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Brexit : Et le Royaume-Uni devint un protectorat européen

Le 31 janvier, le Royaume-Uni est sorti de l’Union européenne. Une nouvelle phase de relations débute par une sujétion de ces territoires à des normes européennes à l’élaboration desquelles ils ne contribuent plus.

En effet, l’ensemble de la discussion technique sur le Brexit n’a pour l’instant porté que sur la phase de transition hors de l’UE. Reste à négocier le gros morceau c’est à dire la relation future entre le Royaume-Uni et l’Europe. Durant toute cette négociation, à peu de choses près le pays reste dans l’espace douanier européen et applique les normes européennes mais il n’a plus de siège à la table de décision. Et cette situation devrait perdurer au-delà de la phase de négociation pour l’Irlande du Nord jusqu’à ce que ses institutions décident de se fondre dans le reste du Royaume-Uni… ou fassent un autre choix. Le pays de sa gracieuse Majesté a ainsi reconquis les apparences de la souveraineté, mais point encore sa réalité bien au contraire.

Cette phase doit durer au moins un an, et Boris Johnson a promis seulement un an. Ce délai semble difficile à tenir. On ne préjugera pas ici des obstacles politiques potentiels; Boris Johnson a montré qu’il pouvait les lever en cédant sur quasiment tous les points de négociation sur lesquels il a fait chuter Theresa May, de la question Irlandaise à celles de l’application des normes européennes et de la contribution au budget européen. Si nécessaire, il peut à nouveau se révéler capable de céder à toutes les exigences européennes pour tenir sa promesse d’un accord rapide. La préparation technique d’un tel accord en revanche, compte tenu de sa complexité, s’étend généralement sur plusieurs années et à moins de dupliquer à peu de choses près un accord existant il sera difficile de tenir un tel délai.

Reste donc à déterminer les conditions de l’indépendance dans l’interdépendance.

On entend ici où là que Boris Johnson, outre sa vista personnelle, détient de fortes cartes dans sa main avec la division des européens et la menace ouvertement agitée d’une sortie finale sans accord ou d’un relèvement important des droits de douane.

Ces éléments sont à relativiser. La vista de BoJo a essentiellement permis d’habiller de manière présentable ses renoncements aux buts de négociation des Brexitters. La division des européens ne s’est pour l’heure pas encore manifestée bien qu’on nous la promette depuis trois ans; encore est-il compréhensible d’être divisés quand on est plusieurs, le Royaume-Uni parvient à être divisé en étant seul et se trouve soumis à de fortes pressions indépendantistes. Le No-Deal s’est révélé un tigre de papier. Quant aux déclarations sur un relèvement des droits de douanes unilatéral, il s’agit essentiellement d’organiser un blocus de son propre pays et il n’y a rien là qui puisse impressionner fortement les européens.

Peut-être cette négociation est-elle pour les Européens l’occasion de tester grandeur nature un type d’accord qui incorpore réellement les dimensions écologiques, fiscales et sociales afin d’éviter d’avoir un territoire qui fasse du dumping écologique, social et fiscal à nos portes.

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30 Commentaires

  1. Aucun européen responsable ne peut se réjouir d’une situation dite de protectorat qui rappelle de sombres pages du passé, donc négocions au mieux les relations entre le royaume-Uni et l’U.E.

    1. Tout à fait, le caractère choc du titre ne vise qu’à rappeler que pour l’heure l’aube souveraine ne s’est pas vraiment levée. Un accord apaisé est ce à quoi nous appelons en fin d’article.

  2. Je pense que vous prenez vos désirs pour des réalités. La G-B va tomber sous la coupe des Etats-Unis et devenir un paradis fiscal, un enfer social et un espace climato-sceptique (ou pire climato-rassurant).
    J’espère sincèrement me tromper.

    1. C’est un risque. Espérons que non… D’un point de vue diplomatique, pour l’instant BoJo essaye d’éviter l’alignement complet mais la tectonique des plaques va être rude.

