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Embarras à Ankara

La Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a subi mardi un affront diplomatique lors de sa visite d’Etat en Turquie. Lors de la séance photo avec presse et drapeaux, elle arrive avec le Président turc Erdogan et le Président du Conseil Charles Michel devant… deux chaises. Ses deux compagnons s’assoient tranquillement, la laissant debout, les bras ballants. Après un « Hem… » non suivi d’effets, elle prend le parti de ne pas provoquer d’esclandre et part s’assoir à l’écart dans un canapé.

Superbe symbole ! Les Européens venaient morigéner les Turcs sur le recul de l’Etat de droit et du droits des femmes, la seule femme de la pièce est privée de chaise. La gifle est publique et l’on se demande immédiatement pourquoi l’Union a choisi de se laisser marcher dessus aussi publiquement. Charles Michel aurait-il dû se relever ? Après l’humiliation infligée par Poutine en salle de presse à son Haut Représentant Josep Borrell, le moins que l’on puisse dire est que l’Europe n’affirme pas son statut de puissance. Clément Beaune appelle à une Europe qui s’affirme, alors que les chefs Européens étaient là selon lui « pour voir si la Turquie était, ou non, dans une démarche de désescalade, et ne pas céder sur le front« . Belle réussite.

Mais il semble que les choses soient largement pire et qu’Ankara ne soit pas le premier coupable de ce faux pas. Le porte-parole de la Commission a confirmé que les services du protocole de Charles Michel se sont rendu en amont à Ankara pour préparer la visite, et ont accepté cette mise en scène au motif que le rang protocolaire du Président du Conseil serait supérieur à celui de la Présidente de la Commission. Charles Michel lui-même a regretté sur Facebook que « En dépit d’une volonté manifeste de bien faire, l’interprétation stricte par les services turcs des règles protocolaires a produit une situation désolante », dédouanant ainsi la Turquie. Il confirme ainsi son rang et la normalité de principe de cet arrangement, certes regrettable. Sur le coup et à voir les images, la situation ne l’a manifestement pas choqué.

Ce raté exceptionnel apparaît donc comme le résultat d’une rivalité picrocholine entre les deux « têtes » de l’Union européenne, dont la plus élevée est parfaitement inconnue du grand public et a essentiellement un rôle de facilitateur de discussion entre les chefs d’Etat européens. Disons-le simplement, ce n’est pas ainsi que l’on construit une Europe souveraine.

Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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60 Commentaires

  1. Tout à fait d’accord avec cette analyse juste d’une situation désolante pour l’image de l’Union européenne face à la Turquie !

    1. Une buse, vous êtes gentil. Un goujat , un plouc oui ……..qu’elle honte. A sa place , avec le sourire bien en face des caméras et des photographes j’aurai tourné le dos à ces deux zozos à charge , aux services diplomatiques de réparer la chose. Erdogan est certes un « rusto » et il n’y a qu’un langage clair qu’il comprenne. A priori c’est pareil pour Charles Michel.

        1. Exactement, ça aurait fait encore plus de bruit mais pour tout le monde au bénéfice de l’Europe !
          Erdogan se croit revenu en plein Moyen-Âge

  2. C’est à en pleurer! Qui a déclaré que le Président du Conseil européen était « au-dessus » de la Présidente de la Commission? Monsieur Michel nous fait honte ; il n’a pas seulement humilié Mme Ursula bon der Leyen qui a tout notre respect, mais toute l’Europe. Il devrait démissionner.

  3. Quelques jours après avoir annoncé qu’elle allait dénoncer la Convention d’Istanbul (!) sur la protection des femmes victimes de violence, la Turquie humilie publiquement la représentante de l’Europe, présidente de la Commission, sous les yeux de ce benêt inutile et incompétent qu’a toujours été le goujat Charles Michel. C’est l’Europe toute entière qui a été humiliée.
    Généralement, on est toujours trop faible avec les dictateurs qui font régner la même peur dans les relations internationales que dans leur pays. Erdogan joue sur plusieurs chantages à la fois: l’OTAN, Chypre, les migrants, la Lybie, la Syrie, les Kurdes… et nous laissons faire.

  4. A la place d’Ursula von der Leyen je quittais cette réunion – laquelle je précise, était destinée à fustiger Erdogan sur le recul de l’Etat de droit et du droits des femmes en Turquie, la seule femme de la pièce est privée de chaise. La gifle est publique et délibérée dans le chef d’Erdogan; Ch Michel est bien le « plouc » arriviste.

