Pour un bouclier européen des libertés !

L’Europe, c’est la paix. Mais ce fut d’abord la défense des libertés. Au sortir des horreurs fascistes et nazies, l’Europe s’incarna dans une convention européenne des droits de l’Homme et un Conseil pour la faire respecter. La mutualisation des industries de guerre, la recherche d’une défense commune, la création d’une force économique conjointe puis d’une monnaie ne viendront qu’ensuite.

L’Union européenne, qui s’est considérée comme un club de démocraties, se trouve désemparée face à des dérives illibérales en son sein. Nul n’y entre s’il ne peut démontrer une démocratie et un Etat de droit fonctionnels. Mais passé le seuil, elle ne s’est pas réellement dotée d’armes pour sauvegarder les libertés.

L’article 7 des traités, qui aboutit à une suspension des droits d’un Etat, est une bombe diplomatique qui ne peut s’actionner qu’à l’unanimité et n’a été mise sur la table que pour le démantèlement de la justice polonaise. Au-delà, la Commission tente essentiellement de s’appuyer sur ses compétences en matière de lutte contre la corruption, souvent indissociable des dérives autoritaires, pour bloquer le versement des financements aux Etats concernés.

La Hongrie est son instrumentalisation des règles électorales, de la presse d’opposition et des libertés universitaires, la Pologne et ses attaques contre les minorités et l’indépendance de la justice sont les abcès purulents de l’Europe. Mais la droite extrême est parvenue au pouvoir en Suède, en Italie, demain peut-être en Espagne. Au-delà des cas les plus spectaculaires pourtant, regardons simplement notre situation française.

La France est une démocratie qui respecte ses libertés. Notre propos n’est pas d’établir des parallèles de mauvais goût avec d’autres régimes qui ne se comparent pas. Mais si l’on veut bien aborder un instant la question en termes de nuanciers de gris, on ne peut être qu’inquiété par les tendances de ces dernières années.

En matière de sécurité d’abord, s’impose un défaut de contrôle des forces de l’ordre comme gage supposé de leur efficacité. La France est le pays d’Europe dont la dotation financière du contrôleur indépendant est la plus faible. Les études universitaires révèlent un contrôle interne par l’IGPN peu efficace sur les infractions déontologiques, mais très sévère sur la désobéissance hiérarchique. Cet équilibre favorise une culture de l’entre-soi défavorable à la défense des libertés publiques.

Nous demandons que l’existence d’un contrôle indépendant des forces de l’ordre devienne une norme européenne.

Les pratiques de maintien de l’ordre, qui se caractérisent par rapport aux pairs européens par leur brutalité, ne font pas preuve d’une efficacité particulière. Les forces de l’ordre françaises s’écartent ici fortement du modèle européen de désescalade, issu notamment de l’expérience allemande et anglaise face aux black blocs et aux hooligans. Cette stratégie de l’affrontement offre l’inconvénient supplémentaire d’être très difficile à maîtriser dans l’instant, et de conduire à des erreurs de ciblage probables à Saintes Soline ou d’entraîner un choc anormal avec les services d’ordre des syndicats. Au-delà de tout soupçon d’un usage délibéré de la force par le Gouvernement, la faillite de la sécurité de la finale de la Ligue des champions de football face à un public de pères de famille pose la question de la capacité même des forces de l’ordre française à gérer efficacement une foule. Le calme remarquable des manifestations contre les retraites doit être attribué à la responsabilité des syndicats qui ont su encadrer le mouvement, les désordres étant intervenu principalement en leur absence.

Nous demandons la mise en place d’une plateforme européenne de bonnes pratiques du maintien de l’ordre et des traitements policiers, et un Erasmus des forces de l’ordre qui favorise concrètement leur diffusion.

La lutte antiterroriste entraîne des aménagements à l’Etat de droit que le politique craint de contrôler. Elle se traduit par une surveillance informatique généralisée de la population, contre le droit européen spécifiquement rappelé par la CJUE à la France lors de l’arrêt Quadrature du Net. Le Gouvernement envisage en la matière de considérer que l’ordre constitutionnel national s’oppose impérieusement à une protection européenne de nos libertés. Or cette logique s’étend désormais à des mouvements sociaux comme les écologistes radicaux, qui pour violents qu’ils soient ne présentent pas le même risque vital que le terrorisme.

