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La monarchie républicaine à l’agonie, une bonne nouvelle ?

Depuis dimanche soir, un vent de panique totalement irrationnel a saisi le microcosme politique et médiatique français. On nous parle de chaos, de tremblement de terre : on sort le mot magique « ingouvernable » pour décrire la nouvelle situation de la France. Serions nous subitement frappés par les sept plaies de l’Egypte ou condamnés à errer pendant quarante années dans les sables du désert de l’anarchie triomphante ? Il est vrai que la chaleur extrême qui s’est abattue sur une bonne partie du pays le week-end dernier pourrait accréditer cette théorie, aussi serait il sans doute plus sage d’essayer de reprendre de la hauteur dans l’analyse et de remettre un peu de fraicheur dans nos esprits.

Donc oui, aucun parti ni même aucune coalition pré-electorale n’a obtenu de majorité à l’Assemblée. A votre avis, combien d’autres pays de l’Union Européenne se sont retrouvés dans cette situation lors de leurs dernières élections générales? Sur 26 pays, sans doute est ce arrivé au moins deux ou trois fois ailleurs, histoire de nous rassurer un peu? En réalité, ce fut le cas dans 21 pays. Il est donc assez risible voire même un brin ridicule que ce qui est quasiment partout la norme aboutisse à des cries d’orfraie dans notre pays. On peut ajouter à tous ces exemples le cas plus spécifique du Parlement Européen à Strasbourg dont c’est le mode de fonctionnement permanent depuis sa création. Aussi notre réaction tout à fait excessive a t-elle entrainé un peu de surprise voire même parfois une franche incompréhension chez nos voisins et amis européens.

Cela étant dit, il existe malheureusement parfois des cas où le Parlement est tellement morcelé que cela aboutit réellement à une instabilité profonde, caractérisée par des blocages et des élections à répétition. On le voit notamment en Israël ou, au sein de l’Union Européenne, en Bulgarie. Le pire scénario, c’est lorsque les partis les plus radicaux de l’extrême gauche comme de l’extrême droite commandent à eux seuls une majorité de blocage, l’exemple le plus célèbre et le plus tragique étant celui de la République de Weimar. Mais dans le cas français, nous sommes très loin de cette situation. Il est encore un peu tôt pour avoir le nombre définitif de députés qui siègeront dans tel ou tel groupe mais le total de députés d’extrême droite et d’extrême gauche, si il va atteindre une ampleur inédite, ne devrait pas dépasser 180 députés. Ce qui laisse en présence environ 400 députés de la gauche de gouvernement, du centre et de la droite républicaine, rendant donc largement possible des hypothèses de configuration majoritaire diverses et variées.

Le plus ironique dans cette histoire, c’est que la force chargée de bâtir une coalition gouvernementale est précisément la plus centrale dans notre paysage politique, ce qui devrait en théorie considérablement lui faciliter la tache. On s’interroge donc sur la sidération qui semble s’être emparée du Président théoricien du « en même temps » et du « à la fois de gauche et de droite », comme si il était incapable de se tourner vers ses adversaires de la veille avec de véritables propositions  et concessions dans le but de bâtir un pacte de gouvernement. J’avais écrit il y a quelques mois un article montrant à quel point le « en même temps » macroniste était différent d’une grande coalition car reposant sur le débauchage personnel tout azimuts plutôt que sur la négociation programmatique et c’est sans doute ce qui explique l’étrange incapacité de la macronie à appréhender la nouvelle situation.

A la décharge du Président, les réactions, notamment celles des Républicains, ne sont pour le moment ni dignes ni à la hauteur de la situation. Elles sont d’autant plus étranges que leur nouvelle position charnière pourrait leur offrir un poids politique considérable et sans commune mesure avec ce que leur laissait espérer leurs résultats. Rien ne les oblige à bâtir une coalition formelle mais ils pourraient se contenter d’un soutien extérieur sur le budget et les votes de confiance en échange de l’appui du Président et de son parti à un certain nombre de textes législatifs importants à leurs yeux. Ce serait le moyen pour eux de montrer à leurs électeurs qu’ils sont capables d’obtenir des choses substantielles tout en permettant la gouvernabilité du pays.

