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40 ans après les accords de Gdansk, l’action continue

Ce dimanche 31 août 1980 après midi, il y a 40 ans, un quasi inconnu, y compris en Pologne, crève, en direct, le peu d’écran de télévision existant dans la Pologne de l’époque : Lech Walesa. Un électricien de 36 ans franchit le mur des chantiers naval Lénine à Gdansk dont il avait été licencié peu de temps avant. Tous les médias du monde entier relais cette information inespérée encore quelques jours avant : Voir signer, avec un énorme stylo, un accord historique et pour la première fois dans un pays communiste, qui ouvre le droit aux ouvriers de pouvoir s’organiser librement en syndicats, libres et indépendants.

C’est un début de l’aboutissement de près de 177 grèves démarrées un mois plutôt en juillet 1980, suite à l’augmentation importante des prix de consommation courante qui avait été décidée part le gouvernement dirigé par Edward Gierek.

Sous un climat politique et économique très tendu, le feu aux poudres fut embrasé le 13 août 1980 lors de la tentative du licenciement annoncé, par la direction du chantier naval à l’encontre d’Anna Walentynowicz. Militante ouvrière des chantiers

Le bureau politique du Parti Ouvrier Unifié Polonais – POUP – fait revenir en urgence à Varsovie, E.Gierek, premier secrétaire du POUP, de ses vacances en…Crimée.

C’est une victoire « obtenue sans violence » et ce qui n’a pas été obtenu ce 31 août 1980, le sera bientôt…l’essentiel est acquis « ces syndicats libres et autogérés sont notre garantie pour l’avenir ».

Beaucoup de Polonais sont très émus, au bord des larmes, chacune et chacun ont bien conscience que les accords de Gdansk marque le début de l’histoire de Solidarnosc.

La solidarité de la société civile organisée s’est rapidement et durablement exprimée et concrétisée, par exemple le premier syndicaliste français et européen à apporter une contribution financière, en août 1980 lors de l’assemblée des ouvriers, fut un responsable de la CFDT de la métallurgie d’Ile de France, à la demande de la Confédération. : Claude Sardais.

Le 31 août 2015, l’Ambassadeur de la République de Pologne en France, son Exc.M. Andrzej Byrt convie à une conférence/débat, en présence de L. Walesa.

C’est l’occasion de saluer la naissance de Solidarnosc, mais aussi de marquer le formidable élan de solidarité de la plupart des forces organisées de la société française et européenne envers le peuple de Pologne. C’est aussi l’occasion de saluer le rôle de l’Eglise polonaise réalité intégrante de la vie polonaise et souvent seul lieu d’expression libre pendant les années communistes. Comment ne pas avoir, aussi, une pensée pour le rôle et l’action de Jean-Paul II autre forte personnalité ayant contribué directement et indirectement aux succès des combats de Solidarnosc.

C’est le moment de saluer les engagements déterminants de tous les anonymes sans qui rien n’aurait été possible. C’est l’occasion de se souvenir de B.Geremek, T.Mazowiecki, J. Kuron, J. Kulakowski, et bien d’autres militants des Libertés disparus aujourd’hui, parmi eux : E.Maire, J Chérèque, Jacques Moreau, Robert Bono…

Depuis, la République de Pologne est pleinement membre de la famille de l’Union européenne, officiellement depuis le 4 mai 2004. Cela s’est concrétisé par les parlementaires polonais au sein du Parlement européen – émanation démocratique des peuples de l’Union européenne – par la présidence, du Parlement européen assumée entre 2009/2012 par Jerzy Buzek, la présidence permanente de l’Union européenne assurée par Donald Tusk à partir du 1er décembre 2014, la présence de Jozef Niemiec, en mai 2011, comme Secrétaire général adjoint de la Confédération Européenne des Syndicats, – CES – la représentation des forces vives polonaises au Comité Economique et Social Européen – CESE – et des élus des espaces régionaux polonais au Comité des Régions.

Mesurons le chemin parcouru, par la Pologne et par l’Union européenne. Beaucoup reste à faire. L’actualité européenne à propos de ces drames de la honte pour ces populations réfugiées est là pour nous le rappeler. La situation en Ukraine ou en Biélorussie doit mobiliser toute l’attention nécessaire. La paix, l’objectif premier de la construction européenne, n’est jamais acquise définitivement, à nous d’y veiller quotidiennement.

Merci aux militantes et militants des Libertés en Pologne sans qui, peut-être, le mur de Berlin serait encore la marque de la division du continent entre « l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest ».

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Jean-Pierre Bobichon

Jean-Pierre est membre fondateur de Sauvons l’Europe, et Conseiller auprès de l’Institut Jacques Delors

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6 Commentaires

  1. Pas un mot sur le PiS au pouvoir depuis 2006, son euroscepticisme, sa xénophobie, son intégrisme religieux, ses pratiques antidémocratiques, son climato-scepticisme, j’en passe et des meilleurs… Bizarre, bizarre….

      1. Bien vu, cette intéressante « vacherie » ! Si Varsovie se jumelait avec Bruxelles, elle ne manquerait pas d’édifier un « Manichéen Pis », une statuette en adéquation avec son idéologie.

        1. Oui mais…comme le vice est l’alter de la vertu, je sous-entendais bien entendu qu’après le pis (de la vache ou pas) adviendrait forcément un mieux !

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