Nous demandons une surveillance européenne des régimes exorbitants du droit commun en matière de libertés publiques, qui fasse clairement l’objet d’une mission spécifique de l’Agence des droits fondamentaux. Nous demandons également que la France s’engage à respecter le droit européen en matière de surveillance numérique de sa population.

L’existence d’une justice indépendante est essentielle à la défense des libertés publiques. C’est le Conseil d’Etat qui a annulé partiellement le schéma de maintien de l’ordre en ce qui concerne les pratiques de maintien de l’ordre dans les manifestations. Ce sont les tribunaux administratifs qui ont annulé les interdictions locales de manifester, puis de casseroler, alors que certaines préfectures engagées dans une lutte de légalité finissaient par ne plus publier les arrêtés que dans les minutes précédant les manifestations pour entraver tout recours à la justice.

Nous demandons que l’ensemble des partis candidats aux élections européennes s’engagent formellement à soutenir les procédures en cours pour la sauvegarde de l’indépendance de la justice en Pologne, et à en faire un principe fondamental de l’action de l’Union européenne. L’Union est fondée sur l’Etat de droit. Nous demandons également la création de Maisons européennes des libertés dans toutes les grandes villes d’Europe, avec des ambassades du Médiateur européen disposant d’un droit de saisir la justice locale ou d’appuyer une procédure individuelle. Ces Maisons des libertés pourraient s’appuyer sur les réseaux européens existants, notamment Europe Direct.

Une société civile vivace est la garantie d’une démocratie efficace et de leviers de contrepouvoir face aux dérives des administrations, ou au contraire de soutien et de démultiplication de leurs initiatives positives. La remise en cause du fonctionnement des associations qui divergent de la ligne gouvernementale est un signe préoccupant. A ce titre, les remarques publiques ministérielles sur l’activité de la Ligue des droits de l’hommes, jugée au contraire conforme à son objet par la Cour des comptes, préoccupent. De même, la commission d’enquête sur le fonds Marianne révèle qu’une subvention à SOS Racisme, préconisée par l’administration, a été refusée personnellement par la Ministre au nom de désaccords politiques. Loin de la situation de certains pays de l’Est, il s’agit en ce qui concerne la France de signaux très mineurs mais convergents et qui appellent une réaction.

Nous demandons que l’Union européenne puisse se substituer au financement d’associations en danger de manière systématique, au niveau national comme au niveau local via les Maisons des libertés. Nous nous opposons aux projets de révélation des sources de financement des associations, le but légitime de surveiller l’action de régimes hostiles étant plus que contrebalancées par le risque porté sur l’indépendance du monde associatif.

Le modèle français de subvention à une presse d’opinion est vertueux et assure une diversité d’expression et de contrepouvoirs. Il contraste fortement avec la situation de la Hongrie, notamment, d’où la presse indépendante a été éliminée.

Nous demandons la mise en place d’un plan européen de soutien à la presse d’opinion, s’inspirant de l’expérience française.

Les libertés académiques sont essentielles au développement de la connaissance et à la possibilité d’un débat ouvert et informé. La Hongrie le démontre en interdisant les Universités indépendantes et en restreignant la liberté de recherche sur l’immigration. A ce titre, les remises en cause ministérielles des orientations « wokistes » ou « islamo-gauchistes » d’une partie de la recherche, que ne constate pas le CNRS, sont déplacées et inquiétantes.

Nous demandons que les fonds européens pour la recherche incorporent une dimension de sauvegarde politique des équipes de recherche nationales. Nous demandons également un suivi spécifique de la liberté académique au sein du rapport sur l’Etat de droit de la Commission européenne.

La France souffre d’un malaise démocratique. Ses institutions ne permettent plus aujourd’hui de dégager une majorité politique claire, au vu de la division des opinions du peuple. Et les partis politiques ne disposent pas d’une culture du compromis comparable à celle d’autres pays membres. Ceci favorise une pente glissante de l’utilisation systématique du parlementarisme rationalisé pour éviter l’ingouvernementabilité. Or d’un point de vue démocratique, l’usage successif des articles 47.1, 49.3 et 40 ont de fait interdit de manière répétée que l’Assemblée nationale examine l’âge de la retraite alors que les députés et l’opinion étaient manifestement opposés à cette réforme. De même, le refus du Bureau de l’Assemblée d’inscrire aux débats la pétition pour la suppression de la BravM, qui avait dépassé les 200.000 signatures, empêche un débouché parlementaire aux débats de libertés publiques qui agitaient alors le pays. La réponse à l’absence de majorité absolue par un Interdit jeté sur l’Assemblée ne peut satisfaire à l’aspiration démocratique. La Commission de Venise du Conseil européen vient de rendre un avis préliminaire qui qualifie le 49.3 de procédure donnant une autonomie législative au Gouvernement ; elle rappelle par ailleurs que l’exercice du pouvoir en démocratie n’est pas seulement un exercice du pouvoir par le bloc majoritaire. Dans son rapport 2022 sur l’Etat de droit, la Commission européenne émettait également un avertissement sur le recours permanent aux procédures accélérées pour les projets de loi ayant un impact sur les libertés publiques.

