« Défense : être prêts avant Poutine » en débat sur le Podkast

Le Podkast — notre partenaire depuis juillet 2023 — poursuit son travail d’analyse politique lors de cette cinquième saison. Produit par l’Institut franco-allemand (Deutsch-Französisches Institut – dfi) avec le soutien du Fonds Citoyen franco-allemand, cet épisode intitulé « Défense : être prêts avant Poutine » est désormais en écoute sur Sauvons l’Europe.

Pour débattre de cette thématique qui occupe l’espace médiatique, la journaliste Hélène Kohl a invité Yann Wernert (Centre Jacques Delors) et Ulrike Franke (ECFR).


Avec plus de 100 milliards d’euros consacrés au budget de la défense — soit le double de 2021 — Berlin, selon Yann Wernert, fixe les orientations de l’avenir militaire de l’Europe. Même si ce déséquilibre financier met de nombreux partenaires européens sous pression, le Senior Policy Fellow au Centre Jacques Delors y voit l’occasion de rattraper des décennies de sous-financement de la Bundeswehr.

Sabine Thillaye, députée et vice-présidente de la commission de la défense nationale en France, souligne que l’Europe doit réduire sa dépendance sécuritaire vis-à-vis des États-Unis, tout en avertissant que l’endettement massif de l’Allemagne pourrait limiter les marges de manœuvre financières des autres États membres. Politiquement, la prise de conscience progresse toutefois : la défense est une responsabilité européenne commune.

Ulrike Franke explique la réforme controversée du service militaire : la visite médicale deviendrait obligatoire tandis que le service resterait volontaire. Face à l’objectif de 260 000 soldats, elle doute qu’un système purement volontaire suffise, d’autant que les services de renseignement estiment que l’Europe doit être en mesure de se défendre d’ici la fin de la décennie.

Parallèlement, l’industrie allemande de l’armement connaît un essor sans précédent, entre l’envolée boursière de Rheinmetall et la multiplication de start-up spécialisées dans les drones. Pourtant, des projets européens majeurs comme le système de combat aérien du futur (SCAF) restent bloqués et pourraient vaciller politiquement.

Le Podkast se conclut par un appel : face aux bouleversements sécuritaires actuels, l’Allemagne et la France ont plus que jamais besoin d’un dialogue ouvert, bien informé, et d’une compréhension commune des défis auxquels l’Europe est confrontée.

 

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7 Commentaires

  1. Ma grand-mère, infirmière pendant la 1ère guerre mondiale, résistante, veuve de guerre, rescapée du camp de concentration de Ravensbrück, décédée en 1975, me disait souvent ceci : « J’ai peur de l’Allemagne. Il faut éviter trois choses : la réunification, le barrage à l’extrême droite pour qu’elle n’accède plus au pouvoir, et le réarmement.  » Ses paroles résonnent très fort aujourd’hui où ces trois interdits sont réalisés ou sur le point de l’être.

  2. Les russes n’ont aucune envie, ni intérêt à nous faire la guerre. On entretient cette menace fictive pour mieux nous taxer nos épargnes et engraisser le complexe militaro industriel dont les actions explosent en ce moment même. Nul doute que Blackrock, dont Merz fut le président, en profite bien. Cette désignation d’un “ennemi” commun est également une tentative de réunir les populations européennes autour de leurs leaders qui actuellement dépassent rarement les 12% de soutien électoral. Rien de tel qu’une menace à nos frontières pour faire oublier au bon peuple combien sa nation est entre de mauvaises mains. Et bien sûr la quasi totalité des médias, obséquieux et disciplinés, jouent le jeu. Bonjour le lavage de cerveau.
    Cela va être aussi un bon prétexte pour laisser tomber la transition écologique.

    • La menace est peut-être fictive pour nous, mais pas pour les pays baltes, la Moldavie, la Pologne. Vous semblez oublier les agressions multiples de Poutine en Tchetchenie, Géorgie, Biélorussie, et actuellement en Ukraine, sans compter les menées separatistes en Moldavie. Il ne s’agit pas de guerroyer contre Poutine, mais de lui montrer que l’Europe n’est pas disposée à se laisser croquer par petits morceaux. Nieriez vous que Poutine fasse preuve d’un impérialisme guerrier?
      L’égoïsme national conduit à avaler des couleuvres de plus en plus grosses..Mais vous ne semblez guère intéressé par le devenir de l’Europe.

    • Bonjour.

      Nous avons fait preuve de naïveté à la veille de la seconde guerre mondiale, selon vous, nous devrions répéter cette funeste erreur ?

      Préparer la guerre n’est pas la faire, c’est montrer tout simplement qu’on est prêt à répondre à une agression.

      Par contre, cet article n’aborde pas le thème essentiel de la mise en place d’une vraie armée européenne, elle aurait pour avantage de :

      – Eviter le réarmement de l’ALLEMAGNE, je ne pense pas que nous soyons un jour dans le même scenario de l’Allemagne nazie, mais sait-on jamais ?
      A ce sujet, Mr HERLEMONT, évoque avec pertinence, la pensée de sa grand-mère à ce sujet, une personne qui était fort admirable d’après ce que j’ai lu.

      – Avoir un seul et unique commandement européen.

      – Construire toutes les armes sur le sol européen avec son uniformisation, inutile d’avoir une multitude de logistiques comme c’est le cas aujourd’hui.

      – En allant vers cet objectif, non content d’être crédible par rapport aux autres puissances dont la Russie, on fera d’énorme économie, l’argent dépensé sera un retour sur investissement pour l’économie européenne, elle évitera d’engraisser un allié qui n’en ait plus, ceci depuis longtemps, quand va t’on le comprendre ?

      • C’est vrai qu’il paraît impensable que l’Allemagne reproduise les erreurs du 20ème siècle. Cependant, l’Afd (Alternative für Deutschland) y est aux portes du pouvoir, et le réarmement se fait Etat par Etat et non au niveau européen. On constate d’ailleurs une compétition entre « grands » d’Europe pour savoir qui sera le plus fort. Ceci, dans la droite ligne de la compétition capitaliste intra-européenne.

    • Tout d’abord votre contribution anonyme sous pseudo laisse supposer une fragilité de communication.
      Deuxio vous déroulez sans nuance des faits justes, dont ils seraient l’unique cause des bouleversements actuels.
      Double erreur : jusqu’à nouvel ordre la Russie déploie sans vergogne ( mais vous allez le nier) une agressivité sans en avoir aucune base telle.
      Le danger est créé par ce pays : une vraie soft dictature. Alors que les démocraties occidentales, imparfaites certes, analysent avec effroi cette agressivité de la Russie.
      Cher pseudo ayez le courage de vous d’évoluer au lieu de paraître un internaute avisé et non manipulé.

      • Je rejoins tout à fait votre observation au sujet de la commodité que permet la « planque » derrière un pseudo.
        Cela étant, ce n’est pas la première fois que je me permets de faire remarquer qu’en l’occurrence « Robump » correspond à une singulière combinaison entre les trois premières lettres de « robot » et les trois dernières de « Trump »: l’intelligence artificielle mise à profit par un propagandiste au service du locataire actuel de la Maison Blanche ?

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