  5. Preuve que les hommes politiques européens n’ont pas fait leur l’égalité avec les femmes…. Charles Michel aurait dû se lever et Ursula van der Leyen sortir! Humiliant! D accord: l’Europe doit s affirmer.

    1. S’affirmer sous peine de disparaître. Je suis de plus en plus fâchée avec l’Europe pour de multiples raisons, moi qui suis française, mariée (en Suède)avec un Portugais, résidant actuellement au Portugal, j’ai cru longtemps en une Europe sociale et écologiquement en pointe, une Europe forte, ne craignant pas les tigres (souvent de papier) et sachant choisir dans le « progrès « , ce qui est efficace, bon pour les humains et la vie, les animaux et les plantes, devenant le modèle à suivre pour le reste du monde.

      1. Je comprends bien vos propos, Danielle Foucaut et les partage en grande partie…..mais « il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain » et notre UE est « moins pire » que bien d’autres organisations politiques. A nous toutes et tous de tenter d’améliorer les choses ! et si il y avait quelques choses à faire dans le cas présent, d’après les informations en notre possession, c’était de quitter la réunion avec le Pdt Erdogan, et, au retour, d’exiger la démission de Mr Michel. Cordialement. Marc Domec

  6. Tiens, tiens, on dirait que vous découvrez Charles Michel, libéral pur jus dont le gouvernement belge dont il était le 1er ministre a été l’auteur des pires reculs sociaux que la Belgique ait connus depuis la 2ème guerre mondiale. Encore un petit effort « Sauvons l’Europe », vous deviendrez bientôt réellement progressiste (ceci n’est ni une pipe ni un poisson d’avril).

  7. Un titre digne d’un roman de Ian Flemming ! Louis Michel a été en dessous de tout et il a légitimé la politique d’Erdogan dont le pays est sorti de la convention d’Istambul (sic) en quelques minutes vis à vis de l’opinion turque. Les amis frères musulmans de Mr Erdogan ont du bien se marrer………. Plus que jamais Sauvons l’Europe !

  8. Si le ¨Président du Conseil était porteur de l’galité Femme- Homme en Europe, il serait resété debout avec La Présidenteen attendant la suite devant les photos!!
    mais il n’attend rien, il a/est tout !!!

    1. Je pense que l’égalité Femme-Homme n’a rien à voir avec ce camouflet! Simplement un manque de galanterie de M. MICHEL et surtout une grave erreur de protocole! S’il n’y avait que 2 chaises les 2 représentants de l’Europe devaient rester debout et si Erdogan restait assis se retirer.
      Quel document public décide qu’en matière de protocole le président du conseil prime sur le président de la commission? E
      t question plus grave en cas de désaccord qui tranche?

  9. Les droits de la femme en pays musulman? Ouaf, Ni le crétin Michel ni Ursula n’ont lu le coran alors voilà une réunion bien inutile de plus. Il y a peut-être quelques problèmes plus graves tel que l’antagonisme séculaire avec la Grèce, la volonté d’envahir tout Chypre, l’instrumentation des Loups Gris en France et en Belgique etc… Le problème numéro un est de virer la Turquie de l’Otan mais …Attendons que Poutine règle le problème comme d’habitude avec des moyens plus musclés que ceux du minuscule Michel ..

  10. Je ne suis pas d’accord avec la majorité des commentaires. Mme Van der Leyen s’est comportée en « homme d’état » (pardon pour ce mot) alors que ces deux bonshommes se sont contentés d’avoir fait une bonne blague. Je me félicite que Mme Van der Leyen ait choisi de s’asseoir sur son honneur personnel au profit de son rôle politique. Et cette bévue machiste marquera l’histoire, alors que les trois fauteuils seraient aussitôt tombés dans l’oubli

    1. Ce n’est pas « une bévue machiste ». C’est la légitimation de la politique d’Erdogan face à l’Union européenne. C’est également une grave erreur des services du protocole de l’UE qui devaient connaitre les « plans » des services d’Erdogan.

  11. Jusqu’à quand acceptera-t-on de se faire cracher dessus par Erdogan?
    Je ressens l’affront fait à Ursula von der Leyen comme un affront personnel, ne peux l’admettre et ne l’oublierai pas..
    Quant à Michel, c’est un plouc
    Jean-Pierre Guth
    EUROPE AVENIR

  12. Déjà, dans la « courtoisie » européenne Charles Michel aurait du avancer sa chaise vers Mme Van Der Leyen!!!! Quelle ignominie, quelle bassesse d’esprit de Charles Michel!!! Je croyais, bêtement, qu’un président devait être irréprochable, bref, montrer l’exemple!!!!!

