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Jean Kaspar : Imaginer les régulations du 21ème siècle pour un nouveau progrès de l’Humanité

Les événements liés à l’action des gilets jaunes démontrent à l’évidence que nos modes de régulations politiques, économiques, financières et sociales hérités du 19ème et du 20ème siècle sont aujourd’hui obsolètes et en décalage avec les grandes mutations et transformations qui caractérisent le monde en devenir. C’est ce que traduit fondamentalement, dans ses excès et sa grande confusion, le mouvement des gilets jaunes.

En effet, ces modes de régulations se sont construites dans un monde où l’Etat Nation jouait un rôle déterminant, les ressources naturelles semblaient inépuisables, la question climatique résulter des seules lois de la nature, l’industrie le levier principal du développement économique, la question sociale la résultante du développement économique, l’humain restant soumis à des critères techniques ou économiques jugés plus déterminants.

Petit à petit les nations ont compris qu’il devenait nécessaire de se doter d’instruments permettant une amorce de régulation. Ce fut par exemple la création de l’ONU pour la paix, de l’OIT pour les normes sociales, de l’OMC pour le commerce, de l’OMS pour la santé. Ce fut aussi l’émergence d’entités régionales comme l’Europe et d’autres en Asie, Amérique Latine, Amérique du Nord, Afrique…. Ces institutions avaient pour objet de répondre à des questions sectorielles : la paix, le progrès social, le commerce, la santé, le développement économique, ou la sécurité.

Ces institutions fonctionnent d’une façon spécifique sans véritable articulation entre elles.

Ce fonctionnement montre ses limites à un moment où les interactions entre l’économique, le financier, le social voire le culturel sont essentielles pour trouver les solutions aux problèmes de l’humanité et où l’absence d’une véritable gouvernance démocratique mondiale laisse un pouvoir grandissant aux acteurs économiques et financiers.

En effet qui peut croire par exemple que la persistance de couches de pauvreté à travers le monde ne constitue pas un risque pour la paix ? Que la question de la pollution, sous toutes les formes, ne représente pas des risques majeurs pour l’avenir de la planète et de la vie ? Qui peut croire enfin que le développement économique dépend essentiellement de choix financiers ou technologiques alors que l’intelligence humaine et l’implication individuelle et collective représente un levier d’efficacité sans précédent ?

La réflexion sur de nouvelles formes de régulations, internationales, régionales, nationales et locales s’impose de plus en plus si nous voulons que le 21ème siècle marque un progrès pour l’humanité. Il y a urgence. Pourquoi ?

Aujourd’hui nos sociétés sont bousculées par le développement des technologies de la communication qui permettent à des millions de personnes d’être en relation, d’avoir accès à de multiples sources d’information, d’exprimer leur point de vue et de s’organiser dans des mouvements spontanés. Le numérique, la robotique et l’intelligence artificielle ouvrent des perspectives nouvelles à la diffusion des savoirs, des connaissances, à l’activité humaine et à l’organisation du débat démocratique. Ces évolutions bousculent et transforment en profondeur le rapport entre les personnes, entre les acteurs traditionnels (gouvernants, partis politiques, organisations syndicales, institutions nationales ou locales). Elles re-questionnent la conception de l’emploi, des qualifications, la nature de la formation, les systèmes de protection et les règles du vivre ensemble.

Le mouvement des gilets jaunes, au-delà des questions de formes (confusion des objectifs, manque d’organisation, absence de cohérence dans l’expression des attentes, radicalisation pour certains) traduit fondamentalement une attente de plus grande justice, de solidarité, de dignité et une exigence de vouloir être mieux et plus impliqué. Ce mouvement interroge nos pratiques démocratiques, sociale et économiques.

Ces attentes ne peuvent pas être réglés en 24h ou par une baguette magique. Les portes paroles des gilets jaunes doivent l’admettre. Cela suppose de la part du Président de la République, du Gouvernement, des Institutions, de tous les élus (à tous les niveaux), des organisations syndicales, des associations qu’ils s’interrogent sur leurs pratiques. Que chacun s’interroge sur la manière d’associer mieux les citoyens à la prise de décision car ce qu’il nous faut inventer ensemble c’est une nouvelle gouvernance du vivre ensemble. Il y a urgence.