  3. je suis effaré par la décision du Brexit. d’abord les Anglais ont voté le Brexit car ils ont cru les mensonges de Boris Johnson et Nigel Farage. Puis à ma stupéfaction B Johnson est devneu Prmeier Ministre. C’est vrament le monde à l’envers. Plus de la moitié voulait à nouveau un référendum, mais comme cela n’arrange pas B Johnson, cela ne s’est pas fait. J’ai fit une enquête autour de moi (famille, amis, voisins, asso, …) et largement plus de la moitié est d’accord avec moi sur le point suivant. J’adore l’Angleterre, j’y vais une ou deux fois par ans depuis des lustres. Mais maintenant c’est terminé, fini définitivement. Désormais j’irai en Irlande Européenne, si cela se confirme….

  4. Comment cela: Indépendance dans l’interdépendance? En aucune manière, Vous oubliez que les Anglais ont tenu en 40 contre le reste de l’Europe nazifiée. Allant chaque année en Angleterre, je peux vous affirmer que les Anglais sont très heureux d’en être « presque sorti » malgré les chausses-trappes de la commission européenne. L’Angleterre resserre ses liens avec le Commonwealth et les USA; elle reste la place forte financière établie depuis les Rothschild et sa monnaie, dévaluée lui rouvrira des marchés, et elle restera elle-même. Si la commission européenne ne se remet pas en question, notamment sur le lobbying et la quasi impunité de ses fonctionnaires non élus et surpayés ( scandale) elle se délitera, d’autant que les ex pays de l’Est, devenus des démocraties en voie de prospérité ne supportent pas les ukases destructeurs de Bruxelles..

    1. Beaucoup à dire, au-delà de l’incantation à 1940 qui commence à être loin.

      1.Aux dernières nouvelles la livre n’est pas liée à l’Euro, donc sa dévaluation ne peut résulter que d’un appauvrissement de l’économie anglaise et au premier chef des salariés. On ne le leur souhaite pas vraiment.

      2. Il n’y a pas eu de chausse-trappe pour sortir: le gouvernement anglais sortait avec ou sans accord, et il a accepté les conditions de l’UE pour un accord.

      3. Nous partageons une bonne partie des critiques faites au caractère bureaucratique des institutions de Bruxelles, à la condition qu’elles soient faites dans les mêmes termes aux bureaucrates de Paris et qu’on en tire les mêmes conséquences. De fait, en GB les mouvements indépendantistes écossais et Irlandais sont forts pour les mêmes raisons. Nous appelons à une gestion plus démocratique de l’Union, et c’est plutôt en bonne voie.

      4. Il semble aujourd’hui aventureux de qualifier certains pays de l’Est de démocratie en les opposant à Bruxelles. Les critiques qui leur sont faites sont sur l’indépendance de la justice, des médias et la liberté d’expression. Au fait d’où vient leur prospérité, par rapport à leurs cousins qui ne sont pas entrés dans l’UE et donc n’ont pas eu à subir d’ukase destructeur?

    2. @Philippe Balland

      Une nouvelle fois, nous voici confrontés à des considérations qui, au-delà de la redondance des incantations exprimées sur le présent site, appellent quelques mises au point fondées sur des réalités et des comparaisons lucides.

      Il en va ainsi du procès d’intention – faux procès ? – stigmatisant de façon récurrente les « fonctionnaires non élus » de « Bruxelles ». Mais… vous élisez votre préfet ? votre percepteur ?

      En fait, en faisant la part de la confusion des termes, on croit comprendre que vous avez surtout dans le collimateur, non pas les fonctionnaires de la base – encore qu’il s’agisse non pas de gratte-papier en manchons de lustrine: nombre d’entre eux ont un passé d’avocat, d’architecte, d’ingénieur agronome, nucléaire ou en génie civil, voire de médecin – mais les « commissaires » désignés par les gouvernements nationaux pour siéger sur les plus hautes marches de l’exécutif européen. Or, ces derniers n’ont pas le statut de « fonctionnaires »: leur niveau est politique, à l’instar des ministres dont ils sont les interlocuteurs. Ainsi, non seulement le président de la Commission est membre du « Conseil européen » groupant les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union, mais aussi, lorsque les ministres des Affaires étrangères des 27 se réunissent au sein du Conseil, ce dernier est présidé par un vice-président de la Commission spécialement désigné à cet effet, qui participe par ailleurs aux travaux du Conseil européen.

