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Ainsi périssent les démocraties

L’un des débats majeurs dans les affaires européennes depuis des années, et pour nous depuis le référendum de 2005 sur la constitution européenne, est la mise sur pied d’une dimension démocratique au système de gouvernance européen. L’existence de députés européens dont personne ne comprend ce qu’ils font n’y suffit pas.  La présence de chefs de gouvernements qui négocient le bout de gras de manière régulière n’en est pas un substitut. La démocratie, très simplement, c’est la possibilité pour les citoyens de décider l’orientation politique et le programme des institutions européennes au moment d’un vote. Pour cela il faut que ce qui fait figure d’exécutif européen, la Commission, soit issue des élections.

Un pas immense avait été fait en 2014 avec le Spitzenkandidat : chaque famille de partis européens présentait aux élections un candidat à la Commission, et celui qui gagnait les élections européennes devenait président. C’est ce qui s’est passé avec Juncker, candidat des conservateurs. Il était question pour donner plus de visibilité à ce processus de créer des listes transnationales.

Mais là ! Cette belle idée a été assassinée au Parlement européen par les conservateurs  qui craignaient que ce système soit un peu trop démocratique et puisse enclencher une dynamique européenne distincte de la somme des dynamiques nationales qu’ils dominent pour l’heure. Immédiatement, les chefs d’Etat opposés à une légitimité démocratique propre de la Commission face à eux ont sauté sur l’occasion pour enterrer l’idée de désignation démocratique du président de la Commission. Avec des arguments béton, du style : les gens ne savent pas pourquoi ils votent parce que c’est compliqué, donc c’est moins démocratique qu’une négociation diplomatique à porte fermée pour choisir le mec qui ne va gêner aucune des personnes présentes dans la pièce. Ce vendredi, les chefs d’Etat sont tombés d’accord à la quasi-unanimité pour refuser tout processus d’automaticité au mécanisme de Spitzenkandidat. Seuls les premiers ministres Italiens, Suedois, Maltais et Grecs ont apporté leur soutien à l’approfondissement de la démocratie, ce qui fait peu. Le Président français pour sa part, fait clairement partie des opposants. Maintenant qu’il est assuré que les citoyens n’auront pas voix au chapitre dans la désignation de leur gouvernant européen et des politiques suivies, un exercice démocratique de conventions va cependant être mis en place pour recueillir leurs opinions et leurs souhaits.

Les groupes politiques du Parlement ont annoncé leur intention de résister, mais ayant eux-même réduit leur crédibilité à néant en surinant l’idée de listes transnationales peu d’observateurs croient à leur capacité d’aller au bout. Au mieux, les apparences pourraient être sauvées par un accord des chefs d’Etat sur le candidat des conservateurs, pour l’heure assuré de gagner les élections. Ceci reporterait la crise aux prochaines élections, avec l’assurance d’avoir un Mr Nobody à la Commission dans l’intervalle.

Du coup, c’est ambiance fin de règne à Bruxelles, ce qu’illustre l’affaire Selmayr (et pas Neymar, bien que le transfert fasse autant de bruit). Martin Selmayr est le directeur de cabinet de Juncker. Fonctionnaire européen depuis 15 ans, il n’a en réalité jamais travaillé en administration et n’a connu que les cabinets. Il vient d’être nommé secrétaire général de la Commission contre toutes les règles de la fonction publique européenne, en lui faisant sauter deux grades. Très connu pour ses grandes capacités diplomatiques (pas vraiment), il illustre parfaitement le problème des cabinets: ces postes sont ils administratifs ou politiques ? Tous s’accordent à considérer Selmayr comme un politique, que ce soit par son parcours, son mode d’action et l’énergie qu’il a mis à ouvrir de nouvelles capacités d’action à la Commission. Le voilà placé au firmament de la Commission européenne, en violation de toutes les règles comme le décrit parfaitement Jean Quatremer. La directrice générale RH qui aurait pu demander le respect des procédures de base a vu le même jour son poste prolongé au-delà de sa date de départ à la retraite. Selmayr, qui dans les faits cumule aujourd’hui son nouveau et son ancien poste dispose donc d’un pouvoir jamais vu. Ceci peut sembler vu de loin être des histoires de coulisses de Bruxelles, mais ce qui est en jeu est la capacité de l’embryon d’Etat européen à maintenir des règles de fonctionnement éthiques, comme pour l’affaire Barroso. C’est important s’il devient un jour une démocratie. C’est plus important encore s’il ne le devient pas.

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Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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30 Commentaires

  1. Je regrette que, pratiquement partout sur Internet, on adopte la ponctuation anglo-américaine. En français, les signes de ponctuation doubles (ex. point d’exclamation) sont encadrés par une espace de part et d’autre des signes doubles.

    1. Vous avez raison de réagir, je crains cependant que la cause soit pratiquement perdue.
      En effet, déjà la France brille par sa discrétion, pour ne pas dire son absence, dans la défense de la Francophonie.
      Mais de plus, nous sommes littéralement submergés par cette langue anglaise : chansons à la radio, films, séries, documentaires à la télévision ou au cinéma, publicités, slogans, jusqu’au lamentable « France is in the air » censé faire la promotion de Air France ou à la scandaleuse loi « Fioraso » qui autorise nos grandes écoles à dispenser leur enseignement en anglais.