Concrètement la question n’est pas comme le dit dans le Parisien du 29 novembre le président des députés En Marche, M. Gilles LE GENDRE, «..d’embarquer les Français pour qu’ils s’emparent de notre projet de transformations ». Ce que nous disent les gilets jaunes et plus largement une majorité de citoyens, c’est qu’ils ne veulent pas être « « embarqués » mais être partie prenante des transformations à opérer. Cette volonté d’être impliqué s’exprime à tous les niveaux : sur le plan national, régional, local et dans les entreprises.

Le Gouvernement n’a pas suffisamment perçu ce mouvement de fond. La façon dont le Premier Ministre a évacué, il y a une quinzaine de jours, la proposition de Laurent BERGER suggérant l’élaboration d’un pacte social, en est l’illustration. De son côté, le Président de la République a trop sous-estimé le rôle que doivent jouer les corps intermédiaires dans les processus de transformations.

Les trois mois que le Président a proposé pour faire vivre un processus de discussion avec l’ensemble des acteurs peut contribuer à faire émerger de nouvelles formes de régulations articulant l’implication des pouvoirs publics avec celle des partis politiques, des organisations professionnelles (patronat et confédérations syndicales), des collectivités territoriales, des associations et des citoyens (gilets jaunes).

Cela ne sera pas facile mais reste jouable à la condition, qu’au-delà du processus, des réponses concrètes et fortes soient apportées. Sinon…

Jean Kaspar

Ancien Secrétaire Général de la CFDT, Consultant en Stratégies Sociales
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Sauvons lEurope

Sauvons l’Europe, association pro-européenne et progressiste qui s’engage pour une Europe démocratique et solidaire

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16 Commentaires

  1. D’accord avec l’analyse de J. Kaspar. Il y a bien longtemps, je pense au moment du changement de durée du mandat présidentiel, voire même avant, face à l’abstentionnisme électoral, que les gouvernements auraient du demander une réflexion sur une VIème République aux Conseils d’Etat et Constitutionnel. « L’entreprise démocratique » doit être entretenue pour fonctionner, ce n’est pas simplement une « machine » électorale. Sinon nous arrivons aux aberrations actuelles : un président élu par 44%* du corps électoral qui n’a « qu’une » légitimité institutionnelle, l’institution en question datant du siècle passé…
    * avec 34% d’abstention, votes blancs et nuls

    1. Personnellement, je suis d’accord moi aussi.
      C’est toute une remise en question à la fois de nos institutions, mais aussi de nos façons de penser et d’agir compte tenu de l’évolution de notre environnement et des dégâts causés par cet appui sur une soit disant Loi du marché qui faute de régulation a conduit a oublier les droits humains et le principe d’égalité en droits de tous les êtres humains dans l’espace et le temps, et à nous rendre esclaves de nos désirs en les confondant avec nos besoins.

    2. Je pense que nous sommes entrés véritablement dans une ère de ‘pré-fascisme’, comme dans les années 30. A ceux qui me répondent que je ‘fais dans l’anachronisme’, je réponds : »Croyez-vous vraiment que le fond de « l’âme humaine » ait changé en à peine 80 ans ?

      Qui sont donc ceux que l’on appelle, abusivement à mon sens, les ‘casseurs’ de l’Arc de Triomphe (quel triomphe!). A-t-on mesuré ce que peut signifier le ‘cassage de gueule’ de la figure de Marianne, et autres « dégâts » à mon avis parfaitement ciblés ? Sûrement pas les « braves » ‘Gilets Jaunes’ de la rue, des banlieues, des villes de province etc. Les dits ‘Gilets’ se rendent-ils compte qu’ils se sont fait complètement ‘avoir’ ? Je rappelle qu’un certain Adolf Hitler, et encore mieux le Mussolini de la ‘Marche sur Rome’ avaient su mobiliser bien sûr plein de ‘braves gens’ mais aussi une partie des militants de l’extrême gauche (communistes de l’époque) pour les conduire là où nous savons ….

      1. Pour moi il y a un combat essentiel

        -contre le réchauffement climatique, pour la transition énergétique
        -contre ce que j’appelle le cryptofascisme

        Il s’agit de deux fronts du même combat, car ceux qu j’appelle les cryptofascistes sont indifférents à la transition énergétique. Je trouve inutile de chercher des euphémismes type « populistes de droite », plutôt que de les désigner comme ce qu’ils sont. Je ne dis pas fascistes mais cryptofascistes (ou cryptonazis) par simple souci de vérité historique.

        A l’échelle de l’union européenne, les « cryptofascistes » ne sont pas des alliés mais des adversaires de la transition énergétique. Les gilets jaunes sont ils des alliés ou des adversaires, personne ne sait !