Le Président pourrait naturellement choisir plutôt de regarder vers la gauche puisque le soutien du PS et de EELV lui donnerait également une majorité, bien que plus ténue qu’avec les Républicains. A charge pour lui d’adopter une partie de l’agenda environnemental et social des deux partis de gauche. Il me semble néanmoins que la voie est plus étroite et plus difficile que le chemin vers les Républicains. Si en 2017, la campagne du Président Macron était assez équilibrée en terme de « en même temps », force est de constater qu’en 2022, les choses furent beaucoup plus binaires avec la réforme des retraites, la fiscalité sur les successions ou la conditionnalité des aides sociales  qui sont des marqueurs de centre droit. Un pacte avec la gauche demanderait donc un changement de politique plus important qu’un pacte avec les Républicains, sans parler du fait que cette dernière solution verrait le groupe de Edouard Philippe servir de force tampon.

Enfin, le Président peut également choisir de construire des majorités au cas par cas selon les textes de loi. Un agenda social avec la gauche et la réforme des retraites avec la droite. Ce n’est cependant pas sans risque car l’absence d’accord laisse le gouvernement sous la menace permanente d’une motion de censure.

Mais tout ceci relève du choix du Président et des diverses forces politiques en présence. A ce titre, les prochaines semaines seront intéressantes à suivre. Je pense néanmoins qu’il serait incompréhensible de ne pas être en mesure de gouverner dans une configuration qui, si elle reste exceptionnelle en France, est considérée comme tout à fait banale et même normale dans le reste de l’Europe. Et si cette expérience permettait justement l’arrivée d’un parlementarisme plus sain dans notre pays? Apres le désert, la Terre Promise?

Sébastien Poupon

Sébastien est membre du conseil d'administration de Sauvons l'Europe où il est chargé de l'analyse politique.

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37 Commentaires

  1. Excellente analyse Sébastien. Restons un peu rationnels, en effet, et profitons de la situation pour apprendre (enfin ?) quelque chose de nos voisins. Vive la culture du compromis ! Et longue vie aux régimes parlementaires

  2. Voilà un bel appel du pied à une alliance entre la majorité présidentielle et le parti LR. À droite toute donc… La seule alternative serait de gouverner avec la majorité présidentielle et les groupes PS et EELV, tablant sur une dislocation post-électorale de la NUPES qui a quand même l’avantage de présenter un programme social, économique, écologique certes disruptif mais cohérent. En route donc pour une politique économique libérale mâtinée de politique sociale et écologique cosmétique à la sauce hollandaise et dont l’électorat (celui qui a voté) a exprimé clairement qu’il n’en voulait plus. Étrange prise de position en regard des « fondamentaux » de SLE et surtout, voilà de quoi amener l’extrême droite au pouvoir dans un fauteuil lors des prochains rendez-vous électoraux !

    1. Ce n’est pas une prise de position, c’est purement descriptif. En tant que social democrate, je préférerais évidemment que le Président regarde davantage sur sa gauche et essaie de bâtir une coalition telle que vous la décrivez mais force est de constater que les signaux qu’il donne depuis des mois vont plutôt vers la droite….

      1. on ne change pas les règles du jeu économiques bâties après guerre du jour au lendemain… et de façon unilatérale.
        Il va falloir qu’ils soient patients la NUPES, et le RN également…
        Ils auront taper du pied et hurler au scandale, les loups vont devoir se limer les dents.
        Quant à la sortie de l’Europe et de l’OTAN… ils sont déjà morts.

