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Il faut 10 000 députés européens !

Alors que la perspective des élections régionale soulève les foules (si, c’est en décembre), il faut se rendre à l’évidence. Les rouages des partis sont tendus vers les problématiques locales, rêvent et débattent du lointain national auquel ils ont quelques points d’accroche, mais ne dissertent de l’Union européenne que comme d’un objet somme toute théorique. Le fait est que n’apparaissent sur la scène médiatique, au cours des crises qui se succèdent, que les chefs d’Etat en conclave. Ceci fait un cercle de personnes directement intéressées plutôt réduit. A l’opposé, les problématiques locales sont le pain et le beurre des partis, car il s’agit de leur activité quotidienne. Combien de leur squelette pérenne est élu localement, ou travaille pour des élus locaux? Le sujets qui se présentent à eux, les personnes qu’ils rencontrent tout au long de la journée, le champ de leur expertise sont entièrement déterminés par le territoire dans lequel ils ont inscrit leur vie. Si n’importe quel conseil départemental mobilise plus d’élus que le Parlement européen, comment irriguer le débat interne au parti avec l’Europe? Comment le conduire de manière réellement informée, par des personnes qui en sont des pratiquantes et discernent à la fois les difficultés et les chances?

Soyons audacieux! Il nous faut 10.000 députés au parlement européen! Ceci en ferait un bon millier pour la France, soit à peu de choses près le nombre de députés et de sénateurs nationaux. Nous observons en effet que les parlements nationaux aimantent la progression de carrière des élus (et débutent celle de leurs salariés). Ils représentent un couronnement, voire pour quelques personnes touchées par le destin (nombre d’entre eux le pensent) le prélude à un sacre régalien dans une fonction honorifique comme secrétaire d’Etat aux anciens combattants ou aux affaires européennes. Mettons le Parlement européen sur un pied d’égalité!

En créant un second cursus honorum politique, les problématiques européennes finiraient par se diffuser naturellement dans la vie des partis nationaux. Le financement pourrait provenir d’un co-abondement par le plan Juncker et par Erasmus, s’agissant d’un programme d’échange de masses. Ajoutons enfin que cette proposition réglerait élégamment la dispute des deux Parlements à Bruxelles et Strasbourg, chacun d’entre eux se trouvant ainsi rempli. Il serait nécessaire de construire de nouveaux parlements, de préférence dans les zones d’Europe en crise économique ce qui stimulerait l’emploi localement.

 

Arthur Colin

 

 

Arthur Colin – @arthurcolin

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Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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23 Commentaires

    1. Je soutiens à fond la protestation (faite d’ailleurs en termes très mesurés) de Françoise Castex, ainsi que sa proposition de ‘Parlement très élargi’.
      Je suis profondément atterré par la nullité des commentaires de tous nos partis politiques, PS en tête, sur tout ce qui concerne l’Europe.
      Membre militant du PS, j’ai aussi, il y a une vingtaine d’années, travaillé (à l’époque « Delors ») à la mise en place de politiques d’investissements dans la R et D européenne, et aussi au lancement du programme Erasmus, celui-ci heureusement couronné d’un vrai succès.

  1. Marrant, j’aurais exactement plaidé le contraire. Si vous visitez le Parlement européen, vous aurez comme moi l’impression d’un gigantesque gaspillage. Et que dire de la représentation effective des régions ? Cette institution est devenue au fil du temps une pantalonade. Voyez donc pourquoi Jean Louis Bourlanges avait démissionné en son temps.

  2. Il me semble que le vrai sujet n’est pas le nombre mais l’engagement des députés européens et la manière dont ils sont désignés par les partis nationaux notamment en FRANCE….

  3. les commentaires réagissent très bien à cette idée…..à qualifier!
    au moment où l’idée de réduire le nombre des parlementaires nationaux semble s’imposer, Arthur Colin ne trouve pas de meilleure idée que 1000 parlementaires européens!

    Les partis politiques français envoient leurs déchets et leurs battus, Arthur Colin suggère-t-il leur multiplication ou est-ce un plaidoyer pro-domo?

