ActualitésEditoEn Une

L’année Erasmus des ministres aux affaires européennes

La principale nouvelle du remaniement en cours est bien sur la nomination d’Amélie de Montchalin à la transformation agile des fonctionnaires, ce qui signifie qu’elle ne s’occupera plus directement d’Europe à moins de la constitution d’un grand ministère Europe et Fonction publique. Depuis 2002, c’est donc un seizième titulaire de ce portefeuille qui s’annonce, soit un rythme furieux d’un par an en moyenne. Saluons ici les deux exceptions que sont Harlem Désir, trois ans, et bien sur Pierre Moscovici qui a occupé la fonction cinq ans.

 

On pourrait s’inquiéter de la continuité de l’action de l’Etat face à cette instabilité, ou du peu de considération dont jouit l’Europe dans le Gouvernement. C’est exactement l’inverse ! Cette pépinière conduit aux plus hautes fonctions, comptant plusieurs futurs premiers ministres et commissaires européens.

La liste fait tourner la tête, puisque nous pouvons citer Roland Dumas, futur Ministre des affaires étrangères, Catherine Lalumière, Vice-Présidente du Parlement européen, Edith Cresson, Premier Ministre et Commissaire européen, Elisabeth Guigou, Garde des Sceaux et Ministre de l’Emploi, Alain Lamassoure, figure du Parlement européen, Michel Barnier dont on ne présente plus l’actualité, Pierre Moscovici bien sûr, Jean-Pierre Jouyet, dirigeant de la CDC et de la BPI, puis Secrétaire général de la Présidence de la République, un certain Bruno Le Maire qui dirige en ce moment la planification française, Pierre Lellouche qui sera toujours Pierre Lellouche, Laurent Wauquiez, futur espoir de la droite selon certains, Bernard Cazeneuve, Premier Ministre et futur espoir de la gauche selon certains, Harlem Désir, Premier Secrétaire du PArti socialiste, Marielle de Sarnez, bras droit d’un ancien futur espoir du centre, Nathalie Loiseau, presque cheffe du groupe libéral au Parlement européen. Et naturellement Amélie de Montchalin, dont nous attendons les prouesses avec confiance.

Le Secrétariat d’Etat à l’Europe est donc un de ces accélérateurs de carrières réservés à l’élite de la République. Certes il ne dispose d’aucune administration sous ses ordres pour accomplir quoi que ce soit. Mais son titulaire est en prise directe avec l’Elysée dont c’est le domaine hautement réservé, avec Matignon qui dispose de l’administration en charge, le SGAE, avec la Représentation permanente à Bruxelles qui est l’autre administration en charge, et peut être avec le Quai d’Orsay où des originaux marquent parfois un intérêt pour le sujet. Il se voit sous-traiter une partie des négociations, accompagne parfois le Président, apprend à labourer les profondeurs de notre pays pour défendre des programmes d’une complexité kafkaïenne, bref c’est un stage Erasmus extraordinaire pour connaître les rouages et fréquenter les personnalités. On comprend que cette année Erasmus soit productive !

Et peut être reste-t-il à certains quelque chose d’Europe dans ce parcours initiatique.

Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

Articles associés

Un Commentaire

  1. Plus sérieusement, le titre de Jean-Yves Le Drian est maintenant Minsitre de l’Europe et des Affaires Étrangères. Dans cet ordre. Amateur de détails, vous devriez apprécier celui-ci…
    Ceci dit d’accord avec vous pour ce pitoyable manège de secrétaires d’État aux Affaires européennes, domaine dans lequel l’expérience, la connaissances rouages de la machine bruxello-strasbourgeoise sont essentiels. Un travers français de plus. À la culture: trois ministres en trois ans!

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page