  13. les 2 hommes sont des goujats et le plus choquant est de fait l’attitude de Mr Michel . il mérite desaprobation , et même sanction de l’union européenne . Comme femme et citoyenne , je me sens humiliée par cette attitude et j’aimerais exprimer à Mme Van der Leyen ma solidarité et mon soutien . Plus: ça ne doit plus jamais se reproduire ; Sauvons l Europe doit faire part à nos dirigeants européens de notre colère !

  14. L’image de M. Michel qui s’assoit sur la galanterie, la courtoisie et la parité en même temps est lamentable. Comme quoi, nous sommes dans une Europe présidée par un bouffon belge ! Que reste-il à sauver quand il n’y a même plus l’honneur ?
    Sauvons l’Europe de la médiocrité.

  15. Les chaises musicales résonneraient-elles avec des accents empruntés à la « Marche turque » ? Le triste spectacle offert par l’ « incident », largement relayé par les caméras, tendrait en tout cas à accréditer l’idée que le nouvel Empire ottoman ne s’accommoderait guère d’un féminin du genre (si l’on peut dire) « otto-woman ».

    Reste, plus froidement, la question tout aussi pernicieuse de la préséance protocolaire si, en parcourant les traités, on se place du point de vue non « genré » des attributions conférées aux responsables des différentes institutions de l’UE. Ainsi (et pardon pour mon approche digne d’un notaire):

    – dans l’énumération des institutions, l’article 13 § 1 du traité sur l’Union européenne (TUE) place en tête le Parlement européen, suivi du Conseil européen (au niveau des chefs d’Etat ou de gouvernement), puis du Conseil (niveau ministériel) et, en quatrième position, la Commission européenne;

    – aux termes de l’article 15 § 2 TUE, le (en l’occurrence, la) président de la Commission est néanmoins membre de droit du Conseil européen, au même titre que les plus hauts responsables des Etats membres;

    – de même, le « haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (ouf !) , qui préside le Conseil lorsque celui-ci réunit les ministres des affaires étrangères des 27 (article 18 § 3 TUE), est en même temps l’un des vice-présidents de la Commission (article 18 § 4 TUE), magnifique « hybridité » !: à ce titre de haut représentant, il est nommé par le Conseil européen avec l’accord du président de la Commission (article 18 § 1 TUE);

    – par ailleurs, on n’oubliera pas qu’aux termes de l’article 17 § 4 TUE l’investiture du président de la Commission relève elle-même d’une action combinée du Conseil européen (proposition de candidature) et du Parlement européen (élection proprement dite du ou de la titulaire).

    Comme on l’aura constaté, le puzzle serait plus approprié que le damier pour dessiner le champ du jeu institutionnel.

    Si l’on s’attarde un instant sur les compétences en matière de relations extérieures, qui se trouvent au coeur de l’embrouillamini d’Ankara, le jeu n’en est pas moins tout aussi « subtil »:

    – l’article 13 § 2 TUE pose le principe que chaque institution agit dans les limites des attributions qui lui sont conférées dans les traités;

    – l’article 15 § 6 TUE précise que le président du Conseil européen assure à son niveau et en sa qualité, la représentation extérieure de l’Union pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune… tout en en ajoutant: « sans préjudice des attributions du haut représentant »;

    – l’article 16 § 6 TUE confie au Conseil des affaires étrangères (donc, la formation présidée par le haut représentant – cf. plus haut) la tâche « d’élaborer l’action extérieure de l’Union selon les lignes stratégiques fixées par le Conseil européen » et « d’assurer la cohérence de l’action de l’Union »;

    – l’article 18 § 4 TUE revient à la charge en invitant le haut représentant à veiller à la cohérence de l’action de l’Union;

    – l’article 21 § 3 TUE semble destiné à réaliser une certaine synthèse en précisant que le Conseil et la Commission, assistés par le haut représentant, assurent la cohérence entre les différents domaines de l’action extérieure ainsi qu’entre ceux-ci et les autres politiques de l’Union.

    Un recours aussi appuyé – sinon redondant – au souci de « cohérence » atteste pour le moins à quel point les négociateurs du traité sur l’Union européenne éprouvaient le besoin de se rassurer dans un domaine où le cheminement n’exclut pas de marcher sur des oeufs. De là à bien percevoir qu’il est difficile de faire une omelette sans les casser…

    Reste la question très subjective de l’ « équation personnelle » – comme aurait dit le Général – de l’actuel président du Conseil européen, élu pour une durée de deux ans et demi, renouvelable une fois. Le cours du mandat de Charles Michel se trouve actuellement à un peu moins d’un an et demi.

