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La droite rompt la coalition de gouvernement européenne sur le Green Deal

Cette semaine, un incident grave a eu lieu au Parlement européen, avec le déraillement du train de réformes sur le climat.

Contrairement à tous les usages, le PPE s’est écarté des positions négociées pendant des mois entre les partis dans les commissions, pour réduire grandement l’ambition de réduction des émissions de CO2. Les sociaux-démocrates ont refusé d’entériner ces carabistouilles et le texte s’est trouvé sans majorité. Il est donc renvoyé en commission pour reconstituer une position commune.

Ce n’est pas la fin de la politique climat européenne : les autres textes du paquet Fit for 55 sont passés, en particulier celui sur l’industrie automobile qui était très critiqué par le PPE. De même, le texte sur les quotas de CO2 fera l’objet d’une adoption à son tour, mais plus tard et peut être sous une autre forme. Pas sous la présidence française, en tout cas. Le PPE, qui a cru pouvoir imposer son inflexion du texte, prendra acte de son échec.

Mais l’alerte est chaude. Car ce texte n’était pas n’importe lequel. A l’issue des dernières élections européennes, le PPE avait acquis le premier groupe au Parlement mais n’avait pas de majorité. Son candidat, Manfred Weber, n’a donc pas pu s’imposer à la tête de la Commission. C’est Franz Timmermans, social-démocrate, qui a rassemblé une majorité au Parlement et qui aurait du démocratiquement prendre la direction de l’exécutif européen. Mais Timmermans étant à l’époque en charge du dossier des droits fondamentaux, il avait croisé le fer avec Orban qui a posé son veto à sa nomination. Ursula von der Leyen est alors apparue comme une candidature de compromis. Le fait démocratique demeurait cependant, et les sociaux-démocrates ont posé deux conditions : que Timmermans soit vice-Président de la Commission, et surtout que le Green Deal forme le coeur du programme de travail du mandat. Il faut donc bien comprendre que le paquet Fit for 55 constitue l’exécution du programme parlementaire de coalition de la Commission von der Leyen.

Le fait que le PPE rompe les rangs manifeste une prise de distance de plus en plus importante de la droite européenne avec la transition climatique, qui s’observe quotidiennement. Elle conteste l’ambition européenne, le coût pour nos industriels, le moment n’est pas le bon … Il convient de porter une grande attention à ce risque de dérive.

Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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20 Commentaires

  1. Une fois de plus l’oïkos nomos, l’emporte sur l’oïkos logos…
    Aristote n’a pas fini de courir dans l’appropriation de ce monde de prédation…
    Tout lui appartiendra… Il deviendra comme Alexandre, l’égal de Dieu…
    Socrate boira la cigüe… s’il en reste…
    Où étaient donc les industriels de ce Monde, durant tout ce temps pour anticiper sur le changement majeur…
    Le profit n’est propice que dans un climat serein….
    Ils devaient être à la banque vu qu’ils n’ont rien, ou si peu, acté pour les générations futures…
    Alors, maintenant qu’il faudrait freiner, il va falloir accélérer…
    Qu’ils nous épargnent les coups de bâton, leur culture perverse de l’efficience et du management par la peur dont ils sont passés maîtres, puisque quand les hommes vont mieux, la violence et la destruction s’estompent.
    Je devrais aller en parler au Africains… Il sembleraient qu’ils peinent à guérir de leurs plaies tout comme il semblerait qu’ils tardent à construire leur continent.
    Mais je doute fort que l’on épargne la caste des intouchables… après tout, il faut bien sacrifier quelqu’un.
    Certains s’engraissent et d’autres maigrissent…
    Oui, mais les ressources disparaissent pour tout le Monde.
    Vous courriez ? Mais c’est maintenant qu’il faut courir.
    Entre le Lièvre et la Tortue et tant qu’il reste de l’eau dans la Fontaine…
    A vos marques, prêts… Partez.

