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Le retour de la décence

Le nouveau Président des Etats-Unis s’appelle Joe Biden, et c’est bien. Donald Trump a durant quatre années rompu les alliances des Etats-Unis et s’est rapproché de tout ce qui peut ressembler à un dictateur.

Nombreux sont ceux qui espèrent un retour au business as usual, à une situation ante bellum qui aurait vu couler le miel entre les deux rives de l’Atlantique. C’est un mirage. Certes, Biden va retourner dans l’accord de Paris, certes de nombreux points commun vont réémerger, mais l’intérêt américain ne va pas s’évanouir. C’est sous Obama – et Biden – que les USA ont opéré leur « pivot stratégique » vers l’Orient, que le droit extraterritorial s’est déployé, que l’accord commercial transatlantique a échoué, notamment sur la question des GAFA.

En Allemagne, AKK qui a fait un temps figure de successeur pour Merkel, éreinte fortement tout projet de défense européenne en demandant le retour à l’OTAN et à la pax americana. Elle enterre ainsi des prises de position fortes de son mentor, à bien courte vue. Ce bouclier qui s’est affaibli si vite, nous avons fait l’expérience qu’il n’était pas assuré. Nous ne savons pas de quoi sera fait demain, et dépendre exclusivement d’une assistance américaine en fonction des foucades du moment de la Maison blanche n’est pas un projet de sécurité collective. La France le sait, qui l’a vécu il y’a un siècle.

Mais ne boudons pas notre plaisir. A l’image du sourire inoxydable de Joe Biden, cette élection marque d’abord le retour de la décence. C’est bien ainsi que l’ont voulu les citoyens américains : bon nombre d’entre eux ont dissocié leur vote politique, pour les Démocrates ou les Républicains, de leur vote présidentiel au détriment de Trump. Ce ne sont pas les idées des Démocrates qui ont gagné dans les urnes, mais un candidat « normal ».

Et la décence porte un nom bien connu dans les relations internationales : c’est l’Etat de droit. Quand Trump a systématiquement piétiné toutes les règles qui pouvaient contraindre son action et sauté les garde-fous destinés à prévenir la corruption, Biden est une promesse de retour à des pratiques saines. Ceci n’est pas anodin. De nombreux gouvernements étrangers se sont autorisés de l’exemple américain pour écraser les résistances démocraties et légales interne à leur joug. Il n’est que de voir aujourd’hui qui, en Europe, a offert ses félicitations officielles à Joe Biden dès la fin de semaine, et qui sur notre frange Est a décidé d’attendre un mois la fin du processus électoral dans une mauvaise humeur évidente. Le premier ministre Slovène a même … félicité Trump pour sa victoire et se répand désormais en affirmations complotistes. Ceci ne garantit pas bien entendu un renversement, certains des petits liderissimo étant déjà en place avant Trump, mais l’ambiance générale va être moins tendre.

Un signal du même acabit est adressé au Gouvernement britannique. La volonté souveraine de quitter l’Union européenne ne vaut pas passe-droit pour faire n’importe quoi avec le processus de paix Irlandais. Croisé ces derniers jours par la BBC, Joe Biden a envoyé un message simple et souriant : « The BBC ? I’m Irish ! »

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Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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Un Commentaire

  1. « Les conservateurs ne sont pas forcément stupides, mais la plupart des gens stupides sont conservateurs  » (J.stuart Mill)

    AKK préfère faire le choix de la gageure de l’immobilisme. Peut-on en être surpris ?

    Etre statique, droite dans ses bottes, dans un environnement géopolitique si brutalement violent, c’est de l’inconséquence.

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