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Hors Sujet !

Jamais, la vie politique française ne nous avait habitué à un tel rajeunissement. Pour les élections européennes, si l’on considère les trois listes du Rassemblement National, de la France Insoumise, et des Républicains, qui représentent près de 45% des intentions de vote, l’âge moyen des têtes de liste sera de 28 ans !

Cette coïncidence ne laisse pas d’interroger, surtout si l’on considère la vocation exacte des futurs députés européens. Si le Parlement Européen est une assemblée unique de par la diversité politique et culturelle de ses membres, c’est surtout le lieu de débats très techniques où de multiples décisions sont prises sur les sujets les plus variés qui feront demain notre quotidien. Peser sur le débat parlementaire demande du temps, de l’expertise et de l’expérience. Chez nos voisins allemands et espagnols, les candidats sont scrupuleusement sélectionnés en vue d’effectuer plusieurs mandats. Leurs électeurs disposent alors de représentants aguerris, connus et reconnus de leur collègues et capables de faire leur miel des réseaux bruxellois. In fine, les élus, capables d’un lobbying efficace au service de leur idées représentent tout au plus 25% de députés élus. Les autres, ne dépasseront jamais le stade de simple figurant… Cette réalité n’est pas vraiment perçue en France, notamment à cause du caractère quasi récréatif du mode de scrutin électoral. Avouons le, les élus français pèsent historiquement peu au Parlement européen. Ils semblent à peine arrivés et déjà partis…. Pourtant, nos représentants feraient œuvre utiles s’ils s’investissaient dans les détails et pesaient sur les dossiers techniques. Même, nous ne serions pas déshonorés d’avoir des représentants expérimentés, à l’heure où notre champions européen s’appelle Michel Barnier, 67 ans, déjà deux fois commissaire européen.

Entre ceux qui rient de ce soudain marketing brandé « encore plus jeune que Macron », et ceux qui y voient une nouvelle prise de pouvoir générationnelle enterrant les héritiers de « l’ancien monde » , qu’importe vraiment ! Seule certitude, le symptôme traduit avant tout une erreur sur l’objet même de l’élection européenne.

Article initialement publié sur le Cercle – Les Echos

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Henri Lastenouse

Henri Lastenouse est Secrétaire général de Sauvons l'Europe, et tant d'autres choses encore !

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17 Commentaires

  1. Bonjour, cet article sur les compétences nécessaires pour siéger efficacement au parlement européen est extrêmement intéressant. Mais pourriez vous aider le simple citoyen soucieux de s’impliquer dans cette élection, en listant quelques unes des compétences techniques nécessaires dans tous les domaines pour poser les bonnes questions dans les meetings prévus. Vaste programme certes. A part les écologistes telle Michèle Rivasi, physicienne, je n’en connais point dans les autres listes connues.
    Faire d’amers constats sur l’inefficacité française appelle à la recherche de solutions. Quelques pistes s’il vous plaît !
    Merci

    1. Bonjour,
      Je souscris totalement à ce commentaire sachant qu’il faut au moins deux ans pour devenir un parlementaire compétent.
      Comme d’habitude, nous découvrons à chaque élection européenne la course à l’échalote pour être sur les premiers de chaque liste ( la place est bonne, comme on dit : indemnité plus qu’intéressante !!) mais quid des programmes ? Hormis les écologistes qui se battent pour défendre des idées qui nous parlent.
      Depuis que les élections européennes existent, il y a très peu de pédagogie pour nous intéresser aux institutions européennes et pour impliquer chaque citoyen que nous sommes. Et après, on s’étonne du fort taux d’abstention à chaque élection. Les jeunes n’attendent pas les élections européennees pour aller voter mais préfèrent s’impliquer dans des programmes concrets comme Erasmus ( dommage que ce soit le seul ) et pouvoir s’impliquer

    2. bonjour, vous oubliez Manon Aubry, qui a en tant que porte parole de OXFAM, travailler sur les aspects fiscaux en europe, en particulier les paradis fiscaux à l’intérieur même de l’Union (luxembourg, pays bas, irlande, etc.)