    Une observation attentive de son action tendrait à accréditer l’idée de la montée en puissance dont il souhaite doter – voire doper – sa fonction dans le domaine des relations extérieures. Et il semblerait que les déconvenues récemment éprouvées à Moscou par Josep Borrell, présentement « haut représentant », ait pu lui faciliter la tâche. D’où l empressement de Charles Michel à occuper, par exemple, le créneau en s’investissant personnellement, à l’occasion d’une visite à Tbilissi, dans une médiation entre gouvernement et opposition en Géorgie. Cela dit, l’échec de la mission de son représentant personnel pour la concrétisation de ces bons offices conduit à quelques interrogations…

    On n’oubliera pas, au demeurant, que Charles Michel est le fils de Louis Michel, une grosse pointure de la politique belge qui s’est révélé d’une grande efficacité lorsqu’il a occupé le poste de commissaire européen à la coopération au développement. Osera-t-on alors se poser la question de savoir si la subtilité politique est héréditaire ? En tout état de cause, l’incident d’Ankara tendrait à montrer que convoiter un fauteuil (délibérément ?) absent ne peut être assimilée à une quelconque « promotion canapé »…

    1. Vous êtes Gérard Vernier un redoutable avocat de la défense Européenne. Explications nettes claires et précises de la situation que certaines personnes analysent rapidement et , moi le premier. Merci .
      Néanmoins, pour ce que j’en sais, dans les coulisses de ce type de voyage officiel il y a des acteurs qui préparent ces visites, et je pense que le représentant de la l’Union Européenne à Ankara ne doit pas avoir l’esprit tranquille en ce moment.

      1. Bravo à Gérard Vernier. Quant aux erreurs manifestes du représentant de l’Union européenne à Ankara, je note qu’il s’agit d’un diplomate allemand proche d’Angela Merckel et donc D’Ursula von der Leyen. Quand je lis ce qui s’écrit sur la gestion très nationaliste de cette dernière et la confiance qu’elle accorderait de façon unilatérale à l’égard de ses compatriotes, je me dis que cet incident pourrait lui servir de leçon et lui apporter la démonstration que l’Union européenne repose sur l’action commune de ses 28 Etats membres et pas uniquement sur ces seuls « amis-compatriotes ».

      2. Merci à vous pour cette observation, dont je peux soupçonner qu’elle émane d’un fin connaisseur des institutions… ce qui semble être aussi le cas de Georges-Marc André.

        Cela dit, s’il m’arrive de jouer les avocats de la défense lorsque, par méconnaissance des réalités de l’UE, des contre-vérités à charge, fondées sur la rumeur davantage que sur l’observation, déferlent sur les réseaux prétendument « sociaux », les explications fournies dans mon commentaire relèveraient plutôt de la mission d’un juge d’instruction soucieux de clarifier les données d’un dossier complexe. Du moins était-ce l’intention à la base d’un développement dont la longueur a pu en dissuader certains d’entreprendre la lecture.

        1. Très bien pour le développement très «techniciste» mais ça c’est à froid ! A chaud, c.-à-d. humainement on constate simplement le comportement idiot* d’un Pdt devant un dictateur. Comme d’autres en d’autres temps ont pu en avoir…De plus le fait que M. Juncker ait pu s’asseoir lors d’un précédent, ce qui a été refusé à Mme Von der Leyen, n’arrange pas les choses vues de l’extérieur.
          * Sans sens, ni valeurs ce qui est plutôt un mauvais signal de la part d’un Pdt censé représenter l’UE.

          1. Disons plutôt « pédagogique » que « techniciste ».
            Quant à la température de la réaction, il semblerait que vous n’ayez pas prêté suffisamment d’attention au dernier paragraphe, pas spécialement tiède, au sujet de l’ « équation personnelle » du président du Conseil européen.

  16. Ni l’égalité des genres, ni la courtoisie/galanterie européenne ne sont de mise dans cette pitoyable et nouvelle démonstration du mépris affiché par Erdogan à l’égard de l’UE et de ses représentants, dans ce cas la Présidente de la Commission.
    Cette réunion était destinée à fustiger Erdogan sur le recul de l’Etat de droit et du droits des femmes en Turquie, la seule femme de la pièce est privée de chaise !!! Pour moi c’est parlant.
    La gifle est publique et délibérée dans le chef d’Erdogan; Ch Michel est bien le « plouc » dont les « lamentations » sur Tweeter se plaignant des commentaires désobligeants de ses collègues belges à son égard sont pItoyables !!!!
    Voyez des photos de précédents sommets/réunions en Turquie entre les Président de la Commission J-C Juncker, Président du Conseil européen Donald Tusk et Erdogan…où dans tous les cas, Ankara et Antalya, les 3 chaises sont alignées de front sur le même plan. Il s’agit aussi d’un grave manquement des services de protocole de l’UE.

