La fuite en avant dans le réarmement : solution ou fausse piste ?

Il semblerait que l’UE doive être sauvée par le retour à l’avant-scène des préparatifs guerriers et la montée en puissance des industries d’armement. Que faisons-nous alors des convictions de nos pères fondateurs suivant lesquelles une des valeurs fondamentales de la construction européenne est de régler pacifiquement différends et conflits. Bien sûr, on nous dit : « Dans un monde de prédateurs, il ne faut pas être naïfs et faire le jeu de nos ennemis ».  Pour reprendre les mots d’un Président, le choix cornélien devant lequel nous nous trouvons est : « Préférez-vous être du côté des herbivores ou des carnivores ? » Sommes-nous réellement enfermés dans ce choix binaire ?

Bien sûr, face à la brutalisation des relations internationales et au lâchage de nos protecteurs traditionnels – les Etats-Unis – l’Europe doit réagir et ne pas faire preuve d’angélisme. Mais il faut bien constater qu’en quelques mois, on est passé de la nécessité de gérer des crises dans le voisinage du territoire de l’UE sans le secours des forces américaines à l’obligation de trouver les moyens d’assurer la défense collective du territoire de l’UE en cas d’agression.

Une multiplication des discours va-t-en-guerre

Les discours va-t-en-guerre se sont multipliés dans les médias et chez certains hommes politiques. Il n’y a plus une seule émission sur les chaînes d’information continue sans un général qui nous explique doctement comment se prémunir des attaques de « l’ennemi » supposé.

Ces discours ont une connotation alarmante, au moins pour les baby-boomers pacifistes qui ont manifesté contre la guerre au Vietnam, la guerre en Tchétchénie et la guerre dans les Balkans. Comme si la souveraineté économique et la sécurité ne pouvaient être regagnées que par la fuite en avant dans la production d’armements.

Reprenant une antienne bien connue, on nous dit : « Pour maintenir la paix, il faut préparer la guerre ». Renforcer la planification de la défense européenne et engager des processus permettant de développer des capacités militaires en commun est une chose (lire ci-dessous « Plusieurs types de planification en Europe ») ; en faire l’alpha et l’omega d’une survie du projet européen est autre chose.

Prendre au sérieux la nécessité d’augmenter les dépenses consacrées à la défense européenne est une chose, lancer des industries nationales d’équipement militaire dans une course effrénée à la production est autre chose. Renforcer le consensus pour la mutualisation et le partage dans les domaines d’intérêt commun (ravitaillement en vol, transport aérien, télécommunications par satellite, cyberdéfense ou encore aéronefs télépilotés) fait sens, encourager les nations qui composent l’UE à revivifier une conception nationaliste et guerrière des rapports internationaux est autre chose. Et c’est même dangereux.

Ne pas devenir une « Europe forteresse »

Soyons francs : il n’est pas confortable d’entendre le chancelier Merz dire qu’il fera tout pour que l’armée allemande redevienne la première d’Europe et de le voir engager des sommes astronomiques pour que les industries allemandes produisent des milliers d’obus dans les trois ans à venir.

Il n’est pas confortable de voir les frontières extérieures de l’UE se couvrir d’équipements défensifs et les armées européennes effectuer des exercices grandeur nature pour se défendre contre les menaces extérieures.

Vraiment, aucun d’entre nous ne se souvient de l’énergie que nous avions dépensée il y a quelques années pour convaincre nos partenaires que nous ne cherchions pas à devenir une « Europe forteresse », certes dans un autre contexte à l’époque.

Dernier point et pas le moindre : les sommes qu’on envisage de consacrer à cet effort de remilitarisation et de rééquipement, que ce soit au niveau européen ou au niveau national, sont colossales. On ne peut s’empêcher de se demander pourquoi les décideurs politiques de nos pays membres n’ont pas pu dégager de telles sommes auparavant pour la protection des Européens contre la sécheresse, les inondations (voir le débat sur les digues en France en ce moment), la prévention des pandémies, pour les énergies renouvelables, pour l’éducation ou la recherche et l’innovation : tous secteurs porteurs de mieux-être et de mieux vivre.

