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Le grand silence autour de l’Europe

Mercredi, la Présidente de la Commission européenne se rendait devant le Parlement européen pour prononcer son discours sur l’état de l’Union. Ce discours de politique générale est assez fracassant. Qu’on en juge :

Passage d’une cible de réduction des gaz à effet de serre en 2030 non plus à 40% mais à 55% ! Autant dire qu’il s’agit d’un choix de politique économique et énergétique drastique, pour parvenir à la neutralité carbone dans 30 ans.

Aller vers la fin de l’unanimité des Etats-membres, sur la question de la défense des libertés publiques. Il suffit en effet que deux gouvernements soient en délicatesse sur ce sujet pour qu’ils enrayent le processus européen en se couvrant l’un l’autre. Mais on pense très fort également à la question du dumping fiscal, également évoqué dans ce discours.

Un salaire minimum dans chaque pays européen pour mettre fin au dumping social.

D’autres thèmes étaient également abordés comme la création d’une Europe de la santé, le Brexit ou la Chine.

Les options dessinées ici sont d’une importance extrême, et peuvent avoir des répercussions profondes sur nos économies et nos systèmes sociaux. Et tout démocrate sincère devrait s’intéresser à ce programme de travail de la Commission. Si bien sûr il était au courant !

Car comme d’habitude, ce discours a été à peine évoqué dans les médias français (ne parlons même pas d’une diffusion) !

Cet état de fait a été dénoncé par Daniel Desesquelle, Président d’Europe presse, ainsi que par Véronique Auger, Présidente de l’Association européenne des journalistes (France).


Clément Beaune, Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, s’indigne également de cet état de fait qui nuit à la démocratie et appelle à ce que l’on fasse pression pour y remédier, potentiellement via une mission parlementaire.

Nous ne pouvons que nous associer à ce vœu ! Avec d’autres associations de la sphère européenne, nous avions lancé en 2013 le mouvement Plus d’Europe à la télé pour que les médias cessent de considérer la politique européenne comme quelque chose de lointain et d’inintéressant, et lui accordent le même type de couverture que notre bonne politique bien française.

Nous constatons après bien des actions que les choses évoluent peu, en dehors de quelques initiatives individuelles que nous félicitons chaleureusement.

Il se trouve cependant que le coronavirus a encalminé un projet de loi sur les médias, auquel les associations européennes avaient déposé plusieurs amendement intéressants. Peut-être pourrions-nous sanctuariser certains principes ?

Pour sa part, Sauvons l’Europe avait par exemple ces quelques propositions à apporter au débat :

  1. Le cahier des charges de France médias doit intégrer un objectif d’information sur l’Europe, dont l’atteinte est vérifiée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel
  2. Nous proposons que la chaîne parlementaire LCP / AN qui traite déjà de la vie démocratique du Sénat et de l’Assemblée nationale se dote d’une fenêtre sur l’activité du Parlement européen
  3. De la même manière que pour l’actualité politique nationale et locale, le Conseil supérieur de l’audiovisuel doit opérer un décompte des temps de parole sur les sujets européens
  4. Une personnalité de référence pourrait avoir comme mission de présenter un rapport annuel sur l’état du traitement des sujets européens dans les médias
  5. Enfin, pas d’information sans journalistes. Un fonds de soutien à l’existence d’un corps de presse auprès des institutions européennes pourrait être créé au niveau français ou européen.

 

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Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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12 Commentaires

  1. Je pense que l’on attend que des actes suivent les paroles alors que, dans les faits, l’UE continue à négocier des traités commerciaux qui contredisent ces paroles…

  2. Complètement d’accord avec cet article. Les médias en France semblent de plus en plus aux ordres, ce n’est pas l’Europe qui commande, a dit le roi, c’est moi!
    Attention Arthur, faites-vous relire, il y a trop de coquilles…s’indiquent …pour s’indignent, et autres broutilles…

    1. Oh oui ! « s’indique » pour s’indigne, « nous associer à ce veux » pour ce voeu, « luis accordent le même type de couverture » pour lui accordent … On finit par ne plus prendre au sérieux quelqu’un qui écrit aussi mal.

  3. Bravo Arthur pour ce message que je relaie car je suis entièrement d’accord sur le fond et mes réflexions m’amenaient à penser qu’il fallait que « Sauvons l’Europe » s’exprime sur le sujet (j’étais prête à écrire un projet). J’ai aussi écouté Clément Beaune sur France Inter. Dommage qu’il y ait une coquille car il s’est vraiment « indigné » (et pas s’indique) et un « s » en trop à « lui ». on a toujours intérêt à se faire relire.
    amitiés – nicole Fondeneige

  4. Danielle Foucaut a tout à fait raison : les coquilles rendent parfois le texte incompréhensible et nuisent grandement à la crédibilité des idées défendues – très intéressantes au demeurant. Il est indispensable de se relire et/ou de se faire relire.

  5. La question n’est pas « sauvons cette Europe là » mais « changeons cette Europe ».L’UE favorise la délocalisation intra-européenne comme pour l’entreprise japonaise Bridgestone qui se moque bien du patriotisme industriel et ne cherche que le moins coûtant qui préfère sacrifier ses entreprises françaises et à profiter d’aides européennes pour s’installer en Allemagne, en Pologne, Italie, Espagne où ces entreprises marchent très bien quant à l’info, cela fait des années que les peuples réclament une chaîne européenne pour les européens puissent s’informer en toute transparence, à croire que l’UE actuelle tient cette opacité informative!

    1. « cela fait des années que les peuples réclament une chaîne européenne pour les européens puissent s’informer en toute transparence » – Vous ne regardez donc jamais le journal quotidien d’ARTE ?

  6. Je sais bien que les médias belges, en raison de l’accueil de nombre d’instances européennes sur le territoire national, peuvent paraître plus sensibles que leurs confrères d’autres pays à tout ce qui touche à l’actualité européenne. Il n’empêche: quelques heures après le discours de la présidente de la Commission – dont, soit dit en passant, on peut regretter qu’une trop grande partie ait été exprimée en direct dans la langue de Trump – le commissaire belge était l’invité de la radio publique nationale pour répondre à des questions liées à ce discours sur l’état de l’Union.

    1. (post-scriptum) Le titre de l’article n’est pas sans faire écho à une phrase prononcée par le député Victor Hugo lors de son plaidoyer en faveur de la liberté de la presse au cours de la séance de l’Assemblée nationale du 11 octobre 1848: « Le silence autour des assemblées, c’est bientôt le silence dans les assemblées ».

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