  3. Ce qui fait peur en France, ce n’est pas la répartition des sièges… Non…
    Ce qui fait peur à Macron comme à tout le monde c’est que la grogne généralisée continue d’enfler.
    Grogne de partout… parfois justifiée, souvent justifiée dans ce monde cruel.
    Il serait peut-être temps de changer d’époque puisque cela fait plus de 40 ans que la France est figée.
    Demander plus aux hommes, encore plus et encore plus… pour beaucoup, c’est ça la politique.
    Vous me faites un peu rire avec la « nouvelle position charnière » des Républicains.
    Dites moi… On appelle pas ça le Ni-Ni ? Ils sont fortiches pour récupérer les miettes, on l’a tous vu aux dernières élections présidentielles.
    Le peuple a soif de liberté…
    Depuis De Gaule c’est la gérontocratie… Entre la Smala Lepen et les vieux de la vieilles, la jeunesse doit juste fermer sa gueule.
    Pendant ce temps là ils cassent tout et chacun s’accuse mutuellement de violences.
    Tout le monde est violent, le peuple, comme les politiques, comme le patronat et comme les flics qui sont en première ligne derrière les profs et les infirmières. Voila ce qu’ils protègent.
    Les vieux gérontocrates devraient réfléchir à accorder leurs droits au peuple.
    Tu peux te bourrer la gueule a coup de milliers d’hectolitres de Rosé et tu ne peux pas fumer un pétard de drogue douce pour anesthésier tes souffrances, tout comme tu n’a pas le droit à la mort.
    Alors on t’enferme en taule pendant 50 ans sans avoir le droit de réclamer la mort…
    La justice ? C’est juste une ordure… Que l’on t’inflige une peine c’est une chose, qu’elle se complaise à te voir souffrir c’en est une autre.
    Mais entre la souffrance des autres et la France… c’est une longue histoire.

    1. Je tiens à préciser pour que vous ne pensiez pas que je cache les poussières sous le Tapie du Ni-NI de la République que je ne fume pas et que je bois peu… En tout cas Ni pétard, Ni rosé.
      Amusez vous avec modération et restez libre comme Rousseau.
      La seule habitude qu’on doit laisser prendre à l’enfant est de n’en contracter aucune. Tout comme aux adultes d’ailleurs
      Mais de là a tout lui interdire…

  4. .On peut être reconnaissant à Sébastien Poupon de mettre en évidence une donnée essentielle: à savoir qu’au sein de l’UE la nouvelle situation politique dans l’Hexagone est loin de représenter une exception. Ma résidence de longue date en Belgique m’a quelque peu familiarisé avec la culture de la diversité… et du compromis.

    Juste une petite observation à l’endroit de l’auteur de la chronique: s’il arrive que l’on mentionne parfois les « sept » plaies ayant frappé l’Egypte au temps de Moïse, le texte biblique privilégie le chiffre de dix. C’est un peu comme la confrontation entre les données revendiquées par les manifestants et celles évoquées par la police…

    En tout état de cause, des phénomènes tels que l’invasion des grenouilles et celle des sauterelles ont de quoi nourrir les comparaisons. Mais la plus cruelle serait de s’appesantir sur la mort des « premiers nés » en songeant à la défaite de Castaner et de Guerini, « pionniers » du macronisme.

    1. La bête à 7 têtes et 10 cornes de la peaucallypse ne s’embarrassera pas du nombre que l’on a tous gravé sur le chef. Elle nous mettra tous d’accord.
      7-1-6 et 1-6 soit t’il… Il paraît que Dieu est notre ombre, notre envers.
      Ca tombe bien, parce qu’on va bientôt la rechercher l’ombre.
      je prefere la version 616 du papyrus 115… ou le 617 de ma date de naissance
      Sacré papi russe…. qui l’eut cRussie fié ?
      666… c’est bon pour les cons.
      C’est ce que disait mon grand père…
      je m’appelle G.. pour les homme
      A.. pour les femmes
      et Mandragore pour les cons…. Il ne fallait pas lui faire la guerre.
      Je crois que derrière tout ce baratin, les 7 plaies d’Egypte c’est juste un régal comparé a ce qui attends l’humanité…
      Heureusement pour nous, il y a aura toujours un Trompe pour dire que le réchauffement c’est une Fake News et on m’a volé mon élection. Il a feu disparu un 6 janvier ce couillon.
      Et un Putin pour construire des missiles thermonucléaires qui valent le prix de 10 stations Mir.
      Apres 100 ans de Goulag, il serait temps que la Russie enclenche une thérapie familiale.
      J’appelle Freud et Lacan… et je suis pas sur qu’ils fassent un miracle.

    2. (Post-scriptum)

      La honte soit sur mes mocassins ! Erreur sur la personne: Stanislas Guerini a bien été réélu, même si « sur le fil ». C’est, bien entendu, le cas emblématique de Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale sortante et battu, que je souhaitais mettre en évidence. Désolé pour cette regrettable confusion… et toutes mes excuses au député Guerini.