Il est légitime de douter que l’Europe puisse se regénérer et redonner confiance dans l’avenir à ses citoyens par cet effort démesuré pour redevenir un continent guerrier.


Plusieurs types de planification en Europe

  • les planifications nationales de chacun des États membres ;
  • la planification otanienne qui porte le nom de NDPP (NATO Defence Planning Process) ;
  • une planification de l’Union européenne qui s’est développée par étapes depuis le sommet d’Helsinki en 1999 et qui comporte de multiples éléments dont le plus connu – mais pas le seul – est le plan de développement capacitaire établi par l’Agence européenne de défense.
Renée Moreux
Renée Moreux
Coach en affaires européennes

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12 Commentaires

  1. L’UE a laissé faire dans les Balkans (avec l’apport d’islamistes), dont la mascarade du Kosovo.
    En Lybie, pareil. Les arméniens dernièrement n’ont reçu aucun soutien. Etc…

  2. C’est la direction politique droitière voire ultra-droitière qui permet ce revirement dont les principales victimes seront les européens eux-mêmes. Car qui nous dit que les milliers d’obus ( et autres) fabriqués par l’Allemagne ne seront pas utilisés contre nous ou contre un quelconque état d’Europe le jour ou ce dernier montrera des velléités d’indépendance ?

  3. Voilà que l’on se met à suspecter l’Allemagne de venir un jour nous bombarder !! Cessons ce genre d’absurdité.
    L’article de Renée nous questionne justement : il est triste de devoir réarmer. mais il faut le faire. L’acquis de l’Europe est qu’elle a l’avantage d’avoir déjà utilisé la puissance – et quelle puissance ! – et d’avoir traversé les ravins de la mort au XXème siècle. Puisse cette expérience nous donner une sagesse qui nous permette de témoigner et de mettre en garde les autres

    • En effet, si l’on suit la surprenante hypothèse formulée par Bohy – qui, en ce début mars, semble prendre les devants pour anticiper les facéties du 1er avril – il nous faudra dorénavant guetter attentivement le ciel pour y surveiller la résurgence du moindre Zeppelin.

      • N’oubliez pas que l’Afd est aux portes du pouvoir en Allemagne. Ma grand-mère, résistante, rescapée de Ravensbrück, me disait dans les années 70 : j’ai trois craintes pour l’Allemagne, la réunification, le réarmement, la reprise du pouvoir par l’extrême droite. Deux des craintes sont déjà réalisées. Le réarmement ne se fait pas au niveau de l’entité européenne, mais au niveau des Etats. Si l’U.E. se disloque sous les coups de boutoir des extrêmes droites (avec la complicité de plus en plus assumée des droites), ce seront les Etats qui seront réarmés.

  4. Remettons les choses en perspective. Ce qui peut ressembler à une course aux armements en Europe est en fait une remise à niveau des systèmes de défense nationaux annihilés par 30 ans de « dividendes de la paix ». Les Européens avaient pensé qu’ils pouvaient s’en dispenser puisqu’ils étaient convaincus d’avoir éradiqué la guerre en Europe et que de toute façon les Américains étaient les garants de leur sécurité. Ces 2 postulats s’étant révélés faux le premier réflexe des Etats qui en ont la ,responsabilité, est de remonter en puissance leurs capacités de défense militaire.
    Tant qu’existent des Etats prédateurs, un armement adapté s’impose pour défendre nos valeurs démocratiques et nos intérêts. car ce sont les Etats faibles et désarmés qui sont les premières cibles des prédateurs. C’est d’ailleurs pourquoi une défense optimisée au niveau européen a tout son sens, mais c’est un autre débat.