  2. Merci d’en parler et de montrer que le parlement de l’UE est le premier frein à tout changement véritable, que ses représentants se défilent ou pratiquent avec une lâcheté toute professionnelle une langue de bois, de faux-culs qui ne trompe personne lorsqu’il s’agit de répondre aux journalistes voulant informer le peuple sur les décisions et le fonctionnement de l’UE concernant son destin.
    La non-information ou la désinformation, l’instrumentalisation de l’information, le manque d’une véritable transparence est bien un des grands défauts de cette prétendue démocratie UE. Merci à vous d’essayer de combler ce manque et de susciter le débat nécessaire à toute démocratie digne de ce nom

    1. Un changement véritable impliquerait tous les pays de la planète… Le vrai changement véritable serait de revoir le modèle économique et ses règles commerciales…
      l’homme a inventé une spirale infernale.. Un monstre économique…
      Le monstre de la chicote, des jeux pervers de violence et de profit sur la peau de l’autre. L’Antéchrist ou la bête…
      L’homme au centre, n’est rien… Juste qu’un nombre et puis… La peau de son ombre.
      Sortir de la spirale ? Encore faut t’il comprendre qu’elle est en train de tout détruire… et puis certains n’y ont pas intérêt, alors comme dirait Devos… on sait où, mais Caen ?
      C’est souvent au bord du précipice qu’on change de chemin sinon il est trop tard.
      Mélenchon a le même discours… il changera tout en France et rien dans le reste du Monde.

    2. La non-information, la désinformation, le manque de transparence pointés comme illustrant les grands défauts de la « prétendue » démocratie UE ?

      Vous faites gravement l’impasse sur l’abondance des informations existant au niveau des institutions de l’UE… à commencer par les nombreux communiqués de presse (voire les fiches explicatives) produits quotidiennement par ces dernières, du reste non sans un certain souci pédagogique. Il suffit de consulter le site « Europa » pour se convaincre de cette richesse: un site d’accès facile et gratuit.

      En fait, comme j’ai déjà eu l’occasion de le souligner à plusieurs reprises, le problème ne se situe pas au niveau des « émetteurs » (comme en témoignent les sources qui viennent d’être évoquées). Il procède davantage de l’insuffisance ou de la discrétion des « relais » censés répercuter ces informations. Les Maisons de l’Europe qui émaillent le territoire des Etats membres de l’UE, tout comme SLE, Europa Nova, Euractiv, l’Agence Europe s’efforcent de pallier cette lacune… mais, à ce stade, un tel effort ne rencontre pas encore une audience suffisante. A qui la faute ?

  3. Pour tout ce qui concerne le social ou l’écologie, à droite ce ne sera jamais le bon moment, mon cher Arthur. C’est triste, mais les Européens sont les maîtres du jeu, ils n’ont qu’à voter autrement.

  4. Bonjour.
    Cela fait un moment que je pressens ce qui arrive, beaucoup de justesse dans vos divers commentaires, les masques tombent, les manipulations, les mensonges, la bêtise sont omniprésents et cela depuis longtemps ?
    Je ne suis pas un fervent admirateur des USA, force est de constater qu’aujourd’hui, il semblerait qu’ils analysent les évènement liés à l’assaut du Capitole en 2021, nous sommes incapables en Europe de mener une telle procédure pour analyser les causes qui empêchent la finalisation de la construction européenne et y remédier.
    C’est à partir de cette finalisation que nous devrons évoluer vers une Europe aux services de ses citoyens.et non à ceux axés vers les intérêts de quelques uns (cet article en est l’exemple).
    A force de jouer avec le feu, j’ai bien peur que nos politiques véreux nous amènent à nouveau vers un évènement tragique et incontrôlable.
    Oui, c’est vrai, le changement devrait être mondial, mais regardons en face se qui se passe au niveau européen, alors comment pouvons nous l’imaginer à cette échelle là.

