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La guerre de la Saint-Jacques

Le conflit entre pêcheurs français et britanniques sur la Saint-Jacques a pris la semaine dernière une ampleur nouvelle: les bateaux des deux flottes se sont rencontrés en mer, se sont lancé des pierres et des fusées d’éclairage et se sont abordés au point que des coques ont été percées.

 

La pêche est en Europe un sujet tempétueux, tant les ressources sauvages sont aux limites des maintiens de population. La coquille Saint Jacques ne fait pas exception, et les heurts entre flottilles sont la dernière illustration de ce qui se passe en l’absence de consensus sur des règles communes. Au large de la Normandie, les français ont interdiction de pêcher en dehors des mois d’hiver et de printemps afin de permettre le maintien des ressources. Les anglais ne sont pas tenus par ce calendrier et pêchent donc à coeur joie, ce qui rend inutiles les mesures françaises de préservation.

Bien entendu, ce seuil nouveau dans la violence intervient dans le cadre du Brexit et du risque d’une absence quasi-complète de normes. Les esprits sont échauffés et la presse anglaise évoque de la part des français des actes de piraterie. Alors que la Marine française et, semble-t-il, plus discrètement la Marine Britannique sont appelées à s’interposer entre pêcheurs, la question de long terme reste entière: qui peut pêcher quoi, et où?

Une réunion entre gouvernements et pêcheurs doit avoir lieu à Londres ce midi pour tenter de parvenir à un accord commun sur la pêche dans cette zone, mais l’accord précédent n’avait pas été renouvelé en 2017, les britanniques refusant de réglementer la pêche par les bateaux de moins de 15 mètres ce qui revenait à vider la mesure de sens. Les Brexitters ont promis aux pêcheurs une absence de règles. Devront-ils faire escorter leurs chalutiers par des frégates?

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Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site

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