  5. Je comprends l’émotion de Monsieur Moreux et je pense qu’il a raison de rappeler que, fondamentalement , le projet européen c’est de bâtir une Europe pacifique. Mais qui ne voit que ce projet est un combat de tous les jours ?
    En interne d’abord, et nous y parvenons plutôt bien. Mais aussi à l’international où il nous faut convaincre que, non seulement nous ne sommes pas belliqueux et souhaitons résoudre nos différends pacifiquement, mais encore que nous sommes en capacité de défendre notre paix intérieure si d’aucuns voulaient s’y attaquer.
    Nous l’avons trop oublié, les violents ne négocient pas avec les faibles.
    C’est pourquoi, moi qui suis pacifiste dans l’âme, je crois, avec les suisses, qu’il faut se rendre inattaquable en se dotant des moyens militaires nécessaires pour se défendre de manière autonome.
    Le drame ukrainien doit nous servir d’exemple.
    Bref, si tu veux la paix, ne prépare pas la guerre mais apprends à te défendre. Hélas !

  6. Les russes, car quand on parle d' »ennemis » il s’agit bien des russes, ont depuis la chute du mur tout fait pour se rapprocher de l’Europe, commercer avec nous, ils voulaient même entrer dans l’Otan, ils ont proposé et soutenu les traités de désarmement, et nous qu’avons nous fait ?
    Leur fermer la porte au nez, les encercler avec l’Otan, fomenter à l’aide de la NED, L’USAID, la CIA, le MI6, des revolutions de « couleur » comme le coup d’état en Ukraine de 2014, et insistant grossièrement alors que c’était clairement et définitivement une ligne rouge pour la Russie, proposer à l’Ukraine et à la Géorgie de rentrer dans l’Otan. Ajouter à cela la stigmatisation des minorités nationales ethniques russes( 13 millions de personnes) en Ukraine par un régime fascisant, répression féroce de tous ceux qui osaient protester par des « bataillons de répresailles » ( ils ont crée 62 dont le tristement célèbre Azov), des crimes de guerres à répétitions sur les civils du Donbass depuis 2014, des opérations terroristes avec assassinat d »élus, de journalistes, hébergement de 10 bases secrètes de la Cia , mise en lien direct d’une douzaine de Biolab avec le département de la défense US et sous le nez des russes formation d’une puissante armée de facto avec l’Otan. Tout cela menaçant directement une région géopolitiquement capitale pour les russes à savoir , le port d’Odessa, Sébastopol, leur accès aux mers chaudes, que Catherine de Russie avait pris soin d’annexer. Tout cela ils étaient censés l’accepter sans broncher ? En 2014 , quand les médias n’étaient pas encore alignés sur les besoins d’un narratif aussi grossier que fallacieux, nombreux furent les articles , dans « The Guardian » par exemple, à souligner combien notre ingérence dans cette région pouvait créer potentiellement une guerre dans les prochaines années. En mars 22 l’opération militaire a commencé avec une armée russe ridiculement trop petite ( 80 000 hommes ) pour prétendre à une invasion de l’Ukraine. 4 jours à peine après le début du conflit les russes proposaient des négociations, qui n’ont pas été loin d’aboutir lors des accords d’Istanbul en Juin 22. Qui est venu en urgence souffler à l’oreille de Zelensky qu’il ne fallait surtout pas négocier: Boris Johnson: « Avec les sanctions économique et notre aide militaire, la Russie va s’effondrer ». Rappelons ce que demandaient les russes lors de ces négociations: neutralité de l’Ukraine, application des accords de Minsk pour les oblasts de Lougansk et Donestk qui RESTAIENT UKRAINIENNES, et diminution de la taille de l’armée ukrainienne. Qui a voulu coûte que co^te escalader ce conflit? le global west. Ce projet d’effondrement de la Russie a lamentablement échoué. Et cette opération militaire bien peu destructrice à ses débuts ( rappelons que la Russie a attendu 6 mois avant de commencer à s’attaquer aux infrastructures, contrairement