      En outre, même si l’État français ne l’a toujours pas ratifiée, « l’union » €uropéenne fait la promotion des langues régionales et minoritaires et demande aux pays de ratifier la Charte correspondante.
      C’est ainsi qu’à terme, rien n’interdira à un Breton ou à un Corse d’exiger l’emploi de sa langue dans les services publics, par ex. dans un tribunal.
      On a ainsi recensé 8 ou 9 langues à « sauvegarder » en France, pendant que dans le même temps on se désintéresse de notre langue nationale.
      Récemment, une entreprise s’est tout de même vue refuser par le tribunal le droit de fournir un contrat de travail rédigé en anglais à ses nouveaux embauchés.
      Heureusement, des personnalités éminentes, du Collège de France, de l’Académie française, s’en émeuvent et s’en plaignent occasionnellement.

      Malheureusement, je crains qu’il ne s’agisse d’un combat d’arrière garde…

      1. Je crois qu’il faut absolument lutter, en impliquant les sommités que vous évoquez. L’américanisation de notre langue ne repose que sur le snobisme de certains qui nous parlent (et ont du mal à soutenir une conversation in English et ignorent bien des choses sur La Grande Amérique). Malheureusement, le grand public n’a pas les moyens de séparer le bon grain de l’ivraie.
        Au fait, voyez mon livre « La communication américanoïde » disponible sur amazon.fr.

          1. J’ai lu cet article hier. Merci.
            Je n’ignore pas que certaines entreprises françaises ont décidé que leur langue de travail était l’anglais (dont Renault, il y a longtemps – ça a peut-être changé). Je sais aussi que, depuis Tocqueville ainsi que depuis la Libération, la France éprouve une fascination pour La Grande Amérique, sa langue, ses coutumes et pratiques. Par exemple, les publicités et les films montrent soit des gens qui s’étreignent (le « hug » américain), soit des gens qui font des « high fives » (se tapant mutuellement les paumes de mains). Les montreurs d’images français montrent aussi des demandes en mariage où l’homme met un genou à terre et tend à celle qu’il veut « pouser un étui contenant une bague ; voyez la publicité M&Ms pour les bonbons « personnalisés » et celle pour un test de grossesse.
            Outre la ponctuation, je déplore vivement de voir que la syntaxe anglo-américiane supplante la syntaxe française : « lavez vos mains » au leiu de « lavez-vous les mains ».
            Je regrette aussi qu’un président de la République se mette la main sur le cœur pendant la Marseillaise, organise un « One Planet Summit » à Paris et, pire encore, lance une opération intérieure à tendance sociale sous le nom « de French Impact ».Dans mon livre, je décortique les messages publicitaires et les marques ainsi que le prétendu latin (dont du bas latin), qui vient du Royaume-Uni et des États-Unis.
            Précisons que je suis un Français bilingue anglais-français de naissance et que je parle d’autres langues.
            Je travaille sur un « dictionnaire » des singeries et imitations de l’anglais.

          2. Très intéressant !
            Je n’ai cependant pas vraiment la même vision que vous.
            Macron la main sur le cœur ou Brigitte que nos « grands » médias veulent absolument transformer en « première dame », ce n’est pas le résultat d’une quelconque fascination, mais plutôt de la « soft » dictature, l’effet d’un formatage de Young leader, passage fréquent de nos « zélites » françaises.
            C’est une volonté de faire accepter par les Français des us et coutumes du pays dominateur : coutumes, humour, droit, valeurs, etc.
            L’importance des publicités, des chansons et des films américains est la conséquence des accords Blum-Byrnes.
            La « fascination » est en réalité le résultat d’une manipulation médiatique qui a attribué la libération de la France aux seuls américains, en magnifiant les symboles : le chewing-gum, les cigarettes blondes, les films de Hollywood, les jeeps, le coca, etc. et en occultant la contribution russe.
            Ils se sont approprié le mérite. Ce n’est pas sans raison que Charles de Gaulle n’a jamais commémoré le 6 juin, appelé, si j’en crois une réflexion, « débarquement » chez nous, « invasion » chez eux.

            Ne confondons pas la population avec ses « zélites ».
            S’il y a une véritable fascination, elle est plutôt du côté de toute une clique de collabos, politiciens (Jean Monnet, par ex.) ou médiatiques.
            Dans la population, si attrait il y a, il est obtenu au prix d’une forte et longue promotion/propagande médiatique et politique et grâce à une saturation des canaux d’information (presse, radio, télé, cinéma, internet, informatique).
            Il faut bien garder à l’esprit que l’un des fondements de la « culture » américaine, c’est le mépris. Mépris qui fait qu’ils s’autorisent à aller chez les autres, à commencer par les Amérindiens, à s’imposer et à les contraindre à leur mode de vie.