        Il est évident que la transition énergétique conduira à des mesures parfois impopulaires. Je me refuse à croire que c’est impossible en démocratie

        La façon dont le Premier Ministre a évacué la proposition de Laurent BERGER suggérant l’élaboration d’un pacte social, est plus que regrettable. Dans mon esprit, je rêve que ce pacte aurait justement permis de mener ce combat dans la justice et la solidarité, et de répondre à quelques questions

        Je ne connais pas les chiffres, mais pour la transition énergétique il s’agit de dépenses de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an pendant des années et des années. Pour de nombreuses raisons ces sommes devraient émarger en partie au budget (considérablement accru) de l’Union Européenne, mais ça ne change pas l’argumentation qui suit.

        Pourra-t-on y faire face sans « faire marcher la planche à billets ? »

        Je pense, par exemple, que la transition énergétique ne passera jamais dans les critères de Maasstricht ! La notion de déficit n’a simplement plus de sens. Déjà on comprend mal pourquoi les dépenses d’investissement sont prises en compte par ces
        critères. Mais les dépenses dont on parle ici s’apparentent plutôt par leur nature aux dépenses de guerre.

        Comme ces dépenses devront être programmées sur des temps longs, elles devront l’être par l’état. Mais cela ne signifie pas pour autant renoncer à l’économie de marché. Simplement cette dernière n’est pas synonyme de libéralisme intégral! Ce sera un nouveau système économique

        Surtout les dépenses de « transition énergétique » seront des dépenses pratiquement pérennes car nul ne sait pendant combien d’années elles seront nécessaires. Comment éviter, par exemple, que le niveau de vie au sens habituel du terme ne baisse pendant une période indéterminée (le siècle?)

        Il y aura donc aussi des transformations sociales. Quel niveau de protection sociale pourra t on se permettre dans quelques années ? Depuis plus d’un siècle et à l’exception des périodes de guerre, on vivait une période où les enfants vivaient toujours mieux que leurs parents, est elle terminée définitivement ?

        1. Les dépenses à engager pour la transition énergétique me semble devoir dépasser le contexte national et déjà être envisagée au niveau Européen et considérée comme des investissements à amortir sur de longues durées.
          À ce titre elles devraient être sorties des critères de Maasstricht, de même que tous les investissements sur le long terme.
          Mais cela ne doit pas se faire aux dépens la lutte contre la pauvreté

    3. Juste une précision d’ordre chrono-bibliographique: mon ancienneté m’ayant donné le privilège de suivre l’enseignement de l’éminent politologue que fut Maurice Duverger, j’ai en mémoire le fait que, dès 1961, il avait publié un ouvrage au titre significatif: « La VI ème République et le régime présidentiel » (Arthème Fayard). Même si le compteur est resté bloqué à « V ème », l’évolution de cette dernière rejoint par bien des points cette analyse prospective.

      1. J’avais naïvement cru que mon commentaire ci-dessus allait s’insérer en tant que réponse aux propos de Rahlf, qui évoquait la « VIème République ». Sans doute une mauvaise manipulation du clavier de ma part. Je souhaite donc rendre à César…

  2. Ces vaticinations me sidèrent, tant elles me paraissent en décalage complet avec ce qui se passe.

    Pour faire simple, on dirait entendre un politicien ou un journaliste.

    La réalité est beaucoup plus tranchée : cela fait des décennies que le pouvoir se moque du peuple, alors que notre Constitution affirme que « la République, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

    Or, ce que nous avons, c’est une oligarchie, servie par des valets qu’elles ont porté au pouvoir à grands coups de propagande médiatique, grâce aux porte-voix que sont devenus les « grands » médias, privés qui leur appartiennent, ou publics qui ne dénonceront jamais la collusion entre « dirigeants » et grandes fortunes.

    Le point de départ de cette dérive nous est donné par la fameuse émission sur Antenne 2 « Vive la crise ! » en 1984, présentée par un ancien communiste devenu collabo, à l’époque de Reagan et Thatcher.

    Or « la crise » dont on nous rebat les oreilles dans les médias depuis plus de 30 ans n’existe que pour la population, mais n’a jamais existé pour les très riches qui se sont toujours enrichi sur cette même période !

    Elle a servi d’argument, de justification à toutes les mesures de régression, de démantèlement de notre législation du travail, de réduction des budgets, de baisses des aides sociales, etc.

    Et ce qu’on était capables de payer en 1980 dans nos services publics, on serait aujourd’hui incapables de le faire, alors que le pays est encore plus riche qu’à l’époque ?!