aux américains qui dès les début des hostilités n »hésitent pas à bombarder à tout va, et même jusque des écoles de fillettes comme on vient de le voir ) est devenu l’abominable carnage auquel nous assistons, attérés, depuis 4 ans. Que l’on prenne la peine de se mettre un peu à la place des russes. Imaginons la Belgique par exemple, où les wallons ne seraient pas des belges francophones mais réellement des français devenus belges suite aux hasards de l’histoire, où les flamands suite à un coup d’état soutenu par les russes et les chinois, prennent le pouvoir pour y installer un gouvernement profondément francophobe, qui va stigmatiser tous les français en Belgique, leur interdisant de parler français, s’attaquant à leur religion, leur imposant 11 fêtes nationales en l’honneur de criminels de guerre qui ont collaboré avec les nazis dans la shoah par balles et le massacre des polonais en Vohlinie, comme Bandera, Shukevitch, multipliant les crimes de guerre, les attentats terroristes, bombardant les civils français qui se seraient rebellés, en développant une puissance militaire considérable avec l’aide de la Russie et de la Chine, et qui non contents de cela, nous demanderaient en plus de bien vouloir les laisser entrer dans une coalition militaire sino, russo, irano, coréenne , qui va installer ses bases de services secrets à nos frontières. Comment réagirions nous ?? Les russes ne demandent qu’une chose : QU’ON LEUR FOUTE LA PAIX ! Ils n’ont aucune envie , ni aucun intérêt à se lancer dans des guerres de conquêtes territoriales en Europe, du territoire ils en ont bien assez déjà. Pourquoi iraient ils jusqu’à couler leur économie par une mobilisation générale, faire des millions de morts, pour occuper des territoires de populations profondément hostiles à leur présence, dont il faudra en permanence tenter d’éradiquer la résistance ? C’est vraiment les bas fonds de notre propagande de vouloir nous faire croire cela. PAR CONTRE si effectivement l’Europe continue de s’armer jusqu’aux dents, pour être en mesure de les attaquer et réellement constituer une menace pour leur sécurité, alors tout peut arriver. Rappelons que la Russie dispose d’une des plus puissants arsenal nucléaire de la planète. Où allons nous alors ? Que nous obstinons nous, à gaspiller des milliards, à saboter notre économie, pour nous en faire des ennemis ? Les impérialistes on voit clairement où ils sont de nos jours. Palestine, Venezuela, Iran, Groeland , il vous en faut encore ? Et nulle noble cause derrière tous ces fleaux, il s’agit de sauver l »hégémonie du dollar, enrayer la Brics, faire main basse sur le pétrole et le ressources et bien remplir les poches de tous ceux qui ont acheté leur place au gouvernement de Trump dans les enchères de mise à prix des postes. Les Kushner, Wexner et tant d’autres se frottent les mains pendant qu’ici en Europe, lamentablement , on s’évertue à nous faire croire à une poussée de conquête impérialiste russe et une menace pour l’Europe. L’ impérialisme américain , par contre, blatant, bafouant allégrement toutes les règles du droit international, elle ne suscite aucune réactions en Europe. Sanctions économiques contre Israel ? Gel des avoirs américains ? rien de tout cela . ils ont les mains libres et peuvent utiliser les pires méthodes. J’aurais bien aimé voir la réaction de nos chers medias si les russes au début du conflit en Ukraine avait bombardé le bureau de Zelensky pour l’assassiner, au beau milieu de négociations en cours. Ces méthodes de décapitation brutale des dirigeants dans un contexte d’une telle fourberie je crois bien que même les nazis ne le employaient pas. Je n’ose imaginer comment le reste du monde ( Asie Afrique Amérique du Sud ), qui ont déjà bien connu les affres de nos volontés d’hégémonie, de conquêtes , de pillages et d’asservissements, nous voit aujourd’hui.