  17. Avec tout le respect que nous pouvons avoir à l’égard de la Présidente de la Commission, nous devons admettre que le Président du Conseil représente les Chefs d’Etats et de Gouvernements européens tandis que la Présidente de la Commission est à la tête de l’exécutif. L’un représente donc les Chefs d’Etats et l’autre se place au niveau des Premiers Ministres. Je ne doute pas que les autorités turques ont joué ce point à leur avantage. Je pense également que Charles Michel a possiblement manqué de réflexe. Il n’empêche que, au grand plaisir des autorités turques, on monte ici en exergue une affaire qui n’en est pas une. Voilà où ces Institutions que je soutiendrai toujours, sont occupées à rater le coche. Dans le contexte « COVID » où la Commission est fortement critiquée, même si c’est essentiellement à tort, un tel épisode ne fait que jeter de l’huile sur un feu que personne n’aurait dû allumer.

  18. C. Michel, quelle honte, attitude inadmissible, qui affaiblit encore plus la représentation de l’Europe, qui plus est auprès d’un autocrate puissant et un macho mysogine qui piétine de plus en plus le droit des femmes Turques

  19. Vous faites manifestement erreur. La visite a été organisée avec les autorités turques par l’Ambassadeur de l’Union européenne en Turquie qui est un diplomate allemand proche de Mme Merkel et donc d’Ursula von der Leyen. La faute ne revient pas au Président du Conseil qui représente les Chefs d’Etats et Chef de Gouvernements européens, mais à celui, un de ses proches, qui n’a pas cadré les choses avant que l’incident ne survienne.

    1. 1°) SVP, sortez et voyez les photos des 2 sommets EU/Turquie précédents, l’un à Ankara, l’autre à Antalya: les parties présentes étaient : ERDOGAN, le Président du Conseil Donald Tusk, le Président de la Commission européenne J-C Juncker tous trois assis sur 3 sièges alignés de front sur le même plan…..mais dans ce double cas: ce sont 3 hommes !!!
      2°) Le Conseil européen a un service du protocole -qui était sur place 1 semaine avant la date de ce sommet – Même si l’Ambassadeur de l’UE était informé et présent lors de ces préparations, c’est le service du protocole du Conseil qui donne le ton.

  20. Suite au post précédent :
    1°) Les préséances étaient évidemment identiques lors des sommets précédents, dont question ci-dessus.
    2°) Rappel : le thème de ce sommet :Cette réunion était destinée à fustiger Erdogan sur le recul de l’Etat de droit et du droits des femmes en Turquie, la seule femme de la pièce est privée de chaise !!!

  21. l’attitude de Charles Michel est aussi honteuse et scandaleuse que celle d’Erdogan qui lui affiche clairement un choix de société de domination masculine sur les femmes alors que C Michel devrait au contraire être porteuse de la position et du droit européen sur les droits des femmes et l’Égalité entre les femmes et les hommes

    1. Nous sommes d’accord, il est « out » ou à côté de la plaque ou hors sujet, dans tous les cas un piètre représentant élu par d’autres, peut-être encore pires !

  22. Je constate que quantité de lecteurs n’ont rien compris. Certains ont voulu en faire de cette affaire une question de genre alors que le genre, cette question cruciale, n’a rien à voir ici. Les textes sont là et ils sont clairs, le Président du Conseil représente les Chefs d’Etats et de Gouvernements et il prime sur le(la) Président(e) de la Commission qui est en charge de l’exécutif. Ce qui s’est passé avec Van Rompuy et Barroso en 2014 n’a rien à voir avec la situation en 2021. Erdogan n’aurait jamais simplement accepté en 2021 de figurer aux yeux des Turcs encadré (cornaqué) par les deux représentants de l’Union européenne. Le protocole a donc été appliqué et respecté. La faute de cette crise revient entièrement à UVDL qui devait savoir à l’avance quelle serait la configuration de cette réunion (la Commission dispose de son propre protocole et l’Ambassadeur de l’UE à Ankara est un de ses proches; il était l’Ambassadeur d’Allemagne à Paris de 2016 à 2020). Dans ce contexte, son body langage et son grognement constituent deux erreurs de plus. Si, bien qu’elle connaisse les règles, cela ne lui convenait pas, elle devait s’exprimer avant et/ou après, mais pas devant les cameras et, plus grave encore, devant les autorités turques. Cela n’a rien à voir avec le fait qu’elle est une femme, elle ne s’est simplement pas montrée à la hauteur. Qu’on l’aime ou pas, qu’on l’apprécie ou non, cette affaire n’avait absolument rien à voir avec Charles Michel. Cette affaire est un problème européen lié à la personne et généré par UVDL et de son entourage.

