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La diplomatie coronavirus

Alors que la crise sanitaire se dessine et que les bourses s’effondrent, la communication diplomatique prend un tour plus aigu.

Christine Lagarde, présidente de la BCE, a annoncé de fortes mesures d’assouplissement des prêts (les PME pourront emprunter à … -0,75% !!!) et des garanties de la BCE en la matière, pour éviter l’arrêt cardiaque du système financier par manque de liquidité comme en 2008. Elle n’a pas annoncé de nouvelle baisse des taux, dont l’efficacité est peut être discutable dans cette situation mais dont l’impact psychologique était attendu. Surtout, elle a renvoyé la balle avec une violence extrême vers les Etats: « Il ne faut pas s’attendre à ce que les banques centrales soient la première ligne de défense. » Elle a littéralement taillé en pièces le premier plan présenté par la Commission, qui rappelons-le n’a pas de budget réel pour intervenir et a donc débloqué un fonds de 27 milliards presque symbolique : « En additionnant les différentes mesures prises dans la zone euro, on atteint 27 milliards d’euros. C’est un quart d’un pourcent du produit intérieur brut [PIB]. OK ? C’est pour ça qu’on en appelle à une réponse budgétaire ambitieuse et collective. » Elle espère donc que l’Eurogroupe de ce lundi aura « une action décisive« .

Emmanuel Macron, hier soir, lui décroche un revers : « La Banque centrale a déjà, aujourd’hui, fait part de ses premières décisions. Seront-elles suffisantes ? Je ne le crois pas. Il lui appartiendra d’en prendre de nouvelles. » Baisse tes taux !!! Le second message est pour l’Allemagne : « L’ensemble des gouvernements européens doit prendre les décisions de soutien de l’activité puis de relance quoi qu’il en coûte. La France le fera, et c’est cette ligne que je porterai au niveau européen en votre nom. C’est déjà ce que j’ai fait lors du conseil exceptionnel qui s’est tenu hier. »

Au moins les européens essayent-ils de s’entendre sur les mesures à prendre pour tirer dans le même sens, fut-ce en se hurlant dessus au porte-voix. Côté US, Donald Trump a offert une prise de position catastrophique. Après avoir longtemps tenté de nier la gravité de la crise, et avoir incité les américains malades à se rendre au travail (!!!), chacun attendait un plan de bataille. Surprise ! Une fois énoncée la promesse de mesures économiques, Trump s’adonne entièrement au blame game : il s’agit d’un virus étranger, et sa réponse essentielle est de fermer les vols depuis l’Europe, mais pas le Royaume-Uni. Cette décision est proprement lunaire car la fermeture des vols sert essentiellement à limiter l’entrée du virus sur le territoire, or tout indique que le virus est bien installé sur le sol américain. Par ailleurs, la Corée du Sud, foyer mondial majeur, n’est pas concernée, et évidemment il y’a des malades au Royaume-Uni !! Nous sommes essentiellement en pleine diplomatie Brexit : Il s’agit de faire passer un message politique sur les gens qu’on aime pas (les Chinois et l’Europe) et sur les gens qu’on aime bien : le Royaume-Uni pour avoir quitté l’Europe. Comme gestion de crise sanitaire c’est un peu court. Les marchés ont violemment décrochés immédiatement après son discours, et les historiens pourront chercher à déterminer si cette prestation a effectivement déclenché le Krach.

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Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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2 Commentaires

  1. Cette crise sanitaire montre bien la solidarité européenne, chacun pour soi et Dieu pour tous, on referme des frontières qui en principe n’existent plus!

  2. Et oui c’est ça l’europe, tous pour moi, et dieu pour tous… et trump es ce la peine d’en parler. La bonne chose de ce marasme, c’est que ce virus va peut-être lui coûter sa réélection qui était assurée, sauf que derrière il y aura de nombreux mort et surtout les plus fragiles.

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