      Du reste,en approfondissant la problématique de l’ « onction électorale », je serais tenté de penser que, pas plus que moi, vous n’avez directement élu un/une ministre pour l’exercice de ses responsabilités gouvernementales. Mais cela ne préjuge pas du fait que que l’intéressé(e) ait affronté le suffrage universel au niveau local, régional, national ou européen. Or, si,pour garder le parallélisme esquissé plus haut, vous avez la curiosité d’examiner le cursus des membres de la Commission récemment entrée en fonctions, vous constaterez que 24 d’entre eux sur 27 (soit près de 90%) peuvent se prévaloir d’une telle onction à un moment – ou à divers moments – de leur carrière avant de rejoindre « Bruxelles ». Et que dire de la redoutable épreuve de l’audition des postulants devant le Parlement européen avant leur investiture définitive ! L’actualité de ces derniers mois nous a fourni de mémorables exemples d’échecs, à commencer par les mésaventures d’une candidate française, bien que dotée d’une grande qualité intellectuelle. Peut-être que, sur ce terrain, c’est l’UE qui serait en position de donner des leçons de démocratie aux gouvernements nationaux…

      Méfiez-vous donc du train qui peut en cacher un autre: cela évite des illusions d’optique – parfois dangereuses, car à la limite de la démagogie…

      Bien cordialement !

  5. Et si l’insistance de BoJo à raccourcir le temps des négociations ne traduisait pas, tout simplement, le souhait d’aboutir à un constat d’échec et de sortir finalement sans accord ? Auquel cas le RU ne serait même pas un protectorat de l’UE.
    En fait le RU me fait penser à des poulets qui veulent quitter la basse-cour avant de s’apercevoir que leurs ailes ne leur permettent pas de voler et qu’en plus au dehors il y a des renards.
    Rien n’est sûr aujourd’hui encore. On verra bien ce qui va se passer.

  6. Ce que je trouve grave c’est qu’à aucun moment l’UE ne reconnaît sa part de responsabilité dans ce divorce à l’amiable et ne veut examiner les raisons du Brexit peut-être justifiées, en tout cas y répondre et ainsi affirme « c’est cette UE ou rien ». Aucune réelle volonté de dialogue et de réformes Cette attitude risque de pousser davantage vers les tentations populistes qui ont maintenant un exemple à montrer, un héros: B Johnson, que l’on peut quitter l’UE au nom de la souveraineté!
    D’accord avec vous: « Peut-être cette négociation est-elle pour les Européens l’occasion de tester grandeur nature un type d’accord qui incorpore réellement les dimensions écologiques, fiscales et sociales afin d’éviter d’avoir un territoire qui fasse du dumping écologique, social et fiscal à nos portes. »
    Les députés brexiteurs disaient des pleurnicheries de leurs collègues anti brexit: « ce n’est pas l’UE qu’ils pleurent mais leurs pantoufles dorées »!

    1. Nous sommes pour partie d’accord: en réalité l’Europe a énormément bougé ces dix dernières années, entre le changement de politique de la BCE, la création du FMI européen, la désignation politique de la Commission et le Green Deal. Les sujets qui coincent sont ceux qui se gèrent à l’unanimité: le budget, la fiscalité, la convergence sociale, les droits de l’homme. Mais de fait, le saut vers une Europe puissance ne se fait pas encore. Il faut continuer à pousser à la roue…

  7. les britanniques l’ont FAIT !!!…le peuple a confirmé UNE DEUXIEME FOIS sa volonté de recouvrer sa PLEINE souveraineté….n’en déplaise aux euro-fascistes , euro-fanatiques ,euro-sceptiques de tous poils et ce sont bien les futurs devellopements qui TRANCHERONS le bien-fondé ou non de la démarche ….tous ces euro-bidules sautant comme des cabris en criant europe europe , comme disait le Général Indépendantiste DE GAULLE n’ont plus qu’a prier fort afin que cette séparation se passe MAL …..A QUI LE TOUR DE SE SAUVER MAINTENANT ???……je verrai bien d’abord un ITALIX…par exemple….