  7. Bonsoir.

    L’erreur monumentale de nos gouvernants, au niveau national et européen, est de ne pas prendre conscience ou de ne pas vouloir voir que le réarmement doit se faire dans le cadre d’une armée commune à tous les états et non dans le cadre de chaque pays.

    De multiple avantages, dans les couts, dans des armements communs, dans un commandement unique, dans la valeur ajoutée d’une industrie de l’armement européenne .

    Oui et c’est signalé par certains commentateurs et dans l’article, si tu veux la paix, ne prépare pas la guerre mais apprend à te défendre.

    Quand on voit que le réarmement se fait au niveau de chaque nation, quand on voit l’Allemagne qui veut devenir la première puissance militaire européenne, alors là, excusez moi, les pères fondateurs de l’Europe doivent se retourner dans leur tombe.
    Les vieux démons peuvent ressurgir à tous moments ?

    Je n’arrête pas de l’écrire, seule une Europe unis doit avoir une véritable armée pour devenir une puissance mondiale, seul on est rien, seul on continu de cultiver la désunion.

    Commençons là à quelques uns, les autres suivront.

    On est très peu à marteler cette évidence, pourquoi?

  8. Entre les défenseurs d’une remilitarisation sans nuance et ceux qui font pleurer dans les chaumières sur la pauvre Russie encerclée par de vilains états qui veulent vivre leur vie sans avoir rien à demander à leur ancien envahisseur, il y a sans doute un espace.
    Qui dit armement nécessite en parallèle de désigner l’ennemi potentiel ainsi que le ou les types d’armes à utiliser contre celui-ci. Jusqu’à l’arrivée de Trump on en avait un : la Russie de Poutine. C’est à dire la Russie gouvernée par un dictateur qui techniquement ne devrait pas tarder à disparaître. Avec l’arrivée de Trump on est passé d’un état concurrent à un état adversaire et aujourd’hui on est bien obliger de s’interroger sur la possibilité d’un état ennemi qui se propose d’envahir à minima le Groenland. Et ce n’est pas pour rire !

    Donc, Si la Russie de Poutine est l’ennemi et qu’il pratique une guerre asymétrique visant la déstabilisation de nos infrastructures économiques et nos services publics (hôpitaux….) principalement par des moyens numériques et des hackers, en quoi des missiles sol-air, des chars et des drones seraient-ils capables d’empêcher cet individu d’agir ? En outre, compte tenu du temps nécessaire pour produire cet armement il est probable que nos infrastructures seront déjà largement handicapées.

    Si l’on regarde maintenant les forces en présence. Les moyens militaires et budgétaires de l’UE sont supérieurs à ceux de la Russie sans omettre le poids des USA même si ce pays peut faire défaut. Quant aux capacités militaires de La Russie on est bien obligé de constater qu’au bout de 4 ans d’une guerre effroyable ce « colosse » piétine. De plus, si une partie des russes peuvent admettre un conflit avec l’Ukraine compte tenu de leur passé conflictuel commun, il en irait sans doute tout autrement si demain le clan Poutine mobilisait les jeunes russes pour aller guerroyer en Europe y compris dans les pays Baltes.
    Naturellement on peut objecter que la Russie dispose du premier arsenal en matière d’armes nucléaires et qu’il peut faire du chantage à l’utilisation de celui-ci comme ce fut le cas lors de l’invasion de l’Ukraine. Toutefois, s’il devait utiliser ce chantage de nouveau, Nous pourrions nous aussi y avoir recours à celui-ci dans la mesure où ce serait l’un des pays de l’alliance qui serait concerné car la France et la GB dispose aussi de l’arme nucléaire et compte tenu des sommes englouties on peut espérer que notre arsenal est bien à la hauteur des enjeux.

    Mais si l’on réfléchit plus avant et que l’on se positionne dans la logique du clan Poutine. Nous avons à faire à des individus animés par une certaine idéologie mais surtout nous avons à faire à des prédateurs qui ont dépecer la Russie pour leurs propres intérêts. Or un oligarque s’il est capable de tuer pour sa survie et s’enrichir, il n’est pas près à risquer sa vie, son avenir et ses richesses dans des opérations hasardeuses comme s’attaquer à l’Europe.

    N’oublions pas aussi que le soutien de la Chine dans la croisade de la Russie en Ukraine ne perturbe pas les équilibres commerciaux de ce pays. A contrario, s’attaquer à l’Europe s’est de faite s’attaquer au principal client de la Chine et donc cela pourrait affaiblir l’économie de ce pays avec les conséquences politiques que cela pourrait avoir en interne. Il est donc fort possible que la Chine fasse entendre ses réticences

    Mais l’arme la plus redoutable dont dispose Poutine, ce sont les partis et mouvements d’extrême-droite présents dans tous les pays de l’UE et qui sont sur les mêmes bases idéologiques que le dictateur. Certains sont déjà au pouvoir, pendant que d’autres sont sur le point d’y accéder. Or le mutisme sur ce sujet est total en France et au sein de l’UE alors qu’il s’agit un risque majeur qui pèsent sur nos démocraties et cela avec la destabilisation des infrastructures économiques, politiques et sociales via les opérations de cyber attaques. En effet, que deviendrait la politique étrangère de l’UE si en plus des 5 pays déjà aux mains des fascistes, la France, l’Espagne et d’autres devaient basculer dans l’abîme.