    Contrôler un site qui se nomme « Sauvons l’Europe », qu’il m’est arrivé de qualifier d’imposteur, n’autorise certainement pas Arthur Colin ou tout autre à écrire n’importe quoi!

  4. Merci pour cette rubrique dite « humoristique » mais qui m’a, comme à d’autres fait perdre un peu de temps qui aurait été plus utile sur d’autres sujets.
    Sans rancune

    1. L’humour permet parfois aussi de présenter un autre angle sur des sujets sérieux. En l’espèce, l’exercice n’était pas totalement gratuit.

  5. Rien compris!
    Pouvez-vous parler simplement aux gens simple mais néanmoins pas idiots? La démocratie commence par là.
    Par ailleurs je pense comme Brigitte Bousquet que c’est moins une question de nombre que de manière dont les députués sont désignés.

  6. Le nombre d’incapables au parlement, d’inutiles au sénat et de profiteurs au niveau des régions me semble déjà pléthorique, avec des niveaux de rémunérations honteux, des paiements de frais sans justificatifs, et des retraites abusives, c’est assez, arrêtons là!

  7. VOUS N’AVEZ PAS PEUR DU RIDICULE!
    Alors que TOUS les Français ou presque honnissent leurs élus nationaux et européens car ces derniers sont les pires, vous défendez l’indéfendable.
    Ça me laisse à penser que vous êtes des sous-marins et/ou pire des lobbyistes puisque Bruxelles en est truffé.
    Pourquoi ne dites-vous qu’il y entre 25 et 20 000 de ces corrupteurs en puissance et donc s’il y a des corrupteurs, il y a obligatoirement des corrompus!
    Et d’ailleurs beaucoup de ces très chers élus viennent pour pointer et repartent aussi sec!
    Nous en avons assez de nous faire dépouiller par des voyous corrompus et incompétents.
    Je vais transmettre la bonne parole sur votre idée débile mais si drôle!

  8. J’avoue être assez stupéfait de la bêtise de certaines personnes. Comment ne pas percevoir l’humour, la causticité, la provocation de cet article ? Comment peut-on lire ce brillant billet au 1er degré et ne pas voir le caractère subversif de celui-ci ?
    Cela me dépasse…

  9. Merci pour la bêtise.Puisque vous êtes trop intelligents pour moi, je regrette d’avoir perdu mon temps et j’en conclue que les articles de « Sauvons l’Europe » ne sont plus pour moi, dommage parce que j’appréciais d’être informée sur ce domaine trop absent dans les média.

    1. (à Mme Le Divelec) On peut comprendre votre « surprise » à la lumière de vos attentes vis-à-vis de « Sauvons l’Europe ». Si je dois plaider coupable pour avoir, moi aussi, à plusieurs reprises, souhaité conférer un peu de légèreté (cf.les parodies de fables) à la présentation de quelques problématiques européennes, mon intention, comme celle d’Arthur Colin en l’occurrence, était avant tout de décrisper leur approche.

      Mais ne désespérez pas: j’ai proposé à SLE d’inaugurer prochainement une série de chroniques de fond destinées à faire le point sur un certain nombre de « fondamentaux » qui – souvent négligés, mal compris, voire mal « vendus »-constituent le coeur de la construction européenne. Ce sera une occasion de remettre quelques pendules à l’heure avec la petite aiguille des traités et la grande aiguille de leur application… quitte à ne pas hésiter à démonter les rouages quand il le faudra. Merci de continuer à faire confiance aux horlogers même s’ils sont loin d’être infaillibles.

  10. Merci Arthur, merci Sauvons l’Europe. J’invite les coincés à boire un grand verre d’eau fraîche avant de relire ce billet d’humour. Peut-être comprendront-ils que c’étaient les partis politiques nationaux qui étaient visés, pas le Parlement européen. Si, si ! Je vous assure ! Si vous en avez besoin, on vous en fera une exégèse détaillée. Comment peut-on avoir l’Europe si triste ?

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