    1. Voyez les sommets UE/Turquie précédents, tant à Ankara qu »à Antalya, dans les 2 cas sont présents – assis de front sur une même ligne – Donald Tusk, Pres. Conseil eur., J-C Juncker, Prés. Commission européenne et R. Erdogan.

      1. J’insiste sur le fait que nous sommes en 2021 et non en 2014 ou 2016 (le sommet de 2018 s’est tenu en Bulgarie). Les relations entre la Turquie et l’UE ne sont plus les mêmes et il est entièrement compréhensible que, dans le contexte actuel, Erdogan ait demandé par services du protocole interposés, à ne plus être encadré comme par le passé. Je le répète, malgré tout le respect et l’admiration que j’ai vis à vis de l’Institution, sa Présidente aurait dû être informée au préalable et n’aurait jamais dû réagir comme elle l’a fait.

        1. Georges Marc André. OUI,effectivement le sommet du 26 mars 2018 s’est bien tenu à Varna en Bulgarie, entre R. Erdogan, J- C Juncker et D. Tusk, Ce qui change considérablement l’influence/pouvoir des services du protocole en charge puisque territoire étranger – neutre en principe -!
          Les deux sommets que j’ai cités précédemment ont tous 2 pris place en Turquie, à Ankara et à Antalya, entre Erdogan, Tusk, Juncker
          La tension entre l’UE et la Turquie s’accroit d’année en année sans que les sujets de désaccord soient différents; certains (comme cette année le retrait par la Turquie du Traité d’Istanbul) s’ajoutent au différend .
          Il est notoire et récurrent qu’ Erdogan (allié de Poutine) n’a de cesse que d’humilier l’UE….et ici..bingo, d’une pierre 2 coups, Erdogan humilie l’UE et une femme, la Présidente de la Commission européenne.

    2. Monsieur Georges-Marc André vous qui avez tout compris, que n’êtes vous pas encore en charge du protocole de cette pauvre cloche d’UVDL ?!

      1. Que l’on m’en préserve, j’ai assez donné. Ceci étant, relisez-moi, je n’ai jamais dit que UVLD est une cloche et encore moins une pauvre cloche. Par contre, suivez à postériori les péripéties qui ont mené à sa nomination et vous constaterez qu’elle constituait effectivement à l’époque un second choix. Attention néanmoins! Jusqu’à ce que des erreurs soient commises, être un second choix à ce niveau n’enlève pas grand chose aux valeurs intrinsèques de la personne. Par contre, vous qui semblez me reprocher de parler sans savoir, sachez qu’entre-autres visites que j’ai eu à anticiper, organiser, superviser et accompagner dans divers pays où j’ai été en poste, j’ai eu l’honneur d’amener Mme Ashton alors qu’elle était la Haute Représentante pour la Politique étrangère et Vice-présidente de la Commission à Mogadiscio où elle a rencontré le Président de la République et les Présidents de l’Exécutif (Premier Ministre) et du Législatif (Président du Parlement), ainsi que Mme Kristalina Georgieva, actuelle Directrice générale du FMI, lorsqu’elle était Commissaire européenne, dans les camps de réfugiés en Somalie. Inutile de dire que ces déplacements n’étaient pas faciles et, qu’en plus des questions de protocole, il fallait veiller attentivement aux questions de sécurité.

        1. Vous ne l’avez pas dit, c’est moi qui l’ai écrit en vous lisant. Cependant, je vous fais remarquer qu’aller en Turquie pour une réunion entre représentants d’institutions sur le thème du recul de l’Etat de droit et du droit des femmes dans la société turque et se voir traiter de la sorte par un représentant européen qui, au passage, s’assoit sur la bienséance en prenant bien garde toutefois à ne pas s’assoir sur la préséance, méritait bien le «grognement» (sic) que vous reprochez à UVDL. Pour le second choix, je vous laisse juge, ne voyant pas encore actuellement en Europe de représentant politique de 1er choix qui présiderait la Commission.