  5. Bonjour.

    Je m’associe aux remerciements déjà fait.
    Oui, en effet, une nouvelle forme de gouvernance est à mettre en place, pourquoi serions nous les seuls à ne pas pouvoir le faire ?
    Il faut en finir avec ces barons de la politique, ils avaient une telle emprise sur nos institutions qu’ils les dénaturaient.
    Pourquoi aurions nous un monarque qui se considérait comme divin (Jupiter) qui s’appelle Président alors que nous sommes dans une république ?
    Oui, il faut rebattre les cartes, oui ils nous faut avancer dans divers domaines en faisant preuve de rationalité, de pragmatisme, d’exercice du contrôle (L’argent public est dépensé dans certains cas sans vérifier son utilisation, un scandale ?), de responsabilisation (pourquoi certains effectuent des actes préjudiciable à la société s’en être lourdement sanctionner financièrement ?).
    L’un des exemples mais ils sont multiples est le couple BALKANY qui se moquaient de nous ouvertement en s’enrichissant sur notre dos, le second est Monsieur SARKOZY qui est pour moi l’un des pires gangsters de la politique, quand j’entendais s’exprimer ses caporaux (HORTEFEUX? GUEANT, etc) à la télévision, j’avais envie de vomir.
    Pourquoi ne pas s’inspirer de certains pays (Europe du nord, etc…) si on ne sait pas faire ?

  6. Bonjour.
    Vous remettez, en apparence, un peu de raison dans les délires qu’on entend depuis dimanche dernier. Mais votre appel du pied à ce qu’E. Macron mette la barre à droite toute est choquant, et improductif. Ce n’est pas cela que les Français veulent, ils l’ont dit assez clairement me semble-t-il, et si on ne les écoute pas cela va très, très mal tourner pour finir.
    Je trouve votre formule « le total de députés d’extrême droite et d’extrême gauche, si il va atteindre une ampleur inédite, ne devrait pas dépasser 180 députés » inepte et scandaleuse. Avez-vous déjà oublié tous les électeurs de gauche et écologistes qui ont voté Macron uniquement pour empêcher M. Le Pen d’arriver au pouvoir? On ne les traitait pas d’extrémistes à ce moment-là! Et avez-vous déjà oublié tous ceux qui ne sont pas allés voter parce qu’ils ne croient plus que l’action politique puisse aider à résoudre leurs difficultés -je ne parle même pas de changer leur vie-?
    Mélanie Thomin, qui a battu Richard Ferrand et appartient au camp socialiste déserté en 2016 par son adversaire, ou Jérôme Guedj qui a battu Amélie de Montchalin, dont les outrances verbales concernant la NUPES ont franchi toute mesure, ne sont pas selon vous dignes d’entrer ou de retourner à l’Assemblée nationale et de peser sur la politique de la France? Et Rachel Keke ou Tematai Le Gayic, le plus jeune député de l’histoire de la République française, encore moins si je vous suis bien?
    Eh bien je vous le dis, il va falloir vous y faire. Vos calculs d’apothicaire sont indignes et ce n’est pas ainsi qu’on va en sortir. Et la question essentielle que doit se poser le président n’est certainement pas de choisir l’alliance, ou plutôt la basse cuisine, qui lui permettra de changer le moins possible son programme politique – à supposer qu’il en ait vraiment un. Emmanuel Macron, montrez-vous digne de la fonction à laquelle vous venez d’être reconduit! Et pour commencer, que ce second quinquennat redonne voix et force à un parlement qui n’a jamais autant qu’aujourd’hui représenté toutes les tendances de la société française – même celles qui aux uns et aux autres ne nous font pas plaisir.

    1. Le débat franco français est insignifiant quand on considère les enjeux planétaires. Les jérémiades de la Nupes quand Macron, à la tête de la présidence tournante européenne, se déplace en Ukraine sont insupportables. Peu importe que la France soit « ingouvernable » si l UE avance grâce au conflit en Ukraine..
      Il faudra peut-être mourir pour Dantzig ou Kaliningrad mais c est là que se situent les enjeux…et il faut choisir maintenant. Pas après une quelconque motion de censure d un groupuscule sans envergure avide de placer ses soutiens « claniques » ( hello marleix, l heritier).