            Enfin, l’usage de l’anglais peut se concevoir dans des entreprises ou institutions françaises, mais il ne devrait concerner que les cadres, commerciaux et dirigeants.
            Là, c’est bien à l’ensemble de la population qu’on veut imposer d’utiliser de préférence cette langue…

          3. Il y a du vrai dans nos deux visions, qui ne sont pas diamétralement opposées, je crois. Toutefois, j’ai rencontré à de nombreuses reprises des Français des deux sexes et de conditions sociales différentes, dans diverses régions. Et ceux dont il est question ici affublaient leur animal de compagnie d’un nom anglais (Web, Sheldon, etc.). Du temps du feuilleton Dallas, des femmes baptisaient leurs filles Sue-Helen (la poivrote) ou du nom de la machiavélique, dont le nom m’échappe. Ces mêmes personnes trouvaient qu’une déclaration  » faisait mieux en ricain « . Aujourd’hui, on peut trouver, en quantité, sur des profils LinkedIn.com une flopée de CEO, SEO et autres sigles anglo-américains correspondant à diverses fonctions dans l’entreprise (américaine). J’ai récemment lu, sur ce réseau professionnel que PDG,  » ça fait provincial « .
            Il ne me semble pas que le seul rabâchage par les prétendues élites de singeries de l’anglais et d’alignements sur cette langue soit la cause de l’envahissement galopant de l’anglo-américain dans notre langue.
            Les publicitaires, qui ne sont pas l’élite, mais des  » êtres superficiels  » selon Jacques Séguéla lui-même, en ont plain la bouche de termes anglais, langue que généralement ils massacrent, comme l’écrasante majorité des Français. Ils sont à l’origine, avec les gens du  » marqué Tignes « , de slogans, signatures de messages imprimés, radiophoniques et télévisés (surtout) en anglais, messages qui sont  » illustrés  » par des musiques largement anglo-américaines et qui n’ont rien à voir avec l’immense majorité des produits qu’ils vantent.
            Quant à  » invasion « , que vous opposez à  » débarquement « , il ne me semble pas reflèter la volonté (manifeste) des États-Unis de dominer le monde. C’est simplement que le contenu sémantique est le même pour les deux mots, dans leur langue respective. Il en est de même de  » croisade  » et  » crusade « , source de malentendus chez les arabophones parlant plus ou moins bien l’anglais, pour qui le mot anglais renvoie à la prise de Jérusalem et l’invasion des chrétiens, alors qu’il signifie  » campagne pour une cause.
            Pour finir, même si le combat contre tout cela est  » d’arrière-garde « , je n’y mets pas fin. Je travaille depuis quelques mois sur un dictionnaire des singeries de l’anglais ; il ne s’agit pas uniquement des anglicismes.
            Bonne journée

          4. Je vous souhaite bonne chance pour la diffusion de votre livre.
            En fait, la question simple qu’on peut se poser est celle-ci : sont-ils venus pour nous libérer ou pour nous contrôler ?
            En ce qui me concerne, je réponds sans ambiguïté à cette question. Ce n’est pas un hasard si, aujourd’hui et depuis des décennies, la France et ses « dirigeants », y compris ses présidents, est espionnée 24/24, par un pays qui se prétend notre « allié ».

            Il faut bien voir que la France était une puissance indépendante, détentrice de l’arme atomique, siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et qu’il fallait absolument la mettre sous tutelle.
            Et comprendre que « l’union » €uropéenne et l’OTAN sont les instruments qui leur ont permis d’y parvenir, au départ pour s’opposer à l’influence de l’URSS, aujourd’hui pour la transformer en vassal servile et en un marché où la concurrence est non faussée, entendre où les multinationales américaines ne rencontreront pas de résistance (législation = obstacles).

            C’est pourquoi la France est totalement diluée dans cette organisation, en plus d’avoir réussi à faire voter par ses « dirigeants » des délégations de souveraineté multiples qui ont fait perdre à l’État tout pouvoir.
            Ce que vous voyez comme une sorte de fascination est en réalité la conséquence d’une stratégie sophistiquée de domination, le « soft power » ou la « soft » dictature.

          5. D’abord, merci de vos encouragements. Le livre en cours est loin d’êtreterminé. Peut-être me ferez-vous l’honneur de lire le premier, qui est sur amazon.fr.
            Je n’ai jamais été dupe des intentions profondes des États-Unis, à savoir qu’ils prétendent avoir créé la Jérusalem Céleste et qu’ils détiennent la Vérité. D’ailleurs, durant la courte existence de ce prétendu Phare du Monde, celui-ci a pratiquement toujours été en guerre.
            Je suis tout à fait lucide sur la nature réelle de leur société, qui glorifie l’argent et ne se préoccupe que très peu des plus faibles. Et je regrette que la France soit depuis trop longtemps inféodée à l’Amérique.
            Il n’en reste pas moins que les Français devraient en prendre conscience, d’abord. Et qu’ensuite, ils luttent pour préserver et défendre tous les aspects de leur culture, au premier rang desquels leur langue, outil de réflexion.
            Enfin, je suis partisan de l’apprentissage et de la pratique de l’anglais et d’autres langues. Cela permet l’ouverture au monde, bien sûr, mais ça fournit une connaissance des pays où on les parle. C’est grâce à ces efforts d’aculturation que la France, pays de culture, pourra, au moins en partie, retrouver sa place dans le monde.