    1. Les fascistes, fanatiques et sceptiques tout court ne seraient-ils pas plutôt à rechercher du côté des tenants de ce que vous appelez « ITALIX » – un néologisme qui fleure bon Goscinny et Uderzo, là où, sans doute, vous pensez à « Italexit », plus conforme, phonétiquement, à la formule « Brexit » ?

      Heureusement pour les partisans – terme hautement significatif dans l’histoire de l’Italie de la seconde Guerre mondiale – de la démocratie, les « Sardines » commencent à organiser la résistance face aux « Requins » de type Salvini et leurs « dents de l’amer »…

  8. je vois que les euro-fanatiques vont avoir beaucoup de mal a réaliser que les britanniques , par les législatives ONT BIEN CONFIRME LEUR 1ER VOTE DE SORTIE , malgré 3ans et demi de tentatives DES EURO-FANATIQUES ET EURO-CATHODIQUES ET EURO-RELIGION de passer leur 1er vote a la trappe comme cela a été fait en FRANCE , VOILA LE PLUS IMPORTANT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    1. Merci d’avoir la gentillesse d’expliquer à des lecteurs moins savants que vous ce que signifie l’expression « euro-cathodiques »… et merci aussi de bien vouloir mettre un « B » majuscule à « britanniques » afin de ne pas laisser soupçonner que cette faute d’orthographe -une de plus!- reflète, involontairement ou inconsciemment, un certain mépris à l’égard de nos amis d’outre-Manche.

      Question subsidiaire: possédez-vous un miroir ? Ce serait en effet un auxiliaire utile pour vous permettre d’apprécier, en commençant par vous-même, ce qu’est un fanatique…

      1. – dont acte pour le B

        -euro-cathodiques : se dit et s’écrit de ceux qui se font « endoctriner » par les grands moyens d’information (de déformation ou bien de conformation , devrai-je dire….) TOUS DETENUS PAR LES GRANDS CAPITALISTES ( lagardere , niel ect
        ,) ET DONC AUSSI TOUS MILITANTS ACTIVEMENT POUR L’UNION EUROPEENNE ACTUELLE ( alors qu’il y a d’autres modeles possiles de vrais coopérations (et non d’asservissement….comme actuellement…)

        – svp ne confondez pas le fanatisme avec la defense determinee d’un point de vue , ici si tel était le cas ce serai l’hôpital qui se fout de la charité…..

    2. Vous confondez allègrement deux modes de scrutin radicalement différents. Dans un référendum opposant deux réponses incompatibles (« Remain » ou « Leave »), chaque voix ne compte que pour elle-même et la victoire est reconnue à la réponse qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés (en général, on ne décompte pas les votes blancs). Le scrutin majoritaire à un tour par circonscriptions selon lequel sont organisées les élections législatives au Royaume-Uni accordent la victoire au parti qui obtient le plus grand nombre de voix. Imaginez 7 partis en lice. L’un obtient 30 % des voix, les 6 autres se situant par hypothèse autour de 10 % plus ou moins epsilon. Le vainqueur bénéficie d’un bonus lui permettant de disposer d’une majorité absolue en nombre de sièges et d’installer un gouvernement stable. Lors des élections de décembre, les partisans d’un 2e référendum étaient majoritaires en voix… mais pas en sièges.
      La démocratie est un principe sacré, s’il en reste encore aujourd’hui. Personne n’a le droit de le manipuler à sa guise en fonction des circonstances.
      En 2016, la campagne du « Leave » a essentiellement reposé sur des mensonges délibérés diffusés par d’obscures officines bien identifiées après coup et répétées à l’envi par des politiciens sans scrupules. C’est ça la démocratie ?
      Une pourcentage important de citoyens britanniques avaient été interdits de vote au prétexte que résidant dans d’autres pays de l’UE ils auraient été partiaux (!) C’est ça la démocratie ?
      Un corps électoral n’est pas intangible, il se renouvelle en permanence. Celui de 2019 n’est déjà plus celui de 2016. De jeunes électeurs sont aujourd’hui inscrits qui ne l’étaient pas encore en 2016. Des gens âgés sont décédés. Et puis, n’est-ce pas, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
      Alors, cessez de brandir le drapeau de la démocratie à l’appui de vos seules idées en prenant des airs outragés.
      La démocratie est en danger. La liberté d’expression aussi. Les défendre est un devoir impérieux. N’en faites pas des petits artifices politiciens.