    2. Buvez un coup (frais de préférence) et essayez de me relire calmement.

      Je veux bien répondre sur ce que j’écris mais pas sur ce que vous me prêtez faussement.

      Je ne fais aucun appel du pied: je me contente de décrire une situation de manière objective. Comme je l’ai dit plus haut, la configuration qui me paraît la plus probable n’est pas celle qui a ma préférence personnelle.

      D’autre part et si vous savez compter, je n’ai jamais inclus les députés PCF, PS et EELV parmi les extrémistes. Etant moi-même membre du PS, ce serait assez incongru de ma part. D’autre part, cela ne cadrerait pas avec la suite de l’article. Ce qui confirme bien que vous m’avez mal lu.

      1. Cela va mieux en l’écrivant. Votre éditorial peut prêter à confusion car vous ne prenez pas parti (par souci d’objectivité ? Mais SLE est un site engagé ce qui ne signifie pas qu’il faut tordre les faits). je pense sincèrement qu’Emmanuel Macron est fondamentalement un homme de droite et qu’il se tournera vers la droite. Son Europe à lui n’est pas la mienne et il préfèrera toujours l’intérêt de la finance aux fondamentaux édictés très justement par SLE.

        1. Bonjour Yves,

          Merci pour vos remarques. J’aurais pu effectivement écrire un article clair de prise de position appelant Macron à dialoguer avec le PS et EELV en vue d’un pacte de gouvernement.

          Mais outre le fait que je ne crois pas qu’il soit prêt aux concessions nécessaires pour y parvenir (même si une agréable surprise est toujours possible) justement du fait qu’il penche davantage au centre droit qu’en 2017 (comme vous le dites vous même), j’ai préféré m’en tenir à un article purement pédagogique dont le simple objectif était de montrer qu’il n’y avait aucune raison de penser que le pays était ingouvernable.

          Et à choisir entre deux mauvaises options, je préfère encore largement un pacte LREM-LR (pour un temps limité…je ne crois de toute façon pas que cela durerait toute la législature) à une incapacité à gouverner qui ne grandirait pas notre pays et l’état de sa démocratie.

          En étant plus calculateur, j’ajouterai également que cette configuration aurait le mérite de lever l’ambiguïté en plaçant LREM clairement au centre droit, rétablissant ainsi le clivage droite/gauche et offrant à nouveau un espace permettant au centre gauche d’exister entre Macron et Mélenchon. Ce qui, je pense, serait bon pour la vitalité de notre démocratie qui ne peut plus vivre avec un grand centre face à des extrêmes et qui a besoin de voir se réaffirmer une gauche de gouvernement qui ne soit ni liée à Macron ni liée à Mélenchon.

          Cordialement,

          1. Je vous remercie à mon tour pour cette clarification qui permet mieux de situer votre position. Je me prétends, comme vous, un social-démocrate (j’ai professionnellement un passé de syndicaliste au sein de la FGTB (Fédération générale des travailleurs de Belgique), affiliée à la CES (Confédération européenne des syndicats) dont je partage les revendications. Je pense que, dans beaucoup de pays européens, on a assisté à une dévoiement de la social-démocratie. Beaucoup de mandataires politiques, déclarés socialistes, ont mené, à partir des années 80, suite à la mondialisation économique, la chute du de l’URSS et la révolution technologique (les trois phénomènes sont liés entre eux) une politique économique de droite en rupture avec les fondamentaux de la social-démocratie à savoir une sécurité sociale forte, des services et entreprises publics échappant à la logique du marché capitaliste, financés par un impôt réellement progressif aussi bien sur les revenus du travail que sur ceux du capital, le tout sur la base d’une économie keynésienne augmentant les revenus du travail en relation directe avec les gains de productivité permis par les progrès technologiques. Les sociaux-démocrates ont déçu dans toute l’Europe, aussi bien sur le plan national que sur le plan des structures politiques européennes, ces dernières orchestrant l’austérité (avec la collaboration de la social-démocratie européenne) pour les classes populaires et l’enrichissement (scandaleux, il faut quand même l’écrire) concomitant des plus privilégiés. En France, Mitterrand a déçu, Hollande a déçu, ce dernier menant ouvertement une politique de l’offre sur le plan économique et l’accélération de la destruction des protections sociales par la loi « travail ». La fracture au sein de la social-démocratie française s’est d’ailleurs accélérée à ce moment-là avec les « frondeurs ». Tout ceci pour dire que je ne crois plus à cette gauche modérée (dite de gouvernement) macron-compatible. Contrairement à vous, je pense que la crise politique peut avoir du bon en redynamisant le débat politique et en favorisant l’émergence d’une nouvelle social-démocratie que la NUPES peut porter aussi bien sur le plan économique (Jacques Généreux et Thomas Piketty, je ne cite que ceux dont j’ai lu les travaux, ne disent pas que des conneries, me semble-t-il) que sur le plan social que sur le plan écologique. Voilà, succinctement ma position. Merci, en tout cas, pour votre ouverture d’esprit.