Nous demandons que le rapport annuel sur l’Etat de droit de la Commission européenne comporte une section sur les processus démocratiques de chaque pays. Nous demandons en outre que ce rapport annuel fasse l’objet d’une inscription pour débat au parlement de chaque pays.

Nos démocraties sont toujours perfectibles. Certaines en Europe forment des points noirs qui nécessitent un traitement de choc, et peut être durable. D’autres, comme la nôtre, ont simplement besoin de forces de rappel amicales qui permette d’éviter les lentes dérives. La crainte du terrorisme, la perdition d’une partie des forces politiques dans le soutien ou la solidarité avec les violences et le désordre, l’isolation politique dans une majorité simple sont autant de facteurs qui poussent à se chercher des marges de libertés d’action au détriment de l’équilibre des libertés publiques et de la démocratie. N’y cédons pas. Faisons de l’Europe notre gardien collectif.

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16 Commentaires

  1. Je souscris bien sûr à ces demandes, qui auraient pu être faites dès la crise des G.J. passée. Car aujourd’hui, à force de crier au loup à chaque élection depuis 1995, le loup est déjà dans la bergerie de notre État en pleine déliquescence puisque la tenue et le contrôle (hors contrôle budgétaire) de ses administrations n’est plus une priorité gouvernementale.
    D’ailleurs nous n’entendons pas grand chose (hors des regrets) sur l’augmentation pourtant remarquable des violences dans notre pays. Comme si on risquait de les mettre en miroir avec celles faites depuis 2017 aux libertés publiques, aux français(es), à la démocratie mais aussi à celle, plus globalement et insidieusement menée contre le Vivant dans le monde, en refusant la voie de la Sagesse et en s’obstinant dans l’hubris. Quel triste spectacle, quelle désagréable farce grotesque pour toute personne encore consciente et non atteinte de folie, au point de cacher son Avoir (ses petits millions) pour pouvoir survivre un peu quand nous aurons collectivement terminé notre entreprise de destruction massive de tout ce qui est vivant. Vive la France donc qui se transforme peu à peu en far west de l’UE conformément aux vœux d’un petit shérif, qui une fois ses mandats terminés, fuira probablement la poudrière qu’il aura contribué à mettre en place ! Bon vent, comme disait G. Pernoud, pour ma part ce sera : bon débarras !

  2. Je voudrais qu’on arrête de parler seulement de droits, dans une logique verticale protégeant les citoyens du pouvoir des Etats ou de l’UE. Les citoyens, les associations, les entreprises ont un pouvoir croissant. Il serait temps d’élaborer une charte des devoirs de l’homme, à quand une charte européenne des droits et des devoirs de l’homme ? Une révolution…

  3. Je suis toujours sidéré de lire régulièrement que l’Etat français a inventé une violence répressive Intolérable…sans qu’il soit évoqué avec la même rigueur que cette violence répond aussi à une nouvelle violence incroyablement exponentielle ! Les observateurs honnêtes doivent se rappeler l’épisode des gilets jaunes : regardons les images parisiennes … le préfet de police Delpuech arrive à Paris en février 2017 écarté en mars 2019 …pourquoi ? Il avait constamment évité l’affrontement direct : résultat les manifestations, incendies, destructions contre restaurants, boutiques, Arc de Triomphe n´ont jamais cessées pendant tout ce temps, voire on atteint un niveau paroxystique qui a justifié son éviction ! Ma question est simple ! L’escalade de la violence de certains dans la rue c’est cela qu’il faut protéger ? C’est cela la liberté ? … ne plus pouvoir pendant un an le samedi après midi se promener au centre des villes en famille ou parce qu’on est âgé par crainte des débordements ritualisés, c’est cela la liberté ? La liberté de qui ? De 300. 000 français empoisonnant la vie des autres? Fallait il laisser faire ? Sainte Soline ou Notre Dame des Landes la guérilla délibérée de groupes de manifestants entraînés à l’affrontement vous suggérez de « traiter » cela «  gentil -gentil » …expliquez nous ! Dans la philosophie des lumières on distingue les libertés réelles de la liberté formelle ! Il y a AUSSI en France une dérive qui fait croire à certaines minorités qu’elles peuvent dénier la légitimité majoritaire au prétexte qu’ avoir une autre opinion est «  légitime » ! Et à l’assemblée comme dans la rue justifier une violence permanente et généralisée … ce danger la pour le fonctionnement démocratique comment vous pensez vous en protéger par un bouclier européen AUSSI … ?