    2. Le français devrait être la langue commune de l’Europe et être enseignée en premier.
      Après, ce serait les langues aux frontières respectives de chaque état européen, et/ ou la langue régionale locale.
      Puis viendrait au choix, les diverses langues européennes, les langues anciennes, la langue régionale locale, ou une langue régionale européenne limitrophe. Le choix étant totalement libre à l’université. Actuellement, l’anglais en premier détruit la diversité de l’apprentissage des langues européennes, et nous inféode culturellement et intellectuellement au Monde Anglo-saxon.
      Le français progresse et a un poids certain dans le monde. Il contre-balancerait l’influence économique de l’Allemagne.
      Il correspond aux valeurs modernes européennes, et est toujours bien accueilli en Europe de l’est.
      Les cadres de l’administration et d’Europol, les diplomates, les officiers de la future armée et des douanes aux frontières extérieures européennes se devaient de parler aussi français.
      Toutes les écoles internationales européennes de part le monde devraient être bilingues français et langue d’origine de l’établissement. Un réseau international d’écoles bilingues français et langue du pays où elles résident devrait être établi avec un accès aux universités européennes, écoles de commerces, et autres institutions.
      Des universités bilingues français et langue du pays devraient être créées dans chaque capitale européenne.
      Le noyau dur des pays de la Francophonie et les diverses territoires européens d’outre-mers devraient être incités à faire de même.
      Ainsi, dans le cadre d’une fédéralisation (même des nations), l’Europe obtiendrait sans combattre, en deux générations, une position de superpuissance.

      1. Je suis d’accord avec vous sur l’importance du français en Europe et dans le monde.
        Le français est une des langues européennes officielles de l’Union Européenne et des Jeux Olympiques.
        Notre langue et ceux qui la parlent sont en effet bien accueillis dans de nombreuses régions du monde, notamment en Europe de l’Est (comme vous le dites), quoique l’allemand se répande dans cette partie de notre continent, du fait de l’implantation commerciale et industrielle de l’Allemagne.
        En Amérique Latine, le français est très bien vu, ainsi que notre littérature, qui fait l’admiration des lettrés là-bas.
        En revanche, l’anglais étant la lingua franca mondiale, en particulier dans le domaine économique, je crois que les Français devraient l’apprendre et la parler un peu mieux que leurs prédécesseurs. Pour promouvoir les produits français, en particulier. Et, aussi, parce que la pratique de langues étrangères apporte une ouverture sur le monde et une meilleure compréhension des interlocuteurs étrangers. D’autant que, pour ce qui est de l’anglais, les littératures britannique et américaine comportent des monuments culturels. Au même titre que celles du monde espagnol et du monde français, pour ce que je connais.
        Bien entendu, les langues régionales doivent être préservées et pratiquées par ceux qui le veulent. Et celles des pays frontaliers sont également dignes d’intérêt.
        Et, bien entendu, les Français doivent approfondir la maîtrise de leur langue ; ceci leur permettra, entre autres, une plus grande facilité dans l’apprentissage d’autres langues.
        Bonne journée.

  2. Visiblement, l’auteur de cet article n’a pas remarqué que tout se passe par copinage dans les institutions européennes…
    Avoir concentré autant de pouvoir dans les mains de la commission n’est pas le résultat du hasard, ni celui d’une erreur d’appréciation. C’est volontaire.
    Il faut bien comprendre que tous ceux qui travaillent pour « l’union » €uropéenne bénéficient d’une sinécure très confortable à laquelle ils ne renonceraient pour rien au monde, quelque soit le niveau d’austérité qu’ils imposent par ailleurs aux citoyens de l’Europe…
    Pendant ce temps, les revenus du capital ne cessent d’augmenter, l’écart entre très riches et le reste de la population de se creuser.
    Ils n’ont donc absolument aucune intention de remettre un peu de démocratie dans ce système bien huilé dans lequel ils ont tout : le prestige, le pouvoir, le confort.
    Il en est de même pour nos « parlementaires » qui servent de caution inutile, mais dont les conditions de « travail » sont telles qu’ils n’ont aucune raison de se plaindre.
    Je serais même tenté d’ajouter qu’il en est de même de tous agents des cabinets de conseils et de lobbying qui gravitent autour, ainsi que de toutes les associations, think-tanks et ONG pro-UE dont la promotion de l’UE est la raison d’être.
    Il y a de l’argent dans les institutions européenne, le nôtre, et il ruisselle tout autour. Ils n’ont tous aucun intérêt à ce que quoi que ce soit change.
    À titre d’illustration, au moment des dernières élections européennes, l’opinion publique française était suffisamment ulcérée pour envoyer 21 (sauf erreur) élus du FN.
    Je me rappelle avoir dit à l’époque qu’on n’en entendrait plus jamais parler jusqu’aux prochaines élections.
    C’est exactement ce qui s’est passé : ils ont touché leurs émoluments, ont profité de la vie de palace et se sont fait oublier.
    Pendant ce temps, les peuples font le dos rond, subissent et patientent en continuant à croire les balivernes que leur servent quotidiennement nos « grands » médias sur les bienfaits de l’UE, auxquels on peut ajouter tous les articles, publications, conférences de toutes ces associations, think-tanks et ONG pro-UE (dont Sauvons l’Europe) qui chantent en chœur et en permanence ses louanges.