      1. On ne peut que saluer votre commentaire qui, à la différence de la prose du lecteur à tendance plutôt psychorigide auquel nous nous efforçons de répondre, met en avant un argumentaire au lieu de stigmatiser à l’aide de formules que l’on croyait (naïvement ?) disparues avec l’effacement du stalinisme.

        En regard de vos remarques sur le renouvellement des générations, je me permets de rebondir avec une considération complémentaire parfois négligée dans les analyses des résultats des dernières élections: à savoir le clivage lié à la coupure entre les générations, de plus en plus nette au Royaume-Uni. Comme le rapporte le magazine des « Inrockuptibles » (2 janvier 2020), une étude menée par « You Gov », l’institut de sondage le plus important du pays, a révélé que le Labour, en dépit de son affaiblissement global, a gagné de manière significative dans tous les groupes d’âge entre 18 et 39 ans, tandis que les conservateurs ont dominé parmi ceux âgés de 40 ans et plus. Si l’on veut bien réfléchir au-delà de la précipitation qui semble tenir lieu de stratégie à « BoJo », cela n’est pas tout à fait innocent, en sachant que le Brexit, qui vient seulement de lever sur la pièce un rideau jusque là quelque peu coincé, est encore largement tributaire d’une longue intrigue à venir.

  9. ici il n’est pas necessaire de tordre du cul 36 ans pour chier droit : par DEUX FOIS les Britanniques ont voté LE RECOUVREMENT DE LEURE LIBERTE ….POINT BARRE !!!!…..et libre a vous de confondre le fond avec la forme des choses , et la psychorigidité avec des positionnements bien carrés , par ailleurs je me mefie de tous les -ismes !

    1. Si vous vous méfiez de tous les « -ismes », efforcez-vous d’être cohérent, dans la mesure où les -ismes » ont pour pendants les « -istes ». Or, qui, le 3 février à 21 h 30 (v.plus haut), a écrit: « euro-fascistes » ?

      Mais passons sur le ton de vos diatribes, qui oscillent entre le style des lettres de dénonciation à la Kommandantur et celui des tracts staliniens des année 50. Quant à « tordre du cul 36 ans pour chier droit », c’est un exercice qu’on peut laisser à ceux qui, à votre image, réussissent l’exploit de combiner constipation intellectuelle et diarrhée verbale.

      Revenons plutôt à l’essentiel, qui concerne précisément ce que vous appelez « le fond des choses ». Sans épiloguer davantage sur la propagande mensongère incarnée par le pauvre Nigel Farage – faisons confiance aux historiens: ils feront le plus objectivement possible, en temps utile, la part des « choses » – des voix de sagesse s’élèvent déjà Outre-Manche, A preuve cette observation d’un professeur à l’Université de Manchester, qui, ces jours-ci, sur le site de « Telos » – un observatoire de la vie de l’UE – écrivait ceci:

      « Quant aux négociations [du Royaume-Uni] avec les Etats-Unis, on peut prévoir qu’ils [les Etats-Unis] les domineront et qu'[elles] se termineront à leur avantage. En quittant l’UE, la Grande-Bretagne redevient une petite île au large des côtes européennes. Son statut de joueur de classe mondiale s’en trouvera réduit. Le test pour Johnson, comme leader politique, sera de savoir si le pays deviendra la Grande-Bretagne ou la petite Angleterre ».

