et environnementaux.

    2. Il n’est pas possible d’aller contre la volonté des britanniques, s’ils veulent nous quitter, nous sommes assez grand pour faire sans eux ! Nous pouvons nous quitter sans nous fâcher. Le problème est de se comprendre et pour se comprendre, il faut avoir une langue commune

Laisser un commentaire

A lire également

Fermer
Bouton retour en haut de la page