  2. Voici une perspective nouvelle qui soulève en effet bien des questions. Merci de l’avoir exposée. Cela est bien révélateur du « dégagisme » généralisé et plutôt inquiétant sur le court et moyen terme pour l’avenir de la cause européenne face à la puissance des Empires. Nous devrions redoubler d’efforts, de compétences et et de finesse politique…

  3. Merci pour cet article ô combien juste ! Le Parlement Européen ce n’est pas un show, c’est du travail sérieux, des combats quotidiens pour créer des majorités entre pays et sensibilités diverses. Les compétences nécessaires ? Plurilinguisme pour pouvoir discuter avec des député.e.s d’autres pays, habitude de l’interculturalité, capacité à gérer la diversité, connaissances politiques, culturelles, sociologiques et économiques, et si possible une expertise dans un domaine qui concerne les compétences de l’Union…J’ajouterai aussi capacité à créer du consensus ! A c’est vrai c’est un gros mot en France. Enfin si on ne base pas la politique sur le consensus, on risque fort de la baser sur la dictature…

  4. La France promeut au Parlement Européen, les rejetés des législatives française, les soldes, les copains auxquels on réserve statut et moyens, pas des compétence tels l’Espagne et quelques autres.
    Il faut parler anglais pour converser avec un collègue, souvent allemand, les nôtres parlent français, quelquefois assez mal (Morano?)
    qui connait son député européen?
    Le Mouvement Européen IdeF organise chaque année une rencontre députés européens/membres du MEF: quelques heureuses surprises (Juvin, LeGarric) et une grande médiocrité.

    L’opinion de Hugonnet sur les compétences technique n’est pas recevable: Michelle Rivasi pérore des bêtises idéologiques, même en physique.
    Dans le même camp, l’eurosceptique José Bové a « appris » l’Europe et son fonctionnement, et comme ses collègues espagnols il est compétent et ne cesse d’apprendre.

    Il faut promouvoir l’intelligence et l’Europe.

    1. José Bové ?… Il a fait comme tous les autres : il a vu qu’il y avait là une magnifique opportunité (personnelle) pour capitaliser sur sa notoriété en se présentant pour être élu député européen.

      Ça a marché. Comme pour de très nombreux autres politiciens qui, sitôt élus, se font bien vite oublier, surtout qu’il s’agit d’une aubaine : être payé grassement pour ne (pratiquement) rien faire.
      Ce parlement européen est une espèce de Graal que tous les « oubliés » ou ceux dont la cote a trop terni espèrent atteindre pour couler des jours heureux, loin des problèmes, des responsabilités et à qui on ne demandera jamais de compte.

      Et pour cause, la très grande majorité de la population est incapable de citer leurs noms et les a évidemment oubliés, gage d’une tranquillité assurée.

      Rémunération inversement proportionnelle à la situation financière de la grande majorité de la population dans l’ensemble des pays membres, ce qui les rend logiquement partisans enthousiastes et convaincus de l’intérêt de cette « union ».

      En 2014, les Français, exaspérés par l’inexorable dégradation de leur vie, avaient voté massivement pour le FN. Lequel FN leur assurait : si vous voulez vraiment que les choses changent, il faut envoyer une majorité d’élus du parti.

      22 députés du FN ont donc été élus et envoyés en commando au parlement européen.
      On allait voir ce qu’on allait voir.
      Et l’on a vu.
      Rien.

      Comme je l’avais annoncé, ces 22 personnages ont brillé par leur absence, par leur inexistence.
      Et, pendant les cinq ans qu’a duré leur mandat, ils se sont contentés de faire acte de présence sur les bancs de l’assemblée pour justifier leur confortable rémunération.

      Même pas sûr qu’ils aient seulement pris le temps de voter conformément aux attentes de la population qui les avait élus.

      Bref, le parlement européen, c’est un « machin » à recycler les partisans du « système » pour bons et loyaux services.

  5. Les députés européens sont là pour faire croire que cette Europe est démocratique alors qu’effectivement ils ont peu de pouvoir, alors que le pouvoir appartient à la commission européenne, des technocrates non élus corrompus par les lobbies des multinationales, voir la clause des traités comme le TAFTA qui permet d’exiger de fortes pénalités financières aux états européens pour perte de profit « présents, passés ou futurs » et ainsi de mettre à mal leur politique écologique voir par exemple le procès des centrales nucléaires suédoises contre Merkel qui veut les fermer, etc…Donc il faut demander une autre Europe plus démocratique, avec un rôle uniquement de proposition de la commission non exécutif, la décision revenant aux députés, Aucune écologie véritable ne peut se faire dans l’ultra-libéralisme qui défend le droit à quelques une de posséder le vivant de la planète (plantes, animaux, hommes) pour leur seul profit!