          1. Quoiqu’il en soit, après m’être exprimé sur les questions de principes je pense que personne n’est entièrement coupable et personne n’est totalement innocent. Michel n’a pas eu le bon réflexe et UVLD a loupé l’occasion de se montrer à la hauteur. Nous assisterons dorénavant au sein des Institutions à une approche de limitation des dommages. Je crains que Josep Borrell suite à son désastreux déplacement à Moscou n’en face les frais et j’espère me tromper.

  23. Le témoignage de Georges-Marc André est d’autant plus précieux qu’il peut à l’évidence se prévaloir d’une solide expérience de terrain.

    D’une certaine manière, dans la confrontation institutionnelle d’ « égaux », qui relèverait davantage de la querelle d’ « ego », voire de la querelle de clochers – puisque certains commentateurs ont cru utile de recourir au terme « cloche » – il a en quelque sorte remis l’église au milieu du village.

    Pour en revenir au maquis des institutions, je me permets d’insister sur ce que j’ai déjà mentionné, en rappelant l’énumération figurant à l’article 13 § 1 du traité sur l’Union européenne, qui peut être interprété comme suggérant, sinon déterminant, un ordre protocolaire. Du reste, tout le titre III de ce traité (« Dispositions relatives aux institutions »), qui groupe les articles 13 à 19, est bâti selon cet agencement. Une telle observation se trouve par ailleurs renforcée par le « Code de rédaction interinstitutionnel », un guide précieux pour la formulation « officielle » des textes intéressant l’UE (https:// publications.europa.eu /code/fr/fr.000100.htm): or, à la section 9.5.1 relative aux institutions et organes de l’Union, le code prend soin de préciser que ceux-ci doivent être cités « dans l’ordre protocolaire » et reprend à cet effet l’ordonnancement figurant à l’article 13 § 1 du traité, en plaçant en tête le Parlement européen, suivi du Conseil européen (avec, en léger retrait, une mention ad hoc pour son président) et du Conseil – la Commission n’étant citée qu’en quatrième position, devant la Cour de justice, la Banque centrale européenne et enfin la Cour des comptes européenne.

    Ajoutons que, dans les jours qui ont suivi l’ « incident » d’Ankara, les chefs des groupes politiques du Parlement européen ont littéralement « convoqué » les deux protagonistes pour leur adresser quelques remontrances, tout en considérant que les dérives de cette rivalité plaidaient en faveur d’une meilleure coordination entre les institutions. Les Etats membres ont réagi de la même manière au sein du Comité des représentants permanents, composé de leurs ambassadeurs respectifs auprès de l’Union.

    Quant à la question très délicate de la parité homme/femme, on peut s’interroger sur l’actualité de la célèbre formule de la grande journaliste que fut Françoise Giroud: « la femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente ». Tout en se gardant de l’appliquer spécifiquement à Ursula von der Leyen, reconnaissons que, par ce qu’il sous-entend, ce sévère jugement est loin de grandir Charles Michel, pas plus que, du reste, Erdogan.

    En tout état de cause, à la place de ce dernier, je me montrerais patient: la saison des soldes commencera dans quelques semaines chez Ikea… et une collecte judicieusement organisée à l’échelle de l’UE permettrait peut-être de lui offrir un ou deux fauteuils supplémentaires…

  24. Vous réagissez encore comme des personnes qualifiées concernant les institutions européennes, ce que vous êtes certainement mais personnellement comme la plupart des citoyen-nes européen-es je vois surtout l’image désastreuse en matière de droits des femmes que l’Europe laisse se développer. Les affaires de protocole , c’est important certes mais il faut parfois redescendre sur terre et faire preuve d’un peu plus de grandeur de vue en anticipant les dégâts qu’une telle image peut renvoyer,une femme sur un poste de représentation importante au niveau européen obligée de rester debout face à deux hommes dont Erdogan dont on connaît bien la position concernant les femmes. Si vous voulez rendre l’Europe plus populaire et plus attractive, il faudrait peut-être se réveiller et comme je l’ai déjà dit faire preuve d’une hauteur de vue plus grande que le simple respect d’un protocole ignoré par la grande majorité de l’ensemble des populations européennes.

    1. Vous soulignez à juste titre que les considérations d’égalité de « genre » devraient prendre le pas sur les péripéties purement protocolaires.