    1. Pas entièrement d’accord: la plupart des critiques que vous faites s’adressent tout autant aux élites françaises et la place du FN aux dernières élections présidentielles suffit à la démontrer.

      Le silence autour de l’Europe est moins le résultat d’un complot des médias que d’un constat que l’Europe « au quotidien » ne fait pas vendre de papier et donc d’un désintérêt de la part des médias.

      Et enfin, si vous nous classez dans la catégorie eurobéats, vous ne devez pas souvent nous lire 🙂 Pour info Sauvons l’Europe ne touche aucune subvention et fonctionne de manière entièrement bénévole, pour r’ester indépendant.

      1. Je me devais de vous « asticoter » un peu.
        J’avoue être surpris…
        Comment peut-on objectivement se mobiliser pour défendre et promouvoir un « système » conçu pour nous asservir et qui y parvient parfaitement ?
        Comment peut-on admettre que l’UE accepte que sa défense se résume à l’OTAN ?
        Comment se satisfaire de cette myriade d’institutions, de leur prérogatives ou absence de prérogatives, de leur éloignement abyssal d’avec les populations ?
        Et je m’interroge encore : quels sont les obscurs auteurs des règles de fonctionnement de cette « usine à gaz » ?
        Néanmoins, je dois aussi vous féliciter sur au moins deux points :
        – être des militants convaincus et non soudoyés,
        – accepter la critique virulente dans les commentaires à vos articles.

        1. Merci ! Nous essayons toujours d’échanger, c’est plus sympa.
          Pour résumer d’un mot : nous sommes des militants de la démocratie. Nous croyons ferment que l’Europe est plus puissante que les Etats isolés face aux grandes entreprises et aux autres pays, donc nous voulons une démocratie européenne pour avoir plus de démocratie. Et nous sommes bien d’accord: on y est pas !

          1. C’est une position paradoxale, je le crains…
            Vous dites « l’Europe est plus puissante que les États isolés face aux grandes entreprises » et c’est pourtant bien l’UE qui est en train de nous contraindre, à la suite des demandes insistantes de grandes entreprises et multinationales justement, à accepter ces accords de « libre-échange » : CETA, Mercosur, TTIP/TAFTA, avec, en prime, ces « fameux » tribunaux arbitraux privés (CIRDI) devant lesquels elles pourront assigner des institutions telles que des collectivités ou même des États !?…
            Inutile de préciser, et les exemples qui l’attestent sont déjà nombreux, qui aura gain de cause à la fin du procès et qui devra payer.
            D’ailleurs, il y a quelques temps, un document confidentiel a fuité aux états-unis, dans lequel on apprenait qu’ils considèrent évident que ces accords ne bénéficieront qu’à leurs entreprises et sera au détriment des européens.
            Au risque d’alourdir ma réponse, vous devriez admettre que la démocratie à la sauce « union » €uropéenne est un miroir aux alouettes…
            Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est Jean-Claude Junker lui-même : http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/02/31001-20150202ARTFIG00405-du-traite-constitutionnel-a-syriza-l-europe-contre-les-peuples.php

    2. On ne peut que déplorer, une fois de plus, les lunettes déformantes que vous chaussez pour stigmatiser le fonctionnement d’une UE dont vous semblez ignorer les réalités – sans doute parce que vous êtes trop éloigné de celles-ci, au point de céder à la « dictature des apparences ».

      Mis à part le contresens qui a été déjà dénoncé ici-même, mais que vous entretenez, quant au rôle des grands médias (surtout audiovisuels) en ce qui concerne l’information – très déficitaire – sur l’UE, mon attention a été surtout attirée par le membre de phrase « avoir concentré autant de pouvoir entre les mains de la oommission » (merci de respecter la langue française en n’omettant pas le « C » majuscule). En fait, on peut craindre que la distance que vous prenez avec l’observation des faits ne procède d’une certaine confusion en regard du rôle des diverses parties prenantes.

      Certes, la Commission dispose d’importantes compétences en matière de gestion, en dépit de la faiblesse d’un budget que les Etats membres veulent bien tolérer – et ses propres dépenses de fonctionnement n’en représentent que moins de 10 % (on peut se demander où est le « ruissellement » dont vous faites état)..

      Mais il me semble que le domaine où l’erreur est la plus communément répandue concerne le « monopole de l’initiative » que lui reconnaissent les traités. Cet attribut a tendance à se cantonner aujourd’hui à une réalité plus procédurale que politique. Bien sûr, le démarrage des travaux législatifs suppose théoriquement une proposition de la Commission. Or, si divers articles des traités y invitent expressément, on ne doit pas méconnaître que, très souvent à l’heure actuelle, l’impulsion procède en amont d’une invitation préalable émanant du Conseil européen (au niveau des chefs d’Etat ou de gouvernement), du Conseil réunissant les ministres ou du Parlement européen.