    En conclusion pour lutter contre ces cyber attaques ce ne sont pas des armes qu’il faut mes des cerveaux afin de mener des actions ciblées vers la Russie et ses oligarques tout en changeant de politique économique et sociale pour mettre de l’égalité dans tous les domaines et faire cesser ce néo-libéralisme qui est la source des catastrophes politiques et climatiques que nous allons traverser.

    • Bonjour Mr BRAUNSTEIN.

      Dans mon commentaire, volontairement, je ne désigne pas d’ennemi car toutes les grandes puissances cherchent à nous affaiblir pour nous dominer, économiquement, politiquement et militairement.
      Je dis simplement que si on veut être respecté, il faut être fort, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui et que je démontre dans mon commentaire.

      Vos remarques sont pertinentes, je vous rejoins sur de très nombreux points, quand je parle de la nécessité d’être uni s’est pour également mettre en commun au niveau européen l’intelligentsia que nous possédons pour répondre efficacement à la guerre de la désinformation que nous subissons, aux diverses attaques informatiques que nous subissons.

      Ce qu’ils nous font, pourquoi nous ne leur rendons pas la même chose ?

      En le faisons avec la même force qu’eux, qui ne peut se situer qu’au niveau Européen avec des budgets conséquents.

  9. Que vous êtes tous compliqués!!!! Un proverbe italien dit « chi pecora si fa, lupo la mangia », qui se fait brebis se fait manger par le loup. Un autre dit aussi « lupo non mangia lupo », les loups ne se mangent pas entre eux. Le président Macron ne dit pas autre chose quand il déclare que « pour être respecté, il faut être craint ». C’est aussi ce qu’exprime le proverbe romain, « si vis pacem, para bellum », si tu veux la paix prépare la guerre. Mais cela est aussi la voie royale pour perpétuer à l’infini le cycle des guerres. La guerre, « lutte armée et sanglante entre groupements organisés, homicide collectif organisé, finalisé » étant selon Gaston Bouthoul « la plus remarquable de toutes les formes de passage de la vie sociale, c’est une forme de passage accélérée. ….Toutes les formes sociales et les institutions naissent de la guerre… Ainsi la guerre est l’une des formes principales des relations entre sociétés… Destruction ostentatoire, la guerre est la fête suprême, la grande orgie sacrée, elle est la subversion même.. Le propre de la guerre est qu’elle vous introduit dans un autre univers psychologique… C’est la forme la plus efficace du contact international… La victoire confirme, la défaite transforme. » Alors pourquoi des trouble-fête veulent-ils mettre au ban ce phénomène social de tout temps et de tout lieu? Ils le veulent car le progrès technique aidant ce phénomène mène droit à l’apocalypse, à l’auto-destruction violente et cruelle de l’humanité. Et donc le mot d’ordre n’est plus « si tu veux la paix prépare la guerre », qui entraîne un cycle infini de vendetta. Le mot d’ordre pertinent est « si tu veux la paix, prépare la paix ». Ce qui est autrement plus ardu. Ce qui été tenté de manière répétitive après le Congrès de Vienne (la Sainte Alliance), après la première guerre mondiale (la SDN), après la seconde guerre mondiale (l’ONU), après la déclaration Schuman du 9 mai 1950, qui avait en ligne de mire une Europe fédérale, espace modèle de paix, de prospérité et d’éthique, soft power influençant le reste du monde par saine émulation. Au lieu de cela, on s’en est tenu à une Europe réglementant la capacité des chasses d’eau de WC. On ne récolte que ce que l’on a semé.

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