    • Attention à votre lecture et vos interprétations. Ne déformez pas mes propos. J’écris simplement que la violence est un miroir et l’une appelle l’autre. C’est tout.

    • Bonjour Monsieur THOBOIS.

      N’ayant pas fait les réformes de fonds nécessaires pour protéger notre démocratie, voilà le résultat.

      Une justice branlante amène automatiquement à l’insécurité, les forces du maintient de l’ordre en sont directement impactées, surtout quand on les utilisent volontairement en dépit du bon sens.

      Une réforme des devoirs des parents est indispensable, pour exemple, ne faut-il pas cesser de distribuer des aides et des allocations non utilisées à bon escient, ne serait-il pas préférable qu’elles soient indirectement reversées aux enfants concernés par des assistantes sociales pour les nourrir, les habiller, les éduquer, etc… ?
      Ce n’est pas ça le vrai social ?

      Dans votre commentaire, vous oubliez de parler des manipulations diverses lors de la dernière élection présidentielle, notre président n’a pas été élu sur son programme mais par défaut pour contrer la candidate du RN.
      Il a perdu de sa légitimité, les français lui ont bien fait comprendre lors des législatives ( nous ne sommes pas que des moutons), il est tellement « démocrate » qu’il est irrespectueux envers l’assemblée nationale en utilisant outrancièrement les articles 47-1, 49-3 et 40 (la commission de Venise du Conseil Européen lui a fait rappel à ce sujet).
      Il est à l’origine de nombreux maux et troubles qui auraient pu être évités, il a perdu toute crédibilité, même sur le plan international dont le summum selon moi a été atteint avec les agences de notation concernant la dette.

      • Voilà un débat très enrichissant !
        Juste une petite rectification de terminologie: vous reprenez en effet, cher Mylord, le passage de l’article qui mentionne »la commission de Venise du Conseil européen ».
        Or, cette instance relève du « Conseil de l’Europe » – large organisation qui a précédé la création des Communautés (puis de l’Union) européennes – et non du « Conseil européen » qui, lui, réunit les chefs d’Etat ou de gouvernement de la seule UE.
        Cela étant précisé, on peut volontiers reconnaître que la dénomination des organisations et organes européens aurait mérité un plus grand effort d’imagination, afin de ne pas tomber dans le piège des confusions.

  4. je pense que votre analyse sur la situation en France est très juste. La dérive autoritaire de l’exécutif est consommée.

    • Elle est effectivement consommée, dans un monde consumériste ce n’est pas étonnant car les vers du RN sont déjà en place à # niveaux de l’administration. Ce qui explique peut-être aussi en partie la montée des violences dans notre pays.