      Quant aux travaux préparatoires à ce qui se concrétisera en aval par un règlement ou une directive adopté en codécision par le Parlement et le Conseil, ils ne se cantonnent pas à des élucubrations de fonctionnaires européens confortablement installés dans leur tour d’ivoire. Outre les nombreuses consultations conduites avec la « société civile » et ses représentants, les discussions n’échappent ni à des concertations au sein des commissions parlementaires ni à de véritables négociations dans le cadre des groupes spécialisés du Conseil: les tout-puissants « Représentants permanents » des Etats membres jouent à cet égard un rôle déterminant pour ne laisser à leurs ministres que le soin de trancher des questions sensibles appelées à réunir l’unanimité ou des majorités dites « qualifiées » allant au-delà des majorités « simples ».

      Or, si les fonctionnaires nationaux en poste de longue durée dans ces véritables ambassades que sont les Représentations permanentes y sont très actifs, on ne doit pas non plus négliger l’action de renfort que mènent, dans ces groupes, les fonctionnaires des ministères qui font l’aller-retour entre leurs capitales respectives et Bruxelles: le « Thalys », qui relie Paris et la capitale belge constitue à cet égard un vecteur sociologiquement emblématique de tels déplacements « ad hoc ». J’ai eu fréquemment l’occasion de côtoyer de tels voyageurs et leurs costumes trois pièces ou tailleurs Chanel au cours de mes propres pérégrinations.

      Cela étant, me permettrez-vous d’ajouter que je souscris entièrement aux remarques qu’avec d’autres commentateurs vous avez formulées quant à l’excès d’ « anglo-saxonisme » dans les travaux écrits ou oraux des institutions de l’UE. C’est même en réaction à cette tendance que des fonctionnaires ou anciens fonctionnaires de ces institutions ont suscité une action de résistance à travers des associations prônant un usage plus développé du multilinguisme: il arrive que les « technocrates » – ou supposés tels – ne soient pas totalement apatrides…

      1. Merci pour votre longue réponse.
        « vous êtes trop éloigné des réalités de l’UE »…
        Ne serait-ce pas plutôt l’UE qui est beaucoup trop éloigné des populations ?
        Un budget de fonctionnement de 10% sur un budget de ~160 milliards d’euros, ça fait de l’ordre de 16 milliards de fonctionnement.
        16 milliards !!!
        Et vous pensez que 16 milliards, c’est insuffisant pour ruisseler !?…
        Je peux vous assurer qu’avec une somme pareille, il y a des dizaines de milliers de personnes affairées, en une belle pyramide hiérarchique, qui se retrouvent avec les poches bien garnies.
        Renseignement pris, c’est plutôt de l’ordre de 7,6 milliards distribués uniquement dans l’administration…
        Les pouvoirs, dont le pouvoir d’initiative, de la commission (composée de personnes non élues, désolé pour le c minuscule) sont tels que les parlementaires n’ont pratiquement pas voix au chapitre.
        Il suffit, par ex. d’examiner les conditions à respecter (qui les a écrites ?) pour qu’une ICE aboutisse, pour comprendre que c’est pratiquement impossible.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_citoyenne_europ%C3%A9enne
        En dernier ressort, c’est – toujours – la commission qui décide.
        Et ce qui ne cesse de m’étonner, c’est de voir que vous semblez trouver ce fonctionnement normal et satisfaisant.

        Heureusement, nous trouvons un terrain d’entente concernant les excès d’anglicismes.
        Comme le dit Frederic Beaugeard plus loin, et surtout maintenant que le Royaume-Uni a commencé son #Brexit, le français devrait être la langue officielle de l’UE.
        Mais il n’en sera rien, même si le français fut la langue de la diplomatie européenne, par commodité, par habitude, par pragmatisme et aussi parce que les directives nous viennent souvent d’Outre-Atlantique, nous en resterons à l’usage impératif de l’anglais, aussi bien dans les institutions européennes, que dans notre propre pays.
        Concernant les « lunettes déformantes », je ne vous étonnerai pas en affirmant que c’est vous qui les portez.

        1. « Concernant les ‘lunettes déformantes’, je ne vous étonnerai pas en affirmant que c’est vous qui les portez », concluez-vous: allons, allons ! en dépit de nos divergences d’appréciation, il me semble que vous valez mieux que de contrattaquer par un puéril « c’est-çui-qui-dit -qui-y-est ».

          Au sujet du « C » majuscule au terme « Commission », il me paraît regrettable que, par simple dépit,vous n’acceptiez pas les codes applicables dans le riche arsenal de ce que je pense être notre langue maternelle commune.

          Merci pour la précision apportée quant au montant des dépenses de fonctionnement, soit 7,6 milliards d’euros, ce qui affine l’estimation globale que je donnais. Puis-je juste ajouter que le budget total toléré par les Etats membres a été plafonné à un ordre de grandeur équivalent à 1 % de la richesse totale produite dans l’UE (bien que je ne sois pas un adepte fanatique des mesures en PIB, qui omettent en général le volet écologique de la »croissance »)?
          Ce détail permet d’apprécier la situation à sa juste mesure.