    Que voyons-nous depuis ? L’accroissement des inégalités, une pauvreté endémique dans un pays riche, l’enrichissement indécent et sans fin des « grandes fortunes » et l’épuisement de la plus grande partie de la population, écrasée sous le poids des prélèvements continuels et l’impératif de « compétitivité ».

    Sans compter les impacts de cette « pression » sur l’environnement… Après, on peut venir nous parler d’écologie, de « dérèglement climatique » !…

    Et que font-ils des sommes colossales qu’ils ponctionnent ?

    Des dizaines de milliards vont au service de la dette, donc à la finance.

    D’autres milliards vont à « l’union » €uropéenne, qui les redistribue à son bon vouloir à d’autres pays membres, ou à des multinationales par l’intermédiaire de la PAC, tout en prélevant une partie pour son propre compte pour rémunérer grassement les fonctionnaires, députés, commissaires qui vivent dans l’opulence.

    Des milliards d’euros enfin nous sont retirés, soit par les délocalisations (autorisées par l’UE), soit par l’optimisation fiscale (autorisée par l’UE), soit par les privatisations tous azimuts (préconisés par l’UE), par le chantage à l’emploi des grandes entreprises et par les versements de dividendes massifs.

    Autrement dit, on (l’oligarchie) nous vole, on nous spolie, on nous trompe, on nous exploite !

    Aujourd’hui, les gens commencent à comprendre qu’ils sont les dindons de la farce, que Macron élu sur des promesses et une manipulation fait le contraire de ce qu’il a dit, sert les riches et asservit les pauvres, méprise ses concitoyens et privilégie l’UE à la Nation.

    Ils comprennent que ce qu’on entend à la radio, ce qu’on nous dit à la télévision, ce sont des boniments, de la désinformation, de la manipulation, des « fake news » officielles lancées par ceux qui prétendent les révéler.

    Ils ne veulent plus de « dirigeants » qui les méprisent, les contraignent et leur imposent des choses qui leur nuisent.

    Ils comprennent que toute la clique de professionnels de la politique sont là en réalité pour se servir et non pas pour nous servir.

    Que les partis « d’opposition » mèneraient la même politique et qu’ils ne sont là que pour faire croire à la possibilité de faire autre chose. Cette fameuse « alternance » institutionnelle qui confisque le pouvoir pour ne rien changer.

    L’UE est aussi l’une des causes à cette situation, quand on constate que la plupart des promesses (propagande) qui nous ont été faites au fil des décennies se révèlent fausses en réalité.

    Plus de démocratie, alors qu’on n’a tenu aucun compte des référendums, dont celui de la France en 2005.

    Plus de pouvoir d’achat, alors que l’euro est surévalué pour notre pays et que nous ne faisons que nous appauvrir.

    La paix, alors que la plupart des conflits dont la France se mêle ne sont que les effets de notre sujétion à l’OTAN, imposée par l’UE.

    Bref !

    Les gens commencent à se rendre compte qu’on se fiche d’eux.

    Ils veulent que le peuple retrouve le pouvoir et la souveraineté, soit le contraire de ce que l’UE et nos « dirigeants » nous imposent.

    Et ce n’est certes pas en « demandant », en quémandant à Macron de le faire qu’ils auront satisfaction !

    Ils veulent que la France redevienne une nation, un État-nation, ce qui est aujourd’hui nié par l’oligarchie, par les partisans de l’UE, par nos « dirigeants » et par nos « grands » médias.

    Et c’est ce qui se passe un peu partout dans le monde, soit en réaction à l’UE au sein des pays membres, soit en réaction à la « mondialisation heureuse et inévitable » ailleurs dans les autres pays.

      1. En effet, il n’y a rien de bien nouveau dans la récitation d’une leçon bien apprise non pas chez les fabulistes, mais les « affabulistes ».

        En-dehors de toute connotation théologique, notre ami ferait bien de méditer ce conseil avisé du prophète Isaïe au sujet du sage, reflet du bon sens populaire, comme souvent dans les textes bibliques: « Il ne jugera pas sur l’apparence; il ne se prononcera pas sur des rumeurs ».

      2. J’aime beaucoup votre argumentation riche et approfondie, vous m’avez (presque) convaincu.

        Maintenant, le mouvement des Gilets jaunes est pourtant une réalité.
        À vous lire, vous ou Gérard Vernier, ils sont donc tous abusés par des affabulations, par des « rumeurs ».
        Leur colère est injustifiée, la faiblesse de leur pouvoir d’achat une simple impression fausse.