    1. Seriez-vous, vous aussi, Asselineau-dépendant ou Chouardo-inféodé, deux affections du muscle cardio-démocratique qui ont pour symptôme commun de tordre le cou à la réalité sous l’effet du « fakisme » (de l’anglais « fake »), virus aujourd’hui identifié comme agent propagateur de la désinformation ?

      Revenons donc sur terre en démontant vos préjugés:

      – le pouvoir appartient à la Commission européenne ? Une telle affirmation est loin d’être en phase avec l’observation quotidienne et approfondie du fonctionnement des institutions de l’UE. Voilà belle lurette que ce pouvoir a été accaparé par les gouvernements nationaux et leurs représentants à Bruxelles (le redoutable « Comité des Représentants Permanents », composé de hauts fonctionnaires dotés de la dignité d’ambassadeurs); comme d’autres eurosceptiques et avec tout autant de superficialité, vous confondez la boussole (la Commission) avec le gouvernail (le Conseil);

      – les commissaires, des technocrates non élus ? Pas plus que nombre de ministres nationaux (les interlocuteurs de premier rang des commissaires). Reportez-vous à la biographie détaillée des intéressés: vous constaterez que plusieurs membres du gouvernement français (actuel, mais aussi les précédents depuis des décennies) n’ont jamais été confrontés à l’épreuve du suffrage, alors que les deux tiers des commissaires ont exercé des responsabilités dans les assemblées locales, régionales ou nationales de leurs pays respectifs.

      En outre, peut-être avez-vous eu l’opportunité de participer directement à l’ « élection » d’un ministre pour l’exercice de ses fonctions ? personnellement, citoyen de base, je n’ai jamais eu ce privilège;

      – de même, pour en revenir aux membres de la Commission, n’oubliez pas que, s’ils sont proposés par leurs gouvernements respectifs, leur nomination définitive dépend d’un vote du Parlement européen: dans ce processus, il leur incombe d’affronter une redoutable épreuve, qui est celle d’une audition individuelle devant les parlementaires… et l’observation des faits montre que certains, sous le feu de questions souvent très pointues, n’ont pas pu franchir ce cap;

      – quant à l’ultra-libéralisme imputé à la Commission, il m’arrive de le déplorer parfois autant que vous… mais cela nous ramène à son mode de désignation sous l’impulsion des gouvernements nationaux. Or, ces derniers ne procèdent-ils pas eux-mêmes de tendances plus ou moins majoritaires aujourd’hui très conservatrices dans l’électorat populaire ? Encore une fois, on peut le regretter… mais c’est la vox populi, souvent déformée, certes, par l’intox populiste.

      Ces mises au point étant faites, je suis heureux de constater que nous convergeons au moins sur un point: le souci de la planète, préoccupation qui, heureusement, n’est le monopole d’aucun parti.

    2. Ma première réponse à votre commentaire se concentrait sur les « fables » récurrentes au sujet de la Commission et de la situation de ses membres. Elle appelle encore deux précisions:

      – d’une part, si la Commission dispose de quelques pouvoirs propres en matière de concurrence et de politique commerciale – mais non sans contrôle de la Cour de justice, à laquelle sont associées les juridictions nationales dans les contentieux de première instance – les réglementations les plus lourdes relèvent du pouvoir dit de « codécision » qui conjugue les pouvoirs du Parlement européen et du Conseil (au niveau des ministres) pour l’adoption en dernier ressort des règlements et directives qui constituent les bases juridiques de cette « législation »;

      – d’autre part – et de longue date – les traités, signés par les Etats membres de l’Union, ont confié à la Commission des compétences de gestion dans un certain nombre de domaines relevant de la mise en oeuvre (mais toujours en liaison avec les autorités nationales ou régionales) des « Fonds » destinés au financement d’actions de terrain. En fait, dans ce contexte, son rôle est davantage assimilable à un « levier » qu’à une mainmise autoritaire sur l’ensemble des processus concernés.

      Pour ce qui est de la « corruption » par les lobbies, il serait erroné de croire que ce phénomène – si la corruption est avérée, ce qui reste à démontrer par des exemples précis – se manifeste au seul niveau européen. Les institutions nationales, régionales ou locales sont-elles à l’abri de ce genre d’ « influences » ? Bien plus, depuis quelques années, la Commission a montré l’exemple (notamment après les maladresses de M.Barroso) en instituant un code de conduite de ses membres ainsi qu’un registre dans lesquels sont consignés tous les contacts entre les commissaires et les personnes extérieures à leur administration.