      Puisque l’Outre-Manche est sur la sellette et que nous en sommes aux citations, je ne puis m’empêcher de penser à Pierre Dac, qui fit jadis les beaux jours de Radio Londres. Deux extraits d’un sketch mémorable qu’il conçut plus tard avec Francis Blanche me paraissent en effet dignes d’illustrer la situation actuelle (je cite de mémoire… mais sans trahir le sens):

      1. « Quelle est le penchant de ce Monsieur ?
      – Eh bien ! Ce Monsieur a la fâcheuse tendance de prendre sa vessie pour une lanterne.
      – Et alors ?
      – Il se brûle ! »

      2. « Où est l’avenir de Monsieur ?
      – Monsieur a son avenir devant lui… mais, chaque fois qu’il se tournera, il l’aura dans le dos ! »

      N’est-ce pas, de manière humoristique, ce qui caractérisera à plus ou moins long terme la situation de l’autre côté du Channel ?

  10. LE PLUS ESSENTIEL DE TOUT EST que les Britanniques VIENNENT DE RECOUVRER LEUR ET LEURES LIBERTES , quelle chance de retrouver la liberté de faire ce que bon leur semblera sans qu’une organisation quelconque s’étant arrogé un droit transnatioal décrété de norme supérieure aux droits nationaux ne vienne dicter sa loi et ses directives !!!! …reste a notre FRANCE de SUIVRE RAPIDEMENT l’,exemple britannique !!!!!!!!

    1. Votre commentaire, davantage dicté par les tripes que par le cerveau, néglige quelques éléments fondamentaux:

      1. « Les Britanniques » ? : n’oubliez pas que le Royaume dit « Uni » est composé de plusieurs « nations »: Or, les velléités d’indépendance que semble manifester de plus en plus l’Ecosse, consciente de la catastrophe que le Brexit contient en germe, risquent de peser à terme sur l’unanimité de façade dont pourrait se prévaloir le fringant « Bo Jo ». Ce n’est pas, en effet, parce que le « Bo Jo nouveau » est arrivé que tout est résolu. Bien au contraire, les véritables problèmes sont plutôt à venir… sans oublier que l’Irlande peut également entrer dans la danse.

      2. Quant au fait de dicter sa loi et ses directives, l’ « organisation quelconque » que vous mentionnez avec un zest de mépris n’est pas extérieure aux Etats qui composent l’UE. Ce sont effectivement eux – dont la France – qui participent à l’adoption de ces actes juridiques. Trop commode de jouer les victimes lorsqu’on est bien content de se servir du paravent de « Bruxelles » pour faire passer des règlementations que l’on n’a pas le courage d’assumer seul sur le plan national ! Heureusement, par ailleurs, que le « droit transnational » que vous stigmatisez ait tout simplement contribué à faire évoluer dans le bons sens le « droit international » tout court !

      3. Maintenant que le coucou britannique a choisi de quitter le nid où il s’ingéniait à faire couver ses oeufs par les autres, reste peut-être la question fondamentale, à poser en considération de l’amont et non de l’aval: était-il opportun de faire entrer le Royaume-Uni dans l’Union ? Une grande voix, en France, avait émis, à deux reprises, de sérieux doutes à ce sujet.

      Mais aussi, une fois l’adhésion entérinée, un élément ne manque pas de frapper lorsqu’on observe l’évolution des traités communautaires et leur mise en oeuvre: c’est toujours le Royaume-Uni, parfois accompagné par certains pays nordiques, qui a obtenu de ses partenaires des dérogations pour ne pas appliquer l’intégralité des traités. On pourrait citer maints exemples de ce refus de jouer le jeu. Vous trouvez ça « fair-play » ?

  11. Le Brexit est un drame pour beaucoup d’anglais et pour l’UE qui se contente d’acter sans faire son auto critique et changer enfin pour poursuivre ce beau rêve d’une UE offrant au monde une voie entre l’ultra libéralisme et le nationalisme, celui d’une UE qui mène de front ouverture économique et ouverture sociale, écologique! Le Brexit montre que sortir de l’UE est possible. Il suffirait que 1% des européens soit 5 millions se retrouvent à Bruxelles pour que les technocrates découvrent que le peuple européen existe et a des attentes mais rien n’est fait pour ce peuple prenne conscience de lui-même et de son pouvoir. Pour lui l’UE demeure un vague « truc » lointain et ignore à quel point ce truc décide de son présent et de son avenir.