          On peut épiloguer à volonté sur le « ruissellement » des dépenses induites par le budget communautaire. Il me semble simplement qu’une analyse en profondeur du phénomène montre, notamment, que ces dépenses ne se traduisent pas nécessairement par des retombées dans le pays bénéficiaire des financements des projets et programmes nationaux. Ainsi, des résultats d’appels d’offres – une matière sensible que votre serviteur a pratiquée durant de longues années – révèlent que l’attributaire d’un marché n’est pas toujours un ressortissant du pays concerné: il arrive – et pas seulement de façon marginale – que, par exemple, un fournisseur français remporte, par cette procédure, un contrat en Allemagne ou en Italie. Ceci va au-delà d’un (très mal dénommé) « juste retour »…

          Quant à la proximité de l’UE avec les citoyens, il y a, là aussi, matière à débat approfondi – un débat qu’on ne peut en effet éluder par un revers de main un peu rapide.

          Je ne m’attarderai pas sur la montée progressive de la citoyenneté dans le droit européen, une réflexion à laquelle j’ai participé récemment dans le cadre d’une étude et d’une soirée-débat. A votre disposition pour en parler de façon conviviale.

          Et je vous accorde volontiers que le système de l’Initiative citoyenne européenne peine à faire ses preuves… mais, là encore, il ne faut pas privilégier le verre à moitié vide: des exemples montrent que certaines initiatives ont été couronnées de succès, bien que la timidité de la Commission en la matière reste, j’en suis également convaincu, préoccupante.

          Cela étant, ce n’est pas non plus une raison pour occulter d’autres initiatives que la Commission prend d’une autre amnière, essentiellement par le canal des consultations et celui des communications:
          – les « consultations publiques » qu’elle lance périodiquement s’adressent à l’ensemble des citoyens… pour peu que ces derniers y soient sensibilisés par des relais appropriés, à commencer par le site « Votre point de vue sur l’Europe »
          (http://ec.europa.eu/yourvoice/consultations/index fr.htm). Aujourd’hui-même (1er mars 2018) , quatre procédures ont été initiées sur ce terrain dans le domaine des entreprises, des affaires institutionnelles, du marché intérieur et de la fiscalité
          – les « communications » que la Commission produit parfois à un rythme soutenu répondent à un souci que l’on peut qualifier de « pédagogique » (je prends ce risque): leur objet est en effet d’expliquer les tenants et aboutissants d’une politique générale ou d’une initiative spécifique; tout en étant prioritairement destinés au Conseil ou au Parlement de Strasbourg, voire au Comité économique et social européen,ces documents – que leurs auteurs s’emploient à rendre aujourd’hui le moins « jargonneux » possible (il y a du progrès dans cette voie) – sont libres d’accès pour tout un chacun. Sans doute gagneraient-ils – et le débat public aussi – à être mieux connus… mais ils ont en tout cas le mérite d’exister.

          Pour revenir brièvement sur la problématique de la place de la langue française dans l’UE – et, sans doute, plus généralement, dans les organisations internationales – je tiens à préciser que les associations auxquelles j’ai fait allusion ont tiré la sonnette d’alarme depuis bien longtemps. Hélas ! quelle qu’ait été la couleur politique du gouvernement aux manettes en France, l’écho en a été étouffé par le fait d’une regrettable résignation. Mais peut-être qu’un nouvel élan conféré à la la francophonie, tirée par le dynamisme de certains pays africains, pourrait changer la donne. Désolé pour mon optimisme, mais je reste désespérément accroché à la célèbre formule (qui vaut aussi,d ans mon esprit, pour la construction européenne… grrr): « Ils ne savaient pas que la chose était impossible. Alors, ils l’ont faite ».

          Cordialement.

          1. Vous parliez de lunettes déformantes, j’aurais dû parler de lunettes roses…
            Je ne vais pas reprendre tous vos arguments.
            Je note simplement que ce que vous citez, ce sont des mesures très marginales, pendant que, dans le même temps, l’UE impose des changements radicaux et profonds, ne serait-ce que cette année la privatisation de la SNCF, par idéologie libérale, pour satisfaire les appétits insatiables d’une concurrence étrangère, alors même qu’on sait que les conséquences seront désastreuses et que ça s’apparente à une spoliation, ces entreprises venant exploiter le réseau ferré que les Français ont développé (comme avant le réseau électrique, les autoroutes).
            Exit la SNCF, exit le TGV, comme feu France-Télécom, La Poste, EDF, GDF, Alstom, Airbus, etc.
            À chaque fois, on s’empresse bien sûr de changer le nom de la grande entreprise publique sacrifiée, pour que l’amnésie du public entretenue par nos médias fasse son œuvre, si possible en gommant le mot France.
            Au profit de qui ?
            La France est démantelée, morceaux par morceaux sur l’autel du business et du profit.
            Et c’était prévu de longue date et se fera quelque soit les élus que les Français choisissent.
            Mais avec vos lunettes, vous tenterez de me convaincre que c’est très bien, c’est le progrès, c’est « l’union ».
            Merci d’excuser mon amertume.
            https://www.upr.fr/actualite/ne-trompons-de-combat-mise-concurrence-destruction-de-sncf-consequence-directe-de-appartenance-a-lunion-europeenne

          2. Considérer comme « marginales » des valeurs comme la citoyenneté ou la transparence, on ne peut que vous en laisser la responsabilité.