  7. Une chose semble certaine, c’est que la situation est devenue plus que, périlleuse.
    Et ce, à un moment, où la situation économique va se dégrader. Sans l’emprise, qu’il vaudrait mieux rapide, d’une coalition, crédible, les choses pourront même, rapidement, coulisser….Sans douter, les adeptes du chaos s’en réjouiront. Dans un premier temps, seulement….

    Les verts français n’adhéreront jamais à l’idée d’une coalition.
    la « victoire factice » du bidule, à la sauce mélenchoniste, est à la hauteur de leur pauvre ambition.
    Quant au PS, quand bien même il l’envisagerait (en fait, inenvisageable) au vu de son poids…..

    Existerait-il des exemples de coalition dans un pays européen de gauche sociale-démocrate/gauche anti-néolibérale, qui aient pu atteindre des objectifs, vérifiables ? L’accord entre le PSOE et Podemos invalide l’expérience, et Podemos est devenu un parti faible. Insignifiant, même. Ce même Podemos qui se rêvait, pourtant, d’un destin à la Syriza….Ce monde est cruel.

    L’urgence d’un frein de secours ? Faudrait déjà trouver la manette.
    Depuis le temps qu’on fait semblant de la chercher.

  8. si il n’y avait que la Monarchie republicaine qui était à l’agonie…..
    Entre les fils de chien d’identitaires et du RN qui ont laissé porte ouverte à Putain pour découper les chevaux ou les patriotes antivax qui s’amusent a piquer a tout va…

        1. je vais peut-être fermer ma G… ils vont m’accuser de violence.
          MDR…
          Plus pervers que ces pourritures ça n’existe pas…
          Et ça va parader avec les vétérans d’indochine…
          Ca suce Trump ou Poutine…
          En fait pire merde qu’un Français, un belge ou un Allemand … est ce que ça existe ?

          1. j’oubliais les anglais… les russes, les américains….
            la liste n’est pas exhaustive…
            Puisque personne n’est responsable

          2. Excusez moi… Je suis juste en colère parce qu’ils sont en train de détruire la France et l’Europe…
            Mais il y a aussi des gens bien dans l’armée

