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Ratifier le traité de Lisbonne ne suffit pas pour être européen

Sans trop faire de bruit, presque sur la pointe des pieds, la France a ratifié le traité de Lisbonne. En deux heures, les parlementaires réunis en congrès, puis les députés et sénateurs ont, en une semaine, refermé la parenthèse ouverte par le rejet du Traité constitutionnel européen (TCE) à la suite du non au référendum du 29 mai 2005 qui avait mis en effervescence pro et anti.

Les débats autour du nouveau texte auront beaucoup tourné autour de son mode de ratification. Si la voie parlementaire s’imposait, on peut tout autant comprendre, suivant une logique élémentaire, ceux qui mettent en doute la cohérence de ce choix pour faire ce qu’un référendum avait défait.

Le rejet du TCE a conduit à l’élaboration du traité de Lisbonne qui doit améliorer sensiblement le fonctionnement de l’Union européenne. Mais entre les deux textes les différences sont relativement faibles.

Finalement, en prenant du recul sur les événements, on constate qu’il n’y a eu ni plan B ni évolution conséquente quant aux propositions de fonctionnement de l’Europe formulées dans le TCE et reprises dans le traité de Lisbonne. Peut-être, espérons-le, cette crise nous aura un peu plus convaincus de la nécessité pour l’Europe de se doter de politiques offensives.

C’est ce que revendique pour sa part la CFDT. En effet, comment assurer l’approvisionnement énergétique de l’Europe sans une Union politique parlant d’une seule et même voix ? Comment lutter contre les émissions de gaz à effet de serre sans politique commune ? Comment peser pour une régulation des systèmes financiers si l’Europe n’est pas au rendez-vous des G8 ? Comment assurer l’avenir social et économique de l’Europe dans la mondialisation sans faire de la stratégie de Lisbonne une référence commune de nos politiques nationales ?

Vouloir construire l’Europe, c’est prendre en compte les mutations, quand des décisions essentielles sont souvent prises en fonction de choix nationaux et à court terme, et qui conduisent à stigmatiser ce qu’il faudrait soutenir.

On accuse l’euro de rogner notre pouvoir d’achat alors qu’il nous protège des dérives budgétaires nationales. Le gouvernement jette l’anathème sur les quotas de pêche alors que le Grenelle de l’environnement a mis en évidence les risques de notre développement pour la biodiversité.

Avec la ratification du traité de Lisbonne, la France est de retour sur la scène européenne. Pour être crédible, elle doit encore faire la démonstration que l’Europe ne se résume pas à la défense de ses intérêts nationaux.

Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT
Article issu du site internet de la CFDT : http://www.cfdt.fr/edito.htm

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Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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2 Commentaires

  1. Et vous en pensez quoi de toutes les inepties que vous écrivez, aujourd’hui en 2019… De ce viol qu’a subi la France par l’Europe et du résultat des directives européennes sur la vie de tous les jours… Loi travail… liste trop longue…

  2. C’est un texte de Marcel Grignard, et il a plutôt bien vieilli. Techniquement si nous n’étions pas dans l’euro par exemple, les taux d’intérêt sur la dette à payer seraient plus élevés, donc les politiques de redistribution plus difficiles à financer, et donc la pression économique sur le droit du travail plus forte. Je crois que vous confondez Europe, mondialisation et évolution de la productivité dans la liste des facteurs qui pèsent sur le code du travail

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