            L’important me paraît être que, grâce à l’espace de discussion que constitue le site de « Sauvons l’Europe », la parole soit donnée tant aux détracteurs qu’aux artisans (je n’ai pas écrit « partisans », bien que j’écoute toujours avec émotion les chants, français ou italien, de ce qui fut un cri du coeur des résistances européennes – déjà – à l’oppression) de la construction européenne…. ce qui, soit dit en passant, m’a personnellement fourni l’opportunité de rappeler quelques réalités concernant le fonctionnement de l’UE.

            Ce n’est pas vous que je cherche à convaincre: la sagesse populaire affirme qu’on ne fera pas boire un âne qui n’a pas soif – comparaison qui, dans mon esprit, n’a aucun caractère péjoratif en considération de l’affection que je voue à ces charmants animaux. L’important est que des lecteurs en recherche d’éclairage sur l’UE, ses apports positifs et ses faiblesses, puissent progresser dans leur quête d’informations.

            Je me permets d’ajouter que, depuis un précédent échange, j’ai retrouvé et actualisé les sources dont je dispose en ce qui concerne les chiffres du budget. J’ai donc pu noter que, dans le budget de l’UE pour 2018 tout récemment adopté à titre définitif (je m’étais provisoirement basé sur des exercices antérieurs), les dépenses de fonctionnement, toutes institutions confondues, représentaient précisément 6,04 % du total (je n’étais donc pas complètement dans l’erreur en me risquant à avancer: « moins de 10% »). On a déjà vu, me semble-t-il, plus bureaucratique en matière de pesanteur financière…

          3. J’ai bien compris que vous êtes un ardent défenseur de cette dystopie.
            Cependant, vous éludez la question que j’ai laissée en suspend : « Au profit de qui ? »
            Voilà 40 ans que nous subissons (j’ai bien dit, nous subissons) cette construction européenne perpétuellement inachevée, qui n’a de cesse de vouloir inclure de nouveaux membres (pour les soustraire à l’influence néfaste de la Russie) et les mettre sous la tutelle bienveillante de l’Oncle Sam, tout en les rendant plus serviles et moins souverains et le résultat auquel on aboutit, c’est une dégringolade ininterrompue : austérité généralisée, pouvoir accru de la finance, des banques, des conglomérats avec la bénédiction de la commission entourée de lobbies bienvenus, privatisations tous azimuts, croissance permanente du chômage (conséquence de la sacro-sainte lutte contre l’inflation), démantèlement de nos industries, appauvrissement de notre armée, de notre agriculture, disparition de nos services publics, paupérisation et précarisation de la population, accroissement du fossé entre très riches et les autres, etc.
            Au prétexte de lutter contre les « obstacles », supprimer les interdictions, l’UE les multiplie en direction des populations et les supprime là où l’on aurait dû les renforcer, c’est-à-dire du côté des multinationales, des détenteurs de capitaux, des banques privées, de la finance.
            Eux ont gain de cause et carte blanche. Il suffit de voir la complaisance et l’hypocrisie avec laquelle l’UE autorise les pesticides ou les OGM.
            Je réponds à votre place : au profit des plus riches.
            Et bien sûr au détriment des populations qui peuvent bien crever, on leur enlève tout ce qui constituait leur richesse : le bien commun. Tout doit être marchandisé !
            Quant à l’environnement, la santé, le bien-être animal, etc. c’est le cadet des soucis de ces milieux d’affaires.
            On peut bien continuer à s’enrichir et à consommer 2 ou 3 planètes tous les ans, nos héritiers se débrouilleront.

  3. Lord John Acton (1834-1902) écrivait dans Historical Essays and Studies : « Power tends to corrupt, and absolute power corrupts absolutely. Great men
    are almost always bad men. » Il ne s’est pas trompé…

  4. Je crois déceler une part d’exagération dans le propos d’ Arthur, sans parler du couteau ensanglanté, Le pouvoir ultime est toujours clairement dans les mains des gouvernements, on reste dans l’intergouvernemental pur et dur.
    J’ai bien lu les articles de jean Quatremer réglant ses comptes avec la Commission et son « prince des tenebres » Martin Selmayr et son pouvoir de persuasion sur les commissaires (rien que quatre papiers en 15 jours sur le sujet) et je l’approuve.
    Cela dit la dire que la démocratie se meurt du fait du mode d’élection du patron de la Commission est excessif, en particulier lorsque l’ on voit les progrès effectues depuis sa création. Il n’existe pas de mode idéal de nomination. Le fait que le PPE domine le Parlement n’est pas a mon gout mais c’est comme ca.
    Par contre si vous voulez voir comment on assassine… democratiquement la Democratie allons plutot voir ce qui se passe en Tchequie, en Pologne ou en Hongrie. et la nous sommes dans le dur.

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