        Décidément, même au sein du peuple, il y a des classes sociales.

        Ceux qui peinent à joindre les deux bouts et ceux comme vous qui se considèrent éduqués, instruits, privilégiés, qui considèrent que, somme toute, tout va bien, que ce mouvement populaire est injustifié et qui les regardent avec condescendance, alors qu’en réalité, ils sont du même côté de la barrière.

        Et, à tout ce que je dénonce, vous ne répondez rien d’autre que « leçon bien apprise ».

        1. Très proche des milieux populaires par une longue fréquentation du monde ouvrier du fait de mes origines et mon vécu – le chômage, j’ai connu ! – je ne peux que souligner que les Gilets jaunes n’ont rien à voir avec mon commentaire. En revanche, c’est la la superficialité avec laquelle vous, vous évoquez les questions européennes qui me permet d’avancer qu’on ne construit pas un argumentaire sur des rumeurs.

          Ainsi, votre affirmation selon laquelle l’UE aurait été imposée par l’Otan fait penser à ces « créationnistes » américains qui proclament que l’origine du monde correspond mot pour mot à ce qui est écrit dans le Livre de la Genèse… alors que ce dernier est une composition poétique – souvent non dénuée d’humour – qui présente d’une manière imagée de profondes interrogations sur l’humanité.

          Il n’est en outre pas tout à fait innocent d’observer que vos propos sont parfois contradictoires.

          Il y a quelque temps, en effet, alors que je vous invitais à vous reporter aux traités pour constater la réalité des textes au lieu de « broder » sur des slogans, vous m’aviez répondu que vous étiez trop occupé pour le faire.

          Or, on peut supposer qu’en dépit de votre apparente facilité d’écriture, avec un style qui – ne le nions pas – a parfois du panache, la rédaction de certains de vos très longs commentaires prend au moins autant de temps que la lecture des dispositions précises sur lesquelles vos interlocuteurs s’efforcent d’attirer votre attention.

        2. Pourquoi la colère serait-elle injustifiée? Mais même si elle se justifie, elle es mauvaise conseillère, et cela s’aggrave quand elle conduit à “l’entre soi“ et un bombardement de fausses nouvelles!
          il devient urgent de répondre à cette “faim“ en partant du niveau local dans une volonté de solidarité et rétablir une confiance et l’écoute de l’autre.

    1. La constitution de la Ve république est à l’origine de ce détournement de la démocratie, justement pour créer cette oligarchie de politiciens professionnels.
      La notion d’état nation est est un préliminaire à une nouvelle guerre mondiale.
      Un autre élément de cette crise se retrouve dans une loi du marché qui faute de régulation se trouve confrontée à l’accroissement des demandes non solvables (pour être concurrentiel on fait pression sur la masse salariale en diminuant les emplois ainsi que les salaires (à productivité constante)
      Enfin par l’intermédiaire d’un matraquage publicitaire on transforme les désirs en besoins)
      Le capitalisme a créé l’argent roi et fait oublier les notions de fraternité et de solidarité.
      À la violence du capitalisme, une autre forme de violence s’est manifestée depuis 3 semaines.
      Oui, il peut exister une mondialisation heureuse, celle qui serait fondée sur l’écoute et les actions locales pour le bien de l’humanité présente et à venir.

      1. Chacun sait que la Vème république est la fille du coup d’état d’Alger du 13/5/1958. C’était une des raisons pour lesquelles j’ai voté non au referendum sur cette constitution. Ceci dit:
        -je reconnais que De Gaulle a mis fin à la guerre d’Algérie en 1962 ce dont je n’étais pas convaincu a priori en 1958
        -n’étant pas constitutionnaliste j’ignore s’il serait possible de faire évoluer cette constitution simplement par voie d’amendements successifs, ainsi qu’elle a déjà évolué de facto
        En effet je me méfierais beaucoup d’une refonte des institutions engagée dans le climat de crise politique que nous connaissons, ce climat me rappelant 1958 autant que 1968

    2. Complète analyse, Ruoma, qui est exactement la mienne!
      Oui, il y a plus d’argent et de richesses produites que jamais dans l’histoire du monde. Le seul problème c’est qu’ils sont détournés, captés par un tout petit nombre de déjà richissimes et qu’ils échappent à l’économie réelle, et aux aux finances indispensables des États. Nous pourrions tous (dans le monde entier) vivre dans l’aisance avec seulement 10% de ces richesses volées!!

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