  9. L’ironie de l’Histoire? L’échec Macron ou le retour d’élastique du refoulé, le «feedback » des non-dits, des dénis, d’autant plus extrêmes et confus qu’ils ont été somatisés, refusés, réprimés.
    Macron avec sa « révolution » jeuniste a voulu nous faire croire qu’il fallait du passé faire table rase et que le clivage droite-gauche, présent partout, que la lutte des classes sociales, étaient obsolètes, que les réformes du CNR (pas le sien!) étaient « out of date » et que son nom, comme logo, image de marque, ses bavardages tortueux, volontairement confus, ontologiquement « machiavéliques », ses gesticulations de star du showbiz, suffiraient pour toute idéologie, pour masquer ses véritables intentions, pour impressionner ce populo qu’il méprise.
    Tel est pris, à son propre jeu, qui croyait prendre. A malin, malin et demi. Qui joue avec le feu…Tout le monde n’a pas l’art de la salamandre toujours renaissante de Chambord : « Nutrisco et Extinguo ». Macron se prenant les pieds dans son tapis d’art contempourien, mis au tapis par lui-même, s’égarant dans ses calculs pervers, sa casuistique jésuitique…
    Macron ou l’arroseur arrosé ? Lui qui croyait que Le Pen était le plus sûr garant de sa victoire en a fait le meilleur instrument de sa défaite, soutenu par des médias complaisants qui aujourd’hui crient au loup. Lui qui, hier encore, brocardait les « extrêmes » s’abaisserait en toute humilité repentante aujourd’hui à mendier leur compassion ? Les loups ne font pas des chiens et s’il leur prend de jouer les agneaux ce n’est jamais sans arrière-pensées digestives, que la tortue s’agace ou non. Curieux ces « extrêmes » tout heureux de profiter des privilèges, des ors et des règles d’une république monarchique qu’ils disent par ailleurs vouloir renverser !
    Le crépuscule du Dieu commence ? Renaissance ou Dégénérescence ? En marche arrière toute ? Après Valmy, Waterloo, après les 100 jours, Ste Hélène, la retraite de Russie à 44 ans ? Après les sirops, la cigüe ? Il aurait du suivre son maître Flamby et interrompre son coït démocratique avant que le torchon brûle ? Les rats cherchent déjà leurs bouées !
    Sa majesté convoque ses états généraux, rebelote ou dix de der ? En Belgique, en GB, le peuple descend dans la rue réclamer lui-même ce que ses bavards représentants sont incapables d’obtenir, tâche d’huile ? On est jamais mieux servi que par soi-même ?

    1. Bonjour ZORRO.
      Je suis à 100% d’accord, mes commentaires actuels et passés ont évoqués le même ressenti, la justesse de vos écrits est frappante, comment lui dire et leurs dire d’arrêter de nous prendre pour des cons ?
      Comment est ce possible que nous tous nous supportions de tels comportements ?

  10. N’est ce pas tout simplement le pouvoir qui est à l’agonie ?
    D’ailleurs c’est quoi le pouvoir ?
    De partout il est remis en question…
    Si le pouvoir c’est la brutalité alors effectivement le maître du possible n’a qu’à lever le bâton.
    Sauf que le bâton le peuple s’en lasse… pire, il l’attends. Peut-être pour un juste retour.
    Et peut-être qu’aujourd’hui dans nos démocraties et dans ce Monde, le pouvoir se redessine…
    Ainsi Poutine qui invite le BRICS (Brésil, Russie, Inde,chine) à redessiner des accords commerciaux égalitaires en accusant et chargeant les occidentaux de tous les mots qui accablent ce monde.
    Alors pour dénoncer les accords commerciaux d’après guerre il aura fallu 10 millions de morts, de blesses, d’exilés…
    Les USA ne sont pas en reste, tant sur les armes que sur l’avortement.
    Le suprémacisme de Trump est encore vivant tel le spectre dans James bond.
    En Europe, le pouvoir se construit doucement, entre les marteaux et les enclumes…
    Prions pour que celui qui en portera l’anneau ne soit ni maître, ni despote mais simplement « époux » du sanskrit patih et de l’indo-européen POTI qui signifie  » pouvoir »

    1. le pouvoir est une cause que l’on épouse… et qui peut nous pousser à tous les sacrifices.
      Derrière l’idée du pouvoir, il existe l’amour…
      Mais il n’est pas de pouvoir sans justice.
      Celle des gilets jaunes et des infirmières… Une justice égalitaire et non revancharde qui guillotine a tour de bras.
      Une justice humaine, loin de celle de Cambyse… une justice qui trône et qui fait du migrant ou du désespéré un être roi.
      Pas celui a qui l’on ferme la porte au milieu de la méditerrannée, mais celui soit que l’on sauve ou que l’on raccompagne.
      Que fera t’on de tout notre pouvoir devant ces migrants, devant ces dictateurs ?
      Entre les victimes et les bourreaux, le pouvoir se dessine lentement.
      Pourvu qu’il ne perde pas l’amour.
      Une guerre aujourd’hui, entre spectre et dictateur est juste inenvisageable.
      Car pour tous, la planète se meure… et tous se contenteront des miettes.
      A table.