      Enfin, même si vous n’abordez pas directement la question, j’attire votre attention sur le fait que la Commission ne s’inscrit pas dans un « suivisme » aveugle de la haute finance internationale. J’en veux pour preuve la manière dont elle s’est démarquée du FMI et de la Banque mondiale à l’époque ou ces instances imposaient des contraintes radicales d’ « ajustement structurel » aux pays en développement. Si elle n’est pas restée à l’écart de cette actualité, elle a toujours pris soin d’accompagner son implication de l’adjonction d’un volet social destiné à atténuer les conséquences de telles contraintes sur les populations des pays concernés.

      Merci pour l’attention que vous aurez bien voulu porter à cette remise à l’heure des pendules.

    3. Désolé si, aux yeux de certains de nos amis lecteurs, j’allonge une nouvelle fois exagérément la sauce en ajoutant un troisième étage à la fusée de mes commentaires. Mais un point complémentaire mérite, me semble-t-il, encore quelques considérations: celui de l’utilité du Parlement européen – sujet qui apparaît en filigrane dans votre critique.

      L’illusion d’optique serait en effet de concentrer la vision sur les seuls débats en hémicycle, à Strasbourg ou à Bruxelles, lors des séances plénières de l’Assemblée. Certes, les propos qu’y échangent les députés européens ne manquent pas d’intérêt. Mais les effets oratoires de certaines « vedettes » – comme dans un passé encore relativement récent, un certain Daniel Cohn-Bendit – n’ont pas toujours un impact immédiat, ne serait-ce que parce que les propos tenus le sont dans un environnement multilingue, tributaire du « rendu » par les interprètes officiant en cabines, dont, du reste, j’ai personnellement toujours admiré la compétence.

      En fait, sous cette partie émergée de l’iceberg, ce sont les commissions parlementaires, telles que celles des Affaires étrangères, du Budget, du Développement, de l’Agriculture, de l’Environnement, des Libertés civiles, du Marché intérieur et de la protection des consommateurs, des Droits de la femme et de l’égalité des genres… bref, il en existe une bonne vingtaine – ce sont ces commissions, donc, qui jouent un rôle fondamental.

      C’est en effet à ce niveau que s’élaborent en profondeur les rapports, les avis, les projets de résolutions à caractère législatif ou déclaratoire: des travaux qui impliquent souvent de larges consultations (auxquelles la Commission européenne recourt fréquemment pour sa part aussi) de la « société civile » – opérateurs économiques, syndicats, ONG,etc., toutes entités qu’on ne saurait réduire à des lobbies assoiffés de la sueur du peuple, comme trop de démagogues de salon le caricaturent à l’envi.

  6. « Le Machin » ( De Gaulle) est devenu une dictature en soi. C’est un scandale de gabegie financière. Je suis pour la destruction absolue de cette machine à tuer les peuples, leur richesse, leur diversité. Il faut refonder un organisme consultatif avec des représentants des peuples ( députés) sans rémunération, juste les frais généraux, lesquels seront analysés par une cellule indépendante et contrôlée par des audits extérieurs? Les lobbys y seront interdits et considérés comme délits. Les décisions imbéciles pour des sujets hors de la fiscalité commune seront bannies. Le scandale du glyphosate est l’exemple type.

    1. Evitez de vous tromper de cible lorsque vous citez de Gaulle (avec, svp, un petit « d » à la particule, pour respecter la langue française). Le fameux « machin » visait en effet l’ONU et non la construction européenne.

  7. l’EUROPE est notre chance de paix, ne laissons pas passer cette chance, quand je vois les ravages que les guerres ont fait dans notre pays , je suis bien placée pour le savoir, des déportés ……..ce qui a obligé des familles entières a fuir et à venir se réfugier dans le sud de la France……..et au retour des déportés leur silence bien souvent car l’horreur de ce qu’ils avaient vécu était trop forte et impossible à raconter…..seule une Europe forte peut nous préserver de ces terribles fléaux que sont la guerre et la déportation, même si tout n’est pas parfait en Europe, …le glyphosate et autres il ne faut pas voir l’Europe par le petit bout de la lorgnette. Que ceux qui trouvent que l’Europe ne fait pas assez de choses pour nous protéger, que ceux là aillent voir ce qu’était un camps de concentration il y en a encore un en Alsace Le STRUTOFF , ils comprendront peut être ce qui se passait vraiment Les déportés avaient comme devise PLUS JAMAIS ça……….Alors vive l’EUROPE et ses imperfections.

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