      Simplement, la question que l’on peut aussi se poser serait de savoir comment interpréter l’incident si la personne représentant la Commission européenne à l’occasion de cette visite à Ankara avait été un homme – comme c’eût été le cas avec tous les présidents qui ont précédé la nomination emblématique de Mme von der Leyen – enfin ! – à cette fonction hautement politique. Et c’est à cet égard que les aspects protocolaires conservent une certaine pertinence. Reconnaissons aussi – mais c’est un autre débat – que le problème peut également se poser à l’échelle nationale avec tous les « caprices de diva » que l’on peut aisément imaginer entre responsables de différents « corps constitués ».

      En outre, pour accompagner votre appel tout à fait légitime à prendre de la hauteur, il ne serait pas inutile de prendre connaissance d’un document issu du Parlement européen et retraçant les efforts des diverses institutions de l’Union européenne, y compris – et ce n’est pas négligeable – la Cour de justice de l’UE, pour ancrer dans la vie concrète l’objectif et le respect de l’égalité entre les femmes et les hommes. Le document est accessible en version française via le lien:
      https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/59/l-egalite-entre-les-hommes-et-les-femmes
      J’ose espérer qu’il ne paraîtra pas trop « jargonneux ».

      En se basant ainsi sur des réalités tangibles, on pourra constater que l’Union européenne s’est certainement montrée plus en pointe dans ce combat égalitaire de longue haleine que nombre de ses Etats membres. On peut certes déplorer que certains de ses hauts responsables ne l’aient pas toujours présent à l’esprit…mais faut-il pour cela jeter le bébé avec l’eau du bain ?

      L’Union européenne mérite qu’on l’explique simplement plus qu’on ne la complique inutilement. Et c’est tout à l’honneur de « Sauvons l’Europe » de promouvoir des avancées pédagogiques en ce sens. Parole de citoyen !

      1. Voici résumé ‘aimablement’ et concrètement l’ensemble des propos des lecteurs de « Sauvons l’Europe ». Certains un trop machistes à mon sens…Vous rétablissez l’équité.
        Vive l’Union européenne, restons unis, nous les citoyens européens, c’est notre seule et unique chance de ne pas être « colonisé » par des voisins ambitieux. Merci pour ces partages et opinions.

  25. A la lecture de ces trés nombreux commentaires, cet incident a marqué les esprits.
    Il tombe au bon moment, l’actualité regorge de faits divers préjudiciable à la condition féminine, là on atteint le sommet puisqu’il touche les hautes instances européennes.
    Je ne cite pas la TURQUIE, c’est une dictature, tout est dit dans ce mot.
    Je ne cesse de dire qu’il faut mettre en place un véritable gouvernement européen avec une présidence, un conseil des ministres, etc…
    Je regrette que dans « sauvons l’Europe » ce ne soit pas dit clairement, qu’il faille marteler les esprits pour y arriver rapidement, c’est la survie de l’Europe qui est en jeux, pour l’instant, on aurait tendance à ce croire dans un cirque ?
    J’exagère volontairement, c’est le seul moyen que j’ai pour affirmer cette vision.

  26. Madame, Ceux qui suivent de près le fonctionnement de la Commission européenne se rendent compte des problèmes que causent Mme UVDL. Il n’est pas question ici de problèmes liés au genre mais plus de problèmes liés au rôle et au fonctionnement de la Présidence de la Commission européenne. Le dernier problème en date est très récent et a trait au conflit israélo-palestinien lorsque Mme UVDL a désavoué publiquement et sans concertation son Vice-Président, Haut représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité, en exprimant sur le problème une opinion essentiellement allemande qui a été revue par la suite. Homme ou femme, celui qui s’est vu confier une si haute fonction doit être à la hauteur de celle-ci.

    1. Pour être à la hauteur, il ne faut pas être partial, ce n’est pas le cas.
      L’élection à de telle fonction doit se faire au suffrage universel, comme je l’ai déjà dit plus haut, il faut revoir la gouvernance europèenne, ce modèle n’a que trop duré.
      Si désaccord avec certains états, mettons la en place avec les états progressistes, les autres suivront.

  27. Il y a manifestement un problème d’ego que la Présidente de la COM/ n’arrive pas à régler. Ce qui augure mal de l’initiative sur « l’avenir de l’Europe » lancée de façon technocratique par des personnages hors temps.
    Deux oublis dans cette initiative , tout d’abord les élargissement  futurs alors que les précédents furent catastrophiques, et ensuite la transparence du travail de la COM/ sur les accords qu’elle négocie et signe en notre nom à tous Européens que nous sommes.

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