  5. Il faut rester conscient que l’écologie à des forces mais aussi des faiblesses, et que l’évolution européenne se fait dans un cadre mondial.
    Au niveau européen, il est bien sûr bon de se préoccuper de moins consommer, de plus trier, recycler, réparer, d’isoler les logements, développer les transports en commun, le covoiturage, les pistes cyclables, une agriculture moins chimique, moins intensive, relocaliser l’industrie, produire du réparable et donc changer les technologies de production, … tout en gardant à l’esprit que c’est l’abondance d’énergie qui a fondamentalement façonné notre monde actuel et structuré son développement, et que malheureusement, au niveau mondial, la consommation d’énergie continuera à augmenter de manière significative. Ce phénomène est dû principalement à l’augmentation de la population humaine et au très fort désir de développement de la très grande majorité de celle-ci. En 1950 la population mondiale était estimée à 2,5 milliards. En 2020, elle est estimée à 7,8 milliards. Ce développement passe nécessairement par une industrialisation accrue. Actuellement 85 à 90 % de l’énergie mondiale provient d’énergie fossiles non renouvelables. C’est énorme et l’évolution au niveau mondial ne peut être que très progressive. En plus, dans les 10 à 15 % restant nous trouvons l’hydraulique et le nucléaire. Il y a le problème du nucléaire : sans le nucléaire, le choc industriel et social serait trop rude.
    Revenons en Europe. Actuellement le pouvoir d’achat semble être une préoccupation majeure. Mais il faut aussi être conscient que concilier hausse du pouvoir d’achat et baisse de la pression environnementale est quasi impossible. Jusqu’ici, la hausse du pouvoir d’achat constante qui modelait notre mode de vie dépendait de la croissance, de la hausse du PIB et du développement industriel.
    Le challenge de l’écologie est énorme dans un monde de plus en plus peuplé, où la ressource sera de plus en plus rare, y compris l’eau, donc un monde où les tensions seront plus grandes.
    En tous cas, jusqu’ici les nombreuses « COP » n’ont eu aucune influence sur l’augmentation des gaz à effet de serre. L’idéal serait un monde où rien ne change pour que tout change.

    1. Merci Raphaël 78 pour votre commentaire, vous résumez très bien la situation actuelle.
      J’ai le même ressenti, je la finaliserai, elle n’engage bien sûr que moi, il faut au niveau mondial établir une politique de baisse significative de la natalité pour diminuer la population mondiale, il faut un nouveau modèle de société qui s’éloigne de cette recherche du profit à outrance, qui condamne cette obsolescence programmée, qui condamne toutes les formes de gaspillages, qui remette l’humain au centre de ce nouveau modèle, etc, etc… .

  6. il serait bien d’expliquer ce qu’est cet « éloignement  » des positions négociées, car pour d’autres c’étaient que les socialistes trouvaient « qu’il en fallait plus »

  7. S’il y a quelque chose qui me hérisse le poil de bon matin, c’est d’entendre aux informations que le système démocratique ne fonctionne pas ou plus, que plus personne ne veut voter, que l’abstention bat tous les records, que les gens ne se sentent plus représentés, qu’il faut changer le système démocratique car il ne change rien au quotidien ou dans la vie des Français… etc etc etc.
    Alors tous les intervenants Télé sur les plateaux reprennent le message en y allant d’un coup de clairon du style : oui la démocratie est morte, il faut la refonder.
    Bon… et là je prends peur parce que je me dis : Mais qu’est ce qu’ils vont encore nous sortir comme connerie ?
    Alors Mélenchon prends la parole et nous promet un monde oh combien meilleur dès qu’il accedera au pouvoir suprême et là je comprends mieux pourquoi les faux espoirs et les rêves désabusés minent la démocratie.
    En fait, notre système fonctionne très bien.
    Les gens sont libres d’aller voter ou pas.
    S’ils pensent pouvoir changer Rome d’un coup de bulletin de vote et dans une immédiateté absolue, je pense qu’il faut les avertir qu’à la fin ils risqueraient d’être déçus.
    Vous me direz : ils sont déjà déçus… je vous répondrais : Priez pour qu’ils ne soient pas plus.
    Comme me disait mon père : c’est si long à gagner, ça va si vite à dépenser
    J’ai bien peur que la NUPES participe à la dilapidation tant des espoirs que des rêves, car à la fin quand ils verront qu’ils ne changeront rien dans l’immédiat absolu a la marche du Monde, ils pourront enfin avoir raison de crier au désespoir.

    1. Bonjour.
      Vous avez raison, vous verrez au lendemain de l’élection, nous déchanterons, pour une raison très simple, c’est qu’on nous ment.
      Ce qui n’est dit par personne, qui est pourtant évident, est que pour lutter contre l’inflation, on assiste à une remontée des taux et par ricochet une augmentation significative des intérêts de la dette qui impactera le budget de l’état, qui en parle, personne ?
      On nous fait des promesses, comment seront-elles financer, par des emprunts (qui voudra continuer à nous prêter ?) ou des impôts (nous sommes déjà pressé comme des citrons), qui en parle, personne ?
      Ce n’est pas la NUPES mais un marché de DUPES, idem pour ENSEMBLE.
      On se dirige vers un nouvelle crise financière lié aux dettes des ERATS sur le modèle GREC mais pour un grand nombres d’autres pays qui risque d’être mondiale, qui va payer, toujours les mêmes, on collectivise les dettes et on privatise les profits comme pour les autres crises.
      Les banques centrales; quels outils vont-ils utilisés, l’endettement ne sera plus possible, la planche à billets qui transformera les monnaies existantes en monnaies de singes ?
      Les supers nantis ont déjà pris leur précaution en accumulant des valeurs refuges tels que l’or et autres, le citoyen lambda lui n’a pas cette possibilité, il subira et il ?????