    1. Tout à fait d’accord avec votre première phrase !

      En revanche, la suite appelle à être sérieusement nuancée à la lumière de ce qui se passe réellement au niveau de l’UE.

      Et avant tout, qu’entendre par « Bruxelles » ? Ce terme galvaudé se prête volontiers à la stigmatisation de ce que vous appelez les « technocrates » et que l’on a tendance à réduire arbitrairement et superficiellement aux membres de la Commission européenne et à ses fonctionnaires.

      Or, une observation attentive de l’exercice du pouvoir au sein de l’UE montre que, si la Commission assume des responsabilités d’initiative et de gestion, le centre nerveux des décisions – certes sans négliger ni les prérogatives propres au Parlement européen ni les jeux d’influence pratiqués par les lobbies (ces derniers tout aussi actifs au niveau national) – réside dans le microcosme constitué par le Conseil, émanation des gouvernements des Etats membres: sans doute, au plus haut degré, les ministres eux-mêmes, mais, surtout, à un niveau en-dessous, les « redoutables » ambassadeurs auprès de l’Union que sont les « représentants permanents » spécialement désignés à cet effet par chaque gouvernement parmi le fleuron du corps diplomatique. Ces derniers, du reste, sont assistés de fonctionnaires et d’experts détachés des services nationaux qui travaillent en étroite coopération avec leurs homologues de la Commission dans des Comités à vocation générale ou spécialisée. Ne négligez donc pas cette imbrication qui, encore une fois, va au-delà des effectifs de la seule Commission.

      C’est bien dans ce cercle que se prennent les grandes décisions – cet habillage collectif ayant, au demeurant, la vertu de fournir aux autorités nationales l’excuse de ne pas endosser seules la responsabilité de décisions qu’elles savent parfois impopulaires.

      Quant à la distance que vous imputez à ce « truc lointain », il s’agit là aussi d’une critique commode qui ignore que, par exemple, la Commission a une large pratique des consultations publiques s’adressant non seulement aux milieux économiques, mais aussi aux citoyens européens pour des questions qui les concernent directement dans leur vie quotidienne. Vous pouvez les trouver facilement sur le site « Europa », qui sert également de support à de nombreuses informations sur l’ensemble des activités de l’UE. Mais encore faut-il avoir connaissance de l’existence de ce site – ce que les instances nationales ne relaient pas toujours avec l’importance qu’il mériterait. Des représentations des institutions européennes accessibles au public dans les capitales et les grandes villes de l’Union existent également pour promouvoir de telles informations… mais elles sont malheureusement insuffisamment connues. La « distance » que vous déplorez, sans doute en toute bonne foi, est donc surtout imputable à ce voile « pudique » – ou délibérément déployé.

      Enfin, ne négligez pas non plus l’existence du service « Europe Direct », accessible par messagerie numérique ou par téléphone, qui permet à tout citoyen de poser des questions de toute nature sur le fonctionnement de l’Union européenne, depuis l’interprétation des traités et de la réglementation jusqu’à des détails de l’action de l’UE impactant sa vie quotidienne. Ayant personnellement contribué en diverses occasions à alimenter les réponses ainsi sollicitées, je puis témoigner du dynamisme de ces échanges… même si, là aussi, tout est encore perfectible.

      1. Post-scriptum. Pour faciliter les recherches concernant les supports d’information cités dans le commentaire ci-dessus, voici le « trousseau de clés »:

        – site Europa: https://europa.eu/european-union/index_fr

        – n° de téléphone d’Europe Direct: 00 800 6 7 8 9 10 11

        Bonne chance aux esprits curieux (qui auront remarqué que la série de chiffres du n° de téléphone comporte une progression aisée à retenir) !

  12. eh bien non, c’est un désastre et on verra les conséquences dans les 2 ans à venir progressivement …. déjà le référendum où un peu de la moitié de la population a voté POUR le Brexit car ils avaient cru les mensonges de Boris Johnson et Nigel Farage. C’est une honte que la personne à l’origine des mensonges est devenu 1er ministre. Moi c’est terminé je n’irai plus en Angleterre alors que j’étais un habitué. Ce sera maintenant l’Irlande Européenne.

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