  11. Tout cela est assez juste et regarder ce qui se passe en Europe aiderait beaucoup nos responsables politiques. Ceci dit ce serait si bien que le PS soit dans l’ouverture comme les socialistes allemands au lieu de se radicaliser tous les jours un peu plus dans une course à l’échalote avec Mélenchon sans issue. Ils se grandiraient dans l’opinion en tranchant avec toutes les oppositions systématiques qui lors d’un retour au vote ne leur sera pas pardonné par les électeurs. Je redoute que seule LePen ait compris que cette posture d’opposition frontale ne paiera pas

  12. Je pense que les termes utilisés sont importants quand on écrit. Aussi, je m’esbaudis beaucoup de certains qui sont employés ici comme « députés d’extrême gauche » ou celui-ci « …de la gauche de gouvernement… ». SLE comme tous les médias mainstream dont ils font partie, toujours prêt à crier au loup, pour faire peur à ses lecteurs.
    Qui sont ces députés ?? Quand je regarde la composition de l’A.N. je ne vois que des députés d’extrême droite (89), leurs pendants d’extrême gauche, LO et le NPA étant absents de l’hémicycle. Quand à la gauche de gouvernement, je ne vois que des faux-nez, opportunistes rangés par intérêt personnel sous la bannière de la mondialisation. Celle qui rend heureux quelques uns en détruisant au passage les Communs utiles à tous et le sens du partage des valeurs et des efforts utiles pour le pays, voire l’UE.
    Depuis 1995, la droite en France a une alliance de fait avec le FN devenu le RN. On peut observer que ce parti ne cherche pas forcément à gouverner d’ailleurs…puisque de toutes façon, en dehors de la question migratoire il s’agit de la même orientation politique libérale. C’est un simple leurre pour les électeurs manipulés depuis 37 ans par la peur… Peur de l’autre pour certains, peur des fascistes pour d’autres…2 faces d’une même pièce de théâtre que divers pdts réchauffent tous les 5 ans maintenant pour faire barrage à des idées sociales et progressistes qu’on diabolise à l’excès, surtout ici où règne le confusionnisme.
    Peut-être aurons nous droit à quelques coups de théâtre quand nous verrons sur certains textes l’alliance des députés d’« Ensemble » (ah ah le beau leurre ce nom de groupe même pas majoritaire !) avec ceux du RN. Et on verra alors que les loups n’étaient pas ceux que l’on croyait.

    1. Entre les Loups de droite et les loups de gauche, l’équilibre est souvent sur le fil du rasoir…
      Le systême politique qui est le notre c’est certes pas parfait dans ce monde de prédation et il le sera encore moins une fois qu’il sera détruit par la NUPES ou le RN…
      On en a vu des idéalistes de la constituante et de la 6eme république crier à la révolution et vive Che Guevarra, tout comme on connaît la culture du grand secret, de la négation et du remplacement des valeurs de l’extrême droite.
      A force de regarder James Bond ils se prendraient pour le spectre avec leur culture mafieuse…
      Mais comme ils le disent si bien, promis, nous ne les oublierons pas….
      Quoique si, ils disparaîtront dans les limbes de l’oubli de l’humanité…
      Alors ils tendront la main, ce sera leur tour.
      Les loups ? Dieu n’accueille que des enfants… les loups, c’est dehors… pas de place pour la haine.
      Et puis nous pourrons inscrire ce que nous voulons dans la constitution, une fois au pouvoir, même ça ils l’effaceront… Tout comme Trump ou Poutine, ils en ont rien a foutre des écrits.
      Alors entre le danger de la révolution cubaine et le retour d’Hitler au pouvoir, qu’il s’appelle Trump ou Poutine, je préfère encore l’équilibre.

      1. Votre équilibre c’est l’immobilisme avant le « game over » programmé par les élites auxquelles vous faites une confiance aveugle. Chute que, telles des autruches, beaucoup ne veulent pas voir ! Nous ne sommes plus que de simples variables d’ajustement (1 ou 0 vous avez le choix) dans les mondes totalitaires qui se dessinent sous nos yeux, de quelques orientations politiques qu’ils soient. Le centrisme auquel vous semblez croire n’est qu’un faux nez supplémentaire destiné à rassurer les peureux.

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