      1. Le dernier mot….Choisissez et périssez. Gozer le sumérien est arrivé…
        Dans ce Monde Globalisé où l’on accepte les règles du Je, seulement lorsque l’on y trouve son intérêt, la question cruciale est la confiance en la parole donnée.
        Confiance ? Oui… mais en qui ?
        Les russes ne respectent rien tout comme certains patrons d’ailleurs, les chinois construisent des camps pour s’enrichir alors que personnes ne veut s’entendre sur des normes où des règles commerciales ou environnementales communes et tous finissent par les enfreindre.
        Exit le Mercosur, et comme pour le brexit, chacun file à l’anglaise.
        L’entente est le thème de L’Antéchrist… Quand la bête à 7 têtes et 10 cornes sortira de l’amer…
        Pour construire ce Monde, il faut garder confiance… Confiance en l’homme, en ses rêves et confiance en sa parole…
        Dans l’épreuve, l’homme est surprenant.
        Il lui arrive même parfois de rouvrir l’arche d’alliance pour se remémorer tous les mots qu’il y a écrit.
        Gardons l’espoir d’éteindre les feux qui consument ce monde.

    2. Mais tout de même la gauche , on l’a déjà eue mais elle a déçu, pourquoi? Parce que elle s’alignait toujours très vite sur les politiques libérales, comme en 1983 avec Rocard, ou avec Hollande qui criait que son ennemi c’était la finance mais filait doux après face aux banques…
      Alors si cette fois la NUPES arrive etctient ses promesses, avec des plans réalisables, attendons pour voir au lieu de baisser les bras!
      Parce que ça, on ne l’a pas vraiment vu… puisque le macronisme n’a rien réglé des problèmes et n’a su que susciter la colère du plus grand nombre…
      Moi jecpaie s’il le faut pour voir.

      1. Vous ne verrez pas grand chose…. et vous aurez payé.
        La NUPES ne changera rien aux enjeux économiques qui sont eux planétaires.
        Il est bien évident que la NUPES sera invitée demain au Dow Jones ou au CAC 40…
        La NUPES vous promet du blé… La Russie aussi.
        Pour le reste, on va tous crever de faim… au moins dans la mort nous serons tous égaux.

        1. Alors quoi??? On se flingue, face au merdier actuel (pardon pour la grossièreté)… vous semblez n’avoir aucune vision d’issue possible…

          1. Je pense que face au merdier actuel, les incantations magiques de Mélenchon vont aggraver la situation en France… et je pense que face au merdier actuel, il va falloir être très patient et ne pas faire d’erreur de pilotage pour s’en sortir et je pense que face au merdier actuel, Mélenchon nous envoie tout droit dans la façade.
            Mais on peut continuer à rêver… promettre monts et merveilles, imposer sa Loi en Europe, laisser le plein pouvoir au peuple, ou sortir de l’OTAN en servant de plate bande aux despotes de la Terre…
            Je vous promets moi aussi des rêves pleins la tête et des étoiles plein les yeux dans ce Monde de Bisounours… et je vous certifie aussi que le réveil sera difficile… Il y aura les lendemains qui chantent oui, nous nous tiendrons tous par la main… Alléluiah mes frères.
            Vous rêvez la NUPES et vous embarquez le peuple dans un long naufrage. Nigro Notanda Lapillo…
            Arrêtez la poudre…

          2. Non, mais devant un avis de tempête on se prépare le mieux qu’on peut, on se sert les coudes entre européens, nous sommes quand même près d’un demi milliard, et on attend une baisse de notre pouvoir d’achat, le choc des populismes qui va en résulter, et aussi une demande d’émigration massive de ceux qui ne peuvent pas se permettre de s’appauvrir encore.

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