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Lettre ouverte – Ouvrez les frontières ! Öffnet die Grenzen !

Le 16 mars 2020, l’Allemagne a pris la décision de fermer largement sa frontière avec la France. Depuis cette date, le franchissement de la frontière n’est autorisé que dans des cas précis, par exemple pour se rendre au travail en Allemagne. De nombreux petits points de passages transfrontaliers ont été purement et simplement fermés. Il en résulte de longs embouteillages, des retards dans la chaîne d’approvisionnement des marchandises, le quotidien des transfrontaliers pour se rendre à leur travail rime avec difficultés d’accès et de circulation et le trafic de proximité autour de la frontière entre les deux pays est arrêté.

En tant que diplômés du Master Européen de Gouvernance et d’Administration (MEGA), un diplôme franco-allemand qui prépare les cadres de l’administration et des entreprises françaises et allemandes aux défis de la collaboration franco-allemande et européenne, nous demandons solennellement la réouverture complète et rapide de la frontière entre la France et l’Allemagne.

Nous avons parfaitement compris que la lutte pour contenir la pandémie liée au COVID19 exigeait des mesures drastiques, afin de ralentir le flux de malades vers les hôpitaux, de mener une politique de prévention et ainsi sauver des vies.

La fermeture de la frontière entre la France et l’Allemagne n’est pas, à notre sens, une décision soutenable et nous vous demandons de bien vouloir la réviser :

1 – Depuis le 16.03 dernier, l’Allemagne et la France ont adopté toutes deux un même niveau de mesures globales de protection pour contenir la pandémie. Ce qui comprend des mesures de confinement, interdictions de sortie et de contacts. Bien qu’elles varient dans les détails d’application, ces mesures s’appliquent à tous, quels que soient la nationalité ou le lieu de résidence des personnes.

2 – Il y a maintenant, à peu près, le même nombre de cas confirmés de COVID-19 en Allemagne qu’en France, avec des disparités régionales au sein de nos deux pays. Le raisonnement initial qui consistait à empêcher la propagation du virus en Allemagne à partir d’une contamination qui viendrait de France ne tient plus.

3 – La réactivation de la frontière et ses conséquences sur les restrictions à la liberté de circulation semblent plus que regrettables et nous rappellent des temps que nous pensions révolus. Elle ignore que dans la vie quotidienne des habitants des zones transfrontalières la question des frontières nationales avaient été, pour l’essentiel, résolue.

4 – L’objectif collectif est plutôt de prévenir toute nouvelle propagation au sein de l’UE par l’instauration de mesures cohérentes et concertées et de faire preuve de solidarité avec les pays les plus touchés par la pandémie.

5- Par ailleurs, contrairement à ce qui se passe avec la France, les frontières de l’Allemagne avec la Belgique et les Pays-Bas restent en outre ouvertes apportant la démonstration évidente que la lutte contre la pandémie et les mesures sanitaires peuvent être coordonnées, avec succès, à l’appui d’une politique de coopération transfrontalière.

Nous sommes très préoccupés par les dommages durables que cette fermeture de la frontière pourrait causer à l’amitié franco-allemande. Depuis le Traité de l’Elysée de 1963, l’Allemagne et la France sont des alliés et des amis proches. Et c’est très récemment que les promesses d’amitié ont été renouvelées avec la signature du Traité d’Aix-la-Chapelle qui a convenu d’une collaboration encore plus étroite entre les deux pays à plus forte raison nécessaire dans cette période de crise exceptionnelle.

Le COVID19 ne s’arrête pas aux frontières et ne pourra être vaincu qu’ensemble. Il est dommageable qu’en cette période de crise on assiste au retour d’une prise de décision unilatérale et que des décennies de travail collaboratif soient potentiellement mises en péril.

Dans ce contexte, nous demandons instamment le retour à des actions concertées et la réouverture des frontières.

Francfort sur le Main, le 7 avril 2020

 

Kay Andraschko

Felix Bark

Caroline Censier-Calmus

Cyprien FRANCOIS

Sebastian Gröning-von Thüna

Florence Guillemin

Tanja Herrmann

Fabrice JACQUES

Stella Jelden

Andreas Kehrbach

Ulrike Klopstech

Eric Lore

Yvan Michit

Sarah Périé-Frey

Fanny Spinnewyn

Murielle Taraud

Karl Terrollion

Christiane Trampisch

Les membres du bureau de l’Association des anciens élèves du MEGA-MEGA-Alumni e.V.

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Sauvons l’Europe, association pro-européenne et progressiste qui s’engage pour une Europe démocratique et solidaire

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8 Commentaires

  1. Chacun joue sa partition, sans aucune cohérence entre les Etats européen. Si cette pandémie pouvait servir à renforcer les pouvoirs de l’UE se serait une bonne chose que de créer une véritable politique européenne de défense.
    Qui aujourd’hui diffuse les mesures prisent en accord entre la Commission européenne et le Parlement , et ce depuis le mois de février ? Silence radio.
    Que font nos journalistes. Apparemment pour eux seul compte le pays ou ils agissent, l’UE est sans intérêt.
    Notre président de la république française n’a t’il pas déclaré, au risque de me tromper, à des journalistes italiens qu’il faudrait que l’Europe soit moins égoïste. Qu’entendait t’il par là, que les pays européens étaient trop égoïstes (et là bien entendu la France fait partie du lot) ou que l’UE était trop égoïste. Ceci est laissé à la libre interprétation de chacun. Je pense que de tels propos renforcent les nationalistes, tous ceux qui veulent se recroqueviller dans leurs coquilles, bref tout ceux qui veulent la fin de l’UE.
    La démocratie est en danger actuellement.
    Merci de vos observations m’indiquant là ou je fais fausse route.

  2. Tout à fait d’accord, votre demande est parfaitement légitime et argumentée et il est de la responsabilité des dirigeants allemands et français de montrer qu’on ne combat pas un virus planétaire par des mesures dispersées et étriquées, mais par une coopération renforcée et des échanges continus.

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