  5. Le démantèlement de la justice française se confirme avec le projet de loi de programmation et d’orientation de la Justice pour la période 2023 à 2027.
    C’est ce que l’on peut conclure de l’analyse que fait Nelly Bertrand, secrétaire générale du syndicat de la magistrature, de ce projet de loi organique présenté au Sénat par le garde des sceaux, Éric Dupond-Moretti.
    Ce projet entre en contradiction avec l’essentiel des conclusions des États généraux de la Justice lancés en octobre 2021 à Poitiers par le président de la République et auxquels ont contribués 18 545 citoyens, 12 608 magistrats et agents du ministère et 8 725 détenus, soit plus d’un million de contributions individuelles ou collectives.
    Dans la foulée, le Sénat a notamment adopté le 7 juin 2023, l’article 3 qui prévoit l’extension des perquisitions de nuit ou l’activation à distance des téléphones portables à l’insu ou sans le consentement de son propriétaire.
    Le projet de loi est en contradiction avec la jurisprudence et les consignes de la Cour Européenne des droits de l’homme censées contraindre la France à réformer le parquet (dont le fonctionnement actuel, compromet l’indépendance de la justice en France).
    Le projet de loi restreint le droit syndical des magistrats en instituant que ce droit ne peut s’exercer que sous réserve du respect de la règle d’impartialité des membres du corps judiciaire.
    Ceci prive le droit du magistrats de prendre position dans l’espace public et de critiquer des actions gouvernementales et des actions législatives qui seraient à l’encontre des valeurs qui sont défendues.
    Cette disposition est, elle aussi, clairement en contradiction avec la jurisprudence de la Cour Européenne des droits de l’homme qui affirme que les magistrats ont en ce domaine, un devoir de critique (CEDH, 6 juin 2023, Sarısu Pehlivan c. Türkiye, req. N°63029/19).
    On peut constater par ailleurs au fil du temps, le refus systématique du pouvoir de toute forme de concertation avec les organisations des travailleurs, alors que le nombre d’accidents au travail en France est en hausse depuis dix ans, et que l’Assurance-maladie enregistre un nombre grandissant de maladies professionnelles, physiques et psychiques.
    Le gouvernement qualifie les militants écologistes de terroristes et les traite comme tels, comme on l’a vu avec la dissolution des Soulèvements de la terre, alors que les catastrophes liées au climat s’amplifient et se multiplient de manière exponentielle.
    Le gouvernement a passé outre l’opposition de 72% des Français en imposant sa réforme des retraites avec le 49.3.
    La France est en 23ème position selon l’indice de démocratie publié par The Economist Group, la Tchéquie est au 25ème rang et est qualifiée de démocratie imparfaite.
    L’indice de liberté de la presse en France est passée de 3,5 en 2004 à 21 en 2023 ce qui place le pays au 24ème rang sur 180 selon le classement de Reporters sans frontières.
    Ce secteur est entaché par les pratiques d’intimidation de Vincent Bolloré, proche du pouvoir, des lacunes en matière de protection des sources des journalistes et la multiplication des procédures-bâillons.
    L’indépendance de l’audiovisuel public est fragilisée par l’absence de financement pérenne après la suppression de la redevance télé en 2022.
    Le cadre légal est insuffisant pour lutter contre les concentrations verticales des médias dans les mains d’une poignée de propriétaires.
    Les reporters font l’objet de violences policières en plus des agressions de la part des manifestants.
    Parmi les 193 États membres de l’Organisation des Nations unies, réunis lundi 1er mai pour rendre compte de la situation des droits humains sur leur territoire et se soumettre aux recommandations de leurs pairs, la France a été critiquée pour ses violences policières par les États-Unis, la Russie, l’Iran, la Suède, la Norvège, le Danemark, le Liechtenstein, le Luxembourg, la Malaisie, le Brésil, le Japon et la Tunisie.
    La violence dans les rues ne serait-elle pas une réponse à la violence étatique?

    • Juste une remarque : prenez-vous au sérieux les critiques venant des États-Unis, du Brésil et, surtout, de l’Iran (où l’on pend en public des personnes demandant, simplement, que les femmes soient mieux traitées ) (il y a aussi la Malaisie et la Russie, certes) ? Vous avez voulu faire de l’humour, je suppose…

      • Je pense que l’auteur d’un commentaire fort bien argumenté a simplement entendu recenser les pays qui ont exprimé des critiques envers la France.
        Quant à prendre au sérieux tel ou tel d’entre eux, c’est effectivement une question qui mérite une vigilance très attentive… et on ne peut que vous rejoindre sur les exemples que vus avez cités, sans exclure que d’autres puissent être eux aussi pris le doigt dans le pot de confiture.

  6. Bonjour Monsieur DIEBOLT.

    Merci pour votre commentaire, nous sommes sur la même longueur d’ondes.

    Dans un de vos exemples, la manipulation est flagrante, il lance les Etats Généraux de la Justice et fait l’inverse des préconisation du rapport, etc, etc ……..

    De plus, l’association de lutte contre la corruption ANTICOR risque de perdre son agrément, est-on bien en démocratie ?

  7. Comme toujours donnons aux mots leur véritable sens. Ras-le-bol que chacun manipule le mot « démocratie » et l’amalgame au mot liberté.

    Démocratie veut dire « pouvoir du peuple » et non liberté.Tocqueville a bien montré qu’une forme larvée de dictature était possible dans une démocratie, où, au nom du peuple, on pouvait commettre les plus grands crimes contre lui. La Chine, la Russie, la France…se prétendent toutes démocratiques ! La démocratie n’est pas un acquis, c’est un idéal vers lequel on veut tendre ou non. Plus le peuple aura un pouvoir direct sur son réel et plus il y aura de démocratie !

    Si l’on veut changer de société il faut avant tout changer de valeurs.

    Nous vivons dans une société patriarcale de petits boutiquiers poujadistes qui impose les siennes, qui prétend qu’il y aurait une fatalité naturelle, que l’homme est immuable, ne peut changer, pour qui la vie ne serait qu’une lutte sauvage entre individus où tous les coups sont permis, qui prône les valeurs de jalousie, d’envie, de cupidité, de vanité, de médiocrités matérialistes, de l’avoir et du paraître, une société de compétition, du bien né, du droit du plus fort, de marché aux bestiaux, où le peuple serait par définition stupide, maintenu en cet état, cette fonction.

    Le peuple, en France, et ses représentants ont de moins en moins de pouvoir.

    La police est détournée de sa mission première qui est de protéger les citoyens des délinquants, non de faire la loi mais de la faire respecter, une loi hélas imposée par 49.3 refusant le rôle même du parlement qui est de parler, de discuter les lois, de pouvoir les choisir, les amender ou non et, pour le court-circuiter donc, le pouvoir en place d’organiser un parlement loto, pseudo-démocratique, sous forme de grand débat, sans aucun pouvoir réel, législatif, la décision revenant au bon plaisir de sa majesté, concentrant à elle seule tous les pouvoirs !

    La police, comme parfois la justice, de plus en plus, ne défendent plus les valeurs républicaines « libertés, égalité, justice, solidarité » – qui sont constitutionnelles, au-delà des partis- mais souvent -sous la férule d’une hiérarchie dont les intérêts sont menacés par le pouvoir politique- deviennent complices d’un gouvernement minoritaire qui fait, en dernier recours, appel à la force pour imposer ses lois, son ordre, ses ordres, sa criminalisation de toute opposition : les GJ, le COVID, les non-vaccinés, la retraite…Donc luttons en premier pour une police, une justice, des médias plus indépendants du pouvoir politique.

    Illustration. Personne ne s’interroge sur le mot « sport » ! Cette grande foire marchande et politicienne des JO, des jeux du cirque clientélistes, ces milliards pour 15 jours qui pourraient combler bien des misères ! Le sport est-il une façon pour tous de maintenir son corps en bonne santé, sans souci de compétition, de performance, de façon solidaire ou n’est-il qu’un prétexte pour conforter de les valeurs de compétition individuelle et sauvage de la société marchande. Pas un jour où on ne parle dans ce domaine de magouilles, de paris, de billeteries truqués, de dirigeants corrompus, d’harcèlements voir de maltraitance, d’homophobie, de sexisme, de racisme, de chauvinisme, de nationalisme, de dopage…, ce spectacle est à l’image de la société marchande : un mercato où quelques heureux élus ne sont gâtés que parce qu’ils font le show, remplissent la caisse des marchands ou gonflent le programme des partis politiques, avant de finir à 40 ans sur les genoux! Du sport ? On pourrait imaginer une fête mondiale du sport gratuite où l’on parlerait aussi de l’art de vivre sainement, d’autres valeurs !

    Défendons les valeurs de la République: plus de libertés, d’égalité, de justice et surtout plus de solidarité, de partage, de démocratie directe ! Choisissons la vie plutôt que la bourse, l’autre plutôt que les jouets dérisoires sans lesquels, paraît-il, nous ne serions rien!Amen !

  8. J’aime SLE non seulement pour son projet, pour ses prises de position, mais aussi pour la liberté des débats qui s’y expriment.
    Oui, la démocratie française est malade comme beaucoup d’autres d’ailleurs.Il nous avait semblé que la démocratie était la forme achevée de la vie de l’homme en société, la mondialisation des problèmes, à cette échelle à peu près tous liés au changement climatique et l’idée d’une gouvernance mondiale de ce défi ne généreraient-elles pas une menace structurelle pour la démocratie ?Et, dans ce sens, les failles justement dénoncées de nos actuelles démocratie ne pourraient elles-pas être les signes avant-coureurs de la déglingue finale.
    Pardonnez-moi ces fantaisies pessimistes.

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