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Debout les forçats du Brexit

Après Boris Johnson et sa geste Shakespearienne, héritée de  l’Angleterre élisabéthaine, les conservateurs britanniques s’en remettaient début septembre aux mânes de Thatcher avec Liz Truss …

En démissionnant, Liz Truss enterre l’un des mythes constitutif du Brexit, constitutif aussi d’une certaine identité britannique depuis plus d’un quart de siècle. Il s’agit du mythe d’un thatchérisme inachevé par la faute du carcan européen de Bruxelles, mais n’attendant que d’être libéré pour donner sa pleine mesure.

L’expérience d’un thatchérisme chimiquement pur, sans additif venu du continent, aura duré exactement 43 jours, comme le reconnaissait hier notre baby Thatcher : « Nous avons défini une vision pour une économie à faible taux d’imposition et à forte croissance – qui tirerait parti des libertés du Brexit (…). Je reconnais cependant que, compte tenu de la situation, je ne peux pas réaliser le mandat pour lequel j’ai élue »

Cette fois, ce n’est pas Bruxelles, mais bien les marchés financiers qui ont sifflé la fin d’une voie « néo-Thatchériste » comme possible sortie par le haut du Brexit. Le plan de Liz Truss dévoilé fin septembre prévoyait notamment la suppression de l’impôt sur le revenu sur les hautes tranches, au profit des plus riches, soit une perte d’environ 50 milliards de livres pour le trésor britannique. Le tout financé par de la dette. Il a simplement effrayé les marchés car défiant le réel, comme souvent au sujet du Brexit.

La semaine prochaine, le nom du troisième Premier ministre conservateur en moins d’un an devrait être annoncé… Une telle succession de Premiers ministres est une situation inédite dans le pays qui n’a pas vu disparaître de parti de gouvernement depuis un siècle, avec l’implosion du Parti libéral dans les années 1920.

Fondé quelque vingt ans après la bataille de Waterloo, le Parti conservateur est l’un des plus vieux parti au monde. Désormais les forçat du Brexit, il reste aux conservateurs au maximum deux ans de galère avant les prochaines élections. Entre temps, à écouter le gouverneur de la Banque d’Angleterre, les britanniques vivent la plus grande chute de leur niveau de vie en 60 ans.

Henri Lastenouse

Henri Lastenouse est Secrétaire général de Sauvons l'Europe

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5 Commentaires

  1. Je suis lacéré par le Brexit anglais qui a été mis en place suite aux mensonges de Boris Johnson et Nigel Farage. Grâce à ces mensonges ils ont pu obtenir de justesse le Brexit.
    Ma réaction ? eh bien j’adorais l’Angleterre avant le Brexit, j’y allais depuis de longues années, 2 fois par an et les anglais sont très sympas. Depuis le Brexit, que je n’accepte pas, je ne me déplace plus en Angleterre, c’est terminé. Nos amis en Angleterre sont venus nous joindre en Irlande (EU) mais tant que le Brexit est là je n’irai plus en Angleterre et j’évite d’acheter des produits anglais.

    1. Vous devriez planter des pommes de terre…. Il y a comme un parfum de grande famine de l’autre côté de la Manche…
      Les Irlandais s’en souviennent… là aussi ils ont pu compter sur les Anglais.
      C’était il y a juste 170 ans… Les Anglais vivaient bien.
      La leçon à retirer de tout « ça » :
      Les hommes sont faits pour s’unir et s’entendre, c’est leur seule chance de salut.
      La seconde :
      La perfidie à ses limites et parfois, filer à l’Anglaise… ça ne marche pas.

  2. Au pays du Brexit, où les candidats au poste de 1 er Ministre passent, désormais plus de leur temps en campagne, qu’au poste tant convoité….Le spectacle de cette petite coterie de conservateurs n’est plus que, minable. « La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. ».

  3. Bonjour.

    Ce que vivent les britannique à l’heure actuelle est la conséquence de tous ces faux culs qui ont pris le pouvoir depuis de nombreuses années.
    Pour y arriver, ils ont mentis, ils ont manipulés, ils ont volés, n’hésitant pas dans cette période de crise à vouloir faire voter des baisses d’impôts pour les plus riches, démontrant ainsi le mépris qu’ils ont pour leurs compatriotes.
    Ironie de l’histoire, ceux sont les marchés financiers qui les ont sanctionnés, sifflant la fin de la partie.
    C’est une leçon que devront méditer certains partis et hommes politiques, on ne peut pas faire n’importe quoi dans un monde interconnecté, qui plus est quand on est obligé d’emprunter sur les marchés pour financer son programme.
    Oui, le BREXIT est une véritable escroquerie pour le peuple britannique, oui l’union fait la force à condition que le travail au niveau des instances européennes soit répartis équitablement, ce qui ne semble être le cas, devant la désinvolture des représentants de l’Europe du sud, ceux de l’Europe du nord et de l’Allemagne en s’impliquant contribuent aux fonctionnement